‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 62 sur 74 · SUR LE SACREMENT DE L'ORDRE · texte numérisé non relu

SUR LE SACREMENT DE L'ORDRE

renouvelé la grande idée que les enfants doivent avoir des sacrements, on leur demande quel est le ministre de chaque sacrement, pour les acheminer à se former une grande idée du sacerdoce et du sacrement de Tordre. )

Le C. : t. D. Qu'est-ce que le sacrement de l'ordre, Augustin ?

R. L'ordre est un , etc.

Le C. : Ce pouvoir de remplir les fonctions ecclésiastiques vient-il de la terre ou du ciel ?

R. Il est donné par les Evoques.

Le C. : C'est bien : mais les Evêques de qui le tiennent-ils ? qui est-ce qui les a chargés de le transmettre ?

R. M. , je pense que c'est le Pape.

Le C. : Et le Pape , de qui le tient-il ?

R. M. , il le tient du bon Dieu.

Le C. : Mais le bon Dieu de quel moyen s'est-il servi pour faire connaître sa volonté ? Voyons qui va me répondre à cette question si importante ?

( Augustin se presse de dire que c'est N.-S. J.-C. qui a fait connaître la volonté de son Père ; plusieurs font la même réponse en même temps, et le Catéchiste doit être bien aise de cet empressement à parler de l'incarnation de J.-C. ; il pourrait cependant faire observer à Augustin qu'il aurait dû faire la même réponse dès le commencement. )

Le C. : Reprenons : qu'est-ce que le sacrement de l'ordre , Jules ?

( On lui demande ensuite quelle est l'origine du pouvoir qu'ont les prêtres d'exercer leurs fonctions ; on le demande aussi à quelques autres. )

Le C. : Vous dites : et la grâce pour les exercer saintement. Est-ce qu'il faut beaucoup de grâces pour exercer saintement les fonctions ecclésiastiques? Oui, mes chers enfants, il en faut beaucoup, puisqu'en exerçant ces fonctions on distribue la

grâce aux autres ; il faut d'abord en posséder beaucoup. On pourrait comparer les prêtres à un grand réservoir qui a besoin d'être plein d'eau pour en distribuer : il en est de môme de la grâce.

( Faites la même question à plusieurs enfants pour obtenir la même réponse et la même comparaison. )

Le, C. : 2. D. Tous ceux qui reçoivent le sacrement de l'ordre reçoivent- ils ce pouvoir et celte grâce ?

R. Le pouvoir est donné, etc.

Le (7. ; Ceux qui ne reçoivent pas le sacrement de l'ordre dignement, no reçoivent- ils aucune grâce ? Cette demande est un peu difficile, c'est pourquoi je vous indique la réponse. Ceux qui ne reçoivent pas le sacrement de l'ordre dignement, ne reçoivent point de grâces pour eux, mais ils en reçoivent pour les autres ; ainsi , ils peuvent donner le baptême, la communion, l'absolution, enrichir les autres des grâces les plus précieuses , mais ils n'en reçoivent point pour eux.

( Faites la même demande à plusieurs. )

Le C. : 3. D. Dans quelles dispositions faut-il être pour recevoir dignement le sacrement de l'ordre ?

R. Il faut 1° être en état de grâce, etc.

Le C. : Si on était en état de péché mortel en recevant les ordres, recevrait-on le pouvoir d'administrer les sacrements, Frédéric?

R. Oui , M. , on recevrait le pouvoir, mais on ne recevrait paslagrâce comme on l'a dit tout-à-l'heure.

Le C. : C'est très bien : voilà une heureuse application de ce que nous avons dit.

( Demandez à plusieurs si ceux qui reçoivent les ordres en péché mortel reçoivent les pouvoirs et s'ils reçoivent la grâce? )

Le C. : 4. D. Qu'entendez-vous par des intentions pures et droites ?

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R. J'entends, etc.

Le C. : Cette réponse est si claire qu'elle n'exige aucune explication ; cependant il faut que je vous propose un cas de conscience. Vous savez, mes enfants, que l'autre jour Mgr. TEvèque vint donner la confirmation dans la paroisse ; tout le monde alla au-devant de lui en procession ; il était couvert d'une mitre et d'une chape en or. Un jeune homme en voyant cela, disait : Je voudrais bien être Evêque pour recevoir de pareils honneurs. Cet enfant avait-il des intentions pures? aurait-il des intentions droites s'il se faisait ecclésiastique pour être curé , pour être Evoque ?

