I. La Césure
G4. Les Grecs emploient indifféremment la césure trochaïque ou la césure masculine :
Tv] Ssxarrj Ô' àYOpr,vo£ /// xaXso-a-aTO Xaov ^Ayùlvjç. Ar,Tou; xal Aib; uîoç" /// ô yàp ^cidilr^i yoltùbelç. "AvSpa [iot, svvsue, Mouaa, /// TroXÛTpouov o; [xâ),a TroXXdt. 'ATpeiSat TS // xal aXÀoi /// èuxvrjaïôs; 'Aj^atoi, *T{jLÏv {x£v ôeoi 6oîev, /// 'OXûfjiTria ôw(i.aT' e^ovreç.
Dans tous ces vers, la césure trochaïque est la principale.
60. Il y a comme en latin deux types réguliers de vers ayant, respectivement, au moins les césures suivantes :
lougue. Dans ce cas, la résultante reste longue au temps fort et s'abrège au temps faible, comme une longue ordinaire :
Mf,viv à'siSô, 60a, nr,Xr,ïà6£(o 'AytXf,oç. {bm une syllabe longue). yp'jaitô à I va <7XT,7r | rpto... (eto une syllabe brève)...
0£ot formait ainsi très souvent un monosyllabe ; au contraire pour eco;, qu'il faudrait écrire r,o; et scander en conséquence :
r,o