‹ Méthodes de Mesure de l'Activité des Anesthésiques LocauxChapitre 54 sur 67 · Action de la stovaïne gauche à · texte numérisé non relu

Action de la stovaïne gauche à

17e expérience : baisse de chronaxie % 20 2e == == 19 3e == OV É 23

Baisse moyenne de chronaxie 20 0.

La stovaïne gauche à 0,01 % a donc la même activité que la solution de chlorhydrate de cocaïne à 0,003 %. Si l’on prend le pouvoir anesthésique du chlorhydrate de cocaïne comme unité, la valeur de la stovaïne gauche sur les fibres sensitives du sciatique peut être exprimée par 0,3.

Il est ici spécialement intéressant de comparer l’activité qu’exercent les stovaines droite et gauche, sur le nerf sciatique moteur de grenouille, à l’activité que possèdent ces deux corps sur le sciatique sensitif. |

On voit que pour obtenir une même action (baisse de chronaxie de 38 à 41 %), il faut pour la stovaïne droite une concentration de 0,02 % sur le nerf moteur, et de 0,005 % sur le nerf sensitif. On peut donc admettre que la stovaïne droite est sensiblement 4 fois plus active sur le nerf sensitif que sur le nerf moteur. Pour la stovaïne gauche les résultats

6 obtenus, baisse de chronaxie de 50 % pour le nerf moteur et de 20 %

pour le nerf

“ Ge — 161 — sensitif, sont trop éloignés pour que l’on puisse directement comparer les concentrations (0 gr. 05 et 0,01 %) nécessaires pour les obtenir. Pourtant en tenant compte des courbes d’action de la cocaïne, que nous avons présentées plus haut, on peut dire sans grande erreur qu’une baisse de chronaxie de 50 % sur le nerf sensitif serait provoquée avec une dose de stovaïne gauche 4 à 5 fois plus forte qu’une baisse de 20 %, soit 0 gr. 04 ou 0 gr. 05 %. On peut donc admettre que la stovaïne gauche agit presque aussi fortement sur le nerf moteur que sur le nerf sensitif. Cette constatation est très voisine de celles qu'ont faites, à propos de la stovaïne racémique, SANTESSON (232) puis BœHMINGHAUS et KocHMANN (25’).

Le tableau suivant présente les valeurs relatives moyennes des stovaïnes droite et gauche sur les différents appareils nerveux, avec comparaison des valeurs de la stovaïne racémique.

Valeurs relatives, moyennes, des stovaïines racémique, droite el gauche.

(Le pouvoir anesthésique du Chte de cocaïne étant pris comme unité).

EEE

Cornée Nerf moteur Nerf sensitif (lapin) sciatique sciatique (grenouille) (grenouille) rome mm Stovaïine racémique. 0,11 3,1 1 Stovaïne droite .... 0,13 4,5 1,6 Stovaïne gauche ... <T0,10 F9 0,3

On voit donc que les stovaïnes droite et gauche ont conservé les caractéristiques de la stovaïne racémique : faible action relative sur la cornée, forte action sur le nerf moteur, action moyenne sur le nerf sensitif.

Il apparaît aussi, ce qui est particulièrement intéressant, que sur tous les appareils nerveux la stovaïne droite est là plus forte. Sa supériorité n’est pas très grande sur la cornée et sur le nerf moteur, mais elle est nettement marquée, 5 fois plus, sur le nerf sensitif.

Il est intéressant de rappeler que les travaux de GorTTLreg (89), sur les cocaïnes et pseudococaïnes, ont montré une activité plus grande pour la pseudococaïne droite. La pseudococaïne droite est sensiblement 4 fois plus active sur le nerf sensitif que la pseudococaïne gauche. Pourtant dans la série de la cocaïne ordinaire, c’est l’isomère gauche qui est légèrement plus actif. Et dans la série de la 8 eucaïne et de la Bisoeucaïne, d’après H. KING (122), 1924, les isomères d et l ont sensiblement le même pouvoir anesthésique. Les faits, que nous signalons ici, ont une grosse importance

tant pratique que théorique.

Régnier 11

40 VALEURS ANESTHÉSIQUES DE LA BUTELLINÉ (BUTYNE).

a) Etude des anesthésies produites par le sulfate de butelline : sur la cornée du lapin. — Seul le sulfate de butelline est suffisamment soluble pour nous donner les concentrations nécessaires à cet essai. Une solution à 1 % est préparée de la façon suivante :

La butyne ou butelline a pour poids moléculaire 306. Le sulfate de butelline a pour poids moléculaire 355, sur lesquels il y a 98/2 de SO{H2. Pour 1 gr. de sulfate de butelline il faut donc: 306/355 — 0,862 de base butelline et 0,138 d’acide sulfurique. A 100 cc. d’eau tridistillée de pH 6,3 on ajoute 0 gr. 862 de butelline pulvérisée et 0 gr. 138 d’acide sulfurique. Après un contact de 24 heures, la dissolution est complète.

