Système Zobb
En raison même de l'absence de passé et de mouvement artistique aux Etats-Unis, en proportion du dénùment presque général en matière d'art, des efforts parfois puissants et toujours intéressants naissent un peu partout, pour infuser dans la vie américaine le goût, le sentiment esthétique, dont nul ne méconnaît les effets civilisateurs.
L'Amérique est arrivée à un degré de prospérité matérielle inconnue dans son histoire ; après la satisfaction des besoins matériels, ont surgi des besoins supérieurs dont la satisfaction se trouve dans le Beau.
C'est dans les travaux manuels et le dessin que se manifeste nettement la tendance vers plus de raffinement.
Des systèmes d'enseignement esthétique se sont fait jour dans de nombreux centres. Les écoles d'art appliqué se multiplient ; la préparation des professeurs de dessin est l'objet de plus de soins et les cours publics d'art jouissent d'une vogue grandissante. Dans les écoles élémentaires, cette même préoccupation se traduit par des systèmes d'éducation artistique parmi lesquels le plus original, le plus déconcertant est celui de M. Tadd, directeur de la ^Public Art SchooU de Philadelphie.
Nous tâcherons d'en exposer impartialement la nature et l'économie. Par les documents que nous sommes en mesure de mettre sous les yeux du lecteur, celui-ci pourra se faire une conviction quant à la valeur et à l'élasticité du système.
L'école d'art industriel de M, Tadd est une institution libre, sul)sidiée par la ville; elle possède, disséminées dans les divers ({uartiers, des succursales, où les élèves des écoles viennent recevoir leurs leçons. L'institut central est établi dans un local vétusté, intéressant par le g"OÙt mis dans la disposition de l'ameublement et des modèles. Les dégagements et cages d'escaliers comme les salles de cours sont copieusement garnis de dessins, de sculptures sur bois, de moulages, renseignant le visiteur sur la nature et l'étendue des études ({ui s'y poursuivent.
Cette école enseigne, à titre privé, le dessin et les travaux manuels à des enfants âgés de 6 à 18 ans; son œuvre est basée sur le travail d'art, appliqué spécialement au modelage et à la sculpture sur bois.
Dans les salles bondées, s'agitent des enfants, garçons et fillettes, absorbés en une activité qui semble répondre à leur goût : les uns s'appliquent à la création de petits projets de panneaux, de frises, d'encadrements ornés; d'autres dessinent, d'après nature, des oiseaux empaillés, des fleurs, des poissons, des squelettes, des coquillages, des minéraux ; pour d'autres encore, le modèle a disparu et ils s'évertuent à le reconstituer de mémoire. Mais l'intérêt se porte spécialement sur deux ordres de travaux, auxquels les élèves l)rennent un plaisir intense : le modelage et la sculpture sur bois. Le lien entre tous ces travaux est assuré par des leçons sur la composition décorative et l'histoire de l'art, données par M. Tadd lui-même, et richement illustrées de projections lumineuses, de gravures et de photographies.
Le système de M. Tadd a été vivement attaqué, mais il a résisté à l'assaut et compte actuellement de fermes adeptes. Dans ses débuts, il a été mal compris et inexactement interprété. Depuis qu'il est mieux connu, il se diffuse rapidement. Il a été adopté à Chicago, à Gincinatti, dans diversesvilles du Colorado. Il constitue un phénomène intéressant
({ui [)eut su^yérer à nos professeurs des essais, de nature à modifier l'orientation des cours de travaux manuels.
Au programme des études figurent le dessin, la composition décorative, le modelage, la sculpture sur bois (1).
Les travaux sont d'une grande souplesse d'adaptation et se plient aux capacités d'élèves de tout âge. Dans les salles de l'école nous trouvons des enfants de six ans qui combinent de petits dessins, à coté des enfants de buit ans
Fig. 8i. Formes d'entraînement. Les lignes droites
sculptant le bois d'après des modèles de leur propre invention. Les mêmes opérations s'amplifient avec l'âge, mais les exercices faits par les élèves de 14 à 18 ans et plus et par les aspirants-professeurs qui y viennent nombreux, procèdent de la même pensée fondamentale.
