‹ Méthodes de l'histoire littéraireChapitre 4 sur 12 · EUROS. I · texte numérisé non relu

EUROS. I

sans intermédiaire, par sa propre voix, seule autorisée à, l'exprimer, jusqu'aux lecteurs de toutes nationalités. M. Lanson, avec son dévouement coutumier aux études françaises hors de France, s’est généreusement prêté à ce dessein : non seulement il a autorisé la réimpression, par les Études Françaises, d'articles ou conférences de lui, épuisés, dont le rapprochement offre une vue d’en= semble de ses méthodes, mais il a bien voulu les relire. pour les compléter et pour noter à l'intention de nos lec= teurs l’état présent de sa pensée.

La première partie de ce Cahier est une reproduction partielle de la leçon d'ouverture prononcée par M. Lanson en janvier 1904 comme successeur de Larroumet dans la chaire d’éloquence française. Des confidences sur sa propre formation d'esprit à propos de celle de son prédécesseur, esquissée elle-même d’après des traditions orales, un jugement aussi convaincant qu'inattendu sur le rôle. de Larroumet dans le progrès de la critique scientifique, des impressions piquantes sur sa soutenance de thèse font de cette leçon d'ouverture un document aussi nécessaire que vivant pour l’histoire de l’érudition littéraire, de Sainte-Beuve à M. Lanson lui-même. La réimpression de ce fragment est comme une introduction historique à la partie centrale du Cahier.

Celle-ci, sous le titre : « L'esprit scientifique et la méthode de l’histoire littéraire », est la reproduction in extenso d’une conférence de M. Lanson à Bruxelles en 1909. Elle n'a paru que dans un numéro épuisé de la « Revue de l’Université de Bruxelles ». Elle occupe le centre de notre Cahier, comme le problème qu'elle traite occupe une place centrale non seulement dans toute philosophie de l’histoire littéraire mais dans toute philosophie des sciences historiques : ce n’est rien moins que le problème de la relation entre les méthodes des sciences naturelles et les méthodes des sciences sociales. M. Lan-

son a plus tard repris cette question dans un chapitre de l'ouvrage collectif : « De la méthode dans les sciences », … publié sous la direction du mathématicien et physicien …. Emile Borel, mais outre que cet ouvrage est épuisé et =. rare, la conférence de Bruxelles reste l’expression à la fois la plus brève et la plus vivante de la pensée de M° Lanson sur ce sujet. Nulle part, à notre connaissance, ce problème, effleuré ou sous-entendu par tant d’histo- … riens, n'a été mis au point avec autant de clarté, de force et de bonheur d'expression.

La troisième partie du Cahier : « Quelques mots sur l'explication de textes », représente le point d'arrivée des idées de M. Lanson sur l'explication française, dont le point de départ est dans les explications qu’il a publiées en 1892 dans le « Manuel général de l'instruction publique ». Cet article, écrit par M. Lanson pendant sa der- “nière visite aux États-Unis comme professeur échangé, a paru dans le Bulletin de la Maison française de l'Université Columbia, publication intime.

Nos lecteurs savent que dans les récentes éditions de son « Histoire de la littérature française » M. Lanson, plutôtque d’altérer par des retouches le premier jet de sa pensée, a nuancé par des notes au bas des pages ceux de ses jugements que le temps avait modifiés. Par le même scrupule, et le même respect des états successifs de toute idée, c'est également par des notes au bas des pages que

M: Lanson a bien voulu indiquer à l'intention de nos lec-

teurs l’évolution de sa pensée sur certains points. Ces notes inédites, à la fois complément et garantie du texte réimprimé, font de ce Cahier, en même temps que la plus accessible des voies d'approche vers les idées directrices des méthodes « lansoniennes », un document original pour l'histoire de leur évolution.

(Note de la Commission provisoire des « Études Fran-

çaises ».)

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