‹ Méthodes américaines d'éducation générale et techniqueChapitre 119 sur 160 · Ce (Dusée be pensylvanie et l'Ccole · texte numérisé non relu

Ce (Dusée be pensylvanie et l'Ccole

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{Pensylvania (Duseum anb 5cbool of Inbustrial Rrt)

Le Musée de Pensylvanie et l'Ecole d'art industriel de Philadelphie constituent une des plus remarquables institutions des Etats-Unis. Dans son organisation elle comprend :

1° le Musée proprement dit :

2° l'Ecole d'art appliqué avec les divisions de :

a) dessin ;

b) dessin appliqué ;

c) l'école normale pour professeurs de dessin et d'art ;

d) la peinture décorative ;

e) l'illustration ;

f) la sculpture ;

g) le dessin et la composition d'architecture ; h) le travail du métal ;

i) les arts du feu.

3° r Ecole des textiles, qui comporte les divisiotis suivantes :

a) les textiles : coton, laine, soie ;

b) filature de la laine peignée ;

c) filature de la laine cardée ;

d) filature du coton ;

q) les armures ; structure des tissus et composition ;

f) le tissage ;

g) harmonie des couleurs et composition décorative ; h) chimie, teinture et impression ;

i) parachèvement des tissus.

4" VEcole de langues ^nodernes.

LKS INS'llll'JlONS I) ENSKKINKMKNT 1'H()FKSS|()NM;1, :joi

Le Mus(H' [)()s.sè(le l;i [)lus i-iclio (•()llo<'li(Mi do tissus des Ktals-rnis. Les libres dans loules les pliases d(; ieiii" ])répal'alion, les tissus, les matières tinctoriales et les produits chimiques se rapportant à la matière, y sont représentés très niélliodifiuement, de façon ([u'on puisse y lire leur structure, leur composition, leur [)rovenance. Les autres divisions du Musée renferment des objets d'art décoratif du monde entier et spécialement des Etats-Unis ; elles sont cependant loin d'atteindre enrichesse et en variété les collections similaires de l'Europe. Le Musée est visité annuellement par environ un demi million de personnes.

Parmi les écoles de métiei's d'art, qui ont acquis une réelle notoriété en Amérique, figurent la "School of Industrial Art of the Pensylvania Muséum à Philadelphie", la division d'art industriel du -Pratt Institute» à Brooklyn, du "Drexel InstitutC" à Philadelphie, les écoles de Gliicago, de St-Louis,. La "Normal Art School-' de Boston. La majorité des élèves de ces écoles sont des dames ; le département le plus fourni est celui de l'illustration qui a pris en Améri(jue un essor merveilleux. Les professeurs des écoles importantes ont été formés dans les institutions d'art industriel du pays même et sont ensuite venus compléter leur éducation artistique en Europe, surtout à Paris.

Le travail manuel, qui prend une si grande importance dans l'éducation générale de l'école primaire et de l'école secondaire, s'est implanté dans les écoles d'art industriel aux Etats-Unis.

Ces écoles dérivent visiblement de nos académies et écoles de dessin ; mais, suivant la dominante des méthodes américaines d'enseignement, elles se sont dépouillées du caractère classique, théorique, pour adopter la forme vigoureuse et saine de l'exécution. Elles se sont faites le refuge de l'art pratique et, dans ce but, elles associent aux études générales de dessin et de modelage la composition de projets décoratifs, qui sont soumis d'une manière constante à l'épreuve de l'exécution.

L'éducation artistique générale est considérée comme essentielle et fait l'objet principal des études ; mais la conception et l'application des formes artistiques à la décoration est

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soumise non seulement aux lois générales du beau, mais aussi aux règles imposées par la technique ; les formes doivent être appropriées à la nature des matériaux ; elles sont, au surplus,

déterminées par la construction qui dérive de l'usage auquel est destiné l'objet ; ces règles subtiles et variées ne sauraient

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s'acquérir par l'étude théorique des formes dans les techniques purement scolaires, comme le dessin, l'aquarelle, le mû.delage ; il faut les mettre au point par l'exécution. Les travaux d'atelier sont de véritables essais de laboratoire pour les projets décoratifs produits par l'élève.

