‹ Méthodes américaines d'éducation générale et techniqueChapitre 136 sur 160 · III · texte numérisé non relu

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Les écoles commerciales secondaires ont pour ])ut de [)rri)arer les bases de la formation complète de riiomme

d'affaires, de l'employé ; il est nécessaire de bien se pénétrer de ce fait en présence du caractère pratique prononcé que prennent

L ENSEIGNEMENT COMMKRCJAL

les travaux du hiireau conmiercial. Les méthodes des «Businpss CDlleo-es" se sont, en effet, infiltrées dans les écoles

commerciales secondaires ; dans les unes comme dans les autres l'élève est préparé pratiquement à la vie des affaires ;

L ENSKIGNKMENT COMMKHCIAI.

il faut (|uo le passo^'e de l'école dans la vie coiiiiuerciale réelle se fasse sans transition brusque et ([ue, dès les premières lieures de bureau, le jeune emj)loyé puisse se rendre utile sans tâtonnements, ni méprises.

En ce qui concerne les branches générales, soulignons simplement l'importance considérable donnée à la sténo-daclylograpliie qui est la branche-outil, et le soin que les écoles mettent à faire acquérir à leurs élèves une bonne écriture, sans laquelle aucun employé ne saurait se faire admettre dans les bureaux.

Le centre des études est la technique des (iff aires et spécialement la tenue des livres, dans laquelle les écoles de commerce américaines atteignent l'extrême limite du réalisme. Si de rares écoles se contentent d'un mobilier modeste (11g, 324), toutes possèdent des installations qui placent matériellement les élèves dans le milieu des bureaux. La figure 325, prise à l'école de Brooklyn, caractérise bien ce milieu ; on y voit les grillages et les guichets de la Banque, et le mobilier de l'école. Elle est dépassée par nombre d'institutions qui mettent un luxe inoui dans les installations et qui poussent le souci de la réalité jusqu'à faire la séparation matérielle des élèves par des grillages en fer forgé richement décoré et doré ; les élèves y sont assis, non devant le banc classique, mais devant un vrai bureau américain.

Les classes de dactylographie sont généralement outillées comme le montre la figure 326.

Le bureau commercial de V Ecole de Piiisburg, de construction récente, rappelle les "OfficeS'- cossus des grandes Banques et, à l'illusion du mobilier, s'ajoute l'illusion de l'activité zélée des élèves, allant et venant, discutant et concluant leurs affaires avec les firmes et banques scolaires placées dans la salle.

Derrière des guichets prennent place les élèves qui, investis du rôle de banquier et d'employés de banque, tiennent les livres et font la correspondance afférente à leurs opérations. Dans la salle sont installés les chefs de maison, les représentants des magasins de gros et les intermédiaires du commerce de toute catégorie. Une grande animation règne dans la salle. Des élèves commerçants se rendent au guichet de la Banque pour escompter des liasses d'effets qui leur ont été remis par leurs clients-élèves ; ils en touchent le montant en numéraire (simili-billets de banque), ou ils en font verser le montant à leur compte-courant. Un commissionnaire en

i/i;Nsia<iNKMi';Nr commkrcjal HrH

]n;nvli;in(lises-élève iiéi^ocio une coiivcîrlui'e de civdil ol donne comme yii^'e liypotlK'eaire sa maison. Des niarc.liaiidiscîs, des faclures et etfels de commerc.'e s'éclian^enl entnî la maison de ^Tos et les élèves-délaillants ; toutes les éeritui'es sont tenues et les correspondances sont libellées, copiées et échangées dans les foiiues commerciales requises. La salle donne l'image de la vie des ])ureaux et l'activité, quoique roulant sur des opérations fictives, présente un caractère de réalité surprenante.

A l'école de Pittsburg ces travaux se déroulent suivant un plan particulièrement intéressant, dont voici les grandes lignes. Aux cours d'une année d'études, les élèves se sont rendus maîtres do la théorie des méthodes d'établissement de documents commerciaux ; ils se sont familiarisés avec l'usage et la valeur des divei's livres et possèdent des notions sérieuses de la législation, des contrats, de l'anglais pratique, des calculs commerciaux ; suivant le système décrit à propos des "Business Collèges-, ils ont été mis au courant des opérations et de la technique fondamentale des affaires.

L'année suivante, ils abordent les vrais travaux do comptabilité dans le bureau commercial ; ils y mettent en pratique leurs connaissances en combinant et en exécutant systématiquement une série de transactions répondant à la marche normale des affaires.

