‹ Méthodes de l'histoire littéraireChapitre 12 sur 12 · QU MERE · texte numérisé non relu

QU MERE

interroger leurs élèves ; et ils constatèrent quelle don de réfléchir sur les impressions d’une lectur

la force d’une pensée ou de toute la beauté forme, n’était pas un don inné chez la plupart, qi dans la lecture, comme en tout, la nature humai fuyait la peine, et qu’il fallait exercer les enfar et les jeunes gens à user de toute leur intelligent

De là naquit, chez les meilleurs maîtres, l’usagt de courber les esprits sur les textes, et, si je pui dire, de les y frotter. J’ai eu deux maîtres en rhétorique, qui, vers 1875, expliquaient chaque jour k leçon française du lendemain. C'était la partie. plus intéressante et la plus fructueuse de la clas L’un, M. de La Coulonche, excellait à coudre « texte d’amples développements, qui faisaient sure les idées générales. L'autre, M. Aderer, avait un méthode plus précise et plus fine : il s’appliquait au détail et montrait du doigt, ou d’un clin d'œi les généralités : il excellait à sous-entendre; suggérer, à donner le désir d’ajouter par un : recherche personnelle à ce qu'il avait fait entrevoir Leur tradition ne se perdit pas, et l'explication. française prit pied dans un assez grand nombre di classes. É

Un jour vint où l’on mit au progamme l’histoire

M ées et les collèges étaient pleins de petits unetières qui débitaient en tranches nos quatre

Lire, et que la seule lecture Dao Lale en classe était l'explication précise et détaillée (1). Le ministère, après l'épreuve décisive de l’enseignement de l’histoire littéraire, leur donna raison, et l’explication

française devint officiellement un des exercices

- (1) Notre maître, en ceci, est La Bruyère, qui a écrit : « L'étude des textes ne peut jamais être assez commandée... Ayez les choses de la première “main, puisez à la source; maniez, remaniez le texte ;.… songez surtout à en pénétrer le sens dans toute son étendue et dans ses circonstances. » (Les araclères, ch. xiv : De quelques usages.)

1923 n'a rien changé sur ce point.

Dans tous les examens, primaires, secondai supérieurs, l'explication française avait pris pe

n’expliquaient pas les textes français : ils faisaie: des leçons générales sur les ouvrages inscrits « programme et sur la biographie des auteurs. C'était. à nous de nous débrouiller à l'examen; il est vr qu’on se contentait alors, en guise d’explicatio d'une interrogation ou d’une causerie assez Vaga bondes, qui n’obligeaient pas à serrer les textes de près. Peu à peu une méthode plus sévère s’impo partout, et une préparation plus exacte s’établ Qu'il s’agît du brevet supérieur, de la licence, d l'agrégation, du certificat des jeunes filles, de l'en. trée à l’École Normale de la rue d'Ulm ou à celle de Sèvres, l'exercice de l'explication française devint, l'épreuve importante et décisive où la culture française du candidat se jugea (1). 4

(1) Je puis ajouter que la valeur de cet exercice a été depuis une vingtaine d'années de plus en plus. reconnue dans les pays étrangers, en Europe et er Amérique, à mesure que nos professeurs l'ont

On peut dire qu'aujourd'hui l’étude de la langue et de la littérature nationales repose chez nous sur ux piliers qui sont la composition française et xplication française. Là, synthèse, analyse ici ; là, effort de création; ici, essai de critique ; là, éveloppement de ce que l’on a en soi; ici, pénération d’une pensée étrangère : les deux exercices ont complémentaires et font ensemble une culture.

“démontré par leur pratique et en font comprendre Ja méthode et le but. Il ne serait pas excessif de dire que dans l’enseignement littéraire que beaucoup d’entre eux sont venus donner, en divers pays, l'explication des textes français a été pour les étrangers, professeurs et étudiants, la partie la plus neuve, la plus originale, et, au sentiment général, Ja plus féconde.

+ On peut voir, dans le livre excellent de M. B. …\W. Brown (How the French boy learns lo write, ‘Cambridge, 1915, ch. v), comment un professeur méricain, qui a visité nos lycées, a jugé cet effort e notre pédagogie.

LiGucé (Vienne). — Imprimerie E. Augin.

Miss

GgG GeG IIO 1800 €

LD

Page 1