‹ Méthodes de Mesure de l'Activité des Anesthésiques LocauxChapitre 55 sur 67 · VALEURS ANESTHÉSIQUES DE LA TUTOCAINE · texte numérisé non relu

VALEURS ANESTHÉSIQUES DE LA TUTOCAINE

a) Etude des anesthésies produites par la tutocaïne sur la cornée du lapin. — La solution de tutocaïne à 1 % n’a produit sur la cornée du lapin aucun rougissement, aucune irritation. ; L'action produite est qualitativement semblable

chlorhydrate de cocaïne.

à celle que donne le

6 octobre 1927 : chlorhydrate de cocaïne à 0,50 % ..... 194 2 octobre 1927 : chlorhydrate de tutocaïne à 1 Pt 226 4 octobre 1927 : chlorhydrate de cocaïne à 1 D bo ee 367

La solution de chlorhydrate de tutocaïne à 1 % équivaut donc sensiblement à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 0,59 %. La tutocaïne a donc comme valeur relative : 0,59.

b) Etude des anesthésies produites par la tulocaine sur les fibres motrices du sciatique de grenouille (R. esculenta). — Les phénomènes constatés sont identiques à ceux qui se produisent sous l'influence du chlorhydrate de cocaïne. La baisse maximum de chronaxie, pour la concentration étudiée, se

1. La tutocaïne est un des racémiques correspondant à la formule : NH2-CtH#—COO—CH—CH—N (CH) HO

| | CH$ CH C’est un chlorhydrate du paraaminobenzoyl-diméthylaminopropanol secondaire méthylé. Ce produit a été préparé en 1924 par les USINES BAYER.

produit régulièrement 10 ou 15 minutes après le début dé l’action, la hausse de ‘la rhéobase, assez forte (300 à 400 %), n’est généralement pas terminée à ce moment.

Action de la tutocaïne à O gr. 10 %.

17e expérience : baisse de chronaxie % 47 2e — ; — 44 3° — — 44

Baïsse moyenne de chronaxie 45 %,.

Ce qui, par la courbe 2, fig. 13, page 112, correspond à une teneur en chlorhydrate de cocaïne de 0,12 %. Ce qui donne à la tutocaïne la valeur relative 1,2.

c) Etude des anesthésies produites par la tutocaïne sur les fibres sensitives du sciatique de grenouille (R. esculenta). — Baisse régulière de la chronaxie, arrêt de la baisse après 10 ou 20 minutes. Hausse régulière, faible, de la rhéobase, terminée généralement en même temps que la baisse de la chronaxie.

Action de la tutaçaïine à Q gr. 010 %. \ 17e expérience : baisse de chronaxie % 37 2e — — 45 38 — — 57

Baisse moyenne de chronaxie 46 %.

Ce qui, par la courbe 17, page 133, correspond à une teñeur en chlorhydrate de cocaïne de 0 gr. 009 %,. Ce qui donne une valeur relative de 0,9.

Action de la tutocaine à O0 gr. 005 %,.

17e expérience : baisse de chronaxie % 39 2e — — 33 Baisse moyenne de chronaxie 35 %.

Ce qui correspond à une teneur en chlorhydrate de cocaïne de 0 gr. 006 %,. La tutocaïne a dans ce cas la valeur 1,2. Et,en prenant la moyenne des 2 chiffres : 0,9 et 1,2, on obtient la valeur relative Le

La tutocaïne est, comme la plupart des corps précédents, nettement plus active Sur le nerf sensitif que sur le nerf moteur. Elle produit le même effet avec des doses 10 fois moindres. Elle présente donc, à ce sujet, des propriétés très voisines de celles du chlorhydrate de cocaïne.

d) Elude des anesthésies produites par la tutocaine sur les fibres sensitives du lingual du chien.

Action de la tutocaïne à 0,05 %.

17e expérience : baisse de chronaxie % 56 2e — — 58 3e os > 55

Baisse moyenne de chronaxie 56 %,.

