D. Sur quoi faut-il examiner sa conscience
R. Il faut examiner sa conscience, etc.
Le C. : On trouve dans les livres de prières des examens détaillés : on peut les lire, mais il faut les lire lentement pour voir si on s'est rendu coupable des fautes qui sont indiquées dans le livre ; et à chaque fois qu'on se reconnaît coupable , il serait bon de faire un acte de contrition ; quand on fait une confession générale et qu'on sait écrire , il serait bon d'écrire les principales fautes, pour no pas les oublier. Quand on ne sait ni lire ni écrire, on ferait bien de s'adresser à une personne pieuse, pour la prier de lire un examen. Quand on ne sait ni lire ni écrire , il faut aller plus souvent au confessional , pour ne pas oublier ce qui s'est présenté à la mémoire.
( Faites quelques questions sur ce que nous Tenons de dire. )
Le C. : 11. D. Est-ce un grand péché d'omettre volontairement quelque péché mortel dans sa confession?
R. Oui, c'est un grand péché, etc.
Le C. : Vous dites que cette omission rend la confession nulle : est-ce qu'on ne reçoit pas l'absolution des péchés qu'on a accusés ? Non , mes E. , on a pris beaucoup de peine pour dire ses fautes, et c'est à recommencer, il faudra les accuser une autre fois ; non-seulement on ne reçoit pas le pardon des fautes qu'on a accusées , on se rend coupable d'un nouveau péché , d'un sacrilège, en cherchant à tromper le bon Dieu dans la personne du confesseur.
( Faites quelques questions sur cela, afin de vous assurer que les enfants y ont fait attention , et comprennent l'énormité du péché qu'on commet en disant des mensonges en confession, ou en ne disant pas tout ce qu'il faut dire. )
Le C. : 12. D. Que doivent faire ceux qui, volontairement , ont omis quelque péché mortel dans la confession ?
R. Ils doivent recommencer cette confession , et toutes celles qui l'ont suivie.
Le C. : Quand on a oublié d'accuser un péché faute d'examen , que faut-il faire ?
R. Il faut aussi recommencer la confession et toutes celles qui l'ont suivie.
Le C. : Vous dites qu'il faut recommencer sa confession et toutes celles qui l'ont suivie , mais s'il y avait dix ans, vingt ans, trente ans et même davantage qu'on eût manqué de dire un péché mortel en confession , faudrait-il recommencer toutes les confessions qu'on a faites depuis ce temps-là? Oui , mes enfants , il faudrait les faire toutes , et c'est ce qu'on appelle une confession générale. Jugez d'après cela ,
SUR LA CONFESSIOî». 377
combien il est nécessaire de vous accoutumer à bien faire toutes vos confessions pour n'être pas obligé d y revenir.
( Faites encore quelques questions sur cela. )
Le C. : 13. D. Que doivent faire ceux qui ont involontairement oublié quelque péché mortel dans la confession.
R. Ils doivent s'accuser de ce péché la première fois , etc.
Le C. : Dans ce cas , mes E. , on n'est pas obligé de refaire toute sa confession , parce que les péchés qu'on a accusés ont été remis , et ou n'a point commis de sacrilège. En accusant les péchés oubliés , on remplit l'obligation que J.-C. nous impose de confesser tous nos péchés aux prêtres.
( On ferait bien de reprendre toutes ces questions et de les faire de nouveau toutes ensemble, particulièremen tcelles qui ne sont pas dans le catéchisme. )
Le C. : 14. D. Est-il nécessaire de s'accuser des péchés véniels ?
R. La confession des péchés véniels est bonne, etc.
Le C. : 15. D. Que faut-il faire quand on doute si un péché est mortel ou véniel ?
R. Il faut s'en accuser.
Le C. : Pourriez-vous me dire pourquoi il faut s'en accuser , François ?
R. M. , parce que, comme il est dit dans la note du catéchisme, si on ne s'en accusait pas on s'exposerait à cacher un péché mortel et à rendre la confession nulle et sacrilège.
Le C. : Croyez-vous qu'il soit bien facile de distinguer un péché mortel d'un péché véniel ?
