D. Quelle qualité doit avoir la contrition
R. La contrition doit être intérieure , surnaturelle, souveraine et universelle.
3. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être intérieure ?
R. J^entends que nous devons délester nos péchés de tout notre cœur, et non pas dire seulement de bouche que nous les détestons.
4. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être souveraine ?
R. J'entends que nous devons être plus fâchés d'avoir offensé Dieu , que de tous les maux qui pourraient nous arriver.
o. D. Qu^entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être universelle ?
R. J'entends qu'elle doit s'étendre à tous les péchés qu'on a commis , sans en excepter un seul.
6. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être surnaturelle ?
R. J'entends que nous devons détester nos péchés par un mouvement du Saint-Esprit, par des motifs de foi et de religion , et non pas simplement par des considérations humaines.
7. D. Quels sont les motifs de foi et de religion qui doivent vous faire détester le péché ?
R. Il faut détester le péché, 1° parce qu'il offense Dieu , et qu'il lui déplaît; 2** parce qu'il nous fait perdre le droit au royaume des cieux, et nous rend dignes de l'enfer.
8. D. Ne suffit-il pas de délester le péché, parce qu'il nous rend digne de l'enfer?
R. Non : ce motif est bon et louable , mais il ne salîit pas, à moins qu'il ne soit joint à un commencement d'amour de Dieu.
O.D.Pourquoifaut-iluncommencementd'amour?
R. Parce qu'on ne s'attache à Dieu qu'en l'aimant.
320 XXV. JOUR DE CATÉCniSME.
SUR Là CONTRITION.
Après le cantique d'Invocation et la récitation de V Oraison dominicale ^ de la Salutalion angélique, etc. faite distinctement, on fait réciter les dixième et onzième Leçons selon la méthode ordinaire. On fait une petite récapitulation du catéchisme précédent sur le sacrement de pénitence, pour s'assurer que les principales explications ont été retenues. Qu'estce que le sacrement de pénitence? est-ce un sacrement des vivants? tous les prêtres peuvent-ils Tadrainistrer? ce sacrement peut-il être suppléé? tous les péchés sont-ils remis à ceux qui reçoivent ce sacrement? dans quelles dispositions faut-il le recevoir ?
Le 6. ; Il est très essentiel de savoir, mes chers enfants, les avantages que nous procure le sacrement de pénitence ; mais il est très essentiel de savoir aussi , dans quelles dispositions il faut recevoir ce sacrement. Charles, quelles sont ces dispositions, Anthelme, . . Marin , . .Ursule, . .Claire, . . Mélanie? etc.
(Il faut obtenir que tout le monde réponde sans liésiter qu'il y a trois dispositions nécessaires : la contrition, la confession et la satisfaction.)
Le C. : Qu'est-ce que la contrition , Jules?
R. La contrition est , etc.
Le C. : Vous dites que la contrition est une douleur et une détestation du péché : pour comprendre ce que cela signifie , mes chers enfants , servonsnous d'une comparaison. L'autre jour, un jeune homme que je ne veux pas nommer était a l'école ,
SLU LA CONTRITION. 331
et il récita mal son catéchisme : le maître le gronda et le fit meitre à genoux ; l'écolier se mit à pleurer. Avait-il la contrition de sa faute?
R. Oui , M. , il était certainement fûché de sa faute , et la preuve c'est qu'il pleurait.
le C. : Supposons que le jeune homme murmure intérieurement et n'ait pas envie de se corriger, peut-on dire qu'il a la contrition ?
R. Non, M. , parce qu'il n'y a pas douleur^ détestation de sa faute.
Le C. : Un autre jeune homme m.anque l'école : son père l'apprend et voulait le faire coucher sans souper ; l'enfant demande pardon à son père et promit de ne plus manquer l'école : avait-il la contrition de sa faute , celui-là ?
R. Oui, M. , il avait même le ferme propos, puisqu'il promettait de ne plus faire de sottises.
Le C. : Mais si le jeune homme ne promettait pas sincèrement de se corriger, et ne faisait cette promesse qu'afin d'obtenir son souper, mériterait-il son pardon ?
