‹ Méthodes de Mesure de l'Activité des Anesthésiques LocauxChapitre 21 sur 67 · FETE · texte numérisé non relu

FETE

1e ne

solution et je maintiens la paupière éloignée de l’œil pendant cinq minutes. Après ce temps, je retire à l’aide d’un compte-gouttes la partie non absorbée de la solution, sensiblement 1 goutte. Je laisse l’œil se fermer librement

et je commence les essais : , rATLRAOILAONNE NE ENS PRE URL Ne ESS L’œil gauche donne . . . . UT eee Lil

Le 17 juillet 1922, le lapin I est mis en expérience. Une rondelle de papier buvard de quelques millimètres de diamètre, humectée d’une solution de chlorhydrate de cocaïne à 2 %, puis exprimée, est placée à la partie postérieure de la cornée de l’œil droit. Les essais sont simultanément faits sur la partie postérieure et sur la partie antérieure de l’œil droit. La partie

postérieure est nettement anesthésiée et donne 444, la partie antérieure n’est pas nettement anesthésiée et ne donne que 44 *.

Il paraît donc incontestable que seule la partie de la cornée humectée par la solution anesthésique est anesthésiée et que la partie de la solution absorbée par la paupière peut être considérée comme perdue pour l’anesthésie de la cornée. Il semble donc plus logique de placer directement la solution sur la cornée.

60 Les deux yeux d’un lapin, anesthésiés simultanément, ne réagissent pas exactement de la même façon à une même quantité de solution anesthésique. — Nous nous souvenons que FROMHERZ et d’autres auteurs pensent éliminer les facteurs individuels des animaux d’essai « en utilisant du même côté toujours un composé connu et de l’autre côté simultanément un composé inconnu ». Il serait légitime de procéder ainsi s’il était prouvé que les deux yeux d’un lapin réagissent au même moment, exactement de la même façon, à des doses égales d’un même produit. J’ai donc fait une série d’expériences pour contrôler cette hypothèse.

J’ai procédé à une série d'essais simultanés, sur les deux yeux; avec deux gouttes de chlorhydrate de cocaïne à 2 %. Les essais du dernier œil mis en expérience étaient simplement décalés de deux minutes (les deux minutes nécessaires à l’anesthésie) sur les essais de l’œil étudié le premier.

Le 20 juillet 1922 :

s ŒTLLATOI EEE AU ER DUR 400 LADINCNTP RE AU il PAUCRE EE SR EE 050 AUTOS UE DIR es se DR ROLE LADA EME RER QE 7 ŒiBAUChÉSS EE OS AE EN RO (LS Le 22 juillet 1922:

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e 1 AFOIC TS, LT PEER Lapinells 0er + Le x e | œiléauche ire FE Re 01

ÉLRIL AT OI AE ATEN ER RE Lapin INF PERMET SENS 5 É a l'œil gauche À LITRES EEE

L’anesthésie n’a donc pas été pareille sur un œil et sur l’autre. FRoM- HERZ ne peut donc pas être autorisé à se contenter de ses deux essais comparatifs. Son essai témoin ne le débarrasse pas de la nécessité de faire de

multiples expériences comme l’avaient conseillé MoRGENROTH et Gins- BERG.

1. A la suite de ces expériences, j'avais commencé à effectuer les anesthésies en appliquant sur la cornée des rondelles de papier buvard humectées d’une goutte de solution anesthésique. Ces rondelles étaient maintenues deux minutes à l’aide d’un bouchon fin.

J’ai dû renoncer à employer ce procédé par suite de la grande difficulté qu’il y avait à vaincre la résistance des lapins.

CARE" RER 7° Les chiffres donnés par une même solution anesthésique sont quelquefois neltement différents. Il existe plusieurs facteurs de variations. Il faut

donc effectuer de nombreuses expériences et en prendre la moyenne. — Nous

venons de voir que les chiffres donnés par des solutions identiques, dans des essais simultanés sur les deux yeux d’un même lapin, sont parfois assez différents. Des essais effectués sur les yeux de lapins différents, à des temps éloignés, présenteront donc à plus forte raison d'assez grandes différences.

C'est ce que l’expérience montre.

Ainsi, dans un essai du 15 octobre 1922, effectué avec une solution de chlorhydrate de cocaïne à 1 %, les ‘chiffres suivants ont été obtenus :

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Cependant il n’en est pas toujours ainsi, et dans l’essai du 24 novembre 1922, effectué avec une solution de chlorhydrate de cocaïne à 1 %, les chiffres suivants, très voisins, ont été obtenus :

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Quoi qu’il en soit, en règle générale, les chiffres obtenus dans une même expérience, tout en étant du même ordre de grandeur et quelquefois très semblables, présentent souvent des différences nettes.

