Dans les ateliers b'ajustage
(Détbobes et caractère be renseignement
C'ajustage à la main. Ce travail au;c macbines-outils
Après avoir passé par le cours de forgeage traitant les métaux à chaud, les élèves n'ont qu'une vague notion de leur travail à froid. Le travail du bois leur a appris quelques procédés d'ajustage qui viennent à point, quoique les outils diffèrent et les méthodes soient nouvelles.
Les élèves débutent par des travaux manuels purs ; ils burinent de la fonte et du fer. Pour ce travail les élèves comme d'ailleurs, en général, les ouvriers américains, même les nègres, sont gantés pour ne pas se détériorer les mains.
Pour s'initier à ce travail préliminaire les élèves chanfrènent une pièce de fonte, de fer, taillent un biseau, pratiquent dans une pièce un trou de forme et dimensions données. Dans ces opérations, ils expérimentent la différence de traitement à donner à la fonte et au fer.
Ces exercices ne sont pas poussés très loin ; l'élève passe immédiatement au travail à la lime par lequel commence réellement l'ajustage ; il lime une pièce de dimensions données, l'ajuste dans un trou carré, donne une forme déterminée par le dessin, à une pièce de fer ou de fonte, assemble deux pièces. •
L'élève a acquis l'expérience nécessaire à l'emploi des limes appropriées à un travail donné ; il sait détremper une pièce avant de la limer. Dès ce moment il est prêt à aborder
le travail aux outils mécaniques : le but purement manuel est atteint ; peu d'écoles vont au delà de ces exercices élémentaires.
Voici un devis des outils à main que nous trouvons en possession de chaque élève.
Etau ....
35,00 francs
Lime carrée.
Lime bâtarde
7 limes diverses .
Compas droit
Compas d'épaisseur
Compas d'intérieur
Pointeau
Pointe à tracer .
Règle divisée, en acier
Equerre en acier.
Marteau
Burin ....
2 burins divers .
Paire de mordaches en cuivre .
24 établis avec tiroirs pour 24 élè
îves : 900,00 frs
34 séries d'outils, à 70 francs envi
ron : 1680,00 frs
3tal.
2580,00 frs
L'outillage des ateliers varie d'école à école.
Comme on a pu le constater dans les photographies précédentes, certains ateliers d'école sont outillés de machines plus modernes que les usines, et renferment parfois des outils qui dépassent notablement les moyens de travail des élèves des écoles secondaires techniques ; ceux-ci sont destinés aux élèves des cours techniques du soir.
Les écoles modestes possèdent les outils mécaniques pour l'occupation simultanée d'une dizaine d'élèves, dont coût 7-8000 francs ; les autres élèves travaillent entretemps à l'établi et une rotation dans les opérations les amène successivement devant les outils mécaniques.
Dans les installations les plus modestes nous trouvons les outils typiques suivants :
Les tours à commande au pied.
Un tour mécanique.
Une machine à raboter.
Une maciiine à fraiseï'.
Une machine â i)ercer.
Une meule à l'émeri oi-dinaire. .'
Une meule spéciale à affûter les outils.
U'ne for^e pour les outils, avec ses accessoires, généralement au g-az, actionnée par une soufflerie à main.
Les ateliers de la plupart des écoles techni(jues sont d'une richesse d'outillage et d'une modernité que regarderont avec envie, non seulement les i)rofesseurs de nos écoles professionnelles, mais nos industriels constructeurs.
Loin de suivre l'industrie, les ateliers des écoles la devancent dans le progrès de l'outillage.
Le cas de l'Kcole de Brooklyn, dont on a admiré les ateliers, n'est pas isolé ; la figure 194 donne la vue d'un atelier d'ajustage mécanique de l'Ecole Mac Kinley à Chicago. L'entretien, la propreté et l'ordonnance de ces ateliers sont admirables.
Pour donner une idée du matériel, voici le relevé fait dans les ateliers de la Manual training higli school- de Boston :
Trois tours de 14 pouces, avec bancs de 5 pieds, chacun possédant un porte-outils composé avec attachements.
Un tour de 14 pouces, avec banc de .5 pieds, porteoutils et attachements.
Un tour de 14 pouces avec banc de 6 pieds.
19 tours de 12 pouces avec bancs de 5 pieds.
3 tours de 12 pouces, bancs de 5 pieds avec porte-outils simples et attachements.
Une raboteuse de 20 pouces.
Une raboteuse de 17 pouces avec étau Skinner de 8 pouces, à base carrée.
Une limeuse de 14 pouces.
Une fraiseuse universelle.
Un tour universel à main.
Un étau de 2 1/2 pouces et un étau foreur Almond.
4 tours à commande au pied de 10 pouces, .3 avec bancs de 3 1/2 pieds, 1 avec banc de 4 [)ieds.
4 tours à commande au pied de 9 pouces avec bancs de 3 1 2 pieds (construit par les élèves en 1897-98). Une meule universelle.
Une machine à percer.
