SOLUTION. E
17e expérience. — Solution pure : inexcitabilité en vingt minutes. 2° expérience. —- Solution diluée au 1/4: baisse de chronaxie de 70 %. 3° expérience. — Solution diluée au 1/8: baisse de chronaxie de 36 Ve
4 expérience. — Solution diluée au 1/8: baisse de chronaxie de 52 %.
Soit en moyenne pour les 3 et 4e expériences une baisse de 44 %,.
La baisse de chronaxie trouvée correspond pour la solution diluée, au 1/8, à une teneur en chloryhdrate de cocaïne de 0 gr.008, et pour la solution pure à une teneur de 0 gr. 064 %.
En fait la solution E était à O0 gr. 060 %,.
Il ÿ a done eu une erreur absolue de 0 gr. 004 et une erreur relative, en DIUS} det3 0%.
Nous voyons donc que l'erreur relative ne dépasse pas 22%. Cette méthode est donc tout aussi bonne que celle que nous avons proposée pour la mesure de l’anesthésie produite sur la cornée (erreur relative : 20 ©). Elle serait même meilleure, à première vue, que la méthode analogue proposée pour la mesure de l’anesthésie produite sur le nerf moteur (erreur relative : 35 %). Nous avons expliqué longuement plus haut pourquoi nous croyons, en définitive, ces méthodes aussi bonnes l’une que l’autre.
Nous pourrions aborder dès maintenant l’étude complète de l’action d’un anesthésique sur tous les appareils nerveux susceptibles d’être atteints en pratique : muqueuse cornéenne avec ses terminaisons nerveuses, nerf ‘moteur et nerf sensitif dans leur continuité. Cependant nous avons pensé pouvoir améliorer encore la méthode d’essai sur le nerf sensitif. Il est évident, en effet, que cette technique est plus compliquée et plus coûteuse que celle qui nous a suffi pour l’étude du nerf moteur. Il nous paraissait d’autre part utile d’essayer nos anesthésiques locaux non plus sur des animaux à sang froid, mais sur des animaux de constitution plus voisine de la constitution humaine.
C’est pourquoi, avec G. VALETTE, nous avons mis au point une méthode qui s’adresse au chien et étudie un nerf sensitif (lingual), non itératif, c’està-dire capable de répondre à une seule excitation. Nous pouvons donc par cette nouvelle méthode éviter d’utiliser le cylindre à cames et le moteur à vitesse constante, appareils coûteux et de manipulation assez délicate.
La technique, que nous allons examiner, s'appuie sur le réflexe linguomaxillaire découvert par H. CarporT et H. LAUGIER. Elle étudie l’action des anesthésiques locaux sur le nerf lingual, voie sensitive de ce réflexe nouvellement décrit.
39 ACTION SUR UN NERF SENSITIF, NON ITÉRATIF (NERF LINGUAL DU CHIEN, VOIE SENSITIVE DU RÉFLEXE LINGUO-MAXILLAIRE).
a) Réflexe linguo-maxillairè. Travaux de H. Cardot, H. Laugier..: — En 1922, H. Carpor et H. LauGrER (42) mirent en évidence, d’abord chez le chien, puis sur d’autres animaux, un nouveau réflexe localisé qui par sa netteté et par ses caractères présente un intérêt tout, spécial :
Lorsqu'on pince vivement et énergiquement le bord de la langue, particulièrement dans la région de la pointe, on voit se produire un mouvement assez brusque et généralement assez ample d’abaissement de la mâchoire inférieure. Ce réflexe, linguo-maxillaire, peut être déclanché encore par un choc électrique unique !. E
Il est évidemment difficile de déclancher le réflexe linguo-maxillaire sur un chien non anesthésié. Les auteurs étudièrent donc systématiquement l’influence des anesthésiques sur le réflexe et en particulier sur son seuil. Sous l'influence (43) du chloroforme le réflexe diminue, puis disparaît complètement 2 Sous l’influence des injections de chloral morphine, le seuil du réflexe s’élève considérablement, puis, à mesure que l'anesthésie se. dissipe, revient lentement vers sa valeur initiale. Sous l’influence des injections intraveineuses d’une solution d’alcool chloroforme dans l’eau salée à 0,9 %, le seuil s’élève brusquement et très fortement pour s’abaisser ensuite rapidement. Enfin en utilisant le chloralose les auteurs constatèrent que les déplacements du seuil sont de bien moindre amplitude. Au début de l’action, on observe un abaissement assez net suivi d’une élévation peu ample. Une seconde injection semble plutôt ramener le seuil d’excitation à son niveau initial #. L'emploi du chloralose, en maintenant le seuil à un niveau à peu près constant, nous permettra donc d'utiliser le réflexe linguomaxillaire pour les mesures pharmacologiques.
