‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 66 sur 74 · D. Qu'est-ce que le sacrement de mariage , Louis · texte numérisé non relu

D. Qu'est-ce que le sacrement de mariage , Louis

R. C'est un sacrement institué , etc.

Le C. : Dans toutes les familles, mes enfants, vous voyez habiter un homme et une femme qui sont le père et la mère des enfants delà maison; le mariage est l'engagement que prennent un homme et une femme de vivre ensemble jusqu'à la mort ; un engagement aussi sérieux et aussi durable ne doit pas être pris légèrement; chacun a ses défauts, ses moments d'ennuis et d'humeur; on a donc besoin de grâces particulières pour se supporter mutuellement et vivre dans la paix ; c'est à cause de cela que N.-S. J.-G. a élevé le contrat de mariage à la dignité de sacrement, et qu'il y a attaché des grâces particulières, soit pour la sanctification des époux, soit pou r leurs enfants. Reprenons : qu'est-ce que le sacrement de mariage , Augustin ?

R. C'est un sacrement, etc.

Le C. : 2. D. Qu'entendez-vous par l'union légitime de l'homme et de la femme ?

R. J'entends une union formée, etc.

Le C. : Vous voyez, mes enfants, qu'il y a des règles à suivre pour que les mariages soient légitimes, c'est-à-dire valides et licites ; ces règles sort établies par les lois civiles et par les lois ecclésiastiques ; il serait impossible de vous en donner le détail dans ce moment, cependant il y en a quelques-unes auxquelles il est essentiel de faire attention de bonne heure. Je vous ai recommandé hier de lire attentivement la note qui est aux pages 180 et 181 ; y a-t-il quelqu'un qui l'ait lue avec altenlion ?

( Aussitôt plusieurs enfants se lèvent et offrent de répondre.)

Le C. : Quand on est parent peut-on en conscience se marier ensemble, François ?

R. Non , M. , cela est défendu par les lois; l'autre jour un oncle voulait épouser sa nièce et M. le maire refusa de les marier.

Le C. : Comment firent-ils?

SUR LE SACREMENT DE iMARIAGE. 423

R. Us se fâchèrent beaucoup ; ils menacèrent dese réunir sans mariage; mais on leur fit entendre raison, on leur promit d'obtenir la dispense du roi.

Le C. : Quand un homme a perdu sa femme peutil se marier avec sa belle-sœur, c'est-à-dire la sœur de sa femme ?

R. Non, M., il ne peut pas sans la dispense du roi, et on dit que cette dispense s'obtient très difficilement et qu'il en coûte au moins cent écus.

Le, C. : Gomment avez-vous appris cela ?

R. M. , je Tai appris à l'occasion d'un homme du quartier qui avait perdu sa femme, et qui voulait épouser sa belle-sœur ; il a fallu recourir à M. le procureur du roi qui avait écrit à Paris plusieurs fois pour cela.

Le C. : Peut-on se marier entre cousin germain ?

R. Les notaires disent oui , et le curé dit non.

Le C. : Savez-vous d'où vient la différence de ces deux réponses? La voici : autrefois, d'après les lois civiles et d'après les lois ecclésiastiques, quand on était parent ou allié , on ne pouvait pas se marier jusqu'au quatrième degré ; ainsi , les cousins germains, les parents du deuxième au troisième, du troisième au troisième, du quatrième au quatrièmi^ degré ne pouvaient pas se marier ensemble. Depuis la révolution les lois civiles ont changé , et il n'v a plus que les beaux-frères et les belles-sœurs , les oncles et les nièces qui ne peuvent pas se marier, tandis que les autres parents et alliés le peuvent d'après les lois civiles ; mais les lois ecclésiastiques n'ont pas changé , ainsi quand on est parent ou allié, on ne peut pas se marier catholiquement sans une dispense du Pape ou de l'Evêque. Retiendrez-vous bien cela, François?

R. Oui, M.; ainsi je vois que le notaire parle d'après les lois civiles et M. le curé d'après les lois ecclésiastiques.

Le C. : C'est cela; faisons rapplication. Les cousins germains peuvent-ils se marier ensemble ?

R. D'après la loi civile, oui : d'après la loi ecclésiastique, non.

(Faites la même question pourle troisième et pour le quatrième degré , et obtenez la même réponse de plusieurs , pour bien établir parmi les enfants que les parents et alliés, jusqu'au quatrième degré, ne peuvent pas se marier ensemble sans dispense. )

Le C. : Doit-on s'en tenir à ce que disent les notaires relativement aux mariages ? Non , mes enfants» parce qu'ils n'envisagent le mariage que sous le rai>.port du contrat civil; mais comme c'est de plus un sacrement, il n'y a que MM. les curés qui puissent donner de justes conseils sous ce rapport là.

Le C. : Voyons , Clotilde , le parrain d'un enfan t peut-il se marier avec sa filleule ?

R. Je ne crois pas, à cause de la parenté spirituelle que le baptême fait contracter.

Le C. : Comment avez-vous appris cela ?

R. M. , je l'ai appris par la note qui est dans le catéchisme , et aussi parce que j'assistai dernièrement à un baptême, et que M. le curé en finissant dit ces paroles : le parrain et la marraine sont averli.< qu'ils ne peuvent se marier ni avec l'enfant, ni avec le père et la mère de l'enfant.

Le C. : Vous dites que le parrain et la marraine ne peuvent pas se marier avec le père et la mère de l'enfant?

R. M., ce n'est pas moi qui le dis, c'est M. le curé qui l'a dit. Je ne sais pas si j'ai bien entendu.

Le C. : Vous avez très bien entendu , M. E. , mais je crains qu'il n'y ait pas beaucoup de personnes qui fassent attention à cela.

( Demandez à plusieurs enfants si les parents et alliés peuvent se marier ensemble , si on doit s'en rapporter aux notaires, relativement au sacrement

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