( La réponse sera négative de la part de tous les enfants , mais on fait bien de leur fournir l'occasion de la faire ainsi; il y en a qui s'en souviendront toute la vie et pour eux et pour leurs enfants. )

Le C. : Pour être un bon ecclésiastique , est-il nécessaire que Dieu nous y appelle ? Sans doute, mes enfants, cela est nécessaire, parce que sans cela Dieu ne nous accorderait pas les grâces dont on a besoin pour en remplir saintement les devoirs ; on deviendrait un mauvais prêtre.

( Faites quelques questions relativement à cela , et profitez de l'occasion pour parler aux enfants de la vocation de Dieu pour tous les états , en leur disant que Dieu nous prépare les grâces particulières dont nous avons besoin pour l'état auquel il nous destine. C'est pourquoi il faut prier Dieu ferveramen t et longtemps avant de choisir un état, au lieu de le prendre en étourdi et par des motifs purement humains. )

Le C. : o. D. A quelles marques peut-on connaître qu'on est appelé de Dieu ?

R. C'est l'^ lorsqu'on est appelé, etc.

Le C. : Il arrive souvent, mes enfants, que dès son enfance on a le désir de se faire ecclésiastique

et d'entrer dans la vie religieuse, le bon Dieu manifeste quelquefois sa volonté de cette manière là ; mais on ne doit jamais prendre une dernière détermination sans avoir consulté son directeur et les supérieurs ecclésiastiques.

(Faites quelques questions sur cela; demandez si on peut penser à se faire ecclésiastique lorsqu'on a mené une vie criminelle , quand on est ignorant et trop âgé pour appreridre les choses nécessaires ; revenez encore à la soumission aux supérieurs et à la pureté des motifs qu'il faut avoir. )

Le C. : 6. D. Que doivent faire les simples fidèles par rapport au sacrement de l'ordre ?

R. Ils doivent l'* prier Dieu, etc.

Le C. : Clolilde , savez-vous ce que c'est que les quatre-temps ?

R. M. , ce sont trois jours de jeûnes qui arrivent quatre fois l'année.

Le C. : A quelle époque arrivent-ils ? R. M. , je ne sais pas si je m'en souviendrai bien , je sais que c'est une semaine avant Noël , huit jours après la Pentecôte , ensuite dans le courant de septembre je ne sais quel jour , mais je ne sais pas où trouver les autres.

Le C. : Les autres se trouvent dans la seconde semaine de carême , c'est pour cela qu'on s'en aperçoit moins. Savez-vous quelles sont les prières que fait l'Eglise pour les quatre-temps ?

R. J'ai toujours ouï dire que c'était pour les fruits de la terre et pour demander de bons prêtres.

Le C. : Savez-vous pourquoi on fait des prières pour demander de bons prêtres à cette époque là ? C'est parce que le samedi de la semaine des quatretemps les Evêques font l'ordination ; ils la font bien quelquefois d'autres jours , mais c'est surtout celte semaine et particulièrement la semaine après la penlecôte que se font les plus graudes ordinations; je

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demande donc de nouveau ; Pourquoi fait-on des prières pour les prêtres à Tépoque des qiiatre-temps ?

R. G est pour obtenir de Dieu qu'il n'y ait que de bons prêtres qui reçoivent l'ordination.

le C. : Savez-vous pourquoi on joint le jeûne à la prière ?

R. M. , je pense que c'est afin de rendre nos prières plus efficaces auprès de Dieu.

Le C. : J^ai encore une question à faire, mes enfants, répondez-moi simplement quand même cela vous ferait de la peine. Avez- vous eu la pensée quelquefois de faire des prières pour obtenir de bons prêtres ?

R. J'y ai pensé quelquefois, parce que dans mou livre de piété il en est question ; mais je le faisais avec peine, parce qu'il me semblait qu'il était impossible qu'il y eût de mauvais prêtres, après avoir reçu les grâces abondantes qui sont attachées à l'ordination.

( Faites les mêmes questions à plusieurs. )

Le C. : Vous dites, mes enfants, qu'il faut avoir un grand respect pour tous ceux qui sont consacrés à Dieu par les saints ordres : vous avez raison. Les prêtres sont les représentants de Dieu ; ils exercent ses pouvoirs sur tous les fidèles; ils ont en main les clefs du ciel pour nous en ouvrir l'entrée , ils sont chargés de nous en montrer le chemin par leurs instructions; voilà de puissants motifs pour les respecter.

