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CHAPITRE IV

Aperçu général sur la méthode d'électroréduction.

La méthode d'hydrogénation par l'électrolyse est relativement récente ; le nombre des applications qu'elle est susceptible de recevoir s'accroîtra cerlainement à mesure que les chimistes poursuivront son étude.

Parmi les avantages qu'elle présente sur les méthodes chimiques, il faut signaler la possibilité de doser pour ainsi dire la quantité d'hydrogène que l’on meten œuvre en mesurant la quantité d'électricité qui traverse l’électrolyte.

D'autre part, l'hydrogène étant produit par décomposition

de l'eau en dehors de toute réaction chimique, le liquide catho-

dique, au sein duquel s'opère la réduction, garde une composition sensiblement constante pendant toute la durée d’une opération ; il est possible, dans une certaine mesure, de modifier cette composilion pour orienter la marche d'une électroréduction dans un sens déterminé. Si l’on ajoute qu’on peut également faire varier d’autres conditions, telles que la densité du courant, la nature et l'état physique de la cathode, la température etc., on s'expliquera comment les chimistes, qui ont minutieusement étudié l’électroréduction des composés aromatiques nilrés, ont pu obtenir des résultats à la fois si précis et si variés.

Malgré les avantages qu'elle présente, la méthode d'électroréduction n'a cependant pas pris rang parmi celles qui sont d'un usage courant dans les laboratoires de chimie organique ; sans doute faut-il chercher la cause de ce fait dans la nécessité, qu'imposent les recherches électrochimiques de posséder un outillage Lout à fait spécial.

Au point de vue théorique, les hypothèses que l'on peut faire pour expliquer l’activité chimique de l'hydrogène électrolytique sont nombreuses.

On peut avec vraisemblance invoquer l'état naissant,car l’hydrogène entre en réaction au moment même où il est libéré. Pour ceux qui admettent que l'hydrogène naissant est de l’hydrogène convoyé par de l'énergie, la condition est satisfaite,car le passage du courant à travers l'électrolyte libère une certaine quantité d'énergie sous forme de chaleur {effet Joure).

Il est indéniable, d'autre part, que les phénomènes électriques jouent un rôle dans les réacti ns d’électroréduction. L'influence très nette de la surtension cathodique des ions H sur les résultats obtenus suffirait à elle seule à en établir la preuve.

Enfin, si l'on veut expliquer l'activité de l'hydrogène électrolytique par l'action catalytique du métal qui constitue la cathode, un certain nombre de faits sont parfaitement d’accord avec cette hypothèse : l'électrolyse de l'eau est plus facile à produire avec une cathode en platine platiné qu'avec une cathode en platine poli ; l'emploi comme cathode d'une toile de cuivre recouverte d'une couche d'étain très divisé favorise la réduction du nitrobenzènce jusqu'au terme aniline ; les cathodes en plomb préparé communiquent à l'hydrogène une activité chimique plus grande, une trace de certains métaux étrangers suffit à leur faire perdre cette propriété.

Nous nous dispenserons de faire un choix dans cet ensemble d'hypothèses qui paraissent toutes présenter une part de vérité. Si nous les avons énoncées, c'est pour montrer que l’électroréduction peut être rattachée à la fois aux méthodes d'hydrogénation par l'hydrogène naissant et aux méthodes d'hydrogénation par catalyse entre lesquelles elle peut servir de terme de transition.

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