OBJET
1 AjL^Ticultui'e et horticulture ,
2 Physioloo-ie et iiygiene
3 Psycliologie
4 Secours en cas d'accidents .
5 Pliysique et chimie appliquées à l'éco
noniic ag-ricole. aux métiers manuels
et à l'économie domestique
6 Géofjfraphie ....
7 Anglnis et littérature .
S Histoire ....
9 Droit civil et administratif .
10 Calcul et géométrie
11 Histoire contemi)oraine
12 Histoire ])ii)]ique .
13 Chant
14 Dessin . . . . .
15 Travaux manuels .
11 Principes de la |)édagogie .
17 Gymnastique
En dehors du caractère foncièrement pratique et concret des études, rien ne distingue les cours de l'école secondaire des institutions similaires que nous avons décrites. Soulignons seulement la présence au programme d'un cours d'agriculture, dont on voit les diverses manifestations dans les figures 308, 309, 310, 311, 312, 313 et 314. Les cours de travaux manuels du hois et du fer achèvent de donner aux études le caractère approprié aux nécessités de la région et au but supérieur de l'Institut : ramener les nègres à la teri'e, au travail rural, aux carrières des métiers manuels.
M. Frissell est un entliousiaste des travaux manuels; peu de personnes apprécient réellement, dit-il, les sei'vices qu'ils rendent dans l'éducation générale des races arriérées. L'école de Hampton en fait un instrument de civilisation pour les races inférieures ; la main cultivée est un organe qui apporte au cerveau des matériaux plus làches (pie les autres organes des sens.
Sous le titre de : physique et cliimie ap[)liquées à l'économie agricole, aux métiers et à l'économie domestique,
(1) Cours réservés aux normalistes
l'école de Hampton a créé un régime remarquable d'enseignement scientifique expérimental approprié à la compréhension bornée des arriérés ethniques. La figure 315 le montre dans
Fig. 309. — Soins à la basse-cour scolaire à Tuskegee
Fig. 3io. — Essais mécaniques de palonniers
ses applications à l'étude des phénomènes naturels, et spécialement à l'étude de la germination dans ses rapports avec l'agriculture. Cette étude se résume en quelques expériences
typiques, dont les élèves tirent, par l'ohservatioii jxM'sonnelle,
F\^. 3ii. — Le troupeau de bétail de l'Institut de Tuskegee
Fig. 3i2. — Dans la laiiene scolaire à Hampton
les vérités élémentaires qui leur serviiY)nt de règle dnns les occupations horticoles et agricoles.
Pour la première expérience, chaque élève individuellement met tremper d;ins l'eau une poignée de graines de
Fig. 3i3. — Champ d'expériences des cours d'agriculiure à Hampton
Fig. 314. — Une leçon sur le poic
L ÉDUCATION d'L'NE RACE
maïs, de pois, do fèves, etc. Le lendemain, deux heures avant la leçon, ils l'ont tremper d'autres graines de même nature. Au cours de la leçon, ils retirent leurs graines de l'eau, les sèchent et les déposent dans deux vases on verre ; sur l'un ils appli.puMit l'étiquette : graines trempées pendant
vingt-quatre heures ; sur l'autre, mêmes graines trempées pendant deux lieures. Les élèves observent avec soin, pendant quelques jours, les phénomènes et en tirent la vérité : pour que les graines germent, il leur faut suffisamment d'humidité pour les tremper; dans les praticpies agricoles cette conclusion devient : il faut semer les graines dans un sol préparé de façon à leur donner l'humidité nécessaire pour germer. Dans la figure 316 on voit la mise en pratique des notions étudiées.
Une seconde expérience doit montrer que, pour germer dans de bonnes conditions, les semences doivent avoir de
Fig. 3i6. — Cours de botanique appliqué à la culture : semailles dans les couches
l'air. Dans une ])0uleille à large goulot les élèves placent quelques graines ; ils remplissent une autre au trois-quarts ; les bouteilles sont fermées à l'aide d'un bouchon ; quelques graines sont déposées dans un troisième vase, sous eau. Le développement des germes est observé pendant quelques jours et les élèves constatent qu'il se fait normalement dans
l'éducation d'une rage 621
la première houteille, qu'il avorte dans la deuxième et est nul sous eau. Ils introduisent avec précaution une allumette enflammée dans les deux bouteilles ; elle s'éteint : absence d'oxygène.
Conclusion : Pour que les semences germent, il leur faut de l'air frais.
Une autre expérience confirme cette constatation : les élèves remplissent un vase de sable mouillé, un autre d'argile trempé ; ils introduisent dans la masse des graines de même nature et observent. Dans le sable seul les graines germent ; dans l'argile point, faute d'air, l'argile étant imperméable.
Conclusion : préparer le sol de faron que l'air frais puisse arriver à la graine.
L'effet de la chaleur sur la germination fait l'objet d'une autre série d'expériences des plus intéressantes : des graines de même nature sont plantées dans deux caisses. De l'observation méticuleuse des températures, les élèves tirent une série de conclusions fort importantes, non seulement au point de vue des sciences élémentaires, mais de la pratique des cultures. Ils déterminent ({ue 45 degrés Fa, à l'ombre, constituent la température la plus favoral)le à la germination de la plupart des graines de légumes et de céréales, et que HO degrés Fa. sont propices à la germination des graines de maïs, du coton, des fèves, du poivre. De la même manière les élèves sont initiés aux méthodes d'essai du pouvoir germinatif des semences ; ils déterminent les profondeurs les plus favorables à la plantation, le rendement en quantité et en valeur des récoltes. Apprendre en agissant est toujours la base de leur éducation. La fig. 317 en montre encore un exemple emprunté au cours de sciences domestiques. La tenue d'une maison n'est pas enseignée dans un cours d'auditoire ; elle est vécue dans des conditions identiques à la réalité.
L'école de Hampton a, comme on le voit, vaincu le verbalisme scolaire et a remplacé l'aftirmation gratuite et doctorale du maître par la déduction, ({ue les élèves, guidés par le professeur, tirent de l'oliservation personnelle et intelligente des faits et des phénomènes.
Beaucoup d'élèves de nos écoles générales et techniques.
élémentaires et supérieures, envieront certainement le traitement pédagogique de faveur appliqué aux pauvres nègres de la Virs'inie.
Fig. 317. — Une le;on d'économie domestique : le nettoyage du cuivre
L KDUCATION D TNE RACE