II. Notions historiques sur l'hexamètre latin
G3 (bis) . Les Latins ont emprunté l'hexamètre aux Grecs; mais ils l'ont remanié peu à peu, comme ils ont fait pour les autres mètres; ils l'ont assujetti à des lois plus sévères, et lui ont donné
NOTIONS HISTORIQUES SUR l'hEXAMÈTRE. 73
des allures plus réglées et plus raides, quelque chose de la force et de la gravité romaine.
Mais pour être exact, il faut distinguer deux genres, qui se développent parallèlement :
V Hexamètre héroiqxie, rude encore, et peu discipliné avec Ennius; fort, mais souvent négligé, raide ou déhanché avec Lucrèce; un peu nonchalant, abandonné et trop libre avec Catulle, qui le moule sur celui des Alexandrins, et même avec Cicéron, plus sévère pourtant que Catulle; prenant enfin avec Virgile des allures souples et variées, sans raideur et sans mollesse négligée; merveilleux de régularité et de facile souplesse avec Ovide, que suivent même les imitateurs de Virgile, comme Silius Italiens; gagnant encore avec Lucain et Claudien en beauté plastique et en régularité, mais aux dépens de la variété et du pouvoir expressif.
h' Hexamètre familier de Lucilius, qu'Horace manie à son gré, un peu plus régulier peut-être dans Perse et dans Juvénal.
Horace en fait sans doute bon usage; mais tout imitateur, fût-il habile et adroit, ne produirait que des vers monstrueux. Horace, du reste, dans les hexamètres de ses Odes, et même ailleurs, sait ciseler un vers comme personne. Cf. QuiCHERAT. Yersif. p. 386.
MKTniQUE LATINE.