D. N'est-il jamais permis de communier sans être à jeun
R. Non, à moins, etc.
Le C. : Est- il nécessaire d'avoir un habit neuf pour faire la sainte communion ?
R. Non , ]\[. , cela n'est pas nécessaire ; mais il faut être habillé le plus proprement que l'on peut.
Le C. : Pourquoi faut-il s'habiller proprement?
R. C'est pour témoigner le respect qu'on a pour N.-S. J.-C. et la joie qu'on éprouve de recevoir sa visite.
Le C. : M. E. , on s'habille en effet plus proprement quand on fait une visite ou quand on la reçoit, quand on assiste à un baptême, à des noces, à une fêle ; c'est par les mêmes motifs qu'on doit s'habiller proprement le dimanche, les jours de fête et le jour où l'on fait la sainte communion.
( On pourrait faire des questions à plusieurs sur cela et sur la manière dont il faut se présenter à la sainte table. Il faut être à genoux , les yeux baissés, lever un peu la tête, etc. Lire la note du catéchisme.)
6. D. Que faut-il faire avant de se présenter à la communion ?
R. Il faut s'exciter à la foi, à l'humilité, à l'amour envers J.-C.
Le C. : Dites l'acte de foi avant la communion , François.
{ Faites répéter cet acte à plusieurs, et surtout à ceux qui ne savent pas lire. Faites réciter successivement et séparément tous les autres actes avant la communion. Tâchez ensuite d'en faire comprendre le sens. Le Catéchiste peut dire sur cela de très belles choses, en parlant de la présence réelle , des miracles de J.-G. , de sa bonté; il peut rappeler sa conduite envers Zachée , Magdeleine , etc. ; citer quelques couplets de cantiques , etc. Il serait à propos de faire réciter les actes avant la communion tous les jours, pendant quelque temps , aQn de les faire apprendre aux enfants qui ne savent pas lire. )
Il est rapporté dans la vie de Charlemagne que cet empereur avait fait la guerre à un prince idolâtre appelé Vitikin , qui était roi des Saxons et fut subjugué ; mais comrne il était d'un caractère remuant , à peine l'empereur s'était éloigné que Yiiikin se révoltait de nouveau. Charlemagne , pour en finir, le fit venir en France et l'engagea à se convertir en embrassant la religion chrétienne , persuadé qu'alors il serait plus assuré de sa fidélité ; Vitikin résista longtemps, mais un jour il s'introduisit dans l'église pendant qu'on donnait la sainte communion. Quel fut son étonnement lorsqu'il vit entre les mains du prêtre un petit enfant fort aimable que le prêtre mettait dans la bouche de tous ceux qui faisaient la sainte communion ; ce qui l'étonna surtout, c'est la joie que ce petit enfant témoignait en s'approchant de certaines personnes et les mouvements d'horreur qu'il laissait apercevoir en s'approchant de quelques autres. Rentré dans le palais de Charlemagne il demanda l'explication de ce mystère , on lui répondit qu'il était fort heureux d'avoir été le témoin d'un si grand miracle ; que les chrétiens croyaient fermement que J.-C.
LA SALME COMMUNIO-V. 289
était présent dans la sainte hostie, mais qu'ils le croyaient par la foi fondée sur TEvangile et non en voyant ce Dieu sauveur des yeux du corps ; quand à la joie et à la peine que le divin Enfant laissait apercevoir, elle provenait des dispositions de ceux qui faisaient la communion ; que Jésus s'unissait avec joie à ceux qui s'étaient bien préparés , mais qu'il repoussait avec horreur ceux qui étaient en état de péché mortel. Vitikin se convertit à la foi catholique et se félicita Le reste de sa vie d'avoir été vaincu par Charlemagne et d'avoir embrassé le christianisme.
Toutes les fois que vous ferez la sainte communion, mes chers enfants, souvenez-vous de l'histoire de Vitikin et examinez si l'enfant Jésus a lieu d^ôtre content des dispositions dans lesquelles vous vous présentez à la table sainte.
Demain en commençant on récitera les actes avant et après la communion clairement et lentement.
Chantez le cantique : Gloire à Jésus dans la divine hostie, p. lil.
