‹ Méthode-pratique pour faire le catéchismeChapitre 8 sur 74 · SUR LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

SUR LES SACREMENTS

Après le cantique d'mt'oca/io»^ désignez un garçon pour dire YOraison dominicale et la Salutation anfjélique , tout haut et bien lentement. Après vous ferez réciter la sixième Leçon de la quatrième partie du Catéchisme, en suivant la méthode ordinaire.

Le C. : Ce que nous avons expliqué dans les derniers jours est si important , mes chers enfants , que je crois devoir y revenir , persuadé que c'est le plus sûr moyen de vous faire bien comprendre ce que nous dirons dans la suite. Je vais donc revenir sur la grâce et les moyens de l'obtenir ; je ne vous ferai pas toujours les demandes comme elles sont dans le

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Catéchisme , afin de voir si vous comprenez le sens des mots, parce que c'est là l'essentiel. Récitez d'abord la seconde Leçon sur les sacrements et la prière.

( Il faut la faire réciter pour en rappeler le souvenir : interrogez quelques médiocres, quelques faibles, en les faisant reprendre par ceux et celles qui ont plus d'instruction , mais toujours en faisant reprendre les garçons par les garçons, les filles par les filles. )

Le C. : Qu'est-ce que la grâce, Eugène ?

R. C'est un don surnaturel que Dieu nous fait en vertu, etc.

Le C. • Antoine , est-ce bien la définition de la grâce ?

R. Non, M. , il a manqué le mot gratuitement.

Le C. : Reprenez donc, Eugène, votre réponse.

( On fait donner la définition par deux ou trois , dont les uns omettent un mot, les autres quelques autres mots. Ces omissions , que les enfants euxmêmes remarquent et reprennent , contribuent beaucoup à leur donner une juste idée de la grâce. ]

Le C. : Quels sont les deux grands principes qu'il faut retenir sur la grâce , Emile ?

R. M. , il faut se souvenir qu'il y a une grâce sanctifiante et une grâce actuelle.

Le C. : Vous avez raison , il faut se souvenir de cela ; mais ce n'est cependant pas ce que je voulais demander ; néanmoins, puisque vous en êtes là , dites-nous ce que c'est que la grâce habituelle et la grâce actuelle?

( On fait quelques questions sur cela. )

Le C. : Voyons, André, avez-vous compris l'objet de ma demande ? Quels sont les grands principes qu'il faut retenir sur la grâce ?

R. Oui, M. , vous voulez nous rappeller que sans la grâce nous ne pouvons rien , mais qu'avec la grâce nous pouvons tout.

Le C. : C'est cela : répondez maintenant, Emilie,... Philippe, ..Marin, ..Agathe, ..Marthe, ..Cécile, ..etc.

Le C. : Peut -on aller au ciel sans la grâce, Marthe,... Charles,... etc.?

R. Non, M., parce quela grâce est le billet d'entrée.

( Laissez leur répéter ce mot de billet d'entrée qui est bien à leur portée et qui pourra vous être utile plus tard).

Le C. : Avec la grâce, peut-on résister à toutes les tentations , pratiquer toutes les vertus , etc. ?

■ Tous répondent aflQrmativement; mais ilfaudrait entrer dans quelques détails sur les vices à fuir , les vertus à pratiquer. )

Le C. •■ La grâce, comme vous voyez, mes chers enfants , est donc bien nécessaire ; il est donc essentiel pour nous de savoir comment nous pouvons nous la procurer. Que faut-il faire pour se procurer la grâce , Nicolas ?

R. M. , il faut bien prier Dieu.

Le C. : N'y a-t-il pas d'autres moyens pour obtenir la grâce ?

( Un voisin lui souffle qu'il y a les sacrements. Je vous conseille de ne pas faire semblant de vous apercevoir qu'on le lui a soufflé , parce que c'est une preuve que les enfants sont attentifs ; mais examinez si Nicolas a répété sans comprendre. )

Le C. : Oui , mes enfants, outre les prières nous pouvons obtenir la grâce par les sacrements ; mais qu'est-ce que les sacrements ?

R. Ce sont des signes sensibles, etc.

I^e C. : Qu'est-ce qu'un signe sensible ?

R. C'est un signe qui se voit , par exemple , le signe de la croix.

( Faites lui citer quelques autres exemples de signes sensibles. )

Ls C, : Tous les signes sensibles produisent-ils la grâce ?

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R. Quelques voisins soufflent , oui ; d'autres , non ; Nicolas est embarrassé , et ne sait à quoi s'en tenir. Il faut lui faire trouver la réponse dans son intelligence et dans la déflnition des sacrements. )

Le C. : N.-S. J.-C. a-t-il institué tous les signes sensibles pour produire la grâce ?

