INTRODUCTION
Les injections sclérosantes, fait assez remarquable, furent l’une des premières applications de la seringue de Pravaz que celui-ci employa lui-même, dès 1851, pour essayer d'obtenir l’oblitération des tumeurs anévrismales. Peu après, CHASSAIGNAG à Paris, DESGRANGES, VaLertTE, BARRIER et PÉTREQUIN à Lyon, traitent les dilatations variqueuses par les injections sclérosantes. De temps à autre, depuis, divers auteurs ont repris cette méthode et en ont modifié la technique, ou bien ont proposé de nouveaux produits selérosants.
Pourtant, la méthode sclérosante était à peu près oubliée, et les tentatives chirurgicales semblaient par contre à l'honneur, lorsque Sicarp, à partir de 1918, analysant les causes des oblitérations veineuses provoquées par les injections d’arsenicaux, en montra la raison dans l’alcalinité des solutions employées, et peu après appliqua aux varices les résultats auxquels il était parvenu. Le recours à des produits de haute valeur sclérosante et de faible toxicité, la simplicité de la technique, ont assuré à la méthode de Sicarp de très nombreux succès, et l’ont fait presque entrer dans la pratique courante.
Depuis lors, différents auteurs, à la suite de Sicarp
lui-même, ont expérimenté de nombreux produits selérosants, ont réglé les indications et la conduite géneérale du traitement, étudié le mode d'action, les résultats et les incidents. Particulièrement intéressants sont
les travaux récents qui portent sur des produits peu
caustiques, dont l'injection n’a pas besoin d'être rigoureusement intraveineuse, et qui, à ce titre peuvent être employés dans les varicosités superficielles, les angiomes veineux, les hémorroïdes.
Peut-être cependant, par une tendance naturelle à la facilité, a-t-on été tenté d'élargir à l’extrème les indications de ces produits peu caustiques. Ce n’est
sans doute pas un très bon service à rendre au prati-
cien — ni au malade que d'insister par trop sur l'absence de danger de produits, qui par ailleurs bien souvent ne fournissent qu'une sclérose moins complète et moins stable. Il est assez remarquable, dans ce sens, que presque tous ceux qui ont une grande habitude de la méthode sclérosante, aient tendance à revenir dans la grande majorité des cas au salicylate de soude, que préconisait Sicarb. Une mise au point paraît donc utile non pour rejeter en bloc les modifications récentes, mais bien au contraire pour en préciser aussi soigneusement que possible les indications particulières, de façon à dégager une technique générale assez souple et complète pour autoriser, dans tel cas donné, les résultats les plus rapides et du meilleur aloi, On doit connaître pour cela, non seulement les différentes ressources de la thérapeutique, actuelle,
issue des travaux de Sicarp, mais encore les possibi-
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lités d'échecs, d'incidents, d'accidents, de suites anor-
males, signalés par nombre d'auteurs.
Nous nous sommes attaché à régler dans tous ses détails, la technique générale du traitement des varices par les injections sclérosantes. Nous avons étudié la plupart des produits nouveaux, dans le but d'en dégager les indications particulières. Nous avons aussi relevé dans la littérature, et étudié chez les malades que nous traitions, les différentes modalités d'action, les nuances réactionnelles, l'allure infiniment variable enfin du processus de sclérose. C’est, croyons-nous, ce qui peut faire de ee travail, une tentative de mise au
point sur une question dont l'intérêt reste grand.
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