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CHAPITRE II

C'école seconbaire technique 1. Caroctèree bes étubes

Nous restreignons notre étude aux établissements secondaires techniques qui, malgré leur caractère général, jettent les vraies bases de l'éducation de l'ouvrier, de l'industrie^ de l'homme d'afîaire américain. Ces écoles versent tous les ans dans les usines et les bureaux des milliers de jeunes gens de forte culture, préparés à l'action énergique et à l'ettbrt personnel réfléchi, par des méthodes d'éducation virile qui exaltent la confiance en soi et l'esprit d'indépendance.

Lorsque nous conduirons nos lecteurs dans les ateliers de menuiserie, de tournage et de modelage industriel, lorsque nous leur montrerons les élèves des lycées américains modernes forgeant le fer et l'acier, et le façonnant sur des tours mécaniques, beaucoup se récrieront en disant, que ces écoles sont professionnelles, qu'elles forment des mécaniciens et n'ont rien de commun avec nos écoles secondaires, où l'enseignement se déroule dans le calme pédagogique consacré par des siècles d'expérience. Nous ne gageons pas qu'il n'y ait des parents saisis d'un frisson, à la pensée de voir un

jour leur fils, à l'exemple de ces crânes étudiants du Nouveaumonde, placés en habit d'ouvrier devant des tours mécaniques, faisant jaillir sous la pression de l'outil, des copeaux de fer et d'acier, au risque de se fatiguer physiquement, de se blesser par une paillette métallique ou d'être victime d'accidents plus graves.

Les mamans surtout ne sauront se défendre d'un serrement de cœur. Gomment leurs fils qui tremblent lorsqu'un cheval rue à cinquante pas d'eux et à qui le grincement d'un métal sur un autre donne des accès de frénésie nerveuse, sauraient-ils supporter le l^ruit et le mouvement de la forge scolaire, où trente adolescents américains battent le fer avec une furia endiablée en faisant décrire à leurs marteaux des moulinets fantaisistes ?

Les parents américains ont trop le culte de l'énergie ph^'sique et morale i)0ur avoir de semblables appréhensions. Les écoles techniques secondaires avec leurs travaux manuels répondent si bien à leurs aspirations, qu'ils n'hésitent pas à leur confier leurs enfants ; en 1906, les Etats-Unis comptaient 94 écoles i)u])liques de ce genre réunissant 39.783 élèves (1) non compris les écoles du même rang pour les populations indienne et nègre dont il sera question plus loin.

L'Etat de New-York seul compte 17 "inanual training high schools" avec 12.376 élèves. L'école de Brooklyn seule réunit T.SOO élèves ; la «Grane manual training high school" à Ghicago en compte 600, et l'école du même type de Boston, 1.400 élèves. Les établissements privés d'instruction secondaire ont du suivre le mouvement et inscrire les travaux manuels à leurs programmes.

Les travaux manuels ont même envahi les écoles moyennes classiques. A Boston, ils sont inscrits au programme comme branche facultative ; les élèves sont si bien entraînés par les travaux manuels, universellement enseignés dans les écoles élémentaires, que la plupart de ceux qui passent dans les «high schools" participent volontairement à ces travaux. Les jeunes filles font les travaux de cuisine, de confection et

(1) Voir page 62 — United Sfates Bureau of Education. Report of the Commissioner for 1904 p 2057.

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s'exercent dans les arts domestiques, tandis (|ue les garçons travaillent dans les ateliers. Sauf sur ce point, les cours des écoles secondaires sont identiques pour les représentants des deux sexes. Les écoles secondaires techniques ne donnent pas l'instruction professionnelle dans les arts mécaniques; elles sont des institutions d'enseii^nement général au même titre que nos athénées et l\'cées. Les cours de dessin et de travaux manuels sont des disciplines à l'égal des matliématiques, de la géographie et de l'histoire. Leur enseignement scientifique, littéraire et manuel convient à toutes les catégories sociales et à tous les jeunes gens, ({uelle que soit leur profession future, qu'ils deviennent avocats, médecins, directeurs d'établissements industriels ou simples travailleurs.

Les activités de l'école, orientées dans toutes les directions, tendent à révéler les talents et les aptitudes prédisposées des garçons, pour les conduire au choix d'une occupation qui convient à leur tempérament; elles en font des hommes intelligents et de grande résistance physique et morale.

L'enseignement allie les études générales à la connaissance des i)rincipes de construction dans les arts mécaniques dont les élèves voient autour d'eux l'application journalière dans l'industrie et dans les métiers. Ces principes ont un caractère scientifique ; la dextérité manuelle et la connaissance des procédés de construction, que les écoles ajoutent aux résultats d'un enseignement verl)al, sont utiles dans un nombre infini d'emplois actifs et constituent un élément de succès dans la vie.

L'âge d'admission est de il ans et les conditions re({uises sont celles du programme de l'école élémentaire complète.

Les i)ostulants qui ne sont pas porteurs d'un certificat d'études élémentaires subissent un examen sur les branches suivantes :

1" La grammaire et i'ortliographe anglaise ;

2° Le calcul, y compris les fractions ordinaires et décimales, le calcul du °'o (intérêt et escompte), les proportions, les carrés et racines carrées ;

3° L'histoire des Etats-Unis et la vie des grands hommes américains ;

4^ La géographie politique et physique du globe y compris le croquis de cartes.

ENSEIGNEMENT SECONDAIRE TECPINIQUE

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