Les essais sur la cornée du lapin ont été faits comme d'habitude, les expériences ont porté Sur des animaux ayant déjà été utilisés.

6 juillet 1927 : chlorhydrate de cocaïne à 1 %, ........ oO US 11 juillet 1927 : sulfate de butelline à 1 % ........... "183 14 juillet 1927 : chlorhydrate de cocaïne À 4 9% :......,.... 537

La solution de sulfate de butelline à 1 % équivaut donc sensiblement à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 3,3 %. En prenant comme unité la valeur anesthésique du chlorhydrate de cocaïne le sulfate de butelline a la valeur 3,3 ?.

Notons qu'il ne se produit, par contact de la solution de butelline avec la cornée, ni irritation, ni rougissement. L’anesthésie est complète dès la deuxième minute de l’essai, alors qu'avec le chlorhydrate de cocaïne fl faut attendre quelquefois 4 ou 5 minutes. Le retour de l’excitabilité se fait régulièrement, comme pour la cocaïne.

1. La butelline (ou butyne aux Etats-Unis) est le paraaminobenzoate de di n butylaminopropanol.

Sa formule est : NH?—C$H4 COO—CH2- CH2- CH? NN (CHH9 2.

Ce corps est l’homologue supérieur de la novocaïne. Elle possède, en plus, un chaînon —CH°—. En outre les deux groupes C?H5 qui se trouvent dans la, novocaïne sont remplacés par deux groupes C4HŸ, — Elle à été préparée er 1920 par ROGERS ADAM et KAMM.

Le chlorhydrate, le bromhydrate, le nitrate sont relativement peu solubles dans l’eai. Le sulfate est très soluble.

2. Quelques essais sur la cornée du lapin ont été effectués par SARVONAT et THÉVE- - NON (234) par la méthode que j'ai présentée. Voici les résultats trouvés pat ces auteurs : « Il est possible d'admettre comme équivalentes les concentrations de :

Butelline ..... 0,26 % avec 56 excitations.

Cocaïne ....…. 6,50 % avec 60 excitations.

En prenant comme étalon le pouvoir anesthésique de la cocaïne évaluée à 100, nous conclurons en établissant les valeurs respectives des anesthésiques en surface de la façon suivante !: : +

Odénime ir: rm. Fe Bot 100 Butelline ......, PES es Love à Ft LOU Nous voyons que la valeur relative 2,5, que trouvent SARYONAT et THÉVENON, est assez voisine de la valeur 3,8 que nous avons nous-même trouvée. .

Ed

b) Etude des anesthésies produites par le chlorhydrate de butelline sur tes fibres motrices du sciatique de grenouille (R. esculenta). — Ici,les solutions utilisées sont suffisamment diluées pour que l’emploi du chlorhydrate de butelline soit possible. Une solution de 0 gr. 30 % a été préparée de la façon suivante. Le chlorhydrate de butelline ayant pour poids moléculaire 342,5; sur lesquels il y a 36 gr. 5 d’HCI, 0 gr. 268 de base ont été mis en présence de 0 gr. 095 d’acide chlorhydrique pur du Codex (soit 0 gr. 032 d’'HCI) dans 90 cc. d’eau distillée. Après un contact suffisant pour que la dissolution soit complète, on ajoute 10 cc. de la solution mère, 10 fois concentrée, de RINGER. On dilue ensuite cette solution, qui contient 0 gr.30 %, selon les besoins, en maintenant toujours le pH 6,8,

Les modifications typiques de la chronaxie et de la rhéobase se produisent à des temps assez peu réguliers. La hausse de la rhéobase n’est généralement pas terminée au moment où se produit l’arrêt de la chronaxie. L’inexcitabilité se produit de façon assez irrégulière, quelquefois assez rapidement pour des dosès faibles.

Action du chlorhydrate de butelline à 0,10 % : inexcitabilité en 20 minutes,

Action du chlorhydrate de butelline à 0,05 % : inexcitabilité en 40 minutes

Action du chlorhydrate de butelline à 0,03 9 :

1re expérience : baisse de chronaxie % 46 2e a me. 55 ae = = 46

Baisse moyenne de chronaxie 49 %,.