Type

La partie de la courbe 18, page 142, où £e trouve le point correspondant à

cette baï$se est trop voisine de la partie horizontale pour que les conclusions

soient suffisamment exactes. Il est donc nécessaire d’effectuer une nouvelle expérience avec une concentration plus faible.

Action dé la tutocaine à 0,025 %,.

1fe expérience : baisse de chronaxie % DL 2e — — 25 ge 2 Le 43 4e — — 36

Baisse moyenne de chronaxie 38 %,.

Ce qui correspond à une teneur en chlorhydrate de cocaïne de 0,039 9, ce qui donne pour la tutocaïne la valeur relative : 1,5. = Le lingual du chien est encoré ici nettement moins sensible que le sciatique de grenOuille. Les concentrations, pour produire le mêrfne effet, doivent être sensiblement multipliées par 5.

Le tableau suivant présente les valeurs relatives moyennes de la tutocaïne sur les différents appareils nerveux considérés. |

Valeurs relatives, moyennes, de la tutocaïine.

(Le pouvoir anesthésique du Chfe de cocaïne est pris comme unité).

Coïnée Nerf moteuf . Nérf sensitif Nerf Sensitif (lapin) sciatique sciatique lingual (grenouille) (grenouille) (chien)

Nous avons donc affaire ici à un corps, d'action régulière, possédant une action très Voisine de celle de la cocaïne, avec une légère supériorité sur les troncs nerveux, et une action un peu inférieure sur les muqueuses.

La plüpart des essais effectués par les autres auteurs ont été obtenus par les méthodes qui étudient l’anesthésie en surface.

Méthode des injections intradermiques. Par cette méthode KocHMANN (125) d’uüné part et WAGNER (288) d’autre part trouvent pour la tutocaïne une valeur 4 fois plus forte que pour la cocaïne.

Pourtant, TomiINAGA et HavyascHi (273) trouvent pour la tutocaïne une activité nettement plus faible que pour la cocaïne, et de leur côté SCHULEMAN (245), BRAUN (33), puis SEIFFERT et ANTHON (249) notent un pouvoir anesthésique simplement 4 fois, ou même 3 fois, plus fort que celui de la novocaïne, Il suffit de se reporter aux essais effectués avec la novo-

caïne pour constater que les résultats trouvés par ces derniers auteurs ne cadrent pas du tout avec les résultats trouvés par KocHMANN et WAGNER.

Sur la peau de grenouille, LAGHE (140) trouve une activité 3 fois plus grande pour la tutocaïne que pour la cocaïne.

Sur la cornée du lapin, WAGNER (283) trouve une activité 4 fois plus grande pour la tutocaïne que pour la cocaïne. Mais ToMINAGA et HAvAs- C1 (273) trouvent pour la tutocaïne une activité nettement plus faible que pour la cocaïne et SCHULEMAN (245) une activité sensiblement 2 fois plus faible.

Sur le nerf moteur, BŒHMINGHAUS et KOcHMANN (25°) trouvent, après action de 12 heures, une activité 2 fois plus forte pour la tutocaïne que pour la cocaïne.

Sur le nerf sensitif, les deux mêmes auteurs, dans les mêmes conditions, trouvent pour la tutocaïne une action 1,3 fois plus forte.

On voit donc que ces essais, pourtant effectués presque tous en anesthésie de surface, sont loin d’être concordants. Remarquons que, d’après nos propres essais, si la tutocaïne présente une petite supériorité sur la cocaïne, c’est sur les troncs nerveux et non pas sur les muqueuses. \

69 VALEURS ANESTHÉSIQUES DU CHLORHYDRATE ET DU FORMIATE DE . PSEUDOCOCAÏÎNE DROITE ! (ROQUES).

Nous avons eu à notre disposition deux sels de pseudococaïne droite. L'un formé avec un acide fort : chlorhydrate. L'autre formé avec un acide faible : formiate.

