I.KS INSl IJ'UTIOiNS IJ ENSEKiNliMEN'J' l'HOEESSlONNEL
LES INSTITUTIONS T)"ENSF.I';>KMFNT PROFESSIONNEL
suivant les principes d'art. Une division d'élèves s'applique à composer des dessins de tissus (fîg-. 273). Une autre à la composition décorative d'un caractère plus général (flg-. 274).
La technique du métal et spécialement le découpage, le repoussage et la ciselure du cuivre est pratiqué par d'autres
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élèves. Par ses propriétés, sa ductilité, sa ténacité, le métal impose d'autres formes dont les élèves s'inspirent dans leurs projets décoratifs.
Elle a atteint en Amérique le sommet de son développement. La moitié des élèves au moins s'y destinent. Le dessin ornemental et figurai, l'étude de la draperie et de la
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composition, le dessin de mémoire et les exercices de dessin d'après le modèle vivant, visent tous à l'illustration. Le dessin à la plume, que les élèves possèdent jusqu'à la virtuosité, est un des exercices les plus marquants. Les illustrateurs américains excellent dans cette teclini(jue comme en témoi^-nent leurs revues illustrées.
Les élèves ne se limitent pas seulement aux jurandes illustrations décoratives du livre, de la gravure, etc.; ils descendent jusqu'à l'illustration commerciale, qui, en Améj-ique, paie son homme. Le taux de 40-50 dollars par semaine est, pour les bons illustrateurs, un salaire normal.
Les élèves qui y trouvent leur agrément, la satisfaction de leurs goûts ou la perspective d'une profession, s'aiijiliquent à la reliure (fig.- 27.5), Ils conçoivent la décoration spéciale d'une couverture ; ils font des applications de dorure à l'aide d'outils divers, tels que les petits fers, exécutent leur conception et contrôlent, sur le champ, l'effet de leur projets.
Les études artistiques sont l'efflorescence même du métier et la personnalité de l'élève cherche sa voie dans la technique la plus conforme à ses goûts et à ses aptitudes. Permettre aux jeunes gens de gagner leur vie, de trouver leur voie par l'application de leur art aux travaux industriels de tous genres: telle est la formule qui guide les activités scolaires sous l'impulsion de M. Miller.
On peut objecter à ce sj^stème la difficulté pour l'élève d'acquérir suffisamment les principes du métier pour lui permettre de traduire en réalité ses conceptions décoratives. Pour obvier à cet inconvénient, il choisit des modèles d'exécution simple et réduit au minimum les difticultés ; il ne s'attache pas aux détails pénibles du métier et se contente d'une exécution approchée, suffisante pour juger des qualités d'un projet décoratif.
Les élèves acquièrent rapidement dans toutes ces techniques sommaires une habileté suffisante pour réaliser leurs travaux, sans que les difficultés de métier entravent la manifestation de leur pensée et de leur sentiment. Sans négliger l'éducation artistique générale, qui reste le but essentiel des études, l'exécution réelle donne à l'école d'art appliqué un cachet teclinique.
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une allure pratique, (jui mérite de retenir l'attention de nos écoles de dessin.
Le dessin d'api'ès des moulages se l'ait d'une l'açon libre à grands traits et n'a rien de pédantesque. L'étude sti'ucturale et pittoresque de la [)lante est des plus intéressantes. Si la littérature américaine a produit des œuvres d'un caractère national bien ti-anciié, les écoles d'art n'ont pas encore pu provo(|uer l'éclosion d'individualités (jui aient mis leur marque sur le mouvement artistique. Nous n'avons trouvé nulle part des traces d'une orientation des Formes vers un style, répondant à l'américanisme. Certaines écoles ti-aitent l'ornement et la décoration dans le goût des Japonais. D'autres i)rennent comme base l'interprétation si caractéristique de la llore et de la faune selon la facture des Peaux-Rouges. L'évolution de l'art indien, qui est très expressif, poui-rait, semble-t-il, donner à la décoration américaine un caractère d'orij^'inalité.
3. Ces écoles profeesionnelles bes textiles C€cole 6e Philadelphie
En dehors de l'institution de Philadelphie, il existe des écoles indépendantes à Lowell, à New-Redford, à Fall River dans le Massachusets, une école de textiles annexée de l'Institut de Technologie d'Atlanta, d'autres à Starckville (Mississipi), à Raleigh (Nortli Garolina) et à Glemson (South Garolina) ; les trois dernières dépendent des collèges d'agriculture, qui se sont complétés de sections techniques à mesure que s'industrialisait la région où ils sont placés.
Les écoles professionnelles des textiles sont, en général, privées et reçoivent des subsides des Etats et des villes.
