‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 46 sur 74 · D. Quel est l'effet de la contrition parfaite · texte numérisé non relu

D. Quel est l'effet de la contrition parfaite

( Faites répéter ces trois demandes à plusieurs. )

Le C. : 2. D. Qu'est-ce que la contrition parfaite, Charles ?

R. La contrition parfaite, etc. ~ — :

Le C. : Celui qui est fâché d'avoir offensé Dieu parce que le péché nous fait mériter l'enfer , a-t-il une contrition parfaite?

R. Oui , M. , il a la contrition parfaite s'il est bien fâché d'avoir offensé Dieu.

( Aussitôt on entend un bourdonnement dans le catéchisme. )

Le C. : Qu'en pensez-vous , Régis , celui qui est fâché d'avoir offensé Dieu parce que le péché conduit à l'enfer , a-t-il la contrition parfaite ?

R. Non, M., parce qu'il est plus occupé de lui que du bon Dieu.

Le C. : Cette réponse est bonne , mais elle n'est pas assez claire. Voyons , expliquez-vous : en disant qu'il est plus occupé de lui que du bon Dieu , que voulez-vous dire ?

R. Je veux dire que ce n'est pas à cause du bon Dieu qu'il est fâché de ses fautes, mais à cause du châtiment : C'est comme le petit Robert dont vous parliez , qui est plus occupé d'éviter la punition que de faire plaisir à son père.

Le C. : Voilà une bonne application de la parabole. Voyons, Charles, que vous ai-je demandé tout-àl'heure ?

R. M. , je ne m'en souviens pas bien.

Le C. : Qu'ai-je demandé tout-à l'heure à Charles , Antoine ?

R. M. vous avez demandé si on avait la contrition

parfaite quand on était fâché d'avoir ofFensé Dieu à cause des peines de l'enfer.

Lt C. : Que répondriez-vous à celte question ?

R. M., le Gros-Pierre m'a bien expliqué cela, mais c'est un peu long : il distinguait la crainte servile, la crainte révérencielie.

Le C. : Nous parlerons de cela plus tard ; répondez seulement à la question que j'ai faite.

R. Celui qui est fâché d'avoir offensé Dieu à cause des peines de l'enfer, n'a pas la contrition parfaite ; il a seulement l'attrition.

Le C. : Que faut-il donc pour la contrition parfaite ?

R. Il faut être fâché d'avoir offensé Dieu principalement pour l'amour de lui-même , parce que le péché lui déplaît et l'outrage dans ses divines perfections.

LeC.:3.D. Quel est l'effet de la contrition parfaite ?

R. C'est de nous obtenir tout de suite le pardon de nos péchés, même avant la confession.

Le C. : Mais si le pécheur était résolu à ne pas se confesser, obtiendrait-il le pardon de ses péchés par la contrition parfaite ?

R. Si le pécheur était résolu à ne pas se confesser, il n'aurait pas la contrition parfaite, puisqu'il serait déterminé à désobéir au bon Dieu qui nous ordonne de confesser tous nos péchés.

Le C. : 4.D. Qu'est-ce que la contrition imparfaite?

R. La contrition imparfaite est , etc.

Le C. : o. D. La contrition imparfaite suffit-elle pour être absous de ses péchés dans le sacrement de pénitence ?

U. Oui, la contrition imparfaite suffit, etc.

Le C. : Quelle différence y a-t-il entre la contrition parfaite et la contrition imparfaite ? l R. La différence qu'il y a vient du motif qui nous fait détester le péché.

SIR LA COXTRITIOX. Si 3

Le C. : Quel est le motif dominant de la contrition parfaite ?

R. C'est l'amour de Dieu , le désir de lui plaire.

Le C. : Quel est le motif dominant de la contrition imparfaite , appelée atlrition ?

R. Dans la contrition imparfaite , il y a mélange , c'est-à-dire un peu d'amour de Dieu , et beaucoup d'amour de soi-même.

Le C. : Quelle différence y a-t-il dans les effets de ces deux contritions? c'est ce qu'il faut bien retenir, mes enfants : la différence essentielle, c'est que la contrition parfaite efface tous nos péchés , même les péchés mortels, avant que nous ayons reçu l'absolution, pourvu qu'on soit résolu à les confesser ; au lieu que la contrition imparfaite ne les efface qu'au moment où nous recevons l'absolution.

Le C. : Quand on est fâché d'avoir offensé Dieu par amour pour lui , par respect ^ par reconnaissance de ses bienfaits , comment s'appelle la contrition ?

R. On l'appelle contrition parfaite.

Le C. : Quel effet produit en nous la contrition parfaite?

R. Elle efface nos péchés avant môme que nous ayons reçu l'absolution.

Le C. : Si on mourait après avoir fait une acte de contrition parfaite , irait-on au ciel sans avoir reçu l'absolution?

R. Oui , M. , on irait au ciel quoiqu'on n'eut pas reçu l'absolution, pourvu qu'on eût été dans l'intention de la recevoir.

Le C. : Mais si on n'avait pas été dans la résolution de se confesser, l'acte de contrition parfaite effacerait- il nos péchés ?

R. Non , parce qu'en refusant de se confesser on manquerait à un commandement de Dieu qui prescrit de confesser tous nos péchés.

Sk'* XXVI. JOUR DE CATÉCHISME.

Le C. : Mais puisque la contrition parfaite efface nos péchés avant que nous recevions l'absolution , elle n'est pas nécessaire.