En effet, plusieurs sortes de facteurs agissent et modifient l’anesthésie :

a) Il existe d’abord des facteurs de variations tenant à la façon dont l’expérience est conduite. — L’anesthésique peut être placé sur la cornée du lapin de façons différentes (gouttes tombant sur le haut de la cornée, sur le bas de la cornée, sur le blanc de l’œil, sur les bords de l’œil). La solution peut se répartir d’une façon inégale sur l’œil, s’étaler lentement ou se répandre rapidement sur les parties basses.Le lapin mal tenu peut se débattre, fermer l’œil, étaler sa membrane. Il peut se produire aussi une sécrétion

Régnier 6

PAS lacrymale qui vient diluer la solution anesthésique, empêcher son absorption {.

La recherche de l’anesthésie peut être faite aussi de façon différente. Il faut frapper la cornée perpendiculairement sans glisser (le glissement du crin paraît donner une excitation plus forte), sans toucher les cils (la fermeture de l’œil se produirait de suite). Chaque expérimentateur a sa façon personnelle de produire les excitations au crin ; il faut donc qu’une même personne procède à l’essai comparé, complet, d’un même anesthésique.

b) Il existe en outre des variations individuelles tenant au lapin et à l’œil même : l’œil peut être particulièrement grand ou particulièrement petit. Sa sensibilité peut être différente. L’œil peut absorber plus ou moins rapidement la solution anesthésique. La fatigue du lapin joue de même un rôle. Il faut laisser reposer l’œil au moins quelques heures avant de s’en servir à nouveau, et, après des anesthésies fortes, il vaut mieux laisser reposer l’œil pendant un jour complet. La température ambiante agit certainement sur l’anesthésie de l’œil et il faut, pendant les temps froids, réchauffer les lapins pendant une demi-heure ou une heure avant de les utiliser. Enfin nous verrons plus loin l’influence très grande produite, sur les résultats, par l’accoutumance qui se fait aux substances anesthésiques. Des yeux traités

de façon irrégulière,ou anesthésiés par des doses différentes d’anesthésiques,

finissent par réagir de façon absolument différente. Ainsi il m'est arrivé, au début des essais, de rendre totalement dissemblables au point de vue physiologique les deux yeux d’un lapin en essayant sur un œil seulement une solution anesthésique très forte. C’est pourquoi j’ai dû, dans la suite, avoir recours à un lapin spécial, hors série, pour effectuer, quand il y avait lieu, les essais isolés.

c) Il m'est arrivé un certain nombre de fois de constater que des solutions relativement fortes (chlorhydrate de cocaïne à 1 %, à 0,50 %, par exemple) ne donnaient aucun résultat. Le lapin fermait l’œil dès l'approche du crin, sans qu’il y ait contact ou dès le plus léger contact. Ces cas « ratés » sont ‘ quelquefois explicables par une mauvaise mise des gouttes, par la présence d’une poussière, d’un cil, ou d’un poil dans l’œil du lapin, maïs la plupart du temps ils s'expliquent, comme je l’ai montré aïlleurs, par une réaction trop acide de la solution anesthésique. Dans ce cas, il a été procédé de la façon suivante : après avoir constaté que la solution n’a pas agi, j'attends le temps nécessaire pour que le réflexe cornéen soit redevenu absolument normal, et je recommence l'essai en tenant compte uniquement du chiffre donné par cette seconde expérience. Cette seconde expérience est presque toujours valable. Il m'est arrivé aussi quelquefois d’avoir une réponse dans une certaine partie de la cornée et de constater l’insensibilité de cette cornée à d’autres endroits. Dans ces cas, résultant d’une mauvaise

1. Cette cause d’erreur est particulièrement importante pour les substances anesthésiques à propriétés irritantes, comme c’est le cas pour certains corps chimiques de synthèse. Du reste, dans ce cas, l’animal se débat tellement que toute mesure d’anesthésie est impossible.

FRS de

répartition de l’anesthésique, il a toujours été tenu compte du chiffre donné par la région la plus insensible de la cornée.

Nous voyons donc qu’il existe de nombreux facteurs qui font varier l’aneshésie, Aussi pour diminuer leur importance, j’ai pris chaque fois la moyenne de huit expériences faites sur 4 lapins. Au début, les quatre yeux droits étaient étudiés, puis les quatre yeux gauches ; à l’heure actuelle les deux yeux d’un même animal sont étudiés l’un après l’autre. En eftet, les résultats semblent peu influencés par/le fait que l’essai d’un œil suive de peu d’instants l’essai de l’autre œil du même animal.

Les chiffres ‘donnés sont donc toujours des moyennes de huil expériences.

Deux séries de lapins. ont été utilisées pour l'établissement et la vérification de cette méthode :

1° Des lapins âgés de 1 an et de 2 ans : lapins I, IL III et IV ;

2° Des lapins jeunes âgés de 6 à 12 mois : lapins V, VI, VII et VIIL.