R. Non , M. , il n'en a institué que sept.

Le C. : C'est très-bien ; nommez-les.

R. Le baptême , etc.

Le C. : Combien y a-t-il d'espèces de sacrements, Jean ? ou plutôt , comment divise-t-on les sacrements ?

R. On les divise en sacrements des morts et en sacrements des vivants.

Le C. ; Quels sont les sacrements des morts ?

R. Ce sont les sacrements qu'on donne à ceux qui sont morts.

Le C. : Auriez-vous répondu comme cela, Régis?

R. Non , M. -J'aurais dit que ce sont les sacrements qu'il faut recevoir en état de grâce.

Le C. : Qu'en pensez- vous , Antoine : faut-il être en état de grâce pour recevoir les sacrements des morts ?

R. Non , M. ; ce sont les sacrements des morts qui nous donnent la vie de la grâce.

( Faites comprendre cette réponse à Nicolas , à Régis et à quelques autres. )

Le C. : Antoine, n'allez-vous pas chez le maréchal qui est dans votre voisinage?

R. Oui , M. , j'y vais pour faire arranger mes outils.

Le C. : Y a-t-il toujours du feu dans sa forge ?

R. Non , M. , il n'y en a pas toujours.

Le C. : Quand il y en a et qu'on le souffle , n'est-il pas vrai qu'il prend plus d'activilé ?

R. Oh oui , M. , c'est un plaisir d'y aller , d'y mettre du fer ; il est d'abord rouge et même blanc , et on le travaille tant qu'on veut.

86 HLiTlÈME JOUR

Le C. : Mais s'il n'y avait pas de feu et qu'on soufQâl bien , qu'arriverait-il ?

R. M. , on perdrait son temps.

Le C. : Mais si on y mettait bien du bois , du charbon , est-ce qu'on ne pourrait pas l'allumer à force de souffler ?

R. Non, M. , non, M. : on aurait beau souffler, il faut mettre du feu ; et après si on souffle , ce feu s'étend , il devient plus fort.

Le C. : Ce que vient de dire Antoine , le comprenez-vous bien tous ?

R. Oui , M. , nous l'avons vu plus d'une fois.

Le C. . Joseph, votre père n'est-il pas serrurier?

R. Oui , M. , et je vois tous les jours ce que dit Antoine :1e dimanche mon père laissait éteindre son feu , parce qu'il ne voulait pas travailler , et moi , quand j'étais enfant, je montais sur une chaise, et je faisais aller le soufflet; mais c'était inutile, je ne pouvais pas allumer le feu ; le lundi on mettait un peu de feu , et tout de suite le charbon s'allumait quand on soufflait.

Le C. : Antoine , ce que nous venons de dire a-t-il quelque rapport avec les sacrements ?

R. Oh oui, M. ; le Gros- Pierre m'expliquait cela , et voici comment il l'arrangeait. Il me disait : Avant de recevoir le baptême , nous sommes semblable à une forge où il n'y a point de feu , on a beau souffler , le charbon reste noir. Le baptême , c'est comme un feu allumé dans notre ame , et alors si on Tentretient, si on le souffle, il va toujours en augmentant.

Le C. : Que pensez- vous de cette comparaison , Augustin ?

R. M. , je trouve qu'elle est magnifique et qu'elle nous donne une juste idée de ce qui se passe en nous quand nous recevons le baptême.

{ On fait la même question à plusieurs. )

Le C. . Clolilde, ne pourrait-on pas tirer un autre parti de cette comparaison , et en taire l'application à un autre sacrement ?

R. II me semble , M. , qu'on pourrait l'appliquer à ceux qui ont perdu la grâce par le péché mortel , et qui la recouvrent dans le sacrement de pénitence.

Le C. : Qu'en pensez-vous , Julie ? seriez-vous du même sentiment?

R. Oui, M. , la comparaison est admirable pour nous faire bien comprendre l'effet que produisent les sacrements des morts,

( Interrogez plusieurs enfants sur le même objet.)

Le C, : Et vous, Antoine, qu'en dites-vous? croyez-vous qu'on puisse faire cette application au sacrement de pénitence ?

R. Oh, M. , le Gros-Pierre me la bien faite ; je n'osais pas le dire , mais c'est un plaisir d'entendre expliquer tout cela au Gros-Pierre.

Le C. : Où a-t-il appris son catéchisme?

R. C'est dans un petit village dont le Curé était plein d'esprit et de piété. Il n'avait pas beaucoup de paroissiens ; mais il leur expliquait le Catéchisme d'une manière admirable ; aussi tous étaient bien sages.