VESGT-TR0ISIÈ5IE JOUR
Après le cantique d'Invocation , VOraison dominicale et la Salutation angélique , on fait réciter les actes avant et après la communion pendant demiheure selon la méthode ordinaire, en commençant par ceux qui savent lire et arrivant successivement à ceux qui sont moins instruits. 11 ne faut faire réciter que le premier acte d'abord ; quand il a parcouru tous les bancs, on fait réciter le second, et
290 XXIII. JOUR DE ClTÉCniSME.
ainsi de suite ; on les. fait réciter tous en eatier quand chacun les sait bien.
( Faites les mêmes questions que vous fîtes hier sur les dispositions de Fàme et du corps qu'il faut apporter à la sainte communion ; comme elles ne sont pas dilïiciles à comprendre , il faut être seulement attentif à les graver dans la mémoire et à les faire passer dans le cœur par les comparaisons qiii ont été employées. 11 serait utile de faire réciter l'histoire de Vilikin qui est peu connue et fait bien comprendre la nécessité de se bien préparer à la communion. )
( Les 1^ et 8^ questions demandent aussi peu d'explication, il faut les faire réciter cependant à plusieurs pour les graver dans la mémoire ; il faut s'arrêter un peu sur la 9^^. )
Le C. : Doit-on communier souvent, François ?
( Faites la réponse et la demande à votre voisin. Quand la question a parcouru tous les bancs , le Catéchiste dit que N.-S. a institué ce sacrement sous les espèces du pain et du vin pour nous faire voir que c'était la nourriture de notre âme , et que nous devions la rechercher comme la nourriture du corps , sans laquelle nous perdrions bientôt nos forces et même la vie.
Le C: Devons-nous communier souvent, Glotilde?
R. C'est l'intention de J.-C. , etc.
Le C. : Comment savez- vous que c'est l'intention de J.-C. que vous fassiez souvent la communion?
R. Nous le savons, parce qu'il l'a dit plusieurs fois dans l'Evangile , et que c'est pour nous le faire mieux comprendre qu'il se donne à nous sous les espèces du pain et du vin.
Le C. : Comment le pain et le vin nous font-ils connaître que Notre-Seigneur a l'intention que nous fassions souvent la communion ?
R. C'est que de même que le pain et le vin sou-
LA SAINTE COMMUNIOX. 291
liennent la vie du corps, la sainte eucharistie soutient la vie de Tàme.
Lk C. : Peut-on en conscience se priver de nourriture et s'exposer volontairement à mourir de faim , Joseph ?
R. M. , il me semble qu'on ne le peut pas en conscience , parce que ce serait un suicide.
Le C. : Peut-on en conscience ne jamais communier ?
R. Non , M. , par la même raison , parce que ce serait un suicide spirituel ; ce serait tuer notre âme en lui faisant perdre la grâce.
( Insistez un peu sur ces deux questions. 1
Le C. : Mes chers enfants , les premiers cnrétiens faisaient la sainte communion tous les jours pour se maintenir dans la vie de la grâce. Les personnes pieuses font la communion très souvent par le môme motif; et il faut convenir qu'en cela leur conduite est très raisonnable et très conforme à la foi. Cependant il n'y a d'obligation rigoureuse de faire la sainte communion qu'une fois par an dans le temps de Pâques. C'est ce qu'exprime le commandement de l'Eglise : Ton Créateur tu recevras au moins à Pâques humblement. Cette obligation est si rigoureuse , qu'on se rend coupable de péché mortel quand on ne fait pas ses pâques.
Le C. : Que faut-il penser des personnes qui communient rarement?
R. Il faut penser qu'elles resteront faibles dans la foi et dans la pratique des vertus chrétiennes.
Le C. : Que faut-il penser des personnes qui ne font jamais la sainte communion ?
( Clotilde baisse les yeux et n'ose pas répondre ; elle sort son mouchoir et verse des larmes. Le Catéchiste n'ose pas lui demander la cause de ses larmes , parce qu'il soupçonne qu'elle pleure â cause de son père qui ne fait pas ses pâques et n'est
292 XXIlï. JOUR DE CATÉCHISME.
pas en sûreté de conscience. Le Catéctiiste alors i'adresse à Louise dont le père est un bon chrétien.)
LeC. : Voyons, Louise, que faut-il penser des personnes qui ne font jamais la communion , pas même à Pâques?
