‹ Méthodes de l'histoire littéraireChapitre 11 sur 12 · TIT · texte numérisé non relu

TIT

Qui a donc inventé cet exercice, cette prétendue torture où je vois une gymnastique efficace et nécessaire ?

L’explication des textes est identique en son essence à l’exégèse pratiquée dans les sciences rel gieuses et dans la philologie grecque et latine.

Il est clair qu’elle ne pouvait manquer de s'organiser, lorsque les textes français se trouveraient, dans une condition analogue à celle des textes sacrés, ou des textes de l’antiquité classique.

Ce jour est venu quand les textes français son devenus objets d'étude, quand ils ont, en vieillissant, perdu pour les nouvelles générations cette” clarté apparente d’expression et d’idée dont le premier public se contentait; enfin quand les école et les collèges s’en sont emparés pour en faire les instruments de l'éducation de la jeunesse. ;

Nos textes français sont devenus objets d'étude, d’abord, quand ils ont été élevés à la dignité de

modèles : ce qui s’est produit pour la littérature du X VIT: siècle dès le début du XVIII. Alors on a “commencé à y regarder de près, à les éplucher mot par mot, syllabe par syllabe, à en discuter les éfauts, à en faire valoir les beautés. L'Art d'écrire de Condillac est tout plein de passages expliqués, … où l’auteur démontre par des analyses minutieuses - à quoi tient la force ou la faiblesse d’un style. Le . Commenlaire de Voltaire sur Corneille n’est rempli . que des matériaux d’une explication, faite naturel- … lement au point de vue du XVII siècle, pour les - amateurs de la langue française et les amateurs de - la tragédie. Voltaire et Condillac sont les précur- - seurs authentiques des lortionnaires d'aujourd'hui.

. Lorsque, au cours du XVIIT siècle, s’introduisit …—.|’habitude de mettre au programme des classes des - ouvrages en français, auxquels le XIX° siècle fit la - part de plus en plus large, on finit bien par s’aper- cevoir qu’on n’y comprenait pas tout, et qu'il y à avait des ouvrages qui devenaient de plus en plus “difficiles à comprendre. Le XVIII siècle, encore … dominé par la notion absolue du bon goût, traita trop souvent comme défauts tout ce qui l’embar- | rassait ou lui déplaisait. Le XIX° siècle, animé d’un - esprit historique, se rendit compte que la langue È changeait, que les idées, la sensibilité, le goût - évoluaient, et que pour entrer dans le sens de Marot - et de Montaigne, ou même de Corneille et de Pascal, il fallait de l'attention, du savoir, et de l'étude. Les professeurs n’eurent qu’à faire parler leurs

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