‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 45 sur 74 · D. Faites un acte de contrition · texte numérisé non relu

D. Faites un acte de contrition

R. Mon Dieu et mon Père , j'ai un extrême regret de vous avoir offensé , parce que vous êtes infaniment bon , et que le péché vous déplaît. Pardonnezmoi mes péchés par les mérites de Jésus-Christ mon Sauveur ; je me propose , moyennant votre sainte grâce , de n'y plus retomber , et d'en faire une véritable pénitence.

8. D. Quand faut-il faire des actes de contrition ? R. Il faut faire des actes de contrition , toutes les

fois qu'on se souvient d'avoir eu le malheur d'offenser Dieu ; et surtout lorsqu'on reçoit le sacrement de pénitence, ou qu'on se dispose à le recevoir.

V1XGT-SIXIE3IE JOUR

Après le cantique ([''Invocation, VOraison dominicale et la Salutation angélique récités par un seul bien distinctement, on fait réciter la dixième, la onzième et la douzième Leçon d'après la méthode ordinaire ; après quoi le Catéchiste dit :

Le C. : Je crois nécessaire , mes chers enfants , que nous revenions aujourd'hui sur la contrition ,

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parce que c'est la partie du sacrement de pénitence la plus essentielle. Qu'est-ce que la contrition , Claire ?

R. La contrition est une douleur et une délestation, etc.

Le C. : Comprenez-vous ce que cela veut dire , une douleur , une détestationP

R. Oui , M. ; mais je ne saurais pas l'expliquer.

Le C. : L'autre jour vous gardiez les moutons et quelques-uns entrèrent dans un champ. Cela vous fit-il plaisir?

R. Olinon, M., parce qu'on me l'a défendu et que cela cause du dommage aux blés.

Le C. : Eh bien , en aviez-vous du chagrin de cela?

R. Oui, M. , et d'autant plus que je savais positivement que le maître du champ devait venir bientôt.

Le C. : Si le maître du champ était venu et vous avait grondé, que lui auriez-vous dit ?

R. M. , je lui aurais dit que j'en étais bien fâché , et que j y prendrais plus garde une autre fois.

Le C. : Mais si vous aviez dit cela en souriant, de manière que le maître se fût aperçu que vous ne disiez pas la vérité et que vous étiez disposée à laisser faire vos moutons quand le maître n'y serait plus?

R. Oh ! c'est bien alors qu'il se serait fâché gros.

Le C. : Quand on dit qu'on est fâché d'une chose , il faut donc le penser intérieurement.

R. Oui, M. ; autrement on dit un mensonge.

Le C. : Ne trompe-t-on pas les hommes quelquefois en disant une chose qu'on ne pense pas ?

R. C'est arrivé plus d'une fois.

Le C. : Croyez-vous qu'on puisse tromper le bon Dieu?

R. M. , on ne le peut pas, parce que le bon Dieu voit ce qu'il y a dans l'âme.

Le C. : Que pensez-vous donc de ceux qui font

SrR LA CONTRITION. 335

un acte de contrition sans y faire attention? qui ne disent que les mots sans rien avoir dans le cœur?

11. Ce que je pense je n'ose pas le dire , paice que vous Tavez défendu.

Le C. : Je vous permets de le dire.

R. Je pense qu'ils sont de grosses bêtes de s'imaginer qu'ils peuvent tromper le bon Dieu.

( Tout le monde part d'un éclat de rire. )

Le C. : Il est vrai, M, E., que cette expression est un peu déplacée, mais elle n'est que trop vraie. Il faut donc, Claire, que la contrition soit intérieure, qu'elle soit dans le cœur.

R. Oui, M. , il faut qu'elle vienne du cœur comme le péché en vient.

Le C. : C'est très bien. Mais que faut-il faire pour que la contrition soit intérieure et digne de Dieu ?

R. Il faut la demander à Dieu de tout son cœur.

Le C. : Est-ce que c'est le bon Dieu qui donne la contrition ?

R. Le bon Dieu la donne ; mais il faut aussi aider le bon Dieu , parce qu'il ne veut pas tout faire. Moi, quand j'allais à l'école pour apprendre à lire, la maîtresse me disait le commencement du mot, après j'achevais avec elle; et c'est comme cela que j'ai appris un peu à lire ; mais je ne le sais guère , parce que je n'ai pas pu continuer d'aller à l'école.

( Les enfants disent quelquefois des choses inutiles ; il faut les laisser dire pour développer leurs pensées. )

Le C. : Pour avoir une bonne contrition, suflît-il de penser que nous serons grondés par nos parents? que nous serons malades si nous nous enivrons ? que aous serons mis en prison si nous volons le bien d'autrui ?