R. Non, M., il dirait un mensonge et commettrait deux fautes au lieu d'une.
Le C. : Mes enfants, cette comparaison et quelques autres du même genre vous feront comprendre ce que c'est que la contrition et les qualités qu'elle doit avoir.
( Demandez à plusieurs quelles sont les qualités que doit avoir la contrition ? )
3. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la ^ contrition doit être intérieure , Emile? /
R. J'entends que nous devons, etc. ,
Le C. : C'est dans le cœur, M. E. , que se trouve 1 la malice du péché, il faut donc que le remède soit | aussi dans le cœur; les hommes sont obligés de se contenter des promesses intérieures que nous leur \ faisons ; mais il n'en est pas de même du bon Dieu^^ i
parce qu'il voit tout ce qui se passe dans notre âme. Qu'en pensez-vous, Jules? pourquoi la contrition doit-elle être intérieure ?
R. Elle doit être intérieure , parce que Dieu voit tout ce qui se passe dans le cœur et qu'on ne peut pas le tromper.
Le C. : Si le père du jeune homme qui avait manqué l'école avait vu que les promesses de son fils n'étaient pas sincères, lui aurait-il pardonné ?
R. Non , M. ; au contraire il se serait fâché.
Le C. : Les hommes sont donc aussi sévères que le bon Dieu à l'égard des fautes que nous faisons ?
Pi. Ils le sont bien davantage, mais heureusement ils ne voient pas tout ce qui se passe dans Tàme, au lieu que le bon Dieu le voit.
Le C. : On ne peut donc pas tromper le bon Dieu ?
R. Non , M. , non , on ne le peut pas.
Le C. : Mais alors que pensez-vous d'un enfant qui va se confesser, qui récite son acte de contrition sans faire attention aux paroles qu'il prononce ?
R. Je pense qu'il n'a pas la contrition, et que Dieu ne lui pardonnera pas ses péchés.
Le C. : Mais je suppose qu'il se frappe la poitrine en disant le Confiteor; je suppose même qu'il verse quelques larmes , qu'il assure à son confesseur qu'il est bien fâché d'avoir offensé Dieu , d'avoir manqué la messe , d'avoir désobéi à son père , d'avoir juré, etc. , tandis qu'il est tout disposé à recommencer. Le prêtre lui donne l'absolution sur la terre: serap t-elle confirmée dans le ciel ?
i R. Non , M. , parce que sa contrition n'est pas intérieure.
( Insistez beaucoup sur cette première qualité de \ la contrition, afin que les enfants comprennent bien ' qu'elle doit être intérieure. )
Le C. : Quelles sont les qualités que doit avoir la ^ contrition, Julie?
R. Elle doit être intérieure, souveraine, universelle , surnaturelle.
Le C. : Qu'entendez-vous quand vous dites qu'elle doit être surnaturelle ?
J'entends que nous devons détester nos péchés par un mouvement du Saint-Esprit, par des motiis de foi , de religion , et non pas seulement par des considérations humaines.
Le C. : Comprenez-vous bien cette réponse, Julie?
R. M. , je la comprends un peu , mais je crains de ne pas bien la comprendre.
Le C. : Pourquoi craignez-vous de ne pas la bien comprendre ?
R. M. , parce que je ne sais pas ce que c'est que le mouvement du Saint-Esprit.
Le C. ■' Est-ce que vous n'avez jamais de bonnes pensées et de bons désirs pour éviter le mal et faire le bien?
R. Pardonnez-moi , M. , grâce à Dieu j'en ai souvent.
Le C. : Ne vous est-il pas arrivé quelquefois d'éprouver le désir de faire une gourmandise et de sentir en vous quelque chose qui vous portait à la faire et quelque chose qui vous disait de ne pas la faire?
