La discussion des travaux
Pendant six mois, à raison d'une heure de leçon par semaine, le professeur soumet à une discussion serrée, les travaux que les élèves exécutent dans l'atelier; les modifications de formes et des adaptations y sont suggérées, et les modes de travail, les attitudes correctes et mauvaises pour l'exécution y sont soumis à la critique.
Un point très intéressant du programme est l'étude des installations d'ateliers et de l'outillage pour l'introduction du travail manuel dans les écoles.
4. — La technologie du bois : essences, textures, qualités. Chaque étudiant est tenu de préparer une collection des
divers genres de bois emploj^és dans les travaux manuels.
ENSEIGNEMKNT ÉLÉMENTAIRE 181
et doit s'exercer à les reconiniitre par leur texture, couleur, odeur, densité, etc.
5. — De nombreuses conférences, suivies de discussions, complètent ces cours ré^'uliers dans le courant de l'année scolaire. Les sujets sont généralement traités, soit par les professeurs de l'institution, soit par des personnalités compétentes, choisies en dehors du corps professoral.
Voici les données de quelques thèses traitées :
Le professeur et l'artisan.
Le tact de l'enseignement.
Instruction individuelle et instruction de classe.
Le sloyd vis-à-vis de l'enseignement professionnel.
Quand et dans quelle mesure faut-il utiliser les facultés d'invention dans les travaux manuels ?
Les moyens artistiques dans le sloyd.
Corrélations du sloyd et des autres Ijranches de l'enseignement.
Gomment "ohserver" dans les visites d'écoles?
Le mérite relatif des divers genres de métiers servant de hase à l'enseignement des travaux manuels aux écoles élémentaires.
6. — La psycJiologie physiologique. Ce cours, donné à raison de deux heures par semaine pendant toute l'année, traite des ohjets suivants :
Physiologie des muscles et des nerfs. Coordination. L'évolution du cerveau dans ses relations avec la main. Structure et physiologie du cerveau. Structure et fonctions des organes des sens. La volonté. La mémoire. L'imagination et autres fonctions mentales supérieures. Ces sujets sont traités sous forme de conférences, de discussions et de travaux de laboratoire.
7. La théorie de l' éducation. Cours d'une heure par semaine ; les thèses suivantes sont développées : l'éducation est une préparation à la vie ; ses éléments intellectuels, moraux et physiques. But et méthodes d'éducation parmi les peuples primitifs. Stades et crises dans le développement mental des enfants. La base psychologique du sloyd. Conférences, lectures, discussions.
A des intervalles réguliei-s, les élèves font des travaux écrits se rapportant aux branches traitées.
Les travaux pratiques. La pratique de l'enseigneinent.
Accueilli avec un aimable empressement par M. Larrson, directeur, et M. Sandberg, professeur, nous avons la surprise de relever parmi les vingt ou vingt-cinq élèves, dont des japonais ubiquieux, la moitié, au moins, de dames pratiquant devant l'établi toutes les opérations du sloyd. Spectacle bien américain que celui de ces dames sciant, rabotant, frappant du maillet sur le ciseau et projetant en l'air les copeaux et les éclats de bois.
Aux Etats-Unis, l'école élémentaire appartient à la femme ; elle force l'homme dans ses derniers retranchements : l'atelier des travaux scolaires du bois. Partout où existent des cours de travaux manuels, ils sont surtout suivis par les dames. Dans nombre d'écoles, à Boston, à Philadelphie, Rochester, nous avons vu enseigner ces travaux par des institutrices ; si les mouvements, que nécessite la pratique de cet art, paraissent disgracieux à l'Européen, il ne saurait méconnaître les résultats remarquables de l'enseignement donné.
Les élèves de l'Ecole normale du Sloyd étudient le dessin de projections comme une branche de formation générale et comme introduction aux dessins du sloyd.
Ils font, préalablement à toute exécution, le croquis et le dessin de construction côté, le choix du bois et le devis des objets qui sont étudiés dans leurs fonctions, leurs formes, dimensions, dans leur progression éducative, leur mode de confection. Ils exécutent une série de trente-et-un modèles de base, représentant septante-quatre exercices et comportant l'emploi de cinquante outils ; chaque exercice implique un travail spécifique qui nécessite un effort spécial, intellectuel et physique. L'analyse que fait M. Larrson de ces exercices est réellement remarquable. Les détails que nous avons donnés d'analyses semblables, à propos des divers degrés des écoles élémentaires, sont suffisant pour fixer le système.
La pratique de ïensei(jrieinent.
L'école normale de AL Larrson est un des quarante-deux centres de travaux manuels organisés par la ville de Boston ;
les clôves des ({uatre années supérieures des écoles élémentaires qui se trouvent dans la circonscription de l'atelier, viennent successivement recevoir les levons que leur donnent les aspirants professeurs, sous la direction du professeur titulaire. L'expérience pratique que les futurs pi'ofesseui-s acquièi'cnt dans leur contact avec les élèves est éminemment favorable à leur formation et est, sans aucun doute, une des causes du succès des cours normaux.
Résullals.
Les disciples de l'école normale de Boston sont nombreux et actifs ; dans l'espace de seize ans, elle a formé envii-on quatre cents professeurs qui enseignent les travaux manuels à soixante-dix mille enfants environ.
Ces bibliothèques pour enfants
C'américanisation et le relèvement moral
et intellectuel par le livre