‹ Méthodes de Dosage de Petites Quantités de Mercure: Application à l'Analyse Toxicologique (Travail du Laboratoire de Pharmacie)Chapitre 5 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les méthodes de dosage du mercure, le plus couramment utilisées dans la pratique, ne permettent guère le titrage de ce métal à des doses inférieures au centigramme.

Les unes, gravimétriques, dosent le mercure, soit à l’état métallique, soit encore à l’état de combinaisons : chlorure de mercure-l, sulfure de mercure. La séparation du mercure à l’état métallique est généralement obtenue ou bien au moyen des réducteurs, ou bien à l’aide de métaux avec lesquels il est susceptible de former des amalgames, ou encore par électrolyse, procédé plus particulièrement usité dans les dosages toxicologiques ou industriels.

Quant aux méthodes volumétriques, les plus fréquemment employées sont : celle de Namias [1], mise au point. par Laborde [2], basée sur la réduction des sels de mercure-Il au moyen d'une liqueur titrée de chlorure d’étain-Il; celle de Personne [3], modifiée par Denigès [4], et qui consiste dans le titrage d’un sel de mercure-Il au moyen d’une liqueur titrée d’iodure de potassium; enfin la méthode cyano-argentico-hydrargyrimétrique de Denigès [5]. Cette méthode, rendue très générale par l’auteur, est basée sur la formation de cyanure imercurico-potassique, qui prend naissance

lorsqu'on fait agir en excès, sur un sel de mercure-If, une solution titrée de cyanure de potassium; la dose de mercure existant dans la prise d'essai est évaluée en fonction de la quantité de liqueur cyanurée entrée en combinaison, quantité que l’on déduit en titrant l'excès de cyanure alcalin au moyen d'une solution titrée d’azotate d'argent. Denigès l'a étendue à la détermination de faibles doses de mercure variant du milligramme au centigramme [6]. Elle est d'ailleurs la seule applicable, au cas du titrage volumétrique précis de doses de mercure de cet ordre; toutefois, elle oblige le chimiste à opérer sur une prise d'essai de volume réduit, ne dépassant pas 20 cc.

Dans ce travail, j'ai entrepris de doser le mercure en quantités d'ordre inférieur au milligramme, et J'ai envisagé le cas particulier dans lequel ces quantités se trouvent diluées dans des prises d'essai d'assez grand volume.

Cette circonstance rend indispensable une concentration préalable du métal sous un volume réduit. On l’effectue couramment en analyse toxicologique, en séparant le mercure par électrolyse et en dissolvant le métal déposé à la catode dans un volume convenable de liquide. Il m'a paru intéressant d’avoir recours, pour cette concentration, à l'action de réactifs couramment employés dans les laboratoires, notamments d'agents réducteurs qui permettent, comme l'électrolyse, d'isoler le mercure à l’état métallique.

J'ai pris comme type la méthode classique de Rupp et Lehmann [7] applicable aux sels de mercure-Il, et qui comporte : 4° leur réduction à l’aide du formol en milieu alcalin; 2° la dissolution du mercure réduit dans une solution titrée d’iode, et son titrage en fonction de la quantité d'iode nécessaire à sa transformation en iodure de mercure-Il. En précisant certains détails de cette méthode, particulièrement en ce qui concerne la réduction des sels de mercure, j'ai pu en accroître notablement la sensibilité. En effet, la facilité avec laquelle S'apprécie le terme des dosages iodométriques se prête à des déterminations exactes au moyen de solutions

MAP ec

titrées N/50 et même N/100; or, les quantités de mercure mesurées par À ec. de ces solutions dans la méthode dont il s’agit ne sont respectivement que de 0 g. 002 et 0 g. 001.

Mais la sensibilité de la méthode de Rupp et Lehmann peut être largement dépassée si, au lieu de doser directement l’iode que fixe le mercure en passant à l’état d’iodure, on procède au dosage de ce composé en amenant l’iode qu'il tient en combinaison à l'état d’iodate, puis en mesurant par iodométrie le pouvoir oxydant de celui-ci.

C'est sur ce principe que j'ai établi une méthode très sensible qui, combinée avec la séparation du mercure sous l'influence des réducteurs, permet d'effectuer le dosage rigoureux de très faibles quantités de métal, même en solutions très diluées.

Les méthodes étudiées trouvent leur utilité en analyse toxicologique. Celle-ci porte il est vrai, dans bien des cas, sur des concentrations en mercure qui mettent le chimiste dans l'obligation d'évaluer des traces seulement de ce métal. Une méthode diaphanométrique, que j'ai étudiée avec M. Golse, convient précisément à ce cas, pour lequel les méthodes volumétriques sont dépourvues de la sensibilité nécessaire.

Le but de ce travail est donc de rendre possible le dosage de petites quantités de mercure à partir d’une limite de concentration inférieure que je me suis elforcé d’abaisser le plus possible.

Si je me suis systématiquement adressé à l’action d'un réducteur pour isoler le mercure, ce qui simplifie beaucoup sa séparation, il va sans dire que les méthodes dosimétriques que j'ai étudiées trouvent leur emploi pour un dépôt de mercure obtenu à la catode, lorsqu'on s'adresse aux procédés de séparation électrolytique.

Page 1