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Parmi les cinq métaux inscrits dans les tableaux ci-dessus le sodium seul décompose l'eau à froid ; les autres sont sans action sur elle à la température ordinaire. On a cherché l'expli’ation de ce fait, soit en invoquant l’insolubilité de l'oxyde qui prend naissance, soit en supposänt qu'une gaine gazeuse d'hydrogène adhère à la surface de ces métaux et empêche la réaction de se produire, le second de ces phénomènes pouvant être lié au premier. Un fait qui apporte une confirmation à cette manière de voir, c'est que la décomposition de l’eau peut effectivement se produire si l'on vient à associer le métal oxydable à un autre métal moins électropositif que lui. [1 se forme, dans ces conditions, un couple électrique: l'hydrogène se porte sur le métal le moins électropositif et se dégage, l’oxygène se porte sur le métal le plus électropositif et le transforme en oxyde.
Cette manière d'amorcer une réaction, en créant une différence de potentiel de contact entre deux métaux, présente un grand intérêt au point de vue théorique ; nous aurons l'occasion d'y revenir en exposant les méthodes d'hydrogénation électrolytiques et catalytiques.
Au contact du mercure, l'alnminium décompose l’eau avec un dégagement de chaleur considérable {voir tableaux page 31).
C'est CaiLLerer qui a, le premier, mis ce fait en évidence en 1857[55]. En 1859, Ch. Tissier [56] découvrit à son tour le même phenomène et montra que l'aluminium décapé, au moyen d'une solution étendue de soude,se laisse mouiller par le mercure. Chacun de ces deux auteurs fait remarquer que l'aluminium amalgamé mis en contact avec l'eau la décompose; il se dégage de l'hydrogène tandis que l'alumine formée reste en suspension dans le liquide.
Après la publication de Ch. Tissier, CaiLzerer ünt à affirmer ses droits de priorité dans une Note qu'il présenta à l'Académie des Sciences [57]
Ces faits tombèrent dans l'oubli jusqu'en 1895, époque à 1e quelle Wiscicenus et Kauruanx [58] appliquèrent la décomposi-
tion de l’eau par l'amaloame d'aluminium à l' hydrogénation des composés organiques. bei fois encore une question de priorité fut soulevée, En 1389, deux auteurs anglais Conex et Onmaxby
[59] avaient cru, eux aussi, découvrir les propriétés de l’amalgame d'aluminium, dont ils s'étaient servi pour réduire la nitrobenzine en aniline {!).
Vers la même époque,où Caizzerer et Tissier découvrirent les propriétés de l'amalgame d'aluminium, Recnauzr [60] publia une étude sur la chaleur de formation et les propriétés de quelques amalgames. Il constata qu'il est des métaux dont la combinaison avec le mercure dégage de la chaleur, et qu'il en est d’autres, au contraire, dont la combinaison avec ce métal absorbe de l'énergie. Le potassium, le sodium et le cadmium s'amalgament avec élévation de température ; ces amalgames sont électronégatifs par rapport aux métaux libres. Le zinc, le fer, le nickel, le cobalt, le plomb, l’étain s’amalgament avec absorptions de chaleur; les amalgames sont électronégatifs par rapport aux métaux libres.
Re&xauLr a cru pouvoir expliquer ces faits par des considérations d'ordre physique ; les métaux dont la chaleur latente de fusion est élevée absorbent de l'énergie en s'amalgamant; pour ceux dont la chaleur latente de fusion est faible, le phénomène est inverse.
Pour ce qui concerne l'amalgame d'aluminium, Tissier [61] s'est borné à interpréter ses propriétés d'après les expériences et les conclusions de RecxauLr. L'aluminium amalgamé serait plus électropositif que l'aluminium libre et par suite décomposerait l’eau avec plus de facilité. Il serait nécessaire pour admettre cette explication, de déterminer si, réellement, la combinaison du mercure avec l'aluminium absorbe de la chaleur. Quoiqu'il en soit, on admet aujourd'hui qu'il est plus vraisemblable d'expliquer les propriétés remarquables de l'amalgame d'aluminium par la formation d'un couple électrique.
Le réactif employé couramment comme agent d'hydrogénation, sous le nom d'amalgame d'aluminium, mériterait mieux celui de couple aluminium-mercure. Il n'est pas, comme l'amalgame de sodium, un alliage où le mercure domine; ilest cons-
(1) Nous insistons sur ce point historique parce que les deux auteurs français Caiczerer et Ch. TissiER ne sont généralement pas cilés par
les ouvrages étrangers. :
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