R. J'ai bien senti souvent ces deux choses là, nonseulement pour la gourmandise, mais pour d'autres choses ; par exemple , quand j'avais envie de dire un mensonge pour m'excuser et n'être pas grondée.
Le C. : Eh bien, M. E., toutes les bonnes pensées et tous les bons désirs que nous éprouvons pour éviter le mal et faire le bien, sont des mouvements du Saint-Esprit.
Le C. : Savez-vous d'où nous viennent les mauvaises ?
R. Je pense qu'elles nous viennent du démon.
Le C. : Précisément : ainsi toutes les fois que vous
32i XXV. JOUR DE CATÉCHISME.
sentez le désir d'éviter le mal et de pratiquer le bieD, c'est le Saint-Esprit qui vous éclaire, qui vous engage à remplir vos devoirs ; au lieu que le démon fait tout le contraire. D'après cela, d'où vient le désir que vous avez de faire votre i^" communion ?
R. Il vient du Saint-Esprit.
Le C. : jN'avez-vous pas le désir de vous bien confesser ?
R. Oui , M. , j'ai ce désir et je pense qu'il me vient du Saint-Esprit.
Le C. : N'éprouvez-vous pas quelquefois de l'ennui et de la peine quand il faut renoncer à la vanité, à la curiosité?
R. Oui, M. , il y a toujours dans nous deux choses qu'on ne sait pas expliquer : l'une qui nous porte au bien et l'autre qui nous porte au mal.
Le C. : Ne sauriez-vous pas les expliquer maintenant ?
R. Oui , M. , je les expliquerais facilement : l'une vient du Saint-Esprit et l'autre vient du démon.
(Faites les mêmes questions à plusieurs enfants pour leur apprendre à bien discerner les mouvements du Saint-Esprit et à les mettre à profit. )
Le C. : 6. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être surnaturelle, Raymond?
R. J'entends que nous devons détester, etc.
Le C. : Qu'entendez-vous par les mouvements du Saint-Esprit ?
R. J'entends les bonnes pensées et les bons désirs que nous avons d'éviter le mal et faire le bien.
Le C. : Il est bien vrai, mes chers enfants, quec'est le Saint-Esprit qui nous inspire d'éviter le mal et de faire le bien ; mais quand le démon ne peut pas détruire les bons mouvements du Saint-Èspiit, il fait en sorte de les gâter , de les dénaturer en les rendant mauvais par les motifs qu'il nous inspire. Voyons si je pourrais me faire comprendre. Avezvous envie de faire votre première communion ?
R. Oui, M. , j'en ai bien envie.
Le C. : Et pourquoi désirez-vous de faire votre première communion ?
R. Pour être bien sage , pour proflter des grâces que N.-S. J.-C. nous donne dans la sainte hostie.
Le C. : Ce motif est-il bien bon , bien louable , Louis ?
R. Oui , M. , il est bien bon , bien louable.
( Demandez cela à plusieurs , afin de bien diriger leur intention et de faire mieux comprendre tout ce qui va suivre. )
Le C. : Mes enfants, parmi vous, il y a un jeune homme qui a dit que le temps lui durait de faire sa première communion , afin de n'être plus obligé de^ venir au catéchisme où il s'ennuyait beaucoup : ce motif est-il bon , Raymond ?
R. Il me semble qu'il n'est pas bon.
Le C. : Qu'en pensez-vous, Jules, Roch, etc. ; Joséphine, Claire, etc.?
( Tous, répondent que ce motif n'est pas bon ; ils font la même réponse quand on leur parle de ceux qui font une bonne action par vanité , par jalousie , par intérêt. )
Le C. : Vous voyez donc, mes enfants, qu'on peut avoir un mauvais motif, même en faisant une bonne action.
Le C. : Quel motif faut-il avoir quand on fait une bonne œuvre, quand on fait l'aumône, quand on va à la messe, quand on se confesse, etc., Raymond?
R. Il faut faire tout cela pour plaire à Dieu.
Le C, : Voilà ce que veut dire le catéchisme par ses paroles : qu'il faut délester ses péchés par un motif de foi et de religion. Comprenez- vous mieux la réponse maintenant ?