R. Je ne crois pas que cela soit toujours facile , excepté quand il s'agit de ces gros péchés qui font horreur.
La C. ; Non, mes enfants, cela n'est pas toujours
facile, et voilà pourquoi le parti le plus sage est de dire tout ce qu'on a sur la conscience ; mais quand on a tout dit, il faut se tenir tranquille sur ces accusations et ne pas faire comme ceux qui se tourmentent en répétant plusieurs fois la même chose. Je crois devoir vous dire pour votre consolation , mes chers enfants, que ceux d'entre vous qui ont été élevés chrétiennement et qui ont été exacts à faire leurs prières, qui ont élé obéissants à leurs parents, qui n'ont pas fréquenté de mauvaises compagnies , sont rarement coupables de péché mortel et conservent l'innocence de leur baptême, malgré une foule de petites fautes dont ils se rendent coupables journellement ; ces fautes affaiblissent la grâce , mais ne la détruisent pas entièrement ; il en est de même généralement des personnes qui mènent une vie chrétienne, qui font exactement leurs prières, assistent aux offices divins , approchent des sacrements plusieurs fois l'année ; il est rare qu'elles commettent des péchés mortels , à moins qu'elles ne soient sujettes à des passions violentes et qu'elles ne prennent pas les moyens nécessaiies pour s'en corriger. Quand à ceux qui de bonne heure se livrent aux jurements, aux blasphèmes, aux mensonges, à des jeux indécents, qui manquent les offices divins, qui lisent de mauvais livres , qui fréquentent de mauvaises compagnies , qui se livrent sans gêne à toutes leurs passions , il n'y a pas de jour , et on pourrait dire pas de moments où ils ne se rendent coupables de péché mortel.
Le C. : 16. D. Lorsque le prêtre donne l'absolution , comment faut-il la recevoir ?
R. Il faut la recevoir avec de grands sentiments de foi, de contrition et de reconnaissance,
Le C. : Avant d'aller plus loin , mes enfants, je voudrais savoir si vous comprenez ce que c'est que l'absolution : quelle idée en avez- vous , Régis ?
R. M. , c'est quand le prêtre donne l'absolution.
Le C. : Mais précisément je vous demande ce que vous entendez par l'absolution ?
R. M. , c'est l'absolution , c'est la fin de la confession.
Le C. : Quand vous avez dit tous vos péchés, est-ce l'absolution ?
R. M. , je crois que oui.
Le C. : Et vous, Augustin, avez- vous la même idée?
R. Non , M. , l'absolution vient du prêtre et non du pénitent.
Le C. : Le prêtre , que dit-il en donnant l'absolution?
R. M. , je ne le sais pas , il parle en latin.
Le C. : 11 est vrai qu'il parle en latin , mais il est bon de savoir au moins le sens des paroles qu'il prononce ; voyons, Augustin, qu'est-ce que le sacrement de pénitence ?
R. C'est un sacrement, etc. 9
Le C. : Quand est-ce que J.-C. instiljia le sacrement de pénitence ?
R. C'est lorsqu'il dit à ses Apôtres : recevez le Saint-Esprit, etc.
(Faites répéter ces deux (îemandes à plusieurs entants , afin de les rendre plus attentifs à ce que vous direz sur l'absolution. ) =
Le C. : En vertu des paroles de N.-S. , (piel pouvoir ont reçu les Apôtres et reçoivent encore les prêtres ?
R. Ils ont recule pouvoir de pardonner les péchés qu'on a commis et qu'on a accusés.
Le C. : Le prêtre se sert -il de quelques paroles pour accorder le pardon ?
R. Oui , M. , on l'entend qui dit ego te absolco.
Le C. : Eh bien , mes enfants, ce sont ces paroles que le prêtre prononce en faveur des pénitents qui
380 XXVIII. JOUR DE CATÉCmSME.
se sont adressés à lui, qu'on appelle l'absolution : ego te absolvo , je vous absous , je vous pardonne , je vous remets vos péchés.
Le C. : De la part de qui le prêtre prononce-t-il ces paroles?
R. C'est de la part de N.-S. J.-C. qui a institué le sacrement de pénitence.
Le C. : Est-ce que N.-S. J.-C. s'occupe du pénitent et lui donne l'absolution dans le ciel en même temps que le prêtre la donne sur la terre ?
R. Oui, M. , c'est au nom de J.-C. que les prêtres agissent et exercent leur pouvoir.
Le C. : Supposons que le prêtre se trompe en croyant que le pénitent a dit tous ses péchés et qu'il en a la contrition : s'il donne l'absolution sur la terre sera-t-elle ratifiée dans le ciel ?
R. Non certainement.
Le C : Pourquoi N.-S. ne ratifiera-t-il pas l'absolution donnée par le prêtre ?
R. N.-9f ne ratifiera pas l'absolution, parce qu'il voit le fond du cœur , et qu'il aperçoit que le pénitent n'a pas tout dit ou n'a pas la contrition.
Le C. : Que penseriez-vous d'un pénitent qui se fâcherait de ce que le prêtre ne lui donne pas l'absolution ?
R. Je penserais qu'il a bien tort , parce que c'est au prêtre à juger de ses dispositions.
Le C. : Supposons que le prêtre se laissât toucher par les sollicitations du péaitent , ou fût effrayé par ses menaces et qu^il se déterminât à donner l'absolution , cette absolution serait-elle valide ?
R. Il me semble que non , parce qu'elle ne serait pas ratifiée dans le ciel.
Le C. : Le prêtre serait-il coupable de donner l'absolution à un pénitent qui n'est pas bien disposé?