En dehors de l'intérêt que présente par elle-même la pseudococaïne droite, il était intéressant de connaître la valeur anesthésique de ces deux sels. Rappelons que d’après la théorie de O. Gros (94) c’est la base seule qui agit, et qui agit d’autant mieux qu’elle est libérée en quantité plus grande par hydrolyse du sel employé. Cet auteur a donc conseillé d’utiliser des sels d’acides faibles, facilement hydrolysables. Le formiate de pseudococaïne droite devrait donc être plus actif que le chlorhydrate.-

a) Etude des anesthésies produites par le chlorhydrate et le formiate de pseudococaïne droite sur la cornée du lapin. — Le chlorhydrate de pseudococaïne droite, en solution à 1 ®,, ne produit aucune irritation de la cornée. Le formiate à la même concentration produit un rougissement très léger de la conjonctive, mais l’animal ne se débat pas. L’action produite est semblable à celle que donne le chlorhydrate de cocaïne.

1. La pseudococaïne droite est une méthylbenzoylpseudoecgonine. Elle a la même formule plane que la cocaïne naturelle ou cocaïne gauche. Elle en diffère d’une part par une isomérie stéréochimique, et d’autre part par une isomérie optique.

Elle à été préparée par R. WILLSTATTER (297-298-299) et ses collaborateurs BoMMER, WOLFES, Mœper. Les USINES MERCK préparent le fartrate acide de pseudococaïne droite ou psicaine qui répond à la formule CL/H21AzO4C4H606.

| ee 100

29 avril 1927 : chlorhydrate de cocaïne AP O PE rere 312 27 avril 1927 : chlorhydrate de pseudococaïne droite à 1 %,......... 301 4 juin 1927 : formiate de pseudococaïne droite AM PER 314 6 juin 1927 : chlorhydrate de cocaïne IL RARE ES 301

On voit donc que le chlorhydrate et leformiate de pseudococaïne droite ont sensiblement la même force. Le formiate est pourtant légèrement plus fort. Leur force est dans ces premiers essais très voisine de celle du chlorhydrate de cocaïne. :

Depuis ces essais, effectués en 1927, j’ai eu connaissance d’un travail effectué par LuiGr SALAZAR (230). Cet auteur a étudié, par la méthode même que j’ai décrite sur la cornée du lapin, la valeur anesthésique du tartrate de pseudococaïne droite ou psicaïne de MERCK. Après de très nombreuses expériences, parfaitement effectuées, il arrive à la conclusion que ce Corps a un pouvoir anesthésique inférieur, sur la cornée, à celui du chlorhydrate de cocaïne. Il trouve comme valeur relative le chiffre 0,25.

Malgré que le corps étudié par LurGr SALAZAR ne soit pas identique à ceux que j’ai étudiés, j’ai voulu que soient effectuées d’autres expériences.

Des essais nouveaux ont été effectués au laboratoire de M. le professeur TIFFENEAU. Les lapins utilisés étaient jeunes et n’avaient jamais servi.

Mai 1928.

Chlorhydrate de cocaïne à 1, 09, 533 Chlorhydrate de pseudococaïne droite à 1 % 454 Chlorhydrate de cocaïne à 0,5 % 248

La solution de chlorhydrate de pseudococaïne droite à 1 % équivaut donc sensiblement à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 0 gr. 86 %. Sa force relative est donc 0,86.,

Chlorhydrate de cocaïne AUS TS I Formiate de pseudococaïne droite à 1 % 406 Chlorhydrate de cocaïne 210,510 2195

La solution de formiate de pseudococaïne droite à 1 % équivaut donc sensiblement à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 0 gr. 87 %. Sa force relative est donc 0,87.