R. Oui, M., il me semble que je la comprends mieux.
Le C. : La contrition est-elle surnaturelle quand on suit l'inspiration du démon ?
R. Non , M. , elle n'est pas surnaturelle.
Le C. : La contrition est-elle surnaturelle quand cm est fâché d'une faute par un motif humain ?
R. Non , M. , il faut en être fâché par des motifs de foi et de religion.
Le C. : Celui qui est fâché d'avoir volé, uniquement à cause qu'on l'a condamné à aller en prison , a-t-ii une contrition surnaturelle ?
Le C. : Celui qui est fâché d'avoir manqué l'école parce qu'on voulait le faire coucher sans souper , a-t-il une contrition surnaturelle ?
R. Non , M. , ce n'est pas sa faute qu'il déteste, c'est sa punition.
. ( Faites les mêmes questions à plusieurs. )
Le C. : 7. D. Quels sont les motifs de foi et de religion qui doivent nous faire détester nos péchés , Joseph ?
R. Il faut détester nos péchés parce qu'ils offensent Dieu , parce qu'ils nous font perdre le ciel et nous rendent dignes de l'enfer.
Le C. : Voilà bien la réponse du catéchisme , mais voyons si vous la comprenez. Quels sont les effets que le péché produit en nous , Joséphine ?
R. Le péché nous fait perdre la grâce et rend notre âme bien laide.
Le C. : A quoi ressemble l'âme qui est en péché mortel ?
R. Elle ressemble à un charbon bien noir. I Le C. : Est-ce dire assez, Julie? I R. Non , M. , elle ressemble au démon.
Le C. : Celui qui déteste le péché à cause de la perte de la grâce, a-t-il une contrition surnaturelle, Julie ?
R. Oui , M. , parce qu'il a un motif de foi et de religion.
Le C. : Celui qui déteste le péché parce qu'il rend
SUR LA CONTRITIOÎÎ. 327
gon âme bien laide et semblable au démon, a-t-il une contrition surnaturelle ?
R. M., je n'ose pas dire oui, parce qu'il me semble qu'il j aurait un peu de vanité dans ce motif.
Le C. : Ne craignez pas cette vanité là , M. E , il est permis de désirer que notre âme soit belle aux yeux de Dieu et aux yeux des Anges ; nous devons même travailler sans cesse à la rendre belle en augmentant la grâce sanctifiante. Je reprends donc : qu'ai-je demandé ?
R. Vous avez demandé si la contrition est surnaturelle quand on déteste le péché à cause qu'il rend notre âme bien laide, et je réponds: oui.
Le C. : Celui qui déteste ses péchés à cause de la peine qu'il éprouve de les confesser, a-t-il une contrition surnaturelle , Augustin ?
R. Il me semble qu'oui , M. , parce que son motif est un motif de foi et de religion.
Le C. : Etes-vous de cet avis , Antoine ?
R. Oh ! non, M. , le Gros-Pierre me disait qu'il y avait dans cette honte plus d'amour propre que de religion.
Le C. : Qu'en pensez-vous, Augustin?
R. M. , il me semble qu'il y a beaucoup d'amour propre , mais aussi il me semble que c'est la religion et la foi qui font surmonter l'amour propre.
Le C. : Que pensez-vous de cela, Clotilde?
R. M., je pense que la honte de dire ses péchés est un motif humain , mais qu'on a un mérite surnaturel quand on la surmonte dans l'intention de plaire à Dieu.
Le C. .• Il y a donc dans cette peine un mélange de bieu et de mal , mais seriez- vous tranquille si la honte dominait dans votre âme ?
R. Non, M-, je neseraispastranquille, je voudrais surmonter la honte et l'offrir à Dieu comme une pénitence.
( Interrogez plusieurs enfants avant d'aller plus loin , afin de les bien accoutumer à discerner les motifs surnaturels de ceux qui sont purement humains. )
Le C. : Quand on déteste le péché à cause qu'il a occasionné la passion de N.-S. J.-C, la contrition est-elle surnaturelle ?