La plus ancienne est celle de Philadelphie. Le local qu'elle occupe en commun avec l'école d'art industriel dont elle est issue, est de belle venue mais peu approprié à l'enseignement spécial qui y est donné (fig. 276). Il y a trente ans un généreux philanthrope légua à l'institution une collection remarquable d'objets d'art industriel et constitua ainsi le premier fond du musée ; un autre philanthrope, M. Weighlmann, la dota
(l'une somme de 500,000 francs ([m servit à édifier les locaux et à assurer les premiers frais de fonctionnement des cours ; 500,000 francs s'y ajoutèrent ensuite par souscription l>iil)lique.
Avec le développement croissant de l'industrie textile dans les environs de Philadelphie, se manifesta le besoin de dessinateurs pour cette si)écialité et s'accentua l'importance de l'étude de la composition et de la décoration des tissus à l'école d'art industriel.
Suivant les principes (jui dominent l'enseif^nement techni(iue américain, l'étude de la décoration pour les tissus ne pouvait pas rester confinée dans les salles de dessin ; elle passa dans sa phase d'exécution et bientôt l'école se fournit de métiers à tisser à la main, puis de métiers mécaniques pour l'essai des compositions décoratives projetées par les élèves. Pour faire pénétrer les futurs décorateurs dans la connaissance même des tissus et les mettre en mesure d'étudier à fond la faln'ication, l'école ajouta même à son outillage des métiers à filer. Cet outillage amena des élèves à s'y exercer, à étudier la théorie complexe de cette industrie, et ainsi l'école d'art donna naissance à l'école professionnelle des textiles.
La règle fondamentale des méthodes est la suivante : tout élève étudie les textiles dans toutes les phases de leur préparation jusqu'au parachèvement et l'apprètage des tissus. "Nous avons assez d'hommes qui dirigent, nous dit le Directeur, M. Miller, en nous montrant sa ruche scolaire en activité, nous devons en former maintenant qui exécutent." Dans ce but l'élève est placé face à face avec le problème de la fabrication dans toute son ampleur.
En vertu d'une convention avec une filature de la localité, celle-ci met à la disposition de l'école un certain nombre d'ouvriers qui viennent conduire les outils et initier les élèves à toutes les phases de la fabrication. L'usine envoie le coton et la laine bruts ou prêts à être filés, et enlève ensuite les produits finis ; l'outillage est expliqué aux élèves, d'abord pratiquement, puis dans ses théories et sa construction. Ils en apprécient journellement les conditions de rendement industrieL
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Le même arrangement existe pour le tissage. Un industriel envoie quelques tisseurs émérites qui travaillent dans les ateliers de l'école les matières premières qui sont fournies par lui, et il reprend ensuite la marchandise fabriquée.
Véquipeynent de l'école des textiles, peut rivaliser avec celui des meilleures institutions similaires de l'Europe, malgré
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qu'il y ait dans l'ensombie quelques appareils surannés (1). Dans les nom])reux laboratoires, les élèves trouvent les appareils et les
(1) Pour détails comparés des écoles de tissage de Grefelt (Allemagne) et de Bradford (AnglJ, voir 0. Buj'se -, Etudes sur les Ecoles techniques anglaises, p. 57 et £8.
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installntions nécessaires pour étudier à fond et pratiquement la préparation des libres textiles, ia filature, le blanchiment et la teinture, le tissa^'e, le paradièvement, la coiu[)osition
des tissus ; grâce à notre documentation photographique, il nous est aisé de fixer la physionomie et l'organisation du travail scolaire.
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Nous conduisons d'nbord le lecteui' dcins la salle d'cchantill()iinai>e (li<4'. 277), où les élèves étudient les fibres textiles, les lilés et les tissus, leurs propriétés, qualités, classification.
Passant par les lalioratoires, représentés dans les ûp:. 278 et 279, nous y voyons réunies les machines qui préparent les
briS LES INSTITUTIONS D ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
fibres textiles au tissage. Notons les machines à carder, à peigner, les métiers à filer, sur lesquels les fi?)res, qui entrent
dans l'école sous leur l'oruie brute, sont démêlées et converties en des nap[)es liornogénes et ensuite transformées en fil. Les élèves dirigent toutr-s les opéi-ations et conduisent tous les
LKS INSTITUTIONS I)'KNSEI(iNRMENT l'HOFKSSIONNKL OliO
ipljiircils depuis ];i iii;icliiii(' ;i ouvrir les ])allos de coton brut, |iis([u':i I;i "Hiulc-jciiuN" cl l;i " scir-;iclin;L;-", ontiérement Hit()iii;Ui(|uc.
