‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 52 sur 74 · VINGT-HUITIÈME JOUR · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME JOUR

SLR LA CONFESSION.

Après le cantique d'Invocation et la récitation de V Oraison dominicale, de la Salutation angétique, de V acte de contrition tout haut bien distinctement par un seul enfant, on fait réciter la quatorzième et la quinzième Leçon comme à l'ordinaire.

Le G. ; Je vais faire les questions les plus essentielles sur la contrition. Qu'est-ce que la contrition , Anthelme? Combien y a-t-il d'espèces de contiilion? le ferme propos pour l'avenir est-il aussi nécessaire que le regret du passé? qu'est-ce que la contrition parfaite? quels sont les avantages de la contrition parfaite? qu'est-ce que la contrition imparfaite? peut-on en conscience s'exposer à l'occasion du péché? Quand on a eu le malheur de commettre un péché mortel, doit-on rester tranquille?

Pourquoi faut-il faire un acle de coiilrilion? pourquoi faut- il s'en confesser?

Le C. : i. D. Qu'est-ce que la confession , Cécile?

Le C. : Peut-ou se confesser indifféremment à tous les prêtres ?

R. Non, ilfaut se con fesser aux prêtres approuvés.

Le C. : Par qui les prêtres peuvent-ils être approuvés ?

R. Ils sont approuvés par l'Evêque.

Le C. : Pendant la révolution , c'était les laïques qui nommaient les évêques , les curés elles vicaires : avaient-ils des pouvoirs suflisants ?

R. Je pense que non. J'ai entendu dire à ma grand' -mère, qu'elle n'avait jamais voulu se confesser aux curés intrus nommés par les laïques.

Le C. : Qui est-ce qui a donné aux Evoques et aux prêtres le pouvoir de confesser ?

R. C'est N.-S. J.-C.

Le C. : Les protestants ne se confessent pas, parce que, disent-ils, cette obligation n'est pas dans l'Evangile : pourriez- vous leur répondre , Louis ?

R. Oui , M. , je leur dirais ce qui est dans la note du catéchisme.

Le C. : Qu'y a-t-il dans la note du catéchisme ? ^

R. Il est dit que N.-S. J.-C. a donné aux Apôtres yV le pouvoir de remet[re ou de retenir les péchés ■/ comment pourraiejit-ils distinguer ceux qu'il faut remettre et ceux qu'il faut retenir si on ne les confesse pas ?

Le C. : Comprenez- vous bien ce raisonnement , Louis ?

R. Je le comprends un peu , mais je n'oserais pas l'expliquer.

Le C. : Et vous, François, pourriez- vous l'expliquer ?

R. M. , on ne peut pas juger ce qu'on ne connaît pas, ainsi le confesseur a besoin de connaître les

péchés pour lesjuger et pour savoir ceux qu'il faut pardonner et ceux qu'il ne faut pas pardonner.

Le C. : Il y aurait un moyen bien simple, ce serait de les pardonner tous, et alors sans les connaître les pécheurs seraient réconciliés.

R. Il me semble qu'on ne peut pas les pardonner tous. /

Le C. : Comment savez-vous qu'on ne peut pas les pardonner tous ?

R. Je le sais , parce que N.-S. a dit que les uns devaient être pardonnes et les autres retenus.

Le C. : Vous avez raison. Un confesseur peut-il donner l'absolution à ceux qui n'ont pas la contrition?

R. Non , M. , la sentence qu'il prononcerait sur la terre ne serait pas ratifiée dans le ciel.

Le C. : Un confesseur peut-il donner l'absolution à ceux qui ont de mauvaises habitudes dont ils ne veulent pas se corriger?

R. Non M. , parce qu'on n'a pas la contrition d'un péché quand on ne veut pas s'en corriger.

Le C. : Un confesseur peut-il donner l'absolution à ceux qui restent volontairement dans l'occasion de péché, qui lisent de mauvais livres, qui tiennent de mauvais propos, qui chantent de mauvaises chansons, qui ont de mauvaises fréquentations?

R. Non , M. , parce que tous ceux là sont toujours attachés au crime ; ils n'ont pas la contrition.

Le C. : Un confesseur peut-il donner l'absolution à ceux qui retiennent le bien d'aulrui ?

R. Non , M. , parce que ceux qui retiennent le bien d'autrui persévèrent dans le péché , ils n'en ont pas la contrition.

Le C. : Le confesseur peut-il savoir si on est digne d'absolution, et ce qu'il est obligé de faire envers ces divers pécheurs , à moins qu'on ne se confesse ?