Lé
1. H. CARDOT et H. LAUGIER ont montré que le réflexe labio-mentonnier de DASTRE
et le réflexe oculo-palpébral pouvaient être aussi déclanchés par une excitation électrique unique. Ces trois réflexes, dont l’étude est ainsi simplifiée, s’opposent donc aux réflexes médullaires, qui eux ont un fonctionnement itératif, c’est-à-dire réclament, généralement, pour leur mise en jeu des excitations électriques répétées. 2. Cette disparition est cependant tardive. Elle est postérieure à celle du réflexe labio- .-mentonnier de DASTRE. Ce réflexe est ainsi dépossédé de son titre d’ « ultimum réflexe ». 3. Ces essais ont été faits avec du chloralose ordinaire. Plus tard, 1924, ils ont été repris par J. CHEVALIER et A. CHERBULIEZ (50) qui ont utilisé du chloralose pur, exempt de parachloralose. Ces derniers auteurs ont obtenu dans ces conditions, et dès le début de l’injection, une élévation nette du seuil, sans abaissement préalable. En répétant l’injection, à court intervalle, ils ont constaté que cette élévation devenait considérable. L’examen des courbes données par les auteurs montre qu'après la première injection de chloralose pur, après une élévation relativement petite du seuil, celui-ci‘ tend à se stabiliser. On verra plus loin, dans l'examen de nos expériences rapportées in extlenso, que cette période de stabilisation se produit assez rapidement. Avant d'appliquer sur le nerf lingual la substance anesthésique À essayer, nous avons systématiquement attendu que la chronaxie de ce nerf soit parfaitement stable. Cette chronaxie se stabilise généralement en 15 à 20 minutes.
Les auteurs ont cherché quelles étaient les voies de cet arc réflexe (44). Ils constatèrent les faits suivants :
a) La section d’un nerf lingual diminue considérablement l’amplitude du réflexe. La section des deux nerfs linguaux supprime complètement le réflexe. .
b) L’excitation du lingual intact, ou du bout central du lingual sectionné, provoque le réflexe d’une facon extrêmement nette.
c) La section du filet mylohyoïdien et la destruction du facial à la sortie du crâne suppriment totalement le réflexe. |
Les auteurs concluent donc de leurs expériences que la voie sensitive du réflexe est constituée par les nerfs linguaux (branche du maxillaire inférieur, branche du trijumeau), et que la voie motrice est constituée d’une part pour la partie antérieure du digastrique, par le filet mylohyoïdien, branche du maxillaire inférieur, et d’autre part, pour la partie postérieure du digastrique, par un filet moteur du facial. Le muscle digastrique seul produit le mouvement d’abaissement de la mâchoire inférieure.
Les auteurs ont enfin déterminé la chronaxie de chacun des éléments accessibles qui composent l’arc réflexe étudié. Ils ont employé pour ces mesures la méthode que nous avons décrite. Le circuit de décharge était disposé de façon telle (résistance additionnelle et shunt),que les différences de résistance des tissus étudiés n’introduisaient pas de différence notable dans la résistance totale du circuit de décharge.
Les résultats trouvés ont été les suivants :
1° Terminaisons sensilives : chronaxie moyenne : 06,53.
Cette expérience est réalisée en employant deux électrodes d’argent piquées dans la pointe de la langue. On ne sait donc pas si la chronaxie trouvée correspond aux terminaisons nerveuses, ou si elle correspond à des filets nerveux encore importants.
-20 Tronc nerveux sensitif (lingual) : chronaxie moyenne : 06,10.
3° Tronc nerveux moteur (nerf facial à la sortie du crâne): chronaxie moyenne : 06,15. |
40 Muscle digastrique : chronaxie moyenne : 05,12.
Les auteurs concluent, de ces essais, que les déterminations, sur le nerf
sensitif (sauf ses terminaisons), le nerf moteur et le muscle, sont à peu de chose près isochrones.
b) Variations de la chronaxie du nerf lingual sous l'influence du chlorhydrate de cocaïne. Etude de laction de solutions de concentrations diverses. Technique. — Nous trouvons, dans les travaux qui précèdent, tous les renseignements nécessaires pour effectuer nos essais. Nous adressant donc à des chiens chloralosés, nous allons suivre, par la mesure de la chronaxie, de méme façon que sur le nerf moteur de grenouille, V'influence des anesthésiques locaux sur le nerf lingual, tronc sensitif du réflexe linguo-maxillaire *.