R. Il faut penser qu'elles ne sont pas en état de grâce.
Le C. : Est-ce un péché mortel de ne pas faire ses pâques ?
R. Oui , M. , c'est un gros péché morteL
Le C. : Si une personne qui n'aurait pas fait ses pâques, mourait subitement, sans se confesser^ que deviendrait-elle?
R. Quand on meurt en état de péché mortel, on ne peut pas aller au ciel.
Le C. : Que doivent faire les enfants qui ont des parents qui ne pratiquent pas la Religion , qui ne tout pas leurs pâques ?
R. Il faudrait leur dire qu'ils s'exposent à aller dans l'enfer.
Le C. : Qu'en pensez-vons, Jacques?
R. Si mon père était exposé à se noyer ou à se brûler j je l'avertirais, et raêmeje lui sauterais dessus pour le tirer de danger.
Le C. : Qu'en pensez-vous, Julie?
R. Je pense queje voudrais faire ce que dit Jacques, mais queje n'oserais pas; j'appellerais au secours et je prierais Dieu.
Le C. : Oui , mes enfants , ce qu'il y aurait de mieux à faire ordinairement quand on est jeune, ce serait de prier Dieu pourles personnes qui sont plus âgées que nous, et j'ai connu des enfants, qui, à force de prières adressées au bon Dieu et à la Sainte Vierge , avaient obtenu la conversion de leurs parents.
Vous voilà bien convaincus , mes chers enfants , qu'il faut se bien préparer à faire la sainte coramu-
LA SAINTE COMÎttUMOX. 293
nion ; mais quand on a communié, n'y a-t-il plus rien à faire? doit-on sortir de l'église tout de suite? peut-on oublier les grâces qu'on a reçues? peut-on se livrer à la dissipation avec autant de facilité que les autres jours? Vous comprenez tous que cela ne doit pas être ; mais avant de vous interroger sur cela, je voudrais savoir si vous avez vu les notes qui sont dans le catéchisme , Frédéric ?
R. Oui, M. , je les ai lues plusieurs fois.
Le C. : Eh bien! que faut-il faire quand la sainte hostie s'attache au palais? faut-il la détacher avec les doigts ?
R. Non , M. , il faut la détacher avec la langue.
Le C. : Est-il à propos de cracher bientôt après avoir fait la sainte communion ?
R. Non , M. , on doit s'en retenir par respect.
Ze (7. .-Que fit Judas aprèsavoir fait la communion?
R. Il sortit tout de suite.
Le C. : Pourquoi se sépara-t-il des Apôtres.
R. Parce que le démon le tentait et voulait l'empêcher de se convertir.
Le C. : Quand on a fait la sainte communion, n'estil pas juste de remercier le bon Dieu , Emile ?
R. Oui, M. , il faut le remercier.
fx C. : Pourquoi faut-il le remercier ?
R. Je ne sais pas, le Catéchisme ne le dit pas.
Le C. : Est-il nécessaire que le Catéchisme le dise? Si vous aviez donné du pain à votre voisin pour son déjeuner , ne croiriez-vous pas qu'il doit vous remercier ?
R. Je le croirais.
Le C. : N.-S. J.-C. nous accorde-t-il une grande grAce dans la sainte communion ?
R. Oh! oui. M., il se donne lui-môme pour nourrir notre âme, et nous devons le bien remercier.
( Faites les mêmes questions à plusieurs. )
Le C. : Que faut-il faire pour remercier J.-C. , Emile ?
29 i XXIII. JOUR DE CATÉCHISME.
R. M., c'est bien embarrassant.
Le C. : Est-ce bien embarrassant, Antoine, de remercier J.-C. ?
R. Non , M. ; il n'y a qu'à dire les actes après la communion.
Le C. : Suffit-il de les réciter de mémoire ?
R. Non, M., non; il faut que le cœur parle, il faut bien comprendre ce que Ton dit.
Le C. : Oui, mes enfants, il faut comprendre ce que Ton dit, et c'est pour cela que nous allons faire jéciter les actes après la communion.