R. Non, M., autrement il irait en aveugle, il ferait comme le médecin qui donnerait un remède sans connaître le mal.

SUR LA COWPESSION. 373

Lt C. : Et qu'arriverait-il si un médecin donnait un remède sans connaître le mai ?

R. Il s'exposerait à tuer son malade.

( Faites résoudre ces divers cas de conscience ou quelqu'autres à plusieurs enfants, c'est la plus simple et la meilleure manière, ce semble, de leur faire comprendre la nécessité de la confession ; on pourrait aussi faire observer aux enfants qu'il est plus aisé de se corriger quand on reçoit des conseils d'un autre, que livré à soi-même ; que l'idée d'être obligé de se confesser fait qu'on se retient plus facilement, etc.)

Le C. : 2. D. Quelle qualité doit avoirlaconfession?

R. La confession doit être bumble , etc.

( Les réponses qui suivent exigent peu d'explications. )

Le C. : Z.D. Quand est-ce que la confession est humble.

R. C'est quand on découvre, etc.

Le C. : L'humilité est en effet la première disposition dans laquelle il faut se nourrir quand on va se confesser , et c'est pour cela qu'on se sert de l'expression je m^accuse. Il ne faut pas s'occupper de ridée que le confesseur aura de nous , mais seulement du désir de purifier sa conscience et de se réconcilier avec Dieu, de recevoir ou d'augmenter la grâce sanctifiante qui rend notre âme si belle aux yeux de Dieu. Il est certainement bien pénible et bien ennuyeux de dire ses pensées et ses actions les plus secrètes, mais on est bien dédommagé par la joie et la consolation que le bon Dieu nous fait éprouver quand la confession est bien faite.

Le C. : Que faut-il penser des personnes qui ont peur de donner mauvaise idée d'elles au confesseur?

R. C'est une preuve qu'elles n'ont pas l'humilité.

Le C. : Pourquoi dit-on ^/e 7n'accuse en faisant sa confession ?

R. C'est par humilité pour se reconnaître coupable.

Le C. : Que faut-il penser de ceux qui arrangent leur confession de manière à paraître moins coupables qu'ils ne sont ?

R. Ils manquent d'humilité.

Le, C. : Quand on entre au confessional , quelle idée faut-il avoir du confesseur ?

R. Il faut le regarder comme tenant la place de J.-C. dont il a reçu les pouvoirs.

Le C. : Pourquoi lui dit-on mon père ?

R. C'est pour nous rappeler que nous devons avoir beaucoup de confiance en lui.

Le C. : k. D. Quand est-ce que la confession est simple ?

R. C'est quand on découvre ses fautes , etc.

Le C. : Il faudrait, mes enfants, que le confesseur pût lire dans votre conscience comme dans un livre.

Le C. : Quand est-ce que la confession est prudente ?

R. C'est quand on s'accuse en termes honnêtes, etc.

Le C. : Il arrive quelquefois qu'on est embarrassé pour accuser certaines fautes contre la décence : on pourrait alors exposei'sa peine à une personne âgée et prudente qui indiquerait la manière de s'exprimer ; si on préfère exposer son embarras au confesseur, il faut le faire avec beaucoup de simplicité et d'humilité.

Le C. : 5. D. Quand est-ce que la confession est entière ?

R. C'est quand on s'accuse de tous ses péchés, etc.

Le C. : 6. D. Qu'entendez-vous par les circonstances considérables du péché ?

Le C. : 7. D. Expliquez cela par un exemple.

Le C. : Vous vojez, mes E., que ces circonstances regardent le lieu , les personnes et la plus ou moins

grande quantité de la matière. Ainsi , on est certainement plus coupable quand on vole une grosse somme , que lorsque la somme est petite. On est plus coupable quand on vole à un pauvre , parce qu'on lui porte un plus grand préjudice ; on est plus coupable quand on travaille le dimanche plusieurs heures , que si on ne travaillait qu'un quartdheure ; de même on est plus coupable quand on travaille publiquement, quaud on travaille pendant les offices.

( On pourra faire des questions sur tout cela aux entants. )

Le C. : 9. D. Comment peut-on parvenir à faire une confession entière ?

R. C'est en examinant, etc.

Le C. : Pour bien examiner sa conscience, il faut 1'' avoir un grand désir de faire une bonne confession et de se convertir ; 2*^ demander instamment au bon Dieu la grâce de ne pas se faire illusion et de bien connaître tous ses péchés ; 3° demander • le courage de les dire sans respect humain.

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