On voit donc que ces nouvelles expériences, effectuées par d’autres, confirment mes propres expériences d’avril et juin 1927. Il me paraît certain que les deux sels de pseudococaïne sont moins actifs, mais légèreméènt moins, que le chlorhydrate de cocaïne sur la cornée du lapin. En tenant compte des expériences de 1927 et de 1928, on peut dire que les deux sels ont sensiblement la même valeur, avec prédominance très légère, cependant, pour le formiate. j

Le résultat un peu différent, trouvé par LuIGr SALAZAR, peut s’expliquer parfaitement par la différence de l’acide salifiant la pseudococaïne droite, et par le fait qu’à poids égal de sel, la quantité de base dans la psicaïne est plus petite que dans les sels que j’ai étudiés.

b) Etude des anesthésies produites par le chlorhydrate et le formiate de pseudococaïne droite sur les fibres motrices du sciatique de grenouille (R. esculenta). — Les phénomènes constatés sont identiques à ceux qui se produisent sous l'influence du chlorhydrate de cocaïne. La baisse maximum de chronaxie, aux concentrations étudiées, est régulière mais assez lente, elle se produit au bout de 30 à 40 minutes ; la hausse de la rhéobase assez faible (100 à 200 %) est généralement terminée à ce moment.

1) Action du chlorhydrate de pseudococaïne droite. 1. Solution à 0,20 % : inexcitabilité en 15 minutes. 2. Solution à 0,10 % : inexcitabilité en 10 minutes. 3. Solution à 0,05 % : inexcitabilité en 30 minutes. 4. Solution à 0,03 % : inexcitabilité en 30 minutes. 5. Solution à 0,01 % : baisse de chronaxie %, : 70. 6. Solution à 0,005 % : 17e expérience : baisse de chronaxie % 45 28 — — 40 Baisse moyenne de chronaxie 42,5 %.

\ Ce qui, en considérant la courbe 2, fig. 13, page 112, correspond à unée solution de chlorhydrate de cocaïne de 0 gr. 10 %,. Le chlorhydrate de pseudococaïne droite est donc sensiblement 20 fois plus fort que le chlorhydraté de cocaïne.

2) Action du formiate de pseudococaïne droite. Solution à 0 gr. 005 %.

1re expérience : baisse de chronaxie % 52 2e = — 52 3e — — 41

Baisse de chronaxie moyenne : 48 %,.

Ce qui, par la même courbe, correspond à une solution de chlorhydrate de çocaïne à 0,13 %. Le formiate de pseudococaïne est donc sensiblement 26 fois plus fort que le chlorhydrate de cocaïne.

c) Etude des anesthésies produites par le chlorhydrate et le formiate de pseudococaïne droite sur les fibres sensitives du sciatique de grenouille (R. esculenta). — Les remarques faites au sujet de l’action sur les fibres motrices s’appliquent ici aussi.

1) Action du chlorhydrate de pseudococaïne droite.

Solution à O0 gr. 005 ve 1re expérience : baisse de chronaxie %, 44 2e == k == 55 3° ee sx ” 63 Baisse moyenne de chronaxie : 54 ©.

Ce qui, par la courbe 17, page 133, correspond à une solutidn de chlo-

rhydrate de cocaïne à 0,013 %. Le chlorhydrate de pseudococaïne est donc 2,6 fois plus fort que le chlorhydrate de cocaïne sur le nerf sensitif,

2) Action du formiate de pseudococaïne droite. Solution à 0 gr. 005 ‘%,.

17e expérience : baisse de chronaxie % 56 2 == : — 52 38 —— — 42

Baisse moyenne de chronaxie : 50 %.

Ce qui, par la courbe 18, page 142, correspond à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 0 gr. 011 %. Le formiate de pseudococaïne droite est donc 2,2 fois plus fort que le chlorhydrate de cocaïne sur le nerf sensitif.

Il est curieux de constater l’activité très grande que présentent les sels de pseudococaïne droite sur les fibres motrices de Rana esculenta. Les concentrations qui produisent le même effet sont les mêmes pour le nerf mo- . teur et pour le nerf sensitif. Les deux sels ont donc sensiblement la même

activité sur les deux sortes de fibres, alors que presque tous les corps précédemment étudiés se sont montrés plus actifs sur les fibres sensitives.