Le C. : Je voudrais bien, mes chers enfants, qu'on pût en dire autant de vous tous. Je ferai volontiers ce qui dépendra de moi pour vous bien instruire. Je le demande au bon Dieu. Demandez-le-lui aussi, et tâchez de mettre en pratique les vérités saintes que nous vous expliquons. Je reprends donc : comment divise-t-on les sacrements, Jules?

R. On les divise , etc.

Le C. : Quels sont les sacrements des morts ? Pourquoi les appelle-t-on sacrements des morts ? Quelle grâce reçoit-on quand on reçoit les sacrements des morts ?

88 HIITIÈ3IE JOUR

(Jules est embarrassé pour répondre à celte dernière question. Il faut alors faire la même question à quelques autres qui répondent tantôt que c'est la grâce habituelle, tantôt la grâce actuelle. Le Catéchiste alors dit : )

Le C. : Quelle est la grâce qui demeure dans notre ame , qui lui donne la vie , qui la rend sainte , Jules?

R. C'est la grâce sanctifiante.

Le C. : Etes-vous bien assuré que c'est la grâce sanctifiante ?

R. Oui , M. ; c'est la grâce qui rend notre ame comme le fer rouge, comme le charbon embrasé, comme la lampe de l'église qui est allumée.

Le C. : C'est en effet la grâce sanctifiante qu'on reçoit dans le baptême et dans la sacrement de pénitence. Il nous arrive quelque chose de semblable à ce que nous disions tout-à-l'heure en parlant de la forge entièrement éteinte et dans laquelle on met du feu nouveau : ce feu se communique à tout le charbon qui est dans la forge, surtout si on a soin de souffler ; mais je voudrais bien savoir si l'action de souffler le feu pourrait être comparée à quelque chose qui se fait dans notre ame. Voyons si quelqu'un pourra m'expliquer cela ?

R. Jules se lève et dit : Quand on souffle le feu , on augmente son activité ; de même tout ce que nous faisons pour devenir plus sages augmente en nous la grâce sanctifiante.

Le C. : C'est très-bien , M. E. , mais cela ne dit pas tout-à-fait assez pour que tout le monde comprenne bien. Entrons dans quelques détails. Que faut-il donc faire pour augmenter le feu de notre ame, pour l'activer, et en quelque sorte le souffler? Il faut , mes chers enfants , prier Dieu , assister à la messe, observer les commandements de Dieu et de l'Eglise ; il faut surtout recevoir les sacrements dans de saintes dispositions. Pour bien développer

celle idée , revenons sur ce qui regarde les sacrements des vivants.

Le C. : Quels sont les sacrements qui augmentent en nous la grâce sanctifiante, Joseph ?

R. C'est le sacrement de pénitence.

Ze C. : Louis , auriez-vous répondu de cette manière là ?

R. Non , M. , j'aurais dit que ce sont les sacrements des vivants qui augmentent en nous la grâce sanctifiante.

Le C. : Vous auriez bien répondu , et cependant Joseph aussi n'a pas mal répondu ; comment peut-on concilier tout cela, Louis ?

R. On pourrait dire , ce me semble , comme j'ai dit, que les sacrements des vivants augmentent la grâce sanctifiante, et que le sacrement de pénitence ne l'augmente que lorsqu'on l'a déjà.

Le C. : C'est très -bien, mais j'ai peur qu'on ne vous comprenne pas bien. Avez- vous bien compris , Joseph ?

R. Oui , M. , la pénitence augmente la grâce sanctifiante quand on n'est pas en péché mortel , comme les sacrements des vivants.

Le C. : C'est bien ; voyons Régis, quand on est en péché mortel , le sacrement de pénitence donne- l-il la grâce sanctifiante ?

R. Oui, M., le sacrement de pénitence donne la grâce sanctifiante quand on est en péché mortel, et quand on n'est pas en péché mortel , il augmente la grâce.

Le C. : Est-il nécessaire de se confesser quand on est en péché mortel ;, Julie ?

R. Oui , M. , cela est si nécessaire qu'on serait perdu pour toujours si on ne se confessait pas avant de mourir.

Le C. : Pourquoi serait-on perdu toute l'éternité si on mourait sans se confesser ?

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R. Parce qu'on n'aurait pas la grâce sanctiliante sans laquelle on ne peut pas aller au ciel.

Le C. : C'est fort bien : est-il utile de se confesser quand on est en état de grâce ?

R. Oui , M. » parce que la confession augmente la grâce sanctifiante.

LeC. : C'est bien, quels sont les autres sacrements qui augmentent la grâce sanctifiante ?

