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Fig 19. — Centre d'intérêt les amusement= ; dessins cons*ructif= de balançoires, de lacauje des fauves, bancs et kiosque du parc, etc.
A Newark nous eûmes l'occasion de voir les enfants de divers degrés occupés à la construction et à l'ameublement d'une maison de poupée (fig. 20); une grande boite en carton, placée le fond contre le inur, formait le bâti ; le couvercle plié constituait le toit. Un plancher en carton séparait le rez-de-chaussée de l'étage. Les enfants, garçons et filles, tapissaient de papier peint l'intérieur de la maison. A mesure
ENSKIGNKMKNT ELEMENJ AI H K
<|U(', ce ti-;iv;iil se lei'iiiinail, d'autres aclie\ai('iiL d(^s nuMildes on carlon ; les renclres, en tissu léi^ei' de ralHa, étaient apportées j)ar un troisième f4rou[)o d'enlants; des tapis en corde et en laine tissés sur un châssis par d'autres élèves, (fig-. 21) furent i)lacés aux divers étages. Dans la disposition du mobilier, les imaginations enfantines prenaient leur vol et se manifestaient par des fantaisies et des trouvailles ingénieuses, (jui témoignaient du [)laisir éprouvé.
Fig 20 — Ecoles primaires de Xewark : liaison de poupée construite et meublée par les cn:ants.
Absence totale de routine et de mécanisation; la sjjontanéité et le génie inventif se dévelo[)pant Ii])rement dans la personnalité des enfants; tels sont les traits marquants de l'enseignement du dessin et des travaux manuels à Xe\v-York comme dans l'immense majorité des écoles américaines.
KNSEIGNEMENT E LPLM KN TAIRE
5. Ibée b'ensembie bes cours be bessin bans les écoles élémentaires
Le dessin prend un caractère artistique dans les écoles élémentaires.
L'Amérique n'accepte pas l'idée européenne que l'œil et la main doivent se former exclusivement par le dessin à main levée d'après des objets géométriques et par la copie de modèles. Le dessin d'après nature y est fort en honneur; le but dominant est d'amener les enfants à traduire leur pensée en des formes artisti(|ues dans le dessin et par l'exécution de travaux.
L'enfant américain manie, dès le début, des pinceaux et des couleurs à l'eau, le cra3'on et la plume.
La technique du dessin consiste dans la reproduction à l'aquarelle, de feuilles, de fleurs, de plantes, dans leurs masses.
Fig. 21. — Châssis à tisser les tapis dessinés et exécutés par les enfants des écoles élémentaires de Xewark N.-j
parfois sans avoir fait, au préalable, le contour au crayon. Les raccourcis sont ])annis des modèles; les dessins ne sont que des ébauches, mais, dans le rendu, il y a souvent du g-oùt et do la vigueur.
Le dessin d'après la figure humaine est couramment pratiqué dans les écoles élémentaires. Un enfant joue généralement le rôle de modèle. Il est entouré d'accessoires: tels
t)S ENSEIGNEMENT ELEMP:N'J AIRE
qu'une échelle, des outils, des avirons de canots, des casses d'écoliers et simule des scènes dont les élèves t'ont le croquis (flg-. 22).
Le pédagogue européen trouvera cela extravagant. Il ne conçoit pas i)areil enseignement, non précédé d'une série systématique de travaux préparatoires. L'Américain attaque les difficultés, sans se préoccuper de ces subtilités.
Le dessin à main libre, de mémoire et la composition sont ti'és en lionneur : les enfants dessinent des scènes historiques, illustrent des contes ou reproduisent des scènes vues à la craie de couleur sur des tableaux noirs. Les mêmes travaux se font sur papier à l'aide de crayons de couleur ou de pastel. Pour stimuler les facultés d'invention, les professeurs leur imposent de petits thèmes décoratifs tels que : des bordures, des panneaux, des ornements, sur la ])ase de modèles de style ou à l'aide d'éléments enq:)runtés à la flore.
Ils appliquent ensuite ces ornements à des objets et à de petits meubles construits dans les ateliers de travaux manuels.
Certaines institutions vont plus loin dans la voie de l'application du dessin : des compositions de décorations pour tissus, conçues par les élèves sont exécutées par eux sur des châssis à tisser et sur des métiers de dimensions réduites, que possède l'école. La décoration sur cuir, le repoussage décoratif du métal, la sculpture du bois sont des travaux scolaires courants. Le dessin entre toujours en combinaison intime avec les travaux manuels.
Dans cette branche comme dans d'autres, nous voyons le passage de la conception théorique à l'exécution pratique, principe fondamental de toute l'éducation américaine.
Pour icsumer, voici une vue d'ensemble du programme des travaux graphiques exécutés à travers les neuf années que durent les études élémentaires des écoles de Boston.