I est très intéressant de faire remarquer à ce propos combien nos résultats diffèrent de ceux que viennent d’apporter tout dernièrement (avril 1929) BœHMmiINGHAUS et KocHMaAnN (25°). Ces deux auteurs ont, ilest vrai, étudié la psicaïne et utilisé Rana temporaria. Pourtant la psicaïne ne doit pas présenter une différence très grande avec les corps que nous avons nous-même étudiés, et Rana temporaria ne doit pas réagir de façon si différente de Rana esculenta que nous avons nous-même employée. Utilisant leur méthode de 12 et de 24 heures déjà examinée page 63, les deux auteurs allemands trouvent les chiffres suivants : Pour paralyser les fibres motrices du sciatique de Rana temporaria, en 12 heures, il faut une concentration limite de psicaïne de 0,25%. Pour les fibres sensitives il suffit d’une concentration limite de 0,01 %. Ilest vrai qu'après une action de 24 heures, les concentrations deviennent pour les fibres motrices 0,025 % et demeurent à 0,01 pour les fibres sensitives. Il n’en reste pas moins que les auteurs allemands, faisant fond, particulièrement, sur les deux premiers chifires, admettent qu'il faut, pour produire la même action, une dose 25 fois plus forte sur le nerf moteur que sur le nerf sensitif.

Nous avons déjà vu quelles critiques, importantes, on pouvait faire à la méthode des deux auteurs allemands, particulièrement à propos des temps d'essais aussi longs que 12 et 24 heures. Nous avons dit que ce choix, à notre avis, nuisait à l’exactitude de la méthode, méthode par ailleurs fort bien étudiée. Le fait que nous avons trouvé une action relativement forte, sur le nerf moteur, avec des concentrations, en sels de pseudococaïne droite, de 0 gr. 005 %, nous fait penser, encore avec plus de force, que les concentrations de 0 gr. 25 % (50 fois plus grande), étudiées par les auteurs allemands, doivent amener très rapidement de fortes modifications du phénomène anesthésique. Il en résulte, à notre avis, que les essais effectués au

— 172 — ; bout de 12 heures, ou au bout de 24 heures, ne peuvent donner que des renseignements peu utilisables pour l’étude du phénomène anesthésique pur.

Enfin il nous semble assez difficile de concilier les phénomènes suivants qui résulteraient des chiffres donnés par les auteurs allemands : une solution à 0 gr. 25 % de psicaïné est capable de paralyser les fibres motrices du sciatique de Rana lemporaria en 35 à 40 minutes (9e ligne du tableau 2 donné par les auteurs). Cette même solution à 0 gr. 25 % est encore la solution limite nécessaire pour effectuer la même action en 12 heures (tableau 1). Brusquement, entre la 122 et la 242 heure, la concentration limite s’abaisse de 10 fois, passant de 0 gr. 25 à O0 gr. 025 %,. Il faudrait donc supposer pour la psicaïne, d’une part une lenteur d’action, d’autre part une irrégularité dans cette action vraiment tout à fait anormales, n’existant du reste que pour le nerf moteur, et ne se retrouvant, à aucun degré, d’après les chiffres mêmes des auteurs, pour aucun autre anesthésique local.

d) Etude des anesthésies produites par le chlorhydrate de pseudococaïne

droite sur les fibres sensitives du lingual du chien. ; s Solution à 0,02 %.

1re expérience : baisse de chronaxie % 28 \ 2 — — 56 3° — — 59

Baisse moyenne de chronaxie : 47 %.

Ce qui, en considérant la courbe 18, page 142, correspond à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 0 gr. 06 %,. Ce qui donne le chiffre 3 comme valeur relative du chlorhydrate de pseudococaïne droite. L'action sur le nerf lingual se produit régulièrement, la baisse maximum apparaît au bout de 15 à 20 minutes, la hausse de la rhéobase est arrêtée à ce moment à une valeur assez élevée : 150 à 250 %,.

Il est intéressant de constater qu’il faut, ici aussi, pour obtenir des résultats comparables, utiliser des concentrations sensiblement 5 fois plus fortes

sur les fibres sensitives du lingual que sur les fibres sensitives du sciatique de grenouille.