R. Oui , parce que c'est un motif de foi et de religion.
Le C. : Quand on déteste le péché parce qu'il déplaît au bon Dieu, la contrition est-elle surnaturelle?
R. Oui, M. , c'est le même motif le plus parfait, à ce qu'on m'a dit.
Le C. : Quand on déteste le péché à cause qu'il nous fait perdre le ciel, la contrition est-elle surnaturelle , Paul ?
R. Oui, M., elle est surnaturelle parce qu'elle est fondée sur un motif de foi.
Le C. : Qu'en pensez- vous, Augustin, François, Louise, etc.
(Tous répondent aftirmativement. )
Le C. : Quand on déteste le péché à cause qu'il nous fait mériter l'enfer, la contrition est-elle surnaturelle, Roch ?
R. Oui , M. , parce que c'est un motif de foi et de religion.
Le C. : Qu'en pensez-vous, Clotilde?
R. Le catéchisme dit que ce motif est bon et louable, mais qu'il ne suiïit pas, à moins qu'il n'y ait un commencement d'amour de Dieu.
Le C. : Pourquoi faut- il un commencement d'amour?
R. Parce qu'on ne s'attache à Dieu qu'en l'aimant.
Le C. : Tout cela ne paraît pas bien clair, mais nous le rendrons plus clair en expliquant la leçon suivante. Ce que je désire dans ce moment, mes chers enfants, c'est que vous reteniez bien que la
contrition doit être surnaturelle dans son principe et dans ses motifs. Dans son principe , en venant du mouvement du Saint-Esprit, et dans ses motifs en détestant le péché par un motif de foi et non par un motif naturel. Comprenez-vous bien cela, Clotilde?
R. Oui, M. , la confession étant une chose surnaturelle , il faut la faire d'une manière surnaturelle, et pour cela il faut qu'elle vienne du Saint-Esprit et que le pénitent agisse par des motifs de foi et de religion.
Le C. : Vous pensez donc qu'il faut que le Saint- Esprit nous pousse pour que la confession soit bonne, mais il y a des pécheurs auxquels le Saint-Esprit ne dit rien.
R. Je crois en effet qu'il j a des pécheurs auxquels le Saint-Esprit ne dit rien, mais c'est par leur faute , c'est qu'ils ne l'écoutent pas.
Le C. : Croyez-vous qu'il soit bien aisé d'avoir des motifs surnaturels? La plupart des chrétiens n'y pensent pas, même ceux qui vont se confesser. Que doivent-ils faire pour avoir ces dispositions ?
R. Pour avoir ces bonnes dispositions, il faut les demandera Dieu.
Le C. : Oui, mes chers enfants, avant de se confesser, il faut faire de ferventes prières et demander au bon Dieu la grâce de la bien faire ; sans cela , ^ il est à craindre qu'on ne la fasse d'une manière ^ toute naturelle et sans fruit. ^ ^
Le C. : 4. D. Qu'entendez-vous quand vous dites ^""^ que la contrition doit être souveraine, André ?
R. J'entends que nous devons être plus fâchés, etc.
Le C. : Comprenez-vous bien cette réponse ?
R. M., il me semble que je la comprends, et qu'il vaudrait mieux souffrir tous les maux possibles que de commettre un péché mortel.
Le C. : Je suis bien de votre avis, il vaudrait mieux souffrir tous les maux possibles, plutôt que de com-
330 XXV. JOtR DE CATÉCHISME.
mettre un péché mortel. Grêlait bien la pensée des martyrs: ils aimaient mieux souffrir toutes sortes de tourments et la mort la plus cruelle, plutôt que d'offenser Dieu ; mais c'est précisément ce qui m'embarrasse et ce qui me fait craindre que beaucoup de pénitents se fassent illusion et ne se confessent mal faute d'avoir une contrition souveraine. Voyons , André, est-ce un péché mortel de manquer le messe les dimanches ?