Les appareils nécessaires aux opérations préliminaires du tissage sont placés dans trois salles : dans la première nous trouvons les élèves faisant le liobinafje ; dans la seconde,
l'ourdissage et le remettage du coton et de la laine ; dans une troisième la préparation du fil de soie. L'école possède
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LES INSniUTIONS 1» ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL bl'.i
La division de la teinturerie (flg. 282) comprend une salie de microscopie et de colorimétrie (flg. 283) ; trois laboratoires de chimie (fig. 281) et un laboratoire de teinture, dans lequel se trouvent les appareils pour exécuter les opérations préparatoires et les essais ainsi que les appareils industriels [)()ur le blanchiment à froid et à chaud des tissus et des filés et pour l'exécution des divers modes de teinture. Les essais d'impression sur étoffe, à la main et mécanique, d'apprètage des tissus de coton, de laine, de soie et de parachèvement se pratiquent dans une salle moins vaste (fig. 285) qui est outillée des appareils nécessaires à ces travaux.
La durée des cours, tant à l'école du jour qu'à celle du soir, est de trois années pour l'étude générale de toutes les branches de l'industrie textile, savoir : la filature, le tissage, la teinture et l'apprètage.
En outre, des cours spéciaux d'une durée de deux ans sont à la disposition des élèves pour se perfectionner dans chacune des spécialités suivantes : la filature, le tissage du coton, de la laine et de la soie, le dessin de modèles, la teinture, l'impression et l'apprètage.
La durée hebdomadaire des cours du jour est de 33 heures, pendant les 36 semaines de l'année scolaire. Les cours du soir, destinés aux ouvriers et contremaîtres, portent sur les mêmes matières, abrégées, et ne sont que de 6 heures de leçon par semaine. Suivant le programme, les matières sont réparties comme suit :
P^^emicre année. — Les armures fondamentales. La formation des tissus de diverses classes et relations entre elles ; les particularités de leur texture et de l'efièt des couleurs. L'analyse et la structure des tissus ; calculs. Le dessin à main lovée en vue de la formation du goût et du sens d'appréciation de la décoration et de l'harmonie des couleurs. La composition de dessins pour tissus (fig. 286), par l'interprétation de la nature et par l'étude de l'ornement au point de vue des styles. L'harmonie des couleurs, branche très importante, pour la raison qu'elle initie l'élève à la combinaison des tons dans leur application harmonieuse sur les fils et les tissus. La composition et l'harmonie des couleurs conduisent aux travaux de mise en carte (fig. 287) pour l'exécution des projets
décoratifs sur la mécanique Jacquard, qui est étudiée dans sa construction, son montage sur les métiers à main et mécaniques, et dans son fonctionnement.
La filature du coton et l'étude théorique des opérations qui la préparent et l'accompagnent. Le tissage à la main.
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La cliiiiiio «générale. Principes lliôoi'iqttes et exercices |)rati({iuîs de leinlure.
Deuxième année. — L'étude, le mode d'établissement et l'exécution des armures façonnées.
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Les travaux portant sur ranalyse de la structure des tissus et leur calcul, font suite aux études de la 1''' année et comprennent l'établissement d'un plan et du prix de revient pour la confection de tissus d'une classe déterminée. La préparation des cartons pour le Jacquard, la composition de projets de décorations et l'étude de la couleur se rapportent à des montages, d'exécution plus compliquée.
Les opérations jiréparatoires et la filature théorique et pratique de la laine.
Le tissage au métier mécanique avec Jacffuard.
L'analyse chimique qualitative et quantitative. L'étude théorique et pratique de la teinture et des opérations connexes. L'apprétage et l'impression.
Les mêmes branches se poursuivent dans la 3™® année et prennent un caractère de plus en plus industriel.
Les élèves qui désirent se spécialiser dans le colon entrent dans une division spéciale, qui les fait passer d'abord par les cours de la 1'"'' année de l'école générale des textiles, et en 2™^ année par l'étude de la formation des tissus de coton, l'analyse et la structure, la préparation et la filature, la composition de dessins et la mise en carte, le tissage des armures de divers genres. Pour cette catégorie d'élèves, les cours de chimie et de teinture sont facultatifs.
Un cours similaire de 2 ans s'offre aux élèves qui veulent se spécialiser dans la laine, dans la soie^ dans le dessin, la mise en carte, la confection de cartons pour la mécanique Jacquard, la filature de la laine et la teinture.
Les cours de Vécole du soir sont spécialisés : les groupes de leçons, réparties sur 3 années à raison de 6 heures par semaine, sont combinés pour l'étude :
a) du colon, b) du dessin et de la mise en carte pour le Jacquard, c) de la laine, d) des tissus spéciaux d'ameublement, e) de la chi^nie, de la teinture et de Vapprêtage.
Les études ont le même caractère pratique que pendant le jour ; comme application aux leçons théoriques, les élèves font, dans les laboratoires et ateliers sous la direction des mêmes professeurs et ouvriers démonstrateurs, des travaux d'exécution qui englobent les opérations complètes que comporte la spécialité de leur choix.