(Le Catéchiste doit faire réciter d'abord Vac{e d'adoration; rappeler ce que nous avons dit sur l'adoration, en parlant du saint sacrifice de la messe: insister sur ces mots : J'unis mes adorations à ce'lcs des Juges qui nous entourent après ta conununion ; faire réciter Vacte de remercîment ; faire observer que ce sont nos maladies spirituelles que J.-C. guérit dans la sainte communion ; parler de la reconnaissance des malades que J.-C. guérissait ; demander ce que nous ferions s'il nous guérissait de la fièvre et de quelque autre maladie ; et dans Vacte d'offrande, entrer dans le détail des sacrifices qu'il faut faire à J.-C. de notre corps, de nos yeux, de nos oreilles , de nos pieds, de nos mains, de notre langue, de notre âme , de notre esprit, de nos pensées, de notre imagination , de noire raison par la foi , de notre cœur par l'amour. Dans Vacte de demande , entrer aussi dans le détail des grâces, à demander pour soi d'être préservé du péché de l'orgueil , de l'avarice, etc. D'acquérir les vertus, la foi, la confiance, l'amour, l'humilité, la force, le zèle^ la prudence, (,'tc. Prier pour ses parents, pères, mères, frères, sœurs, oncles, tantes; demander pour chacun ce qui est nécessaire. Prier pour ses amis, ses supérieurs, ses inférieurs , etc. 11 est très utile de fixer ainsi les idées des enfants, qui souvent ne savent
que dire à J.-G. ; tandis qu'il y aurait de quoi les occuper plusieurs heures en actions de grâce. Dans le second volume de notre Rituel, nous avons indiqué en latin le développement de ces actes; nous l'avons reproduit en français dans la Dec oi ion pratique aux Indulgences. Le développement de ces actes peut fournir matière à p^lsieurs catéchismes ; mais il ne faut pas le faire en discours suivis , il vaut mieux le tirer de l'intelligence des enfants par des questions. Voyons , n'avez-vous pas besoin de force pour résister aux tentations? ne désirez-vous pas la conservation de vos parents? ne sentez-vous pas le besoin de réprimer la vanité , de fuir les mauvaises compagnies? etc. ) '
Le C. : Que faut-il penser de ceux qui, après avoir fait la sainte communion , sortent vite de l'église, et n'y pensent plus jusques à l'année prochaine ? Hélas! mes enfants, c'est une preuve qu'ils n'ont pas beaucoup de foi ; ils donnent poui; excuse qu'ils ne savent que dire. Trouvez-vous cette excuse bonne , Julie?
R. Non , M. , il me semble qu'il y a beaucoup à dire à N.-S. J.-C.
Le C : Et que lui direz-vous quand vous aurez fait la communion ?
R. Je ferai les actes après la communion.
Le C. : Mais ces actes sont bien courts, faut-il s'en tenir là ?
R. Non V M. , il est facile de les allonger.
Le C. : Et que feriez -vous pour les allonger ?
R. M. , j'entrerais dans le détail des grâces que je voudrais obtenir, et des sacrifices que je ferais au bon Dieu.
Le C. : Comment allongeriez-vous l'acte d'adoration ?
R. Je me représenterais N.-S. J.-C. comme ayant les perfections de Dieu, son éternité, sa puis-
sance , sa science , son immensité , et je le regarderais ^omme le souverain Maître de l'univers, et moi je me regarderais comme une goutte d'eau qui est au milieu d'une grande mer.
Le C. : Comment allongeriez -vous l'acte de remercîment ?
R. Je me représenterais successivement toutes les grâces que le bon Dieu m'a faites , grâces temporelles, grâces spirituelles, grâces générales, grâces particulières l j'en aurais pour longtemps.
Le C. : Comment a!longeriez-vous l'acte d'offrande ?
R. J'offrirais au bon Dieu mon corps et chacun de mes membres pour les consacrer à son service ; j'offrirais mon âme , mes peines , mes pensées, mes désirs.
Le C. : Comment ail on gériez- vous l'acte de demande ?
R. C'est l'acte le plus facile à allonger en entrant dans le détail de mes besoins et de ceux des personnes qui m'intéressent : cela ne finirait pas.
Le C. : Et qui vous a donné toutes ces idées?
R. M. , ce sont les sœurs, ensuite je les ai lues dans le livre de la Dévotion pratique aux Jndulfjcnces ; aussi quand vous en parliez , tout cela me revenait à l'esprit.