Valeurs relatives, moyennes, des sels de la pseudococaïne droite (ROQUES). (Le pouvoir anesthésique du chlorhydrate de cocaïne est pris comme unité)

Cornée Nerf moteur Nerf sensitif Nerf sensitif (lapin) sciatique sciatique lingual (grenouille) (grenouille) (chien)

Chlorhydrate de pseudococaïne droite 0,8 20 2,6 3

Formiate de pseudococaïne droite 0,8 26 2,2

vers

Le tableau précédent présente les valeurs relatives anesthésiques moyennes, du chlorhydrate et du formiate de pseudococaïne droite (ROQUES) sur les différents appareils nerveux considérés.

On voit donc que ces corps présentent à peu près les mêmes propriétés : presque aussi actifs que la cocaïne sur la cornée, ils sont extrêmement actifs sur le nerf moteur, et nettement plus actifs que la cocaïne sur le perf sensitif.

Il est curieux de constater que les deux sels ont sensiblement les mêmes pouvoirs relatifs ; sur la cornée, et sur le nerf moteur il semble que c’est le formiate qui l'emporte, sur le nerf sensitif il semble que c’est le chlorhydrate. A vrai dire les différences trouvées ne dépassent pas les erreurs possibles. Nous considérerons donc ces deux corps comme très voisins.

Ainsi, dans ce cas particulier, les idées de O. Gros (94) ne semblent pas être nettement confirmées. Pourtant nous avons vu que la carbaïne, qui est, d’après M. VINGENT (284), du carbonate de novocaïne, est nettement plus active (6 fois) sur la cornée que le chlorhydrate de novocaïne, sel officinal.

Nous pensons, comme nous l’avons montré dans un autre travail, que l’on approcherait plus près de la vérité en considérant non pas seulement la force ou la faiblesse de l’acide salifiant, mais en mesurant simplement le pH final de la solution. Ce pH final dépend d’autres causes que de la force de l’acide, il dépend, en même temps, de la force de la base, de la stabilité (décomposition, volatilisation, précipitation...) des deux composants. Il est particulièrement intéressant quand il est plus grand que 7. J'ai en effet montré qu’au-dessous du point neutre l’augmentation du pH modifie relativement peu le pouvoir anesthésique.

Voici les pH des 4 corps envisagés,mesurés d’après la méthode de CLARK et Luss, et celle de MicxaELis. Les solutions étaient faites dans une eau

tridistillée de pH 6,5.

Chlorhydrate de pseudococaïne droite à 1 % pH 5,2 Formiate de pseudococaïne droite à L' pIt 5,6

Chlorhydrate de novocaïne, officinal, à 1 % pH 6,2 Carbaïne de M. VINCENT (284), AMAR DH S

On voit que les pH des solutions de chlorhydrate et de formiate de pseudococaïne droite sont très voisins et tous les deux plus petits que 7, alors que les pH des solutions de chlorhydrate de novocaïne et de carbaïne sont très différents, le pH de cette dernière solution étant, de plus, notablement plus grand que 7. \

Il est intéressant d’étudier, ici aussi, les travaux effectués par les autres auteurs. Nous devons cependant faire encore remarquer que nos propres essais ont porté sur des sels différents, au moins par l’acide, du sel (tartrate de pseudococaïne droite ou psicaïne) étudié par tous les autres auteurs.

Nous pouvons cependant, avec cette restriction, compärer leurs résultats dux nôtres.

En injections intradermiques, WAGNER (288) et, de leur côté, TOMINAGA et Havyascui (273) trouvent pour la psicaïne une activité légèrement inférieure à celle de la cocaïne: KocHMAnx (125) trouve une activité égale aux trois quarts de celle de 4 cocaïne.

Sur la peau de grenouille, LACHE (140) trouve pour la psicaïne une action légèrement supérieure à celle de la cocaïne. GoTTLIEB (89) trouve une action égale, et CARBONARO (39) une action inférieure pour la psicaïne.

Sur la cornée, CARBONARO (39) trouve pour la cocaïne une action plus rapide et plus longue que pour la psicaïne. ANTONIO CORRADO (53) trouve de même une activité plus forte pour la cocaïne. De leur côté, GOTTLIEB (89) puis WAGNER (288), puis ToMINAGA et HAvAscœHI (273) trouvent pour les deux corps des activités sensiblement égales.