R. Ce sont lessacrements des vivants, c'est-à-dire la confirmation , l'eucharistie , l'exlrême-onction , l'ordre et le mariage.

Le C. : Le sacrement de pénitence n'est-il pas quelquefois sacrement des vivants ?

R. Il est sacrement des vivants quand on le reçoit en état de grâce.

Le C. : Quels sont les sacrements des vivants , Emile? — Pourquoi les appelez-vous sacrements des vivants ? — Quelle est la grâce que produisent les sacrements des vivants ?

( La troisième question pourrait embarrasser Emile : essayez cependant de le laisser répondre ; demandez-lui si les sacrements des vivants nous procurent la grâce actuelle ou la grâce habituelle? Après avoir écouté les diverses réponses que les enfants auront faites, le Catéchiste tâche de fixer leurs idées en leur disant que les sacrements des vivants augmentent la grâce sanctifiante qu'on a déjà ; ainsi la confirmation , la sainte communion , la confession qu'on fait en état de grâce , tous les autres sacrements augmentent en nous la grâce sanctifiante. )

Le C. : Quelle est la grâce que produisent en nous les sacrements des vivants, Âlarie ?

R. Les sacrements des vivants augmentent en nous la grâce sanctifiante.

Le C. : Est-il utile de se confesser souvent quoiqu'on ne soit pas en péché mortel ?

R. Oui , M. , parce que la confession augmente en nous la grâce sanclifianle , et augmente aussi en nous le feu de l'amour de Dieu.

Le C. : Est-il utile de faire souvent la sainte communion ?

R. Oui, M., parla même raison, c'est-à-dire, parce qu'elle augmente en nous la grâce sanctifiante.

(Faites les mêmes questions à plusieurs pour bien établir la différence qu'il j a entre les sacrements des vivants et les sacrements des morts , et pour bien faire apercevoir le profit qu'on retire des sacrements des vivants. On reviendra sur tout cela en parlant de chaque sacrement en particulier , mais il est 1res utile d'en parler quelque temps d'avance et d'une manière générale. )

Le C. .'Quand on est en péché mortel, quel est le sacrement qu'il faut recevoir, Nicolas ?

R. Il faut se confesser, c'est-à-dire recevoir le sacrement de pénitence.

Le C. : Pourquoi faut-il recevoir le sacrement de pénitence ?

R. Parce que c'est un sacrement des morts et qu'il donne la vie à notre ame.

( Faites les mêmes questions à plusieurs et tâchez d'obtenir les mêmes réponses, en faisant reprendre par les enfants ceux qui ne répondent pas exactement.)

Le C. : Que représente la forge dont le feu est éteint , Clotilde ?

R. Elle représente l'ame qui est en péché mortel.

Le C. : Que représente le feu qu'on met à la forge ?

R. Il représente le sacrement de pénitence qui remet le feu, c'est-à-dire la grâce dans notre ame quand elle est morte par le péché.

Le C. : Que représente l'action de l'air que produit le soufflet sur le feu ?

R. Cette action de l'air représente l'action des sa-

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crements des vivants que nous recevons, et qui augmentent en nous la grâce sanctifiante.

( Faites les mêmes questions à plusieurs et tâchez d'obtenir les mêmes réponses. )

Le C. : Passons aux deux dernières demandes de la leçon sur les sacrements. Dites-les , François.

R. N'j-a-t-il pas quelques sacrements, etc.

( François fait la demande et la réponse que les autres font aussi sur chaque banc. On fait répéter de même la dernière demande. )

Le C. : Quels sont les sacrements qui impriment un caractère , Alphonse ?

R. Ce sont le baptême , la confirmation et l'ordre.

Le C. : Peut-on recevoir ces trois sacrements plus d'une fois ?

R. Non , M. , à cause du caractère qu'ils impriment dans l'ame.

Le C. ; Et quel est le caractère que ces trois sacrements impriment dans l'ame ?

R. C'est une marque ineffaçable qui distingue les âmes qui ont reçu ces trois sacrements.

Le C. : Y a-t-il une différence entre l'ame d'un chrétien est celle d'un juif ?

R. Oui, M., il y a une différence que nous ne pouvons pas voir maintenant , mais que nous verrons après la mort.

Le C. : D'où provient cette différence ?

R. Elle provient du caractère que le baptême imprime dans l'ame du chrétien.

Le C. : Y a-t-il une différence entrel'ame decelui qui a reçu la confirmation, et l'ame de celui qui ne l'a pas encore reçue ?

R. Oui , M. , il y a une différence à cause du caractère que la confirmation imprime dans notre ame.

Le C. : Y a-t-il une différence entre l'ame d'un prêtre et celle d'un simple fidèle ?