( Il serait à propos d'interroger plusieurs enfants et de les accoutumer à donner de l'étendue aux actes qu'ils font, en entrant dans un détail qui est facile à retenir quand on y fait attention , et qui peut occuper longtemps l'esprit et le cœur , non seulement après la sainte communion, mais pendant l'adoration du saint sacrement et pendant les autres prières. )
Le C. ; Il ne faut pas se borner , mes chers enfants, à faire son action de grâce immédiatement après la communion , mais il faut nourrir la recon-
naissance dans son cœur habituellement par la communion spirituelle , par la visite au saint sacrement, par Tassislance aux bénédictions, aux processions. Disons un mot sur tout cela avant de terminer ce qui regarde la sainte eucharistie.
Le C. : François , savez-vous ce qu'on entend par faire la communion spirituelle ?
R. Non , monsieur.
Le C. : Et vous, Clotilde, savez-vous ce qu'on entend par faire la communion spirituelle ?
R. Oui , M. , les sœurs me l'ont expliqué. Pour faire la communion spirituelle , il faut bien demander pardon à Dieu de ses péchés , former un ardent désir de recevoir le corps de J.-C. , et demander à N.-S. J.-C. les mêmes grâces que si nous faisions la communion sacramentelle.
Le C. : Peut -on faire la communion spirituelle avant d'avoir fait sa première communion ?
R. Oui, M. , nous pouvons faire la communion spirituelle et nous disposer par là à mieux faire la communion sacramentelle.
( Il serait à propos de suggérer les mêmes pensées à plusieurs enfants, surtout aux filles qui sont plus susceptibles de ce genre de dévotion. )
Le C. : Auguste , savez-vous ce qu'on entend par faire une visite au saint sacrement ?
R. Il me semble que c'est aller dans l'église pour adorer N.-S. J.-C. dans la sainte eucharistie.
Le C. : Connaissez-vous des personnes qui fassent des visites au saint sacrement ?
R. Oui , M. , ma mère et ma sœur n'y manquent jamais , surtout le jeudi.
Le C. : A'ous ne connaissez point d'homme qui fasse des visites au saint sacrement?
R. Nous avons un voisin âgé qui va bien souvent à l'église et qui s'y tient bien recueilli.
Le C. : Trouvez- vous que ce soit une dévotion
bien raisonnable que de faire des visites au saint sacrement ?
R. En y réfléchissant un peu, on voit bien qu'il n'y a rien de plus raisonnable.
Le C. : Comment concevez- vous cela?
11. M. , quand on est persuadé que J.-C. est réellement présent dans la sainte hostie, qu'il y est vrai Dieu et vrai homme avec la même puissance qu'il avait sur la terre, nous devons être empressés de l'adorer, de lui demander ses grâces.
Le C. : L'idée vous est- elle venue quelquefois d'aller devant le saint sacrement pour lui demander quelques grâces?
R. M. , l'idée m'en est bien venue quelquefois , mais je ne m'y arrêtais pas, excepLé un jour que ma mère était malade ; j'allai à l'église pour demander sa guérison , et je n'ai jamais prié Dieu d'aussi bon cœur.
Le C. : Le bon Dieu vous exaura-t-il ?
Oh ! M. , je n'ose pas le croire et encore moins le dire ; mais il est certain que je fis cela pendant trois jours , et que ma mère alla toujours de mieux en mieux. Mais je n'attribue pas cela à ma prière.
Le C. : Et pourquoi non, puisque J.-G. a prorais d'exaucer nos prières. Ce qu'il y a de certain , c'est que J.-G. ne reste dans le tabernacle que pour attendre que nous allions lui demander les grâces dont nous avons besoin. Je vous engage tous, mes chers enfants, d'aller souvent demander la grâce de bien faire voire première communion.
Le C. : Paul , assistez-vous quelquefois à la bénédiction du saint sacrement?
R. M. , je l'entends sonner quelquefois.
Le C. : Je ne demande pas si vous l'entendez sonner, je demande si vous y avez assisté?
R. J'y ai bien assisté quelquefois le dimanche.
Le C. : Vous n'y avez jamais assisté les jours ouvriers?
LA SAINTE COJIMUMOX. 290
R. Non, M. ,les hommes n'y vont pas les jours ouvriers.
Le C. : Mais voyons s'ils ont raison : que se passe-t-il quand on donne la bénédiction du très saint sacrement?