2 meules à lemeri.
Des forces au gaz.
Ils sont vraiment vaillants ces adolescents Yankees campés devant leurs outils qu'ils conduisent avec l'assurance de vieux mécaniciens. Leur habileté à comprendre le fonctionnement des mécanismes est surprenante. Le summum du savoir technologique nous a paru atteint à l'école secondaire technique de Washington où nous avons vu des élèves conduire la fraiseuse universelle, travaillant horizontalement et façonnant une pièce de machine-outil.
Ou pourra juger de la nature et de la variété des travaux par la figure 165 prise à l'école secondaire technique de Boston.
La première ligne d'objets est de fabrication manuelle : la mise à dimensions et à épaisseur de 2 pièces jjrismatiques, forage de trous, l'ajustage de deux pièces se pénétrant, l'ajustage de goupilles et de clavettes dans une pièce, etc.
L'achèvement de ces opérations fondamentales pré[)are l'élève à l'emploi et à la conduite de machines-outils mécaniques.
La démonstration du tour par le démontage et par l'étude de ses organes constituants, est fort intéressante au point de vue des méthodes technologiques.
Le professeur montre sur le tour même les formes et le rôle des diverses parties : poupées, chariots, poulies étagées, mécanisme d'embrayage, etc. ; il les fait fonctionner sous les yeux de ses auditeurs.
Les outils des écoles moj^ennes modernes, sortent des meilleures fabriques et constituent le dernier perfectionnement. Gomme certains sont à marche automatique, ils ne nécessitent pas la surveillance constante de l'élève qui trouve le temps d'observer, d'étudier, de noter l'allure de la machine. Certains outils sont à commande au pied sur lesquels l'élève tourne des profils divers, cylindriques, s[)hériques, des congés, des cônes, etc., dès qu'il possède les premiers rudiments du maniement. Le centrage, opération la plus délicate, est démontrée d'abord par le professeur qui a soin de donner des exemples de bons centrages et de centrages mal conditionnés.
ENSEIGNEMENT SECONDAIRE TECHNIOUE
F]g. i65. — Travaux d'ajustage e.\ec..tcs par les élèves de lecole secondaire de Boston
KNSEKJNKMKNT SKCONDAIRK TECHNIQUE
La dcterminMlion des vitesses, d'après le travail à effectuer, est un second point très important élucidé avec soin.
Eiilin, les outils coupants font également l'objet de démonslratioiis; l'élève en a3^ant forgé, il ne lui est pas dillicile d'en savoir le rôle, vu (|ue des outils modèles de comparaison sont abondamment exposés en classe et utilisés dans les cours. L'élève commence ensuite le cylindrage d'une pièce et le tournage d'une série d'autres de divers profils, suffisamment caractérisés dans la figure 1H5.
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g. i66. — Tour sur bois, construit par les élèves de l'Ecole secondaire de Washington
Les machines à raboter et à fraiser à outil mobile, sont étudiées suivant le même système dans leur théorie et dans leur fonctionnement pratique.
L'élève exécute des travaux dont le lecteur peut voir dans la 2" rangée de la fig. 165, des spécimens qui combinent le travail au tour et à la forerie ; ce dernier outil est expliqué et démontré suivant les mêmes moyens.
Les carnets de notes des élèves renferment nombre de croquis et schémas des diverses parties des machines-outils qui constituent un cours élémentaire mais très pratique de technologie des ateliers.
Un travail d'ensemble tel que la construction d'un tour sur bois (fig. 166), d'un moteur à gaz, d'un compresseur d'air, dont les élèves associés exécutent cliacun une ou plusieurs pièces, est, en général, le couronnement du travail scolaire.
Les écoles montrent avec lierté les collections d'appareils construits dans leurs ateliers ; si tous ne sont pas d'un travail supérieur, ils sont bien construits pour leur fonctionnement et sont la preuve palpable du résultat atteint; pareille fabrication suppose chez les élèves des qualités remarquables d'intelligence, de courage, de jugement, de persévérance devant l'effort prolongé.
Ce n'est pas une mince étude que celle qui mène à la conduite intelligente de toutes ces machines — nous disons : intelligente et pas experte — dont le résultat est de faire acquérir la [)uissance directrice, le "directive power-, que les américains considèrent comme le meilleur fruit d'une bonne éducation.
Que les élèves ainsi instruits et éduqués deviennent des mineurs, des architectes, des mécaniciens, des fermiers, des négociants, des hommes de loi ou des médecins, l'éducation acquise leur donne des qualités utiles à leur carrière.
L'esprit qui règne dans les ateliers, où les jeunes gens des lycées américains s'initient au secret des procédés de construction, pourrait faire supposer au lecteur que ces écoles sont techniques ou industrielles. Nous ne saurions assez insister sur ce point : malgré leur apparence d'écoles professionnelles cossues, les "Manual training schools- sont
des établissements d'instruction moyenne générale ; elles n'enseignent aucun métier, mais placent à coté des humanités classiques des humanités techniques.