Pour la clarté de notre exposé, nous classons les travaux en groupes suivant la teclinique de leur exécution. Il est
(1) Pour les détails, voir iVew Methods in éducation. Art Real Maniial Traiiiing. Nature StiaJy, by Liberty Tndd. Orange Judd. Comp. New- York.
cependant à noter que les diverses branches du programme ne s'étudient pas successivement ; elles entrent dans un système de rotation qui fait, dans l'espace d'une quinzaine de jours, par exemple, succéder au dessin d'entrainement et à la composition, le dessin de mémoire, le lavis, le modelage et la sculpture snr Lois. M, Tadd estime que cette
Flg. 82. — Exeicice d'entraînement au tracé du cercle
rotation contribue beaucoup à augmenter la coordination physique, muscidau^e, la dextérité et l'expérience manipulatoire des enfants. En changeant constamment de technique, ils se trouvent sous des impressions d'intérêt et de contraste toujours renouvelées qui les attachent aux études ; de plus, la variété des matériaux employés tend à révéler plus complètement leurs talents, leurs dispositions naturelles et leur inclination. Comme révélateur d'aptitudes, le système est d'une particulière elflcacité.
KNSEIGNKMEiNT ELEMENTAIRE
L'ensoi^iionient esl iiulividuel , c'est le seul mode qui s';i{)[)i'(>[)rie aux (Icgi'és si vai'iés dans les dispositions que les enfants manifestent pour le dessin et les travaux manuels. Les élèves des écoles primaires et des écoles moyennes, comme ceux des écoles normales, réalisent une série constante d'exercices t'ondanientaux, sui' la base du système de rotation. Ces exercices varient d'élève à élève, prennent plus ou moins de temps pour l'exécution, d'après les aptitudes personnelles ; au lieu de marcher selon l'ordre classique collectif, ils cheminent en ordre dispersé, vei's le môme but final.
Fig. 83. — La boucle simple
Vn trait curieux de l'enseignement consiste dans l'emploi indifférent pour le dessin et le modelage de la main droite et de la main gauche. Nous voyons aux tableaux, qui revêtent toutes les parois des classes, les enfants s'exercer des deux mains simultanément au tracé de certaines formes fondamentales.
L'écriture ambidextre a été introduite en Belgique par l'Ecole normale de Bruxelles. Nous ne pensons pas que la pratif(ue de l'ambidextrie ait jamais été appliquée au dessin dans nos écoles de métiers d'art.
Le système est logique : nous nous servons des deux pieds, des deux oreilles, des deux yeux. Il a une base physiologique ; le mouvement de la main droite se répercute
ENSEIGNEMENT ELExMEN'JAIRE
dans les lobes gauches du cerveau; la main gauche est sous le contrôle des lobes droits; l'usage simultané des deux mains rend plus harmoniques les fonctions cérébrales et mentales.
Nous avons constaté le maintien hygiénique (fig. 79, 80 et 81) et aisé des dessinateurs ambidextres; le double mouvement exige une station droite, symétrique, et finit par s'imposer à l'enfant comme une habitude. L'ambidextrie a pour elle la physiologie et la logique ; son apparition dans Je dessin est l'extension heureuse d'un principe inattaquable.
a) Le dessin d'entraînement. Composition ; dessin de mémoire.
A la base du dessin se place une série d'exercices d'entraînement qui ont pour but de donner aux mains de l'habileté dans le tracé, tout en introduisant les élèves dans
Fig. 84. — La boucle continue
la connaissance des formes naturelles et des formes conventionnelles empruntées aux styles. Cet entraînement se fait sur des tableaux noirs sur lesquels les uns travaillent à tour de rôle, chacun pendant quelques minutes, au début et au
cours de la leçon, tandis que les autres suivent des yeux, ou reproduisent l'exercice sur une ardoise ou sur du papier. La méthode veut que chaque élève dessine successivement les formes d'entraînement sur papier, au crayon, au pinceau ; qu'il compose des motifs, modèle la terre et sculpte le bois dans une courte période de leçons.