1. Il est intéressant de remarquer que l’action anesthésique sur les terminaisons sensitives de la langue pourrait être suivie par les variations produites sur la chronaxie des
Des chiens de poids moyen sont endormis, selon la technique habituelle, par injection intraveineuse de 0 gr. 10 par kilog de chloralose parfaitement purifié et exempt de parachloralose. L'animal est ensuite placé sur le dos, fixé sur une gouttière de CLAUDE BERNARD, la tête dépassant la gouttière et la mâchoire supérieure, placée en bas, attachée à la tige mobile de la gouttière. Un des nerfs linguaux ést préparé avec soin, isolé et parfaitement dénudé ; on le place sur des électrodes d’argent chloruré, et on cherche, par la technique décrite à propos du nerf moteur de grenouille, la rhéobase et la chronaxie. On prend comme seuil le plus petit mouvement nettement perceptible du maxillaire inférieur, et on ambplifie les réponses en fixant à la mâchoire un style léger et assez long.
Il faut prendre cependant quelques précautions :
19 Il importe, comme nous le savons, de placer la cathode, où naît l’excitation, du côté des centres réflexes. Il faudra donc disséquer une partie suffisante du nerf pour être bien certain de sa direction. .
2° Au moment des essais il importe de bien sécher le nerf. Ce nerf, entouré, dans l’interValle des essais, par des cotons hydrophiles imbibés soit de, liquide de RINGER ! (pH 6,8), soit de solution anesthésique, reste au moment de l’essai inclus au milieu des tissus. Il est donc assez difficile d'assurer avec les électrodes un contact parfait.
39 Il faut veiller avec soin à l'isolement parfait des électrodes. On peut pour cela séparer ces électrodes des tissus musculaires environnants par une légère gouttière de caoutchouc souple. |
49 Il faudra effectuer les essais toujours au même moment par rapport aux mouvements respiratoires de l’animal. En effet H. CARDOT, A. CHER- BULIEZ et H. LAUGIER (45) ont montré que l’excitabilité de l’arc réflexe variait d’une façon périodique en fonction de l’activité du centre respiratoire. L’intensité liminaire, portée sur la pointe de la langue, est plus forte pendant la période de pause expiratoire que pendant la période active d'inspiration ou d’expiration. Il est préférable d’effectuer les essais pendant la période de pause expiratoire. £
59 On peut pour éviter certains mouvements respiratoires gênants opérer Sur chiens trachéotomisés.
6° Il est possible d’utiliser successivement les deux nerfs linguaux de
éléments nerveux, points de départ du réflexe linguo-maxillaire. Mais la nécessité d’employer des électrodes piquées dans la muqueuse ne nous donnerait pas la certitude d’agir exclusivement sur les éléments sensitifs terminaux. De plus, comme nous l’avons constaté, les réponses ne seraient obtenues, dans ces conditions, qu’avec de très hauts voltages. Il faudrait disposer alors d’une installation spéciale, un peu différente de celle que nous avons décrite. Ô
1. Le liquide de Ringer, utilisé dans ces expériences sur le chien, n’est pas exactement le même que celui que nous avons utilisé jusqu’à présent sur la grenouille. Dans l’un et l’autre cas les sels employés sont les mêmes, mais la proportion varie. Voici les deux formules :
Solution de Ringer pour animaux à sang froid : NaCI 6,5, KCI 0,14, CaCl? 0,12, CoNaH 0,20, PofNaH? 0 01, eau dist. qs. pour 1.000 cc.
Solution de Ringer pour animaux à sang chaud : NaCI 9, KC10,42 CaCl? 0,24, CoiNa 0,8, Po{NaH 0,014, eau dist, gs. pour 1.000 cc.
l'animal. Il est bon, pourtant, pour le deuxième essai, de donner une nouvelle dose de chloralose. Une dose de 0 gr. 05 par kilog suffit alors, dans la plupart des cas.
De même que dans nos essais précédents, nous avons constaté des variations systématiques de la rhéobase et de la chronaxie sous l’influence des solutions anesthésiques : baisse de la chronaxie jusqu’à un minimum net, maintien de ce minimum pendant un certain temps, puis remontée lente de la chronaxie jusqu’à un niveau souvent très élevé. En même temps on constatait une hausse de la rhéobase, d’abord rapide, puis de plus en
plus lente, avec tendance, pour ce paramètre, à se stabiliser à un niveau élevé. Cette stabilisation se produisait généralement en même temps que le mouvement de retour de la chronaxie.
Ces phénomènes, si l’intoxication n’est pas trop poussée, sont parfaitement réversibles sous l’influence d’un lavage prolongé. Les deux expériences suivantes montreront ces phénomènes.
Expérience du 17 juillet 1928.
5 Chien 8 k. Chloralose 0 gr. 80 à 16 h.30. Trachéotomie. Nerf lingual droit.
Heures Chronaxie Voltage rhéobasique 16,45 05,12 2,6 16,50 OPEL 3 17,10 0 ,12 2,8
À 17 h. 15. Action du chlorhydrate de cocaïne à 0,50 %,. Solution dans
liquide de Ringer, pH 6,8.
17,25 0 ,04 9 Lavage au liquide de Ringer.
17,30 Oc,11 3,9