Ces travaux comportent le dessin de formes naturelles, de paysages, d'objets géométriques, de figures, d'animaux, la composition de bordures, d'ornements, i)lans, le dessin géométrique et constructif, la décoration de style, l'ornement iirchitectural. A l'exception des trois dernières branches, dont
RNSKK iN KM KNT Kr,KMKNTAIRF,
r(''Ui(lo n'esL (•()iiiiii('ii('('(>, i\m\ vers l'à^e de dix ans, toutes sont étudiôes dans les divers deg-rés, i)ai'all(''lenieid, et alternativement dans Tordre snivant :
a) Le dessin, d'après les formes naturelles : plantes d'aliord en contour, l''"" au (i"'^ degrés, ensuite avec application des tons dans les (5""' et 7""® degrés ; la peinture au lavis des mêmes formes avec ou sans croquis préalable au crayon.
n) Le desshi de jiaysages ;nix J"^ i""' et 3'"'^ degrés consiste dans le découpage de silhouettes d'arbres en papier
Fig. 23.— La moisson, médaillon modelé par de COUleur, placées SUr UnO un enfant de s ans à l'Ecole élémentaire . , f,^,^.i n^r^o 1«c ime
de rumversité de Chicago teinte de toud. Dans les 4
et 5""" degrés, on étudie graplii({uement les silhouettes d'arbres, sans indication des détails; les mêmes tracés se continuent avec indication des tons aux crayons de couleur (6" degré). Enfin, dans le 7"'"' degré, les élèves appliquent les ombres et linissent par l'étude au lavis de sujets dans leurs grands traits.
v) Le dessin d'après des formes géométriques se borne au croquis de prismes, cylindres, hémisphères, etc. ; il commence dès les i*"'' et 2'"*^ degrés et se développe dans les 1'"'^ et 5""^ degrés par l'étude d'objets dérivés de ces formes: coupes, tasses, vases, etc. ; dans les 8'"" et 0™^ degrés, les enfants font la copie à ra({uarelle d'ensembles simples, combinés des mêmes objets.
n) Le dessin d'après la /igure humaine commence au 2""'' degré et consiste dans l'étude d'après nature de silhouettes et dans leur reproduction de mémoire: des soldats marcliant, un peintre travaillant sur une échelle, un écolier partant à l'école, un homme fatigué <{ui s'essuie le front, des enfants jouant. Ces exercices sont continués du 2'"'^ au ci"''^ degré.
Los élèves des 6""" et 7"'*' degrés appliquent des tons au «•rayon et finissent dans les S"'^ et 0"'- degrés, par le lavis d'après nature.
e) Les anhnaux. Dès les l*^"' et 2™'' degrés, les enfants découpent, dans du papier, des silhouettes d'animaux dans diverses attitudes; le lapin semble être le modèle de prédilection. Du 3""^ au T™*" degrés, le dessin se fait d'après nature; des oiseaux vivants ou des animaux empaillés, dont toute école possède une collection, servent de modèles. Dans les 8™^ et 0™® degrés, les élèves s'essaient à placer dans les paysages l'un ou l'autre animal.
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Fig- 24 — Scènes du moyen-âge modelées de mémoire, par les enfants de 13-14 ans (Je degré) de l'Ecole élémentaire de l'Université de Chicago
ENSEK iKNM EN T la.EM 1«:N'JA I H E
k) I.e dessin géomclrique et conslruclif, qui se nillîiclie iiiimcHlialemefiL au dessin d'après des formes «^éoinétriques, s(^ l)orne à l'application expérimentale des principes des projections à des objets siniples, en i)lan, élévalion et cou[)e, complétées des développements de ces mêmes objets.
Fig. 25. — Figures de l'histoire coloniale modelées par des enfants de 12 i3 ans.
g) Uorneineut. Les élèves copient en contour des motifs d'architecture, de style et de décoration égyptienne, grec([ue, celtique, etc. ; ils cherchent à utiliser ces éléments dans le dessin d'encadrements, de tapis, de bordures, de motifs ayant leur utilisation prati([ue dans les travaux manuels.
ENSKIGNÉMENT ELEMENTAIRI-:
5. Une métboôe b'ébucation artistique en Société Rnonyme. Ca prong C°
Dans les écoles élémentaires de certaines villes importantes ■de l'Etat de Xe^'-York, de la Pensylvanie et du M'isconsin, nous avons trouvé, dans les écoles primaires, une autre méthode d'enseignement du dessin dont les initiateurs sont Hugo P). Frœhlich et Bonnie E. Snoyd et qui est éditée et exploitée par la "Prang Educational Company N.Y.'-
Fig. 26. — Bols, vases et jiotteries diverses, modelés par les entants des dixers degrés de l'Ecole élémentaire de l'Université de Chicago
Cette méthode est condensée dans luiit Lrochures (i), donnant chacune, par une riche illustration en couleurs, la substance du cours dans les diverses années d'études.
D'après ce système, les grandes divisions du cours s'établissent comme suit, par année d'études.
1. — Le paysage ou le dessin des choses vues dans la nature (Outdoor).
IL — La vie des plantes. Croissance, tloraison, fruits.
(1) Text-book of Art Education. Prang Educational G°.
ENSKIGNEMENT KLKMKNTAIHE
III. — La vie do riionime et des animaux, ou la vie et lactivité. Insectes, papillons, animaux domestiques.
IV. — Natures mortes, ou beauté dans les choses simples. V. — La perspective ou la direction apparente des lignes.