‹ Méthodes récentes dans le traitement des varices par les injections sclérosantes: Essai de mise au pointChapitre 11 sur 22 · RON ES · texte numérisé non relu

RON ES

Technique de l'injection

Il faut d'abord choisir la veine. En principe, on pratiquera le traitement en commençant par les segments distaux.

En effet, outre qu'on a plus de chance en pareil cas de voir la sclérose se faire dès la première piqüre on ne risque pas pratiquement, de voir le produit entraîné dans la circulation puisqu’au niveau des varices, elle se fait en général à rebours, c’est-à-dire vers le pied.

On choisira done pour commencer, une grosse veine; de la région sus-malléolaire, par exemple, la partie inférieure de la saphène interne.

Le point choisi sera passé à l'alcool et la ponction de la veine sera pratiquée de la manière habituelle, de bas en haut, avec l'aiguille fine dont nous avons parié préalablement adaptée à la seringue chargée du produit. H faut pousser l'injection aussi vite que le permet le calibre de la veine. Dans la même séance on peut faire une deuxième injection à quelques centimètres au-dessus de la sclérose obtenue par la première.

Presque instantanément, en effet, sous l’action du salicylate, on voit la veine se gonfler et durcir. Le malade accuse souvent une impression assez pénible’ de crampe se propageant rapidement au pied et remontant parfois le long du trajet veineux. Cette sensation ne dure guère que quelques minutes, mais reprend quelquefois à la marche.

Dans les heures qui suivent, le sujet a souvent l’im-

pression de percevoir la saveur douçâtre du salicylate.

Re

Les autres troubles exceptionnels seront étudiés avec les incidents de l'injection. Localement, l’aspect devient inflammatoire, mais il est en général inutile de recourir aux compresses humides chaudes, car la douleur est peu marquée. Elle est réveillée par la marche et la fatigue et nous a paru surtout marquée le deuxième et le troisième jour ; à cette date, le segment veineux intéressé par l’injection se présente sous la forme d'un cordon dur, assez volumineux, pris dans une plaque réactionnelle. de coloration rougeâtre, qui infiltre un peu le derme. II n’est pas rare d'observer une légère ecchymose, vraisemblablement due au reflux sanguin par l’orifice de ponction. Tous ces phénomènes cèdent d'habitude en une huitaine de jours.

I nous est arrivé pourtant de voir des malades qui, plusieurs semaines après l’injection. affirmaient avoir à l’occasion d’une légère fatigue, une petite reprise des douleurs. Dans l’ensemble, les phénomènes douloureux sont extrèmement modérés, et nous avons tou- Jours vu les sujets très pusillanimes à la première

injection revenir sans crainte à la seconde.

Conduile du traitement

Les séances d'injections sclérosantes seront répétées en principe deux ou trois fois par semaine. On pourra même les faire quotidiennes, à condition toutefois d’injecter alternativement différents territoires veineux, par exemple la jambe droite et la jambe gauche. À ce

moment, il est indispensable d'apprécier, pour con-

duire le traitement avec rigueur, l'intensité des phénomènes réactionnels, comme aussi l'étendue des scléroses obtenues.

Si les phénomènes réactionnels sont importants, il faudra espacer les séances.

Nous n'avons jamais eu besoin, en pareil cas, de diminuer la dose de salicylate, et d'employer une concentration moindre que 20 %. Si la sclérose n’est pas obtenue, on voit, après une brève poussée réactionnelle, la veine rester gonflée et souple. On dit alors que « l'injection ne prend pas ». C’est le cas de recourir aux solutions plus concentrées à 30 et 40 % et au besoin à la solution de Lucor. Il est exceptionnel que la sclérose obtenue par une seule piqûre soit très étendue ; en général, elle ne dépasse pas quelques centimètres et au cours des séances ultérieures il faudra s'attaquer aux segments sus-jacents. Quant aux collatérales. on les voit assez souvent diminuer et s’effacer lorsque la sclérose du tronc principal est obtenue. C’est une raison pour commencer par celui-ci en mème temps qu'un argument en faveur de la théorie valvulaire des varices. Ultérieurement, on s’attaquera, après avoir obtenu la sclérose des gros troncs, à ceux de leurs-affluents qui seraient restés variqueux.

En fin de traitement, on pourra juger de la persistance de certains paquets de varicosités superficielles et en entreprendre la sclérose.

L'ensemble du traitement peut comporter en moyenne une vingtaine de séances, beaucoup moins

chez les sujets pris au début et chez lesquels un seul

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