Les exercices d'entrainement ont poui- Ijut de faire acquérir une facilité automatique de la main et des bras, sous le contrôle des centres nerveux moteurs. Cet entraînement ne se poursuit pas au-delà du de^ré d'habileté, jugée nécessaire pour l'expression aisée et libre des idées par le dessin.
Ce point spécial de la méthode Tadd a été le moins compris et le plus vigoureusement attaqué.
Fig. 85. La spirale
Les gravures qui illustrent le texte indiquent la succession des exercices et travaux, que nous classons d'après l'ordre de leur difficulté et non d'après l'ordre de leur développement dans les cours.
La première forme élémentaire est le cercle dont le tracé est le plus facile et que l'élève dessine au tableau d'abord, de la main droite (flg. 82), puis de la main gauche, enfin des deux mains (flg. 79) aussi souvent que nécessaire, pour arriver à une aisance parfaite des mouvements des
bras et à une obéissance entière des muscles au cerveau. L'élève doit apprendre à dessiner comme il apprend à écrire. Les divers mouvements sont répétés jusqu'au moment où ils se tracent avec aussi peu d'efforts et aussi inconsciemment que les lettres de l'alphabet. M. Tadd insiste sur l'analogie du processus du dessin et de l'écriture ; dans celle-ci, l'esprit est préoccupé de l'idée seule à exprimer et la main trace automatiquement les lettres ; tant que les caractères graphiques, les mots, les formes, sont incom{)]ètement connus,
Fig. 86. — La Palmette
l'expression de la pensée reste difficile, incomplète, défectueuse ; d'où la nécessité des exercices d'entrainement, suivis pas à pas d'exercices d'application, qui développent les aptitudes dans tous les sens. Ces exercices sont : le cercle, la ligne droite, verticale, horizontale, oblique (flg. 81), tracés des deux mains comme des formes élémentaires d'entrainement. Viennent ensuite, la boucle simple (flg. 83) et continue (flg. 84) et la spirale (fig. 85) dont dérivent une série d'éléments décoratifs, que l'élève utilise immédiatement dans ses petites compositions. Les fillettes et garçonnets les dessinent avec une sûreté remarquable.
La méliKKle exclut tous inosurages et moyens mécaniques •de reproduction : i-ogles, compas, double-décimètre, lignes de construction. M. Tadd veut que la main et l'o'il obéissent à l'esprit, et que le sens des mesures et des proportions s'acquière sans aucune aide extérieure. Le but est, avant tout, d'habituer les élèves à se passer de contrôle mécani({ue. Los mêmes principes prévalent à travers toutes les études. Nous avons vu les élèves s'exercer patiemment, jusqu'à l'automatisme, au dessin des contours élémentaires, tels que
Fig. 87.
Rosaces
les schémas des feuilles, des rosaces, des feuilles à trois lobes et leurs combinaisons avec d'autres éléments, étudiés antérieurement.
Le créateur de la méthode prescrit l'étude des formes conventionnelles et non naturelles des feuilles, pour éviter que l'élève ne soit troublé par les mille détails accidentels dont les dote la nature ; le but est de s'exercer au tracé rapides et exact des lignes générales, des traits essentiels.
Qu'on ne l'oublie pas, tous ces exercices ne visent que l'entraînement.
Comme première application, les élèves arrangent des formes de diverses natures et essaient ainsi leurs facultés créatrices. Le tracé de la spirale ayant été étudié au cours des exercices d'entrainement, elle devient le point de départ d'une série d'éléments décoratifs qu'on retrouve dans toutes les applications.
L'élève multiplie ces applications en y introduisant graduellement les notions d'unité, de variété, d'alternance, de proportion. Ainsi, sous l'encouragement des maîtres, il compose des dessins dans un but d'exécution : des tapis, des papiers peints, des rideaux, des travaux en métal, des chandeliers, des registres, des sculptures sur meubles, des chaises, des tables, des porte-manteaux, des poteries, des plats.