On peut assimiler ces travaux à ceux du laboratoire ; des difficultés d'ordre commercial sont opposées aux élèves à chaque pas ; ils les résolvent par leurs propres moyens ; cette méthode excite chez eux l'effort individuel, la vivacité, l'attention ainsi que l'action énergique et ils deviennent sûrs d'eux-mêmes. L'organisation matérielle du bureau caractérise nettement le système. Les pupitres sont disposés en groupes qui représentent des villes ; un plan renseigne les rues, les numéros des maisons, la grandeur des lots de terrain, leur valeur, etc. Les élèves possèdent ainsi les éléments nécessaires pour dresser des actes, des contrats d'hypothèque, des baux, etc., qui interviennent dans leurs correspondances d'affaires et servent de base aux documents à rédiger. Dans chaque ville fictive il y a deux maisons de commerce. Il existe un groupe de pupitres qui figurent un comptoir immobilier où

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l'on peut louer des mng-asins, des maisons, des ateliers, acheter ou vendre des propriétés, effectuer des assurances, acheter ou céder des hypothèques, etc. Un troisième groupe forme rat,''ence d'entreprises commerciales ; les élèves lui vendent et achètent des marchandises en gros ou en détail ; elle est dirigée pendant un mois par un caissier, un fondé de pouvoirs, un comptable et un emplo3'é chargé des transports maritimes n

et des assurances. La maison de commission, figurée par un *

quatrième groupe, est desservie par d'autres élèves qui reçoivent et expédient des marchandises pour compte de commerçants ou en compte de participation. Un élève est chargé de la gestion d'une firme qui consigne également des marchandises et les revend pour son propre compte. Un caissier, un comptable et un commis aux entrées sont employés dans ce bureau.

On ne saurait pas pousser plus loin le caractère pratique des opérations fictives. L'école veut que son enseignement reste à la hauteur des méthodes modernes. Elle a sollicité et obtenu de quelques importants commerçants de Pittsburgl'autorisation pour ses élèves de visiter leurs bureaux et magasins et d'examiner les livres ; ils suivent les opérations d'au moins quinze maisons importantes de la place qui s'occupent do représentation, de consignation, d'un commerce propre, etc.

Une banque nationale est le complément obligé de cette communauté commerciale scolaire. Les étudiants l'ont créée ; elle est dirigée par un caissier principal ayant des souscaissiers, un employé à l'escompte et un messager.

La Banque emploie les mêmes livres que ceux qui sont en usage dans les banques de la ville, c'est-à-dire : le grandlivre et les livres de comptes-courants, le livre d'escompte ou porte-feuille, lé livre d'encaissements, le livre de fonds publics, le livre des signatures, etc. La Banque émet des certificats de dépôt et des chèques sur sa caisse ; elle certifie les chèques, émet des billets au porteur et alimente ainsi en monnaie fiduciaire les opérations commerciales.

Ce n'est pas tout. Voici un groupe figurant la Compagnie de transports, qui d'après le modèle de celles (|ui existent partout aux Etats-Unis, délivre les marchandises dans toutes

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les villes représentées dans la communauté commerciale, dresse des lettres de voitiiie, fait des connaissements après réception des colis.

Kiiliii, un litireau de poste, dessei'vi par des élèves, assure le ti'aiisporl des correspondances des- bureaux aux commerçants de l'Ecole et récipro([uement.

Chaque élève passe successivement par chacun de ces 7 l)ureaux, au moins deux fois pendant le cours de ses études. Il devient expert dans les ]nanii)ulations de l'arg-ent, dans l'escompte des effets, la i)réparation des annonces, l'établissement des balances provisoires. Il se familiarise avec le libellé des factures, des comptes de vente et autres documents commerciaux.

Au début des opérations du bureau commercial, chaque Arme possède un capital ne dépassant pas un certain chiflre donné ; l'élève en l'cçoit le montant en valeurs en papier, ou en numéraire. L'initiative la plus complète lui est laissée dans la conception et la conduite des opérations ; fréquemment des élèves ayant mal ^éré leurs affaires, voient leur capital se réduire. Tous travaillent poui' «faire- des dollars.

Les commerçants malheureux, qui ont été amenés à arrêter leurs opérations, s'exercent à jouer le rôle d'hommes d'affaires et de négociateurs ; ils négocient à la Ranfjue un emprunt sur effets acceptés, afin de combler le déficit survenu à leur capital. Ils adressent une lettre au professeur chargé du cours pour lui demander de donner la garantie de sa signature.