R. Oui , M. , il serait coupable , parce qu'il profanerait le sacrement et le sang de J.-C.
( Toutes ces décisions ne sont peut-être pas connues des enfants : le Catéchiste pourrait commencer par les donner lui-même , et ensuite les faire répéter. Cependant, en général, il est utile de demander aux enfants l'idée qu'ils se sont faite des demandes du catéchisme ; en les étudiant , ils y mêleront quelquefois ce qu'ils ont entendu dire dans leur famille, à l'école ou dans les catéchismes précédents , et on aura l'occasion de rectifier beaucoup de choses qui manquent d'exactitude. )
Le C. : 17. D. Que doivent faire ceux à qui le prêtre juge à propos de différer l'absolution ?
R. Ils doivent se soumettre sans se plaindre, etc.
Le C. : Il y a une différence, mes enfants, entre ceux à qui le prêtre refuse l'absolution et ceux à qui il la diffère. Le confesseur doit refuser l'absolution à tous ceux qui n'ont pas la contrition de leurs péchés; à ceux- qui ont des habitudes criminelles dont ils ne veulent pas se corriger ; à ceux qui sont dans l'occasion prochaine, et qui ne veulent pas s'en éloigner quoiqu'ils le puissent ; à ceux qui ne veulent pas restituer le bien d'autrui, etc. Le confesseur doit différer l'absolution à ceux qui ne se sont pas assez bien préparés , à ceux qui ont envie de se corriger, mais ne prennent pas assez efficacement les moyens nécessaires pour y parvenir.
(Vous pourriez faire quelques demandes sur cela. V. g. peut-on donner l'absolution à ceux qui n'oùt point de contrition de leurs fautes, qui sont disposés à les commettre de nouveau ; à ceux qui lisent de mauvais livres, qui fréquentent de mauvaises compagnies, etc. )
( Il serait bon également d'indiquer aux enfants la manière de se confesser, de leur apprendre le Confiteor en français, de le leur faire réciter au commencement ou à la fin du catéchisme ; leur apprendre les paroles : bénissez-moi j mon père, etc.* ;
expliquer pourquoi on se sert du nom de mon père , en pariant au confesseur , c'est pour inspirer le respect, la confiance, la docilité; sur la nécessité de répondre aux questions que fait le confesseur sur le secret de la confession , assurant qu'un prêtre ne peut pas dire ce qui se passe en confession , quand il devrait lui en coûter la vie ; raconter l'histoire et le martyre de St. Jean Népomucène qui fut jeté dans la rivière et noyé pour n'avoir pas voulu dire ce qu'il avait appris par la confession. On trouve
Îdusieurs traits sur le secret de la confession dans 'explication du catéchisme du Mans , leçon xx , à quoi sert la confession. )
Un ancien officier de cavalerie passait, dans un de ses voyages, par un lieu où le P. Brydaine donnait une mission. Curieux d'entendre un orateur d'une si grande renommée, il entra dans l'église lorsque ce missionnaire, après les exercices du soir, développait, dans un avis, l'utilité et la méthode d'une bonne confession générale. Le militaire touché , forme à l'instant la résolution de se confesser, vient au pied de la chaire, parle au P. Brydaine , et se décide à rester à la mission ; sa confession fut faite dans les sentiments d'un vrai pénitent. Il lui semblait, disait-il, qu'on ôtât de dessus sa tête un poids insupportable. Le jour où il eut le bonheur de recevoir l'absolution, il sortit du tribunal, témoin de ses aveux, versant des larmes que tout le monde lui vit répandre. Bien ne lui était si doux, disait-il, que ces pleurs qui coulaient sans effort par amour et par reconnaissance. Il suivit le saint homme , lorsqu'il se rendit à la sacristie , et là , en présence de plusieurs missionnaires , le loyal et édifiant militaire exprima en ces termes les sentiments dont il était animé : « Mes- » sieurs, écoutez-moi de grâce, et vous particu- ».lièrement , P. Brydaine : je n'ai goûté de ma vie
» des plaisirs si purs et si doux que ceux que je goûte » depuis que je suis en grâce avec mon Dieu : je ne » crois pas en vérité que Louis xv , que j'ai servi » pendant 36 ans , puisse être plus heureux que » moi. Non, ce prince dans tout Téclat qui envi- » ronne son trône, au sein de tous les plaisirs qui » l'assiègent , n'est pas si content , si joyeux que » je le suis , depuis que j'ai déposé l'horrible far- » deau de mes péchés. » A ces mots, se jetant aux genoux de Brydaine , et lui serrant les mains : « Que je dois , ajouta-t-il , rendre d'actions de » grâces à mon Dieu I il ma conduit dans ce pays » comme par la main. Ah I je ne pensais , mon père , » à rien moins qu'à ce que vous m'avez fait faire. » Je ne puis vous oublier jamais. Je vous conjure » de prier le Seigneur qu'il me laisse le temps de » faire pénitence , il me semble que rien ne me » coûtera si Dieu me soutient. »
Après les actes de foi , d'espérance et de charité ^ le Conjîteor , en français : Je confesse, etc. , sera récité lentement et distinctement par un seul. Demain on récitera la seizième et la dix-septième leçon ; chantez le cantique : Seigneur, Dieu de clémence, p. 85.