R. Oui , M. , à cause du caractère que produit dans l'ame le sacrement de l'ordre.

( Faites répéter à plusieurs ces trois questions , afin de bien rappeller que ces trois sacrements produisent un caractère ineffaçable dans l'ame. )

Le G. : Pouvons-nous voir dans la vie présente le caractère que ces trois sacrements impriment dans notre ame , Louis ?

R. Non , M. , il n'y a que Dieu et les Anges qui le voyent.

£e C. : Porterons-nous ce caractère dans l'autre monde ?

R. Oui, M., nous distinguerons alors ceux qui sont chrétiens, ceux qui ont été confirmés et ceux qui sont prêtres.

£e C . : A quoi nous sert ce caractère ? Vous seriez peut-être embarrassé pour répondre, je me hâte donc de vous dire en passant que ces divers caractères nous donnent droit à des grâces particulières, qui nous aident à remplir les devoirs qui nous sont imposés. Ainsi le caractère du baptême nous donne droit à des grâces particulières pour accomplir les commandements de Dieu et de l'Eglise ; de plus , il nous donne droit d'aller au ciel après la mort, c'est comme notre billet d'entrée. Le caractère du sacrement de confirmation nous donne droit à des grâces particulières pour combattre nos passions , le monde et le démon. Celui qui a reçu la confirmation est semblable à un soldat qui a plus de courage qu'un simple citoyen, qui a des armes dont il peut faire usage pour vaincre les ennemis. Quand à ceux qui sont prêtres ils reçoivent des grâces pour prêcher , pour confesser , pour convertir. Nous donnerons un plus grand développement à ces pensées en parlant des trois sacrements qui impriment un caractère ; mais d'avance, je crois utile que vous en ayez une idée. Voyons si vous avez retenu ce que j'ai dit , François ? A quoi sertie caractère que nous imprime le baptême ?

R. Ce caractère sert à nous procurer les grâces

dont nous avons besoin pour accomplir les commandements de Dieu et de l'Eglise.

Le C. : Ne sert-il pas à quelqu'autre chose ?

R. Il sert à nous assurer le droit d'aller au ciel.

Le C. : A quoi sert le caractère du sacrement de confirmation ?

R. Le caractère du sacrement de confirmation nous procure des armes pour combattre les ennemis de notre salut.

Le C. : Quelle différence y a-t-il entre celui qui n'a reçu que le baptême, et celui qui a reçu la confirmation ?

R. Il y a la même différence qui se trouve entre un simple citoyen et un soldat.

Le C. : Je m'en tiens à ces deux caractères, parce que celui des prêtres ne vous regarde pas ; mais je désire que vous reteniez bien ce qui regarde le baptême et la confirmation.

( Le Catéchiste fait les mêmes demandes à plusieurs. )

Le C. : J'ai connu des jeunes gens qui étaient soldats pendant la révolution , et qui faisaient une chose bien édifiante pour ne pas oublier la religion, car alors on détruisait les églises et on persécutait les prêtres. Eh bien , parmi les soldats ^ il y en avait qui s'excitaient à faire leurs prières. Un jour il y en eut un qui mit de la poudre à canon sur son bras en forme de croix et ensuite il y mit le feu ; il en résulta une brûlure qui le fit souffrir et qui devint ineffaçable , et formait sur son corps une espèce de caractère distinctif ; plusieurs firent de même. Je ne vous conseille pas de suivre cet exemple, parce qu'il pourrait être dangereux, et que d'ailleurs , nous ne sommes pas aujourd'hui dans la triste situation où l'on était alors ; nous avons des églises et des prêtres dont ils nous est facile de profiter pour nous souvenir de la religion et pour la

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pratiquer. Mais cet exemple peut vous aider à comprendre ce qui se passe dans notre ame quand nous recevons un sacrement qui imprime un caractère.

Alphonse se lève , et dit tout haut : Monsieur , j'ai vu une de ces croix, faite avec de la poudre, sur le bras de mon grand-père , et il m'a dit qu'il attribuait à ce sacrifice d'avoir été préservé de plusieurs dangers pendant la guerre.

Le C. : Je suis bien persuadé, mes enfants, que ceux qui faisaient de pareils sacrifices, recevaient des grâces particulières qui ne les préservaient pas toujours de la mort , mais qui les préservaient du péché qui est plus à craindre que la mort.

Demain , je ferai réciter la troisième Leçon sur le baptême ; repassez-la bien. Dites le Symbole des apôtres, Alphonse , et dites le bien distinctement. Chantez un cantique contre le respect humain.

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