R. M. , on sort le saint sacrement du tabernacle , on chante le Tantum ergo , et puis l'on fait l'encensement , et puis l'on fait le signe de la croix avec l'ostensoir, et puis l'on s'en va.
Le C. : Vous dites cela bien lestement, M. E. , et comme quelqu'un qui n'y voit qu'une cérémonie matérielle. Regardons-y de plus près. Qu'y a-t-il dans l'ostensoir ?
R. M. , il y a un pied et des rayons qui paraissent être en argent.
Le C. : Mais au milieu des rayons, qu'y a-t-il?
R. M. , il y a deux verres l'un vis-à-vis de l'autre et je les ai vus quand j'étais enfant de chœur.
Le C. : Mais qu'y a-t-il entre les deux verres ?
R. M. , il y a une grande hostie.
Le C. : Cette hostie est-elle consacrée?
R. On m'a dit qu'elle était consacrée.
Le C. : Si elle est consacrée, N.-S. J.-C. est donc dans la sainte hostie ?
R. Je crois que oui.
Le C. : Si N.-S. J.-C. est dans la sainte hostie, c'est donc lui-même qui doane la bénédiction à tous ceux qui sont présents?
R. Cela peut être, monsieur.
Le C. : On voit bien que vous répondez en enfant de chœur sans dévotion. L'année dernière, quand monseigneur l'Evoque vint faire la visite des paroisses , n'allâtes- vous pas à sa rencontre ?
R. Oh , M. , nous allâmes à une lieue , puis nous reculions , et puis nous avancions ; le temps nous durait de le voir arriver.
Le C. : Quand il arriva, eûtes- vous soin de vous
300 XXII. JOtR DE CATÉCHISME.
mettre à genoux pour recevoir sa bénédiction ?
R. Je la reçus trois fois, et j'élais bien content.
Le C. : Vous aviez raison d'être content, la bénédiction d'un Evêque produit des grâces particulières; mais, mon pauvre Paul, n'y a-t-il pas une grande différence entre un Evêque et J.-C. ? L'Evêque n'est que le représentant de J.-C. , ce n'est que son image ; les pouvoirs qu'il a viennent de J.-C. La bénédiction de J.-C. est donc préférable à celle de l'Evêque.
R. C'est bien vrai : je n'y faisais pas attention.
Le C. : Soyez donc plus empressé , mon cher enfant , de recevoir la bénédiction du saint sacrement quand vous en avez la' possibilité ; et reconnaissez que les hommes ont bien tort de ne pas assister à la bénédiction les jours ouvriers, quand ils en ont le temps.
Le C. : Marthe, n'avez- vous pas vu porter quelquefois le saint sacrement aux malades ?
R. Pardonnez-moi , M. , hier on l'a porté à notre voisine qui est bien malade. On croit qu'elle va mourir.
Le C. : Y avait-il beaucoup de monde qui accompagnait le prêtre?
R. 11 n'y avait que deux hommes qui portaient le dais, et peut être une douzaine de femmes.
Le C. : Pouquoi y avait-il si peu de monde ?
R. Parce que tout le temps des travaux on est occupé : hier c'était jour de marché , chacun fait ses affaires.
Le C. : N.-S. J.-C. est-il dans le ciboire quand on le porte aux malades ?
R. Oui, M., parce que les hosties sont consacrées.
Le C. : Mais puisque N.-S. J.-C. est présent dans la sainte hostie, ne mérite-t-il pas qu'on l'adore ^ qu'on l'accompagne?
R. C'est bien vrai, M. , mais on n'y pense pas.
te C. : On a bien tort de ne pas y penser, N.-S. J.-C. est assez puissant pour nous dédommager du temps que nous perdons en raccompagnant ; mais savez-vous pourquoi on porte le saint sacrement aux malades, mes chers enfants, c'est pour les consoler , pour les fortifier au moment où ils partent pour l'autre monde. Il y a obligation , sous peine de péché mortel , de se confesser , de faire la communion au moment de la mort , comme dans le temps de Pâques ; et c'est un grand bonheur pour les malades de recevoir J.-C. comme nourriture , comme ami , comme consolateur, avant de paraître à son tribunal pour être jugé. On y paraît alors avec plus de confiance. J'ai trouvé des malades qui me disaient , après avoir fait la sainte communion : Je suis content maintenant : Notre-Seigneur est mon compagnon de voyage : il me traitera favorablement. Est-ce une chose indifférente , Marthe, de recevoir J.-C. au moment de la mort?'