Fig. SS. — Feuillages
A mesure que le cours se développe, les éléments simples se combinent en des éléments composés et en de petits projets décoratifs, tels que: des rosaces, des palmettes (flg. 86) toujours sans l'usage de lignes de construction et de mo3'ens mécaniques de vérification. Des modèles nouveaux viennent enrichir la documentation : la palmette, dérivée des formes antérieures ainsi que les rosaces plus compliquées (fig.' 87) sont à rapprocher des rosaces de style ; le bouton'^ et le culot, les feuillages (fig. 88) les bordures dessinées et modelées
i;nsei("înemknt élémentaire
étendent et élèvent ^Taduellenient les formes et la valeur des exercices, au point de vue de la culture esthétique, et préparent insensil)lcnient les élèves au dessin dans ses formes supérieures pour aboutir à la composition décorative {ûg. SU), qui se fait selon les principes exposés dans un cours oral.
L'ellipse étudiée en des exercices d'entrainement, prépare à l'étude de profils et de galbes {ûp;. !»(»).
b) Le dessin d'ap7^ès nature.
Une phase intéressante et vivante du système est le dessin d'après nature, et le dessin de mémoire. Certains élèves esquissent des oiseaux empaillés, qui ont le mouvement et l'allure de la vie, et d'après des oiseaux vivants
Fig. 89. — Composition de frises
(fîg. 91) ; d'autres, y compris les petits, font le dessin et le lavis en couleurs de papillons ; d'autres encore dessinent des poissons d'après de bons moulages et des modèles conservés ou cherchent à fixer le mouvement de poissons évoluant dans des vasques (fig. 02), La fig. 93 montre quelques études
ENSEIGNEMENT ELp]MENTAIRE
d'après des fruits. Des coquillages, des fleurs, des feuilles, des fruits naturels ou moulés passent ainsi sous le crayon de l'élève, enrichissant ses aptitudes et sa documentation.
La vie, le mouvement et les formes variées entrent dans la sphère d'ohservation des élèves. A ce point de vue la méthode est exti-èmement intéressante ; nous avons, vu maint cahier renfermant des croquis d'animaux domestiques ou sauvages relevé au jardin zoologique ou à la ferme ; ces croquis sont reproduits, agrandis, au tahleau noir (fig. 94). Suivant un système constant, les élèves reprennent l'étude du même sujet, jusqu'à ce qu'il appartienne organiquement à la
Fig. CjO. — Modèles de profils et de ga'.bes
mémoire, et que la main en fixe fidèlement les contours avec aisance et souplesse.
Après l'étude approfondie d'un modèle en nature, les enfants abordent sa reproduction de mémoire, l'original disparaissant. Dans les albums et dans les travaux en voie d'exécution par les élèves de la classe, on voit l'évocation de formes d'oiseaux et d'animaux domestiques dans diverses attitudes, étudiées antérieurement d'après nature.
c) La composillou décorative.
Dès quo relève possède à fond les formes fondamentales^ il s'applique à les réaliser sur le tableau, sur le papier, dans des arrang-ements et des compositions dans lesquels entrent ces éléments.
Voici par quelles phases successives passe l'interprétation des formes animales; sous la main de la jeune fille (flg. 95)^ on voit naitre des griffons, des tètes de lions, etc. ; les formes se diversifient en se complétant de détails naturels
Fig. gi — Dessins d'après nature, d'après Tadd
ou fantaisistes. Le caprice et l'humeur du dessinateur se donnent libre cours. Apparaissent dans . certaines applications décoratives : des formes de lions, de chiens ; la flore intervient dans les compositions de lettrines, lettres, fantaisies^ auxquelles s'ajoute l'attrait du lavis en couleur.
d) Modelage.
Comme le dessin, le modelage est considéré à l'Ecole publique d'art industriel, comme un moyen de formation artistique ; à ce titre, il y occupe une large place ; il est
pratiqué par les enfants dès l'âge de six-sept ans et poursuivi à travers toutes les études, sur le plan de rotation déjà décrit.
La méthode Tadd est économique; l'auteur l'a combinée de façon à réduire au minimum le coût de l'ameublement, de l'outillag-e et des matières premières ; il a ainsi rendu possible l'introduction des travaux manuels dans les écoles à ressources modestes.