Sur lés nerfs moteurs, BŒHMINGHAUS et KOGHMANN (25°) trouvent, après action de 12 heurés, une activité 5 fois plus faible Pour la psicaïne que Dour la cocaïne. Nous avons vu, plus haut, les remarques que l’on peut

faire à propos de la méthode utilisée. \

Sur les nerfs sensitifs, GoÿrLir8 (89) trouve une activité sensiblement 2 fois plus forte pour la psicaïne que pour la cocaïne ordinaire. BŒHMIN- GHAUS êt KOCHMANX (25) trouvent, après action de 12 heures, une activité semblable pour les deux corps.

Nous pouvons maintenant réunir et comparer entre eux tous les résultats obtenus. Dans le tableau suivant, à côté des valeurs relatives pondérales, que nous venons de mesurer, nous donnons, pour suivre l'habitude des auteurs étrangers, les valeurs relatives moléculaires déduites des précédentes. Ces derniers chiffres peuvent dans certains cas, dans l’étude de plusieurs corps d’une même série chimique par exemple, présenter, au point de vue théorique, quelque intérêt. Iei ils ne présentent pas plus d'intérêt théorique, et sont moins iftéressants au point de vue pratique, que les résultats directement trouvés.

En disant que la novocaïne a comme valeur relative bondérale, sur le nerf sciatique moteur de grenouille, la valeur 5, nous voulons dire que de deux solutions; l’une de novocaïne, l’autre de chlorhydrate de cocaïne, faites à concentrations égales en poids, la solution de novocaïne est 5 fois: plus active que celle de chlorhydrate de cocaïne. En disant que la novocaïne a comme valeur relative moléculaire la valeur 4, nous voulons dire que des deux solutions faites à la méme concentration moléculaire (décinormales, centinormales...) la solution de novocaïne est 4 fois plus active que celle de’ chlorhydrate de cocaïne,

Pour trañsformer les valeurs relatives pondérales én Valeurs relatives

8‘0 8‘0 6F£ sonboyy |°:°'(9J8IW0]) "Ip ou1t2000pnos4

8‘0 80 COCO ]MSON DOTE AR rares EEE (OYETD -ÂYIOIY9) ‘Ip 9oUIU2090pn9S4

za 9° LA GT 8‘0 g‘0 9‘0 S'SLG 1oÂeg |°°°:""(oye1p{qiopgo) oureooqn], FT NAS AUQUA Np|' °°°’ (e781PAIOIGO ) DA ZI : LAS ge SG& sous |°°°'°°":":(e7epns) ourroma d , z'0 800 >{ 010 S'IL Los tue NI : f | -IMO "A | *(9J21PAUIOTU9) ‘3 ouIeA0S I 0T‘0 gT‘0 S'TLG ICSU À | -InO T° |: * : (o3R1pAUIOIUO) ‘1p ouIA0IS | s‘o g‘0 T f aitefn99jouxr opeopuod Jorrepnogçoux oçeagpuod Torrepmospowu| opexspuod oxrepnoo[owu| operepuod 9ATYE[ OI 9AIJU[OI 9ATJB[OI DATE (OI DATJE[9L DATJEOI dATYUIOZ 9AIJPIOA oare]

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Le 170 moléculaires, le pouvoir anesthésique du chlorhydrate de cocaïne étant toujours pris comme unité, il suffit d'appliquer la formule suivante :

a x pm É:889 ou: x — valeur relative môléculaire.

a — valeur relative pondérale.

pm — poids moléculaire du corps étudié.

.339,5 — poids moléculaire du chlorhydrate de cocaïne.

L'examen de ces chiffres relatifs permet de mettre en évidence quelques faits intéressants.

Si l’on ordonne ces différents corps selon leur activité sur les différents appareils nerveux on obtient les tableaux suivants :

19° Activité sur la cornée (lapin).

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