R. Non , M. , je sens que c'est un grand bonheur.
Le C. : N'est-il pas à propos de l'accompagner quand on le porte aux malades?
R. Oui, M. , et je promets que je l'accompagnerai toujours quand je le pourrai.
( On fait les mômes questions à plusieurs enfants pour leur inspirer plus de respect quand N.-S. est dans les rues et qu'on lé porte aux malades ; car il est désolant de voir qu'on y fasse si peu d'attention. En Autriche et en Espagne , quand le saint sacrement passe dans la rue où le roi se trouve, il fait monter le prêtre dans sa voiture. On rapporte que Louis xv ayant rencontré le saint sacrement dans les rues de Paris , descendit de voiture et se mita genoux dans la boue pour Padorer.
Le C. : Régis, avez-vous vu quelquefois la procession de la Fête-Dieu?
R. Oui , M. , je la vois toutes les années. Oh comme tout le monde est occupé ce jour-là !
Le C. : Que se passe-t-il donc de si beau?
R. On fait la procession , on chante dans les rues , les filles sont habillées de blanc , on fait des reposoirs , on habille les petits enfants ; moi , une année on m'avait habillé en évêque : oh 1 que j'étais content.
Le C. : Mais pourquoi fait-on toutes ces cérémonies ?
R. M. , c'est pour faire plaisir à tout le monde.
Le C. : On voit bien que vous parlez de tout cela , en enfant. Rosalie , me direz-vous pourquoi on fait une si belle cérémonie ?
R. C'est pour rendre hommage à N.-S.J.-C, pour réparer les outrages qu'on lui fait dans le saint sacrement, pour réveiller la dévotion dans tous les cœurs, pour que N.-S. donne la bénédiction dans toutes les rues.
Le C. : Vous avez raison , M. E. , ce sont là les principaux ûiotifs que s'est proposé l'Eglise en instituant cette fête.
( On interroge quelques enfants pour s'assurer qu'ils y ont fait attention. )
Le C. : Toutes ces grandes et intéressantes cérémonies, mes chers enfants, doivent vous inspirer le plus profond respect pour la sainte eucharistie, et vous faire apercevoir la nécessité de vous bien préparer à ifaire votre première communion. On demandait un jour à Bonaparte, dans le temps de sa gloire et de sa puissance, quel était le plus beau jour de sa vie? Les généraux qui l'entouraient s'imaginaient qu'il allait parler de son couronnement à à Paris, ou des grandes victoires qu'il avait remportées ; mais quel fut leur étonnement lorsqu'on l'entendit répondre que le plus beau jour de sa vie était celui où il avait fait sa première communion ; qu'il se rappelait avec plaisir cette pompeuse cérémonie , et les impressions profondes de respect, de confiance et d'amour qu'il éprouvait dans ce moment.
LA SAINTE C03IMUNI0X. 303
On rapporte encore que le général Radet ayant reçu ordre d'arrêter le pape Pie vu à Rome et de remmener prisonnier , il prit les plus grandes précautions pour empêcher que le peuple ne se soulevât, il entre dans le palais du Pape comme un furieux avec des soldats qui ne l'étaient pas moins. Après avoir brisé quelques portes , il entre dans la chambre du saint Père qui l'attendait avec paix et tranquililé en habit pontificaux. La vue de ce respectable vieillard déconcerta le général: il s'arrête tout court, comme quelqu'un qui hésite, incertain ; s'approche ensuite respectueusement du St. Père pour faire connaître en tremblant les ordres qu'il a reçus. Quelque temps après, quelqu'un lui demanda pourquoi il s'était arrêté tout court , et quelle pensée le préoccupait ? C'est le souvenir de ma première communion , répondit-il, qui s'est présenté à moi et a remué ma conscience, tant elle m'avait fait une impression profonde. Dieu veuille, mes chers enfants, quelle soit aussi toujours présente à votre mémoire.
Demain nous ferons réciter la dixième Leçon du catéchisme et les actes de la communion. Chantez le cantique : O saint autel, etc. p. loo.