Fig. 92 — Dessins d'après des poissons vivants. Tadd
Chaque élève a devant lui, une planchette de 30x40 centimètres et d'une épaisseur de 2 1|2 centimètres; il dispose d'un couteau, d'un ou de deux ébauchoirs et de mirettes, ainsi que d'une provision de terre à modeler, homogène, conservée dans une caisse en bois. L'outillage total ne coûte pas trois francs par élève.
Après quelques exercices préparatoires, les élèves abordent le modelage systématique, en confectionnant une série de modèles, sans usage d'outils. — La fig. 06 reproduit quelques exemples de manipulations fondamentales. Elles consistent à modeler de petites sphères, à grouper ces sphères en une rosace, en de petits tores, en une rosace avec tores et
Fig. 93. — Etude d'ajirés des fruits
sphères, à modeler une étoile de mer, des plantes, des champignons, un concombre, des formes d'oiseaux, des formes géométriques. Les petits enfants de six-sept ans prennent un plaisir très vif à ces petits travaux, dans lesquels ils se servent des deux mains, exercent le coup d'œil» le toucher, le goût et le sens des proportions. Nous avons vu de petits enfants faire en une leçon trois-quatre rosaces combinées d'éléments variés, avec un sentiment réel des proportions. Certains introduisent dans leurs petites conceptions, des formes de fruits. D'autres modèlent de mémoire des oiseaux qui leur sont familiers, des poules, des canards, des cygnes, des lézards, des tortues ; d'autres encore se lancent dans des modèles de chevaux, de bouquetins, de buffles : ces travaux ne sont évidemment que des ébauches
sommaires, mais on y voit une synthétisation, une interprétation où perce le sentiment personnel. Il est à remarquer
que des élèves de tout âge, qui entrent à l'école sans avoir modelé, exécutent une série similaire de modèles, avant de
passer à des travaux d'après nature qui nécessitont l'euiploi des outils : c'est la série appropriée aux écoles primaires, sj'stème américain, pour les élèves de six à dix ans.
Les formes f;éométriques n'occupent qu'une part restreinte dans le modelage: elles sont exécutées à des dimensions qu'un enfant puisse saisir de ses mains ; au cours de leurs travaux ils font, par exemple, une sphère, puis une seconde de mêmes dimensions ; il en est de même pour le cuhe, le cylindre, le prisme carré et le cône, etc.
Fig. g5. — Formes animales stylisées
Le modelage avec emploi d'outils est pratiqué par les enfants des "Grammar grades-, donc âgés de dix à quatorze ans. Le but des travaux est l'observation des formes naturelles et leur rendu en relief dans des combinaisons graduellement plus difficiles.
Nous trouvons à l'Ecole Tadd une classe entière d'enfants de dix à douze ans modelant d'après des pommes. Chaque enfant, en ayant une devant lui, le professeur attire leur attention sur les caractéristiques de la forme.
indique les dimensions à donner au travail, le rôle des ébauclioirs, explique l'inutilité de reproduire les détails, écorchures, tige, etc. ; il dit la nécessité de caractériser la forme, pour donner de l'expression au concept pomme. Lorsque les enfants ont ainsi modelé plusieurs fois un fruit et une série d'autres, d'après nature ou d'après des moulages, suivant la saison, ils commencent l'étude des feuilles, de tiges feuillues portant des fruits, pour aboutir à de petits travaux d'ensemble: délimiter, par exemple, un carreau décoré.
Fig. 96. — Premiers travaux de modelage d'après Tadd
Après l'étude de la nature, se place le modelage des formes conventionnelles fondamentales. Les étapes à francliir sont marquées par une série de modèles gradués, de difficulté élémentaire, que les élèves doivent être à même d'exécuter convenablement, avant d'aborder des projets d'ensemble. Ces modèles sont :
1. L'enroulement double, (fig. UT) qui exerce au dessin en contour sur fond en glaise, apprend à déterminer les masses et à se servir de l'ébauchoir.
2. La feuille trilobée, est traitée de la même façon: dessinée, modelée, achevée et, ensuite, répétée pour l'entrainement.