M. Miller, le Directeur de l'école de Philadelphie nous a montré avec une patience et une bonne grâce charmante les travaiLx de ses élèves et les classes en activité (fig. 270 et 271). Il a une conception de l'enseignement qui se différencie fortement de celle réalisée dans nos écoles de dessin et d'art décoratifs.

Dès le début les élèves, sans exception, mènent de front le modelage et le dessin en se servant de toutes les techniques : .fusain, crayon, plume, aquarelle, peinture à l'huile. Les matériaux sont empruntés à la flore et à la faune. L'étude de la figure humaine est poussée très loin ; les élèv^es la pratiquent supérieurement dans les écoles de métiers artistiques. A ce point de vue beaucoup d'entre elles atteignent un niveau d'art et une expression de vérité surprenantes.

Les études sont artistiques, mais les formes et les ornements naissent du métier et se rattachent à la construction de meubles, à la technique des métaux, au tissage, à la broderie, aux arts graphiques et décoratifs, à la reliure, etc. A chaque pas, les élèves associent à leurs conceptions décoratives l'exécution réelle des travaux ; le projet en dessin est considéré comme la phase théorique des arts décoratifs ; ce projet n'est complet que dans la phase d'exécution. Les études de l'école tendent à améliorer les techniques, tout en imprimant aux objets produits un cachet d'art. L'on sait combien peu de nos écoles de dessin et d'art appliqué dépassent la première phase des travaux ; nos élèves dessinent généralement, suivant le principe académique d'après des moulages; l'ornement, le buste, le torse, entrent ensuite dans les classes de nature ; la mise en exécution des projets est considérée en général comme relevant du métier et rejetée des études.

En parcourant les salles, le visiteur se rend de suite compté de la façon intéressante dont la technique s'allie avec les études de composition décorative, suivant l'idéal de réalisation cher aux Américains.

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L'art, (lit M. Miller, n'est pas une notion abstraite; il peut g'uider et ins[)ii'or l'homme dans tout travail de création se rapportant à l'industrie et au métier. Suivant cette thèse les élèves appliquent leurs projets décoratifs à des matériaux de tous genres : hois, tissus, cuir, métal ; ils se préoccupent de donner aux objets une forme de beauté et un caractère d'art ; les élèves ne se spécialisent pas dans un métier ; la spécialisation est une notion contraire à la mentalité et à l'idéal des Américains, qui veulent que l'école forme l'homme dans toute sa force ; le travail manuel n'a pas d'autre but que de montrer la relation nécessaire entre les formes décoratives, la construction et la nature des matériaux.

La source de toute la documentation est la nature llorale, humaine et l'ornement liistorique. Les débutants étudient la plante ; ils l'analysent au point de vue de sa structure, sa forme, ses aspects caractéristiques en la dessinant ))uis, en la modelant. Ils introduisent ce document dans une composition de bordure, de rosace, de papier peint, d'impression de tissus, dans un objet de métal repoussé, dans une composition typog-raphique (entête de lettres, illustration), dans une poterie, un vase, une sculpture sur bois ; ils enrichissent leur documentation par l'étude de modèles de style, d'ornements de diverses écoles, de tapis orientaux, de tissus anciens, de mosaïques, etc.

Ce travail constitue la phase de conception.

On voit alors certains élèves, munis de leur composition, passer au tour pour poterie, tourner le vase et y appliquer ensuite la décoration projetée ; ce travail terminé et approuvé, l'objet passe au four pour subir la cuisson. L'école fait une cuisson par semaine ; elle produit des collections splendides. D'autres élèves s'installent devant des établis et sculptent dans le bois, à la pointe de l'outil, sans mise au point, les compositions qu'ils ont créées {û<^. 272) ; ils jugent ainsi de leur effet en exécution et se rendent compte des nécessités de la nature du bois et des possibilités d'exécution qu'il offre.

D'autres encore cherchent à exécuter des meubles décorés en se servant des tours sur bois, des scies circulaires, et des outils à main ; ils associent ainsi la sculpture, la menuiserie, le tournage dans un même objet de destination précise, couru

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