R. Oui, M. , c'est un péché mortel, parce que c'est un commandement de l'Eglise.
Le C. : Quand on se confesse d'avoir manqué la messe le dimanche, on doit donc en avoir plus de douleur que d'avoir perdu sa fortune, d'avoir perdu sa santé et d'avoir perdu la vie ?
R. Oui , M. , cela doit être.
Le C. : Pourriez- vous me dire pourquoi cela doit être?
R. Le péché mortel lue notre âme en lui faisant perdre la grâce. Il vaut bien mieux perdre sa fortune et sa santé que de perdre son âme et de perdre le ciel.
Le C. : Ce que vous dites là est juste : Dieu vous fasse la grâce de vous en souvenir toute votre vie.
( Faites à plusieurs celte question. )
Le C. : 4. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être souveraine ?
R. J'entends que nous devons être plus fâchés, etc.
Le C. : Vaudrait-il mieux perdre la vie plutôt que de commettre un péché mortel? plutôt que de voler le bien d'autrui, de blasphémer le saint nom de Dieu, de manquer la messe le dimanche , etc. ?
R. Oui, il vaudrait mieux tout perdre que d'offenser Dieu , et c'est pour cela que les martyrs faisaient le sacrifice de leur vie.
Le C. : C'était bon pour autrefois , mais aujourd'hui on ne voit plus de ces grands exemples.
SUR LA CONTllITION. 331
R. J'avais un cousin prêtre qui est parti pour les missions étrangères , et qui est mort pour conserver / la foi. '/
Le C. : 5. D. Qu'entendez-vous quand vous dites que la contrition doit être universelle ?
R. J'entends qu'elle doit s'étendre à tous les péchés qu'on a commis.
Le C. : Si on avait commis trente péchés et qu'on ne conservât d'affection que pour un seul , ne pourrait-on pas avoir la contrition des vingt-neuf autres?
R. Pardonnez-moi, monsieur.
Le C. : Vous vous trompez , M. E. , on pourrait bien être fâché naturellement d'avoir commis lesvingt-neuf péchés , mais celte contrition ne serait pas surnaturelle , et Dieu n'en pardonnerait aucun , parce que le péché pour lequel on conserverait de l'affection chasserait le Saint-Esprit. Il s'ensuit de tout cela , mes cliers enfants , qu'il faut se bien préparer à la confession , mais qu'il faut surtout faire de ferventes prières pour obtenir du bon Dieu toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous confesser comme il faut.
Le C. : On s'imagine quelquefois que la Religion ne fournit plus de ces grands exemples de pénitence que nous lisons dans la Vie des Saints et des Martyrs : en cela on se trompe. D'abord , pendant la révolution , on pourrait citer plusieurs milliers de catholiques qui ont mieux aimé perdre la vie que de perdre la foi. Avant la révolution, il n'y avait en France que deux maisons de trappistes ; maintenant il y en a plusieurs et plus nombreuses qu'autrefois. Il n'y a pas longtemps qu'un homme qui avait soixante mille livres de rente a tout quitté pour aller faire pénitence à la Trappe ; et ces exemples se reproduisent tous les jours parmi les hommes et parmi les femmes. Il se forme partout des maisons religieuses qui seraient bien plus nombreuses si on n'y mettait toute sorte d'obstacles.
332 X\V. JOIR DE CATÉCHISME.
Demain nous ferons réciter la dixième, la onzième et la douzième leçon. Dites les actes de foi j, d'espérance et de charité bien distinctement , et chantez le cantique : Seigneur j Dieu de clémence , pag. 80.
LEÇON D0UZIE3IE.
DE LA IVme PARTIE DU CATÉCHISME DE BELLEY
Sur la Contrition.
1. D. Combien y a-t-il de sortes de contritions? R. Il y a deux sortes de contritions, la contrition
parfaite et la contrition imparfaite , qu'on appelle altrition.