‹ Méthodes américaines d'éducation générale et techniqueChapitre 104 sur 160 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Ce besein 1. Ce bessin combiné avec les travau^c b'atelier

Le dessin occupe une large place dans les écoles industrielles. Dans les sections de mécanique et d'électricité appliquée de l'Institut Pratt, sur 35 périodes de 45 minutes, prévues à l'horaire, 8 sont consacrées au dessin en première année d'études, et 10 en 2""^ année ; 6 périodes de dessin en f* année et 8 périodes en 2"^'' sont données dans la section de chimie appliquée. La même importance relative leur est attrihuée dans les cours industriels du soir.

Trois genres de travaux sont traités dans ce cours :

A. Les jyrincipes. b. Leur application au dessin constructif d'un certain nomhre de pièces et de machines telles que : machines à forer, tours mécaniques, poinçonneuses mécaniques, machines à fraiser, etc. c. Le dessin de modèles de pièces de inachines de difficulté progressive à exécuter dans la fonderie.

Les élèves t'ont immédiatement usage de ces derniers dessins pour la fahrication des modèles ; ils préparent le moulage, font la coulée des pièces, les éharhent, les hurinent, les ajustent et finissent par le montage des appareils, travail auquel plusieurs élèves collahorent ; ces pièces entrent dans un plan d'ensemhle de fabrication dont le type, pour les mécaniciens, est la machine-outil. Dans les exercices de dessin, suivis S3"stématiquement de travaux de complète exécution, allant du matériel brut à la pièce achevée, il faut voir un des principes les plus marquants des écoles américaines : tout est subordonné aux usages pratiques, d'où un minimum très réduit de travaux à blanc. La pierre de touche de la valeur d'un projet graphique est immédiatement donnée par l'exécution, ce qui engage la responsal)ilité de l'élève et par

LHS INSTITUTIONS D ENSEIGNEMENT INDUSTRIEL Ujl

conscMiucnt excite son attention, stimule ses eflbrts i)Our bien faire.

Le côté faible de toutes les" études pratiques dans les ateliers d'école professionnelle, industrielle ou générale, est l'absence de sanction, de responsabilité, ressort essentiel de l'éducation professionnelle. Si l'élève voit que le dessin, élaboi'é {)ar lui, est détruit et ({ue l'objet ({u'il confectionne est jeté à mitraille, malgré sa bonne volonté, il ne met pas dans son travail toute son activité et son intelligence; il se blinde contre les observations, sans sanction, du professeur et devient indifîerent et mauvais ouvrier; mais s'il sait ([ue la pièce dessinée et exécutée entre dans un tout qu'il connaît, et s'il est convaincu que son effort crée une valeur, il est vivement intéressé à y mettre tout son savoir-faire. Ce ressort, les Américains le font agir dans toutes les études et si)écialement dans le dessin et les travaux d'atelier.

Comme on le voit, le dessin et les travaux d'exécution dans les divers ateliers représentent ce que, dans nos écoles industrielles, on désigne sous le nom de technologie des ateliers; tandis que chez nous la technologie des ateliers, c'est-à-dire l'étude des divers procédés de travail et d'exécution et le commentaire de toutes les opérations du métier, est donnée en classe et reste, par conséquent, verbale malgré l'appoint de modèles d'intuition et des excursions, les Américains, dont la mentalité répugne littéralement à la traduction verbale de faits, font réaliser par les élèves la technologie vécue; le commentaire, toujours très abrégé, du professeur n'ari'ive que quand l'élève a fait et compris à fond l'opération. La conséquence en est, que dans nos écoles industrielles des élèves qui n'ont jamais vu un ateher ni un laboratoire, qui n'ont jamais eu en main un burin ou une lime, peuvent être diplômés avec grande distinction aux examens de sortie comme mécaniciens ou chimistes, pourvu qu'ils soient servis par une mémoire fidèle. La technologie américaine, incorporée dans le dessin et dans les travaux d'atelier et de laboratoire, se mesure par les aptitudes technologiques, plutôt que par l'étendue écrite des carnets de notes que l'élève recueille de seconde main de la bouche du professeur.

Le dessin n'est pas une copie d'images : c'est la première phase de la construction ; les dispositifs et les détails de construction doivent être étudiés avec le plus grand soin ; aucune cote ne peut manquer au plan, car la démonstration de son exactitude est immédiatement faite par l'épreuve de l'exécution. L'école, ainsi conçue, est l'image même de la réalité industrielle; elle facilite singulièrement l'entrée des jeunes gens dans les bureaux de dessin et dans les ateliers comme aides-ingénieurs, ou comme conducteurs d'installations mécaniques.

Le cours de construction par le dessin repose sur un ensemble de branches qui, toutes, apportent à l'élève des éléments mathématiques ou constructifs. Ces branches sont :

1° les mécanis?nes dans lesquels ils étudient à fond les organes de mouvement et de transformation de mouvement utilisés ou utilisables dans l'étude des machines-outils; ces dessins ne sont pas exécutés comme des schémas, mais dans leurs formes constructives.

2° La théorie des chaudières, de la machine à vapeur et des autres moteurs.

3° L'étude des transmissions.

4° La résistance des matériaux.

5° L'hydraulique et les moteurs.

Comme nous l'avons vu, les études de classe sont complétées de travaux dans les laboratoires de mécanique et de résistance des matériaux dans lesquels l'élève doit confirmer les données de la théorie par des essais quantitatifs.

Page 1