Si on se reporte à la courbe 2, fig. 13, page 112, on voit que le chlorhydrate de butelline à 0,03 % a la même activité que le chlorhydrate dé cocaïne à 0 gr. 14. Le chlorhydrate de butelline est donc 4,7 fois plus fort que le chlorhydrate decocaïne sur le nerf moteur.

c) Etude des anesthésies produites par le chlorkydrate de butelline sur les fibres sensitives du sciatique de grenouille (R. esculenta).

Solution à 0,02 % : inexcitabilité en 5 minutes.

Solution à 0,01 %:

17e expérience : inexcitabilité en 10 minutes.

2e —— baisse de chronaxie % 63

3e = + 49 Baisse moyenne de chronaxie 56 %,.

Si l’on se reporte à la courbe 17, page 133, on voit que le chlorhydrate de butelline à 0,01 % a la même activité que le chlorhydrate de cocaïne à 0,015 %. Sil’on prend comme unité la Valeur du chlorhydrate de cocaïne, le chlorhydrate de butelline a donc la Valeur 1,5

Solution à 0,005 %:

1rè expérience : baisse de chronaxie % 31 2° = 2 32 3° Es = 49

Baisse moyenne de chronaxie 37 ©.

Pr 164

La solution à 0 gr. 005 % a la même activité que le chlorhydrate de cocaïne à 0 gr. 007 %. Le chlorhydrate de butelline a donc la valeur 1,4, chiffre tout à fait voisin du précédent.

On voit, en comparant les titres des solutions utilisées, que le chlorhydrate de butelline est, lui aussi, plus actif sur les fibres sensitives que sur les fibres motrices. Il est entre 3 et 5 fois plus actif.

d) Etude des anesthésies produites par le sulfate de butelline sur les fibres sensitives du lingual du chien.

Solution à 0,05 (liquide de RINGER pour animaux à sang chaud, pH 6,8).

1re expérience : baisse de chronaxié % 55 3e Enr Pre 78 4e — — 43

Baisse moyenne de chronaxie 49.

Ce qui, d’après la courbe 18, p. 142, correspond à une teneur en chlorhydrate de cocaïne de 0,062 %, ce qui donne au sulfate de butelline la valeur 1,2. we

Il est intéressant de remarquer, ici aussi, que le lingual du chien est nettement moins sensible à l’action de la butelline que les fibres sensitives du sciatique de grenouille. Il faut pour obtenir le même effet utiliser une solution 5 à 10 fois plus forte, exactement comme pour la cocaïne, la stovaïne, et la novocaïne.

Le tableau suivant présente les valeurs relatives, moyennes, de la butelline sur les différents appareils nerveux considérés.

Valeurs relatives moyennes de la butelline.

(Le pouvoir anesthésique du Chte de cocaïne est pris comme unité).

Cornée Nerf moteur - Nerf sensitif : Nerf sensitif

(lapin) sciatique sciatique lingual sulfate (grenouille) (grenouille) : (chien) chlorhydrate chlorhydrate chlorhydrate 3,3 4,7 1,4 1,2

Nous avons donc affaire ici à un corps présentant des caractéristiques différentes de celles que nous avons constatées pour la novocaïne et les stovaïnes. Ces derniers corps étaient de très médiocres anesthésiques de surface. La butelline possède au contraire sur la cornée une force relativement très grande. En même temps, son activité sur le nerf moteur est considérable, son action sur, le nerf sensitif, sciatique ou lingual, est nettement supérieure à celle du chlorhydrate de cocaïne.

Il est utile de connaître les travaux effectués par les autres auteurs sur ce corps, essayé à l’état de chlorhydrate ou de sulfate.

Sur la peau de grenouille, et en injections intradermiques sur l’homme, BonaR et SOLLMANN (26 trouvent pour la butyne une valeur 2 fois plus grande que pour la cocaïne.

Sur la cornée du lapin, BoNAR et SOLLMANN (26) trouvent sensiblement la même valeur pour la butyne et pour la cocaïne ; sur la cornée humaine les mêmes auteurs trouvent pour la butyne une valeur 2 fois plus grande. BuLsox (35) arrive au même résultat. ScHMiTz et LŒVENHART (240), aussi bien sur la cornée de lapin que sur la cornée humaine, admettent pour la butyne la valeur 1,4, si l’on donne 1 comme valeur à la cocaïne.

Sur le nerf moteur de grenouille, BONAR et SOLLMANN (26) trouvent pour la butyne une force 8 fois plus grande que pour la cocaïne.

Sur le nerf-sensitif de grenouille, BONAR et SOLLMANN (26) trouvent pour la butyne une force 2 fois plus grande ; et ScHmiTz et LŒVENHARDT (240) trouvent une force 3 fois plus grande que celle de la cocaïne.

Nous voyons donc que les chiffres trouvés par les autres auteurs coïncident assez bien avec les chiffres que nous avons trouvés.

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