R. Elle n'est pas nécessaire si on ne peut pas la recevoir ; mais elle est nécessaire quand on peut la recevoir, afin d'obéir au commandement de Dieu qui veut que nous confessions tous nos péchés.

Le C. : Est-il bien facile de s'assurer ^u'on a la contrition parfaite? Non, M. E., cela n'est pas facile, parce que l'amour de Dieu et l'amour de nous-mêmes font un mélange dans notre âme qu'il est difficile de bien distinguer. Aussi le parti le plus sage est de tâcher d'exciter en soi la contrition parfaite, et malgré cela de se confesser régulièrement.

( Faites quelques questions sur cela. Est-il facile de s'assurer qu'on a la contrition parfaite? D'où vient cette difficulté? Ne pourrait- il pas arriver qu'on eût la conirilion parfaite un moment , et que peu de temps après la contrition devînt imparfaite ? par exemple , si on éprouvait un grand mouvement de dévotion» et qu'ensuite l'amour propre vînt s'y mêler ? )

Le C. : G. J). Que faut-il faire pour parvenir à avoir une véritable contrition ?

R. Il faut 1° la demander à Dieu , etc.

Le C. •• Que penseriez-vous d'un jeune homme qui va à l'église par occasion ; qui voit un prêtre au confessional, et s'approche pour se confesser? croyezvous qu'il ait la contrition ?

R. Je trouve qu'il ne s'est pas assez préparé pour cela. Il peut bien commencer à se confesser, mais il ne pourrait pas recevoir l'absolution.

Le C. : Faites un acte de contrition.

R. Mon Dieu et mon père, etc.

( Faites réciter l'acte à un grand nombre pour vous assurer qu'on le sait bien. )

Le C. : Je voudrais bien savoir si cet acte tel que

SUR LA COSTRiriOX. 34^

vous venez de le réciter est un acte de contrition parfaite ou imparfaite ? Qu'en pensez-vous , François?

R. M. , c'est un acte de contrition parfaite.

Le C. : A quoi le connaissez-vous?

R. Parce qu'il est fondé sur la bonté de Dieu et sur ce que le péché lui déplaît.

Le C. : Qu'en pensez-vous , Louis ?

R. M. , je ne sais pas bien le distinguer.

Le C. : Qu'en pensez-vous , Clotilde ?

R. Je pense comme François que c'est un acte de contrition parfaite, en supposant qu'il parte du cœur.

( Faites la même demande à plusieurs , et obtenez qu'on vous donne la môme raison. ) - —

Le C. : Mais je suppose qu'en faisant l'acte de contrition , celui qui le fait eût la pensée dans la tête que s'il n'y avait pas d'enfer il retomberait volontiers dans les mêmes fautes ?

R. Tout dépendrait alors de la disposition de celui qui fait l'acte. S'il avait la pensée de l'enfer sans s'y arrêter, l'acte serait toujours parfait; mais s'il s'y arrêtait , alors il serait mélangé.

Le C. : 7. D. Quand faut- il faire des actes de contrition ?

R. Il faut faire des actes de contrition , etc. \

( Cette réponse n'est pas difficile à comprendre. ' Il suffit d'engager les enfants à faire ces actes le soir et toutes les fois qu'ils ont fait quelques fautes. ) y

Le C. : Maintenant , M. E. , faisons quelques ap- -^ plications pratiques de tout ce que nous venons de | dire. Je voudrais savoir ce que vous pensez de la | contrition de S. Pierre. Vous savez que S. Pierre i avait renié N.-S. pendant sa passion. Quelques | moments après, N.-S. passa auprès de lui et lo | regarda. Ce coup d'œil porta le remords dans son 1 âme , et aussitôt il se livra à la plus profonde douleur \

.'iVG XXYl. JOUR DE CATÉCHISME.

en pleurant amèrement, dit l'Evangile. Ses larmes ne tarirent qu'avec sa vie. On assure qu'elles recommençaient toutes les fois qu'il entendait chanter un coq. Savez- vous pourquoi , Joséphine?

R. M. , parce que N.-S. lui avait prédit qu'avant le chant du coq il le renierait trois fois.

Le C. : Etait-il bien coupable, S.Pierre, d'avoir renié J.-C. ?

R. Oui, M. , parce qu'il avait vu les miracles de J.-C. ; parce qu'il avait fait lui-même des miracles; parce que N.-S. lui avait prédit sa chute, et qu'il n'avait pas pris assez de précaution pour s^éloigner des occasions.

Ze C. : C'est bien. La contrition de S. Pierre futelle intérieure?

R. Cela n'est pas douteux.

Le C. : Fut-elle surnaturelle?

R. Oui, parce qu'elle se rapportait à N.-S. J.-C. le fils du Dieu vivant.

Le C. : Fut-elle souveraine?

R. Oui, M. , et la preuve , c'est qu'il aima mieux souffrir le martyre que de retomber dans le péché.

Le C. : Sa con Iritiou fu t-elle parfaite ou imparfaite?

R. Tout porte à croire qu'elle fut parfaite et que c'était le souvenir des bontés de J.-C. qui le portait à détester son péché.

Le C. : La contrition de Judas fut-elle surnaturelle ?

R. Je ne le crois pas : elle ne venait pas du St- Esprit, parce qu'il se suicida de désespoir; et le St- Esprit ne fait pas faire de pareilles sottises. Vous vous rappellerez, mes chers enfants, ces deux histoires. Je les demanderai encore.

Demain nous ferons réciter la douzième et la treizième leçon. Récitez les actes de fox , d'espérance , de charité et de contrition ; chantez le cantique : Comuwit goûter quelque repos , etc.

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