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INTRODUCTION

Hydrogéner une molécule organique, c’est fixer sur elle un où plusieurs atomes d'hydrogène soit en remplacement d’autres atomes, soit par simple addition. Définir d’une manière exacte et précise ce qu'est une réaction d’hydrogénation n’est pas aussi aisé qu'on pourrait le croire à première vue. Au terme strict de la définition que nous venons de donner, les réactions d'hydrogénation sont limi-

tées à celles qui augmentent d’une unité au moins le

nombre des atomes d'hydrogène qui font partie intégrante d'une molécule, avec cette restriction que le nombre des autres atomes tels que GC, O, halogénes, N etc. (1) doit, en général, rester inchangé ou diminuer (*). |

Nous réserverons le nom de réduction à l'élimination simple de un ou plusieurs atomes électronégatifs, O, CI, Br, I, S, etc., existant dans une molécule.

En chimie organique, les réductions pratiquées au moyen de l'hydrogène s'accompagnent, le plus souvent, de la fixation du réactif réducteur, de telle sorte que la limite entre les réactions de réduction et les réactions d’hydrogénation est parfois difficile à établir.

La plupart des ouvrages français et étrangers qui traitent des méthodes de la chimie organique, englobent sous le nom général de réduction l'une et l’autre caté-

(1) La fixation de NH, H°0, CHI, elc: sur une molécule augmente le. nombre des atomes d'hydrogène qu’elle contient.

(2) Certaines hydrogénations fournissent cependant des molécules plus condensées qu celles dont on est parti: (pinacones hydrazoïques, etc.)e

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gorie de réactions. Cette manière de voir peut offrir certains avantages, elle présente aussi l'inconvénient de placer dans un même groupe des réactions parlois fort différentes, telles que la réduction par voie sèche au moyen du zinc en poudre et la fixation d’une molécule d'hydrogène snr un carbure éthylénique, par exemple.

Par contre, d’autres auteurs limitent les réactions d'hydrogénation à celles qui comportent une simple addition d'hydrogène à un composé organique. Nous pensons qu'il est préférable de donner au mot hydrogénation son sens le plus large en adoptant la définition que nous avons donnée plus haut {1).

Nous considérons comme méthodes générales celles qui satisfont au moins à l’une des trois conditions du nombre, de l'importance ou de la variété dans leurs applications.

Dans un premier groupe, nous étudierons les méthodes dans lesquelles l'hydrogène est produit par une réaction. chimique en présence du composé à hydrogéner. Ce sont les méthodes d'hydrogénation par l'hydrogèné naissant.

Dans un deuxième groupe, nous étudierons les méthodes dont l'ensemble est le plus souvent désigné sous le nom d’électroréduction. L'hydrogène produit par électrolyse de l'eau réagit encore au moment même où il prend naissance.

Un troisième et dernier groupe comprendra les mé-

(1) I sera t facile de mettre fin à la confusion qui existe actuellement entre les mots de réduction et d'hydrogénation. On pourrait par exemple adopter la nomenclalure suivante :

Réduction : élimination simple d’un ou plusieurs atomes électronéga- Lifs (passage du bromure d'élhylène C2HBr? à l'éthylène C2Hf, de l'alcool C2H60 à l’éthane C2IH6, etc.).

Hydrogénalion : élimination d’un ou plusieurs atomes électronégalits avec fixalion simultanée d'hydrogène (passage du nilrobenzène C6H?NO2 à l'aniline CSHNIL, du bromure d'éthylène C2HBr? à l'éthane CÆH6, etc).

Hydruralion : fixation simple d'hydrogène (passage de l’éthylène C2H4 à l'éthane C?H5, du benzène CSHS au cyclopexane CSH??, etc):

thodes dans lesquelles on utilise l'hydrogène gazeux (hydrogène moléculaire). Sous cette forme, l'hydrogène est un réactif d'activité très faible.Il est nécessaire, pour le faire entrer en réaction, de le mettre en contact avec certains agents activants (métaux divisés) qui jouent le rôle de catalyseurs.

On peut également réveiller les affinités chimiques de l'hydrogène gazeux en le soumettant à l'action de certains agents physiques : chaleur, lumière solaire, rayons ultraviolets, étincelle et eflluve électriques, mais on ne peut guère considérer les quelques réactions que l'on a pu produire par ces divers procédés comme constituant une méthode générale.

Pour être complet, il conviendrait d'étudier les fermentations réductrices dans un quatrième groupe; l’une d’elles, la fermentation mannitique du saccharose (Gayon et DuBourG), constitue un véritable procédé d'hydrogénation ; mais elle est la seule de ce genre.

Des quantités énormes de cellulose, provenant des feuilles mortes, sont annuellement détruites par fermentation forménique avec production de méthane, aucune des méthodes chimiques actuellement connues n’est capable d'hydrogéner une molécule aussi condensée que la cellulose jusqu'au terme ultime de l’hydrogénation qui est le méthane. Malheureusement la fermentation forménique est encore très mal connue.

On n’a pasencore découvert de bactérie qui possède des propriétés réductrices étendues, comparables aux propriétés oxydantes de la bactérie du sorbose par exemple. On ne connait pas nou plus de diastase capable d’activer l'hydrogène pris à l’état moléculaire.

Comme il n'existe pas en somme de méthode générale d’hydrogénation biochimique, nous limiterons notre étude aux trois groupes que nous avons indiqués.

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