( Faites quelques questions relatives aux fonctions ecclésiastiques , afin de fixer d'une manière plus sensible l'attention des enfants. )

Le C. : Je ne crains pas de dire, mes enfants, qu'il n'y a rien de plus grand et de plus respectable sur la terre que le sacerdoce : envisagé dans son origine comme vous venez de voir, il vient du ciel ; c^est le Fils de Dieu , le Tout-Puissant qui en est le

fondateur; c'est lui qui de son vivant choisit tous ses Apôtres ; c'est encore lui qui du haut du ciel désigne ceux qu'il appelle à remplir les fonctions du sanctuaire. Le Sacerdoce est grand considéré dans son origine, il est grand aussi considéré dans son objet. Dans tous les états on s'occupe d'objets matériels : ainsi les artisants travaillent sur le bois, la pierre, les métaux; les rois, les magistrats sont très respectables, mais après tout leur travail se borno à procurer un bonheur temporel ; les médecins s'occupent beaucoup de notre corps qui n'est qu'un peu de terre ; tandis que l'objet du sacerdoce, ce sont les âmes destinées à posséder Dieu. Une âme vaut beaucoup mieux que le soleil , la lune , les étoiles, parce qu'elle est capable de connaître Dieu , de l'aimer, de le posséder. Les savants s'occupent des âmes comme les prêtres, mais quelle différence dans les résultats de leur travail ; la science qui est si pleine d'erreurs ne sert plus de rien quand on est mort , au lieu que la science du prêtre servira pour réternité.

Non , mes enfants , il n'y a rien de plus grand sur la terre que le sacerdoce ; si je n'avais pas peur de vous scandaliser, je vous dirais même qu'après Dieu il n'y a rien de phis grand dans le ciel. Parcourez les chœurs des Anges, des Archanges, des Séraphins: aucun d'eux n'a le pouvoir de roraeltre les péchés; ils prient pour les pécheurs, ils se réjouissent quand las pécheurs se convertissent, mais ils n'ont pas le pouvoir de purifier leur conscience, pouvoir qui est donné aux prêtres et qu'ils exercent au tribunal de la pénitence. Allons un peu plus loin , mes enfants , et cherchez parmi les Anges qui sont ceux qui peuvent célébrer le saint sacrifice de la messe et faire descendre J.-C. sur l'autel. Il n'y en a aucun : le prêtre seul a ce pouvoir. Vous connaissez tous la dévotion que j'ai à la Sainte Vierge, combien je désire que

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VOUS la respectiez, que vous l'invoquiez ; cependant, je puis vous dire que la Sainte Vierge n'a jamais eu le pouvoir de donner l'absolution aux pécheurs et de célébrer le saint sacrifice de la messe; elle a mis au monde le Fils de Dieu une fois, tandis que le prêtre fait descendre J.-C. sur l'autel tous les jours. Concluez de là , mes enfants, le respect que vous devez avoir pour les prêtres, combien sont coupables ceux qui les calomnient, qui les insultent, qui les méprisent. C'est pour nous rappeler le respect que nous devons avoir pour les prêtres, qu'ils portent un habit différent des autres hommes ; c'est par le même motif qu'ils mènent une vie retirée , qu^ils ne vont pas dans les foires, les marchés, les spectacles ; si vous en apercevez quelques-uns , vous devez leur supposer de bonnes intentions; tant pis pour eux si , à l'exemple de Judas, ils oublient leur devoir et trahissent J.-C.

( Il serait utile de faire des questions aux enfants sur tous ces augustes privilèges du sacerdoce , pour leur en inspirer le plus profond respect. On pourrait leur raconter l'histoire de l'empereur Constantin qui avait tant de respect pour les prêtres, que s'il en avait aperçu un qui s'écartât de son devoir, il l'aurait couvert de son manteau pour qu'on ne le vît pas. )

Demain, mes enfants, on récitera la dix-neuvième et la vingtième Leçon ; mais je voudrais qu'on lût avec beaucoup d'attention la note qui est aux pages 180 et 181 , et qu'on pût répondre aux questions que je ferai là-dessus. Chantez le cantique : Qu'ils sont aimés , grand Dieu , etc., dites VOraisoa dominicale et la Salutation angélique lentement.

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