Une anesthésie même très longue, d’une demi-heure et plus, effectuée par le chlorhydrate de cocaïne, et Ia recherche de l’anesthésie par un grand nombre d’excitations au crin: 400, 500 et plus, n’altèrent pas l’œil du lapin d’une façon sensible. A la fin de l’expérience, l’œil est à demi fermé, comme fatigué ; par suite de la longue ouverture à l’air il est légèrement desséché, dépoli, et la multiplicité des excitations a formé une sorte de léger pointillé à la surface de la cornée. Il suffit d’humidifier l’œil, en fermant les paupières du lapin, pour que la cornée redevienne claire et brillante. Le lendemain, l’œil est redevenu complètement normal et le lapin peut servir à de nouvelles expériences.

8° Accoutumance des lapins .au chlorhydrate de cocaïne. Les expériences comparatives doivent être faites à intervalles rapprochés. — J'ai constaté dès mes premiers essais, que les yeux des lapins s’accoutumaient à la solution de chlorhydrate de cocaïne et que les chiffres s’abaissaient.

Les chiffres trouvés, à cet égard, avec 2 gouttes de solution de chlorhydrate de cocaïne à 1 % sont significatifs :

Le 15 octobre 1922, j'obtenais avec la première série de lapins le Ce ET TROT ER ee Dr MATE TU ane da Fees ‘209 Après une période où les essais avaient été très souvent renouvelés :

Per Æenovenmtbred)22mobtenalis lerChiAre mure NC PR Cr TAS Le 27 » » » A RÉ ec ONE ME ER 2.0 Le 4 décembre 1922, » » IR RP OR LEA néires LOO

Par suite de l’accoutumance, la solution de chlorhydrate de cocaïne à 1 p. 100 agissait le 4 décembre de la même façon qu’une solution à 1 p. 150 agissait le 15 octobre, cette dernière solution donnant à cette époque le chiffre 102. Les lapins se conduisaient donc, après un mois 4 d'essais, comme s’il y avait eu baisse d’un tiers dans le titre de la solution.

Après une période de repos de près de deux mois, j’ai repris les essais, mais de façon plus espacée :

RAT IÈEES

Le 15 mars 1923, j'ai obtenu avec la solution à 1 % le chiffre. . . 113

Le 25 avril 1923, » » » » rte SALLE

Quoi qu’il en soit, quand on voudra comparer deux solutions, il faudra toujours faire les deux expériences, sinon simultanées (un essai sur l’œil droit avec une solution, un‘essai sur l’œil gauche avec la solution à comparer), tout au moins successives, les expériences comparatives se succédant suffisamment vite pour qu’il ne puisse dans l’intervalle se constituer d’accoutumance ou se défaire l’accoutumance acquise.

c) Vérification de la méthode.

19 Etude des solutions de chlorhydrate de cocaïne et de novocaïne de concentralions décroissantes.

Il importait de voir si les chiffres, obtenus dans l’étude des solutions de chlorhydrate de cocaïne de plus en plus diluées, s’ordonnaient bien suivant l’ordre des concentrations.

Des essais effectués sur les yeux des lapins de la première série ont donné les résultats suivants : ;

\ Essais sur la 1'° série des lapins (lapins déjà accoutumés). Titre de la solution Durée corresponde chlor, de cocaïne Pourcentage Chiffre moyen dante d’anesthésie complète 1/5 20 % 1 O41 40 à 45 minutes 1/10 10 % 641 20 à 25 »

Ces chiffres et ces temps ont été obtenus sur des lapins déjà accoutumés. Aussi avec la deuxième série de lapins, lapins jeunes n’ayant jamais servi, j'ai obtenu des chiffres plus grands :

Essais sur la 2° série des lapins (lapins non accoutuwmés). EE

Titre de la solution Durée corresponde chlor. de cocaïne Pourcentage Chiffre moyen dante d’anesthésie complète 1/150 0,66 % 393 7 à 10 minutes 1/200 0,50%0%7 315 DANCE »

1/400 0525206 159 Law? »

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J’obtiens donc sur des yeux non accoutumés des chiffres bien plus forts. Ainsi, sur des lapins n'ayant jamais servi, j’ai avec une solution au 1/150 les mêmes résultats que donne, sur des lapins accoutumés, une solution au 1/50. Les lapins non accoutumés paraissent donc trois fois plus sensibles.

Quoi qu’il en soit, nous constatons que les chiffres trouvés dans nos essais

s’ordonnent parfaitement suivant l’ordre de concentration des solutions de chlorhydrate de cocaïne.

. Des essais effectués sur des solutions de novocaïne de plus en plus diluées ont donné des résultats tout à fait conformes, montrant nettement que l’action anesthésique de la novocaïne est, sur la cornée, plus faible que celle du chlorhydrate de cocaïne :

Essais sur la 17e série des lapins (lapins déjà accoutumés).

Titre de la solution Durée corresponde novocaïne Pourcentage Chiffre moyen dante d’anesthésie complète 1/5 200 S 276 5 minutes 1/7,5 - 13,3 % È 209 2 à 5 »

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