Le professeur examine la demande formulée par l'élève €t défère à son désir si les écritures lui donnent satisfaction. L'étudiant fait alors escompter son efïet ; la l)anque lui ouvre un compte, reçoit sa signature dans un livre ad hoc, lui remet un carnet de chèques, etc.

L'élève va ensuite trouver l'agent du comptoir immobilier afin de louer un magasin ; il signe un bail et paye le loyer annuel. Après avoir meublé son bureau et ses magasins, il achète des marchandises au commissionnaire en gros. La maison d'expédition les lui fait parvenir contre payement des frais de transport. Les créanciers disposeront vraisemblablement sur lui des montants de leurs premières

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créances pnr traites pa3'ables à la Banque nationale des Etudiants.

Voilà maintenant notre élève lancé dans les affaires ; il recommence à acheter, à vendre, à émettre des traites ; il remet des factures, en reçoit, paj-e des taxes ; il fait insérer des annonces pour trouver des employés ; il expédie des marchandises à des maisons de commission, soit pour compte propre, soit en participation. Il reroit des comptes de vente, fait traite pour les produits nets, escompte ses traites chez son banquier, lui emprunte de l'argent sur garanties mobilières et immobilières, personnelles ou appartenant à des tiers. Il veille attentivement aux échéances des effets à pa^-er, les acquitte promptement afin d'éviter des protêts. Il doit aussi tenir son livre de Banque à jour et bien en ordre, car un chèque retourné par la Banque, avec la mention N. F. S. (fonds insuffisants), est un très mauvais point. Il convient par correspondance avec un autre élève, également commerçant, de former une association, et, une fois les conditions débattues et acceptées, il clôture ses comptes et constitue l'association ; plus tiird ils admettront un troisième associé. Incident obligé de toute vie commerciale aux Etats-Unis, un incendie, éclatera ensuite dans les magasins, ce qui aura de la répercussion dans les livres ; puis la firme sera dissoute. L'élève annoncera cette dissolution par circulaire à tous ceux qui ont traité avec lui ; il commencera alors un autre genre d'affaires.

Pendant le cours des travaux l'élève aurn, par exemple, à acheter un magasin ; il payera moitié comptant et moitié en accordnnt hypothèque. Ces deux contrats seront rédigés en due forme et enregistrés.

Au cours des études chaque élève fait le connnerce au moins une fois en nom propre et deux fois en association, chaque fois dans un genre différent. A chaque changement, les livres sont clôturés, l'inventaire est dressé et tous les livres et papiers d'affaires soumis à l'inspection. Si les travaux effectués sont satisfaisants, l'élève se retire des affaires et prend un rôle d'employé dans d'autres bureaux, ou bien, il saute successivement d'une branche à l'autre. Chaque semaine on fait la balance jtrovisoire dans toutes les bureaux. Si

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une erreur survient, les recherches nécessitées pour la découvrii- démontrent aux élèves ce ({ue coûtent les erreurs.

Au cas où ses ellels sei'aient protestés ou qu'ils ne i)ourraient honorer les traites lii-ées sur lui, toute la (-oninninauté en sera avisée et personne ne ti'aitera plus avec lui aussi longtemps que son papier ne serait pas accepté ou paj'é.

Il y a des [)éi'iodes où l'argent est abondant, facile à ol)tenir et bon marché ; mais il y a aussi des jours ou le disponible en numéraire est restreint et l'escompte élevé, ce (pii cause beaucoup de malaise dans les lîrmes scolaii-es.

Si des dittérends s'élèvent entie élèves ou s'il survient des malentendus, ils doivent en référer à trois arbitres dont deux nommés ])ar les parties intéressées et le troisième i)ar le professeur.

Pendant sa cai-rière commerciale, l'élève a, à tout instant, l'occasion de faire i)reuve d'aptitudes et d'initiative. S'il est actif, rétléchi, capable, prompt à discerner, ses afiaires seront prospères.

Les activités sont soii;neusement contrôlées ; chaque élève est tenu de remettre un rapport journalier suivant la fornmle ci-après :

Nom de l'élève

Date

J'ai travaillé aujourd'hui aux transactions comprises entre le n", et le n''

Collection

Nombi'e d'effets remis à l'escompte

et importance de ventes et achats effectués

A'ériflcation de l'encaisse.

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