R. Non , M. , cela ne suffit pas ; il faut avoir des motifs de foi, des motifs de crainte de Dieu.

Le C. : Que faut-il donc faire pour s'exciter à la contrition et mettre à profit la grâce de Dieu?

R. M., quand on a prié Dieu , il faut penser à l'enfer que nous méritons par le péché, il faut penser au ciel que nous perdons par le péché, il faut penser au bon Dieu que nous offensons par le péché.

Le C. : Aujourd'hui , mes chers enfants , je vais TOUS faire décider deux cas de conscience.

Un père avait trois fils d'un caractère bien difféff rent. L'aîné appelé Joseph était fort pieux et fort ■f docile ; il avait un bon cœur ; il aimait beaucoup ses parents et mettait son bonheur à faire tout ce qu'ils lui commandaient, quelque pénible qu'il fût, quelque répugnance qu'il éprouvât. Un jour ses camarades l'avaient engagé à aller à la chasse avec eux ; il l'avait promis parce que ses parents lui en avaient donné la permission les autres fois. Mais au moment où il allait partir, le père lui témogna quelque peine de le voir partir. Aussitôt Joseph renonce à son projet , sans demander à son père le motif qui le détermine ce jour-là à témoigner quelque peine de son éloignemcnt de la maison.

Le second fils , appelé Cyprien , n'y regardait pas de si près. Il aimait son père et sa mère , il leur obéissait, mais pas toujours au premier mot; cependant il se rendait un peu dans la crainte de déplaire à ses parents , un peu dans la crainte qu'ils ne lui fissent pas bonne grâce et qu'ils ne lui donnassent pas tout l'argent qu'il désirait pour ses menus plaisirs.

Le troisième fils , appelé Robert, était moins docile encore que le second. Quand son père lui défendait quelque chose, il fallait toujours lui en dire la raison ; souvent même cela ne suffisait pas , il fallait le menacer, le gronder, le mettre en pénitence ; il obéissait enfin , mais en murmurant, mais en soupirant après le moment où il serait son maître et pourrait faire sans obstacle ce qui lui ferait plaisir.

Quel est celui des troisfrèresquelepèreetlamèie devaient aimer davantage , Augustin ?

R. M., il n'y a pas de doute, c'est l'aîné.

Le C. : Etes-vous tous du même avis, mes enfants?

(Tous répondent: oui^ oui. )

Le C. : Cette parabole, mes chers enfants, représente la conduite de trois espèces de chrétiens envers Dieu : je vous en ferai l'application si vous voulez, mais je serais plus content s'il y avait quelqu'un parmi vous qui pût la faire.

( Jules se lève et demande la permission de faire l'application. )

Les trois enfants du père de famille représentent trois sortes de personnes : ceux qui aiment bien le bon Dieu ; ceux qui l'aiment un peu, mais pas beaucoup , et ceux qui s'aiment plus eux-mêmes qu'ils n'aiment le bon Dieu.

Le C. : C'est bien , très bien , M. E , mais c'est un

{)eu court ; cela demanderait un peu plus de déveoppement.

R. M. , je ne sais pas si je pourrais bien dire ce que j'ai dans la tête, mais je vais essayer.

Le C. : Essayez , et si vous voulez le bien faire , recueillez-vous un instant et demandez-en la grâce au bon Dieu.

( Il est très utile d'accoutumer les enfants à élever leur âme à Dieu avant de dire ou de faire une chose difficile. Jules se recueille un instant et commence ainsi : ) iM/^Ju-

R. Il est certain qu'il y a dans le monde des per- ^^ ' ' sonnes qui aiment bien le bon Dieu, qui sacrifient *^'''^-^ tout pour l'amour de lui ; par exemple : les prêtres, les religieuses , on voit bien que ces personnes là aiment le bon Dieu de tout leur cœur. Les prêtres et les religieuses ont toujours peur d'offenser le bon Dieu, et sont représentés par Joseph.

Il y a puis dans le monde des gens qui ont beau-

coup d'aflFaires, beaucoup d'embarras; ils pensent au bon Dieu de temps en temps ; mais cependant le cœur n'est pas tout là, on pense à sa famille, à son commerce ; on fait sa prière ou on va à la messe, on se confesse, mais on est distrait. Les commandements de Dieu et de l'Eglise n'ont pas toujours la préférence ; ceux-là font comme Cyprien , ils n'obéissent pas du premier coup , ils font comme le jeu de la bascule, ils sont tantôt en haut tantôt en bas.

Le C. : C'est bien, M. E., c'est bien; qu'allezvous faire de Robert ?

R. Robert représente les étourdis, les raisonneurs , les paresseux ; ceux qui ne pensent qu'à eux et à leurs plaisirs , et renonceraient volontiers au ciel si l'enfer ne leur faisait pas peur.

Le C. : Que pensez-vous de cette application , Joséphine ?

R. Je pense qu'elle est bien juste et bien belle , et qu'elle n'est que trop vraie.

Le C. : Mais ne croyez-vous pas qu'on pourrait faire une application plus analogue à la contrition dont nous parlons maintenant ?

R. M. , c'est un peu difficile à dire , mais je crois l'apercevoir.

Le C. : Eh bien, surmontez votre timidité, etditesr nous ce que vous pensez.

( Joséphine se recueille un instant pour invoquer le Saint-Esprit et la Sainte Vierge , et commence ainsi : )

Quand on aime le bon Dieu de tout son cœur, on est fâché de l'avoir oCFensé à cause de ses divines perfections, à cause qu'il est infiniment bon, infini? ment puissant, à cause qu'il est présent partout, qu'il nous voit et qu'il nous entend , qu'il nous a ' comblés de biens , tellement qu'il est impossible de l'offenser sans abuser de quelques-uns de ses bienfaits.

SUR LA CONTRITIOrr. 330

Le C. : Quand on est fâché d'avoir offensé Dieu à cause de ses divines perfections, comment s'appelle la contrition ?

R. C'est ce qu'on appelle la contrition parfaite.

Le C. : Est-il bien essentiel de nourrir dans son cœur la contrition parfaite ?

R. Oui , M. , cela est bien essentiel , parce que cette contrition suffit pour effacer tous nos péchés.

Le C. : Quand on a la contrition parfaite, on n'a donc pas besoin de se confesser ?

R. Pardonnez-moi, il faut également se confesser dès qu'on le peut.

Le C. : Mais si les péchés sont remis , pourquoi voulez-vous qu'on aille les confesser ?

R. Parce que les péchés ne sont remis qu'à ceux qui sont déterminés à les confesser.

Le C. : Je ne veux pas pousser plus loin mes demandes, parce que je pourrais vous embarrasser; je suis même étonné que vous m'ayez si bien répondu. J'expliquerai plus tard pourquoi les péchés ne sont remis qu'à la condition qu'on les confessera dès qu'on le pourra.

R. M. , si vous vouliez , je dirais pourquoi les péchés ne sont remis qu'à la condition qu'on les confessera.

Le C : Je le veux bien : donnez-m'en la raison.

( Clotilde rougit, elle s'arrête et n'ose pas donner la raison, parce qu'elle craint de s'être trop avancée.

Le C. : M. E. , vous êtes bien allée un peu vite , mais puisque vous avez tant fait que de promettre , il faut tenir parole ; dites courageusement ce que vous pensez quand môme vous devriez vous tromper, il en résultera un bien pour vous et pour les autres.

R. M. , puisque vous le désirez , je vais rapporter ce que j'ai lu dans un livre de piété , en vous priant de me pardonner si je n'ai pas bien compris : j'ai lu

dans ce livre que quand on aime bien le bon Dieu de tout son cœur , on doit être dans la résolution d'observer tous ses commandements. Or , c'est un commandement de confesser tous les pécbés qu'on a commis. Celui qui fait l'acte de contrition par amour pour le bon Dieu doit donc être résolu d'observer ce commandement comme tous les autres , sans cela il désobéirait à Dieu et il ne l'aimerait pas de tout son cœur.

Le C. : Avez- vous appris par cœur ce que disait le livre et l'avez- vous oien compris?

R. Je ne l'ai pas appris par cœur , et il me semble que je l'ai compris.

Le C..- C'est bien, M.E. Et vous, Augustin, avezvous bien compris cette raison ?

R. M. , j'ai compris que quand on aime bien le j bon Dieu , on est disposé à lui obéir et à faire tout 1 ce qu'il ordonne.

Le C. : Ce que vous dites est vrai , mais vous n'en faites pas entièrement l'application ; il faudrait dire quelque chose de plus.

( Augustin se tait, et Antoine se lève et dit: )

R. M. , le Gros-Pierre me disait, comme Clotilde, que c'est une obligation de confesser tous ses péchés, et qu'on manque à cette obligation quand on n'est pas résolu de les confesser. C'est comme toi , me disait-il , si tu m'assurais que tu m'aimes bien et qu'en môme temps tu refusas de faire une petite commission que je te donnerais pour me sauver la i vie , tu aurais beau me dire que tu m'aimes , je ne V pourrais pas le croire.

Le C. : Cette comparaison est bien bonne , il faudra s'en souvenir; nous y reviendrons une autre fois. ( Quand on a expliqué des choses un peu difficiles , il faut les interrompre pour les laisser mûrir dans la tête des enfants : la réminiscence qu'ils en auront leur facilitera le moyen de mieux compren-

SUR LA COXTRITIOX. Sïi

dre et de mieux retenir. ) Poursuivons dans ce moment les demandes du catéchisme. 1. D. Combien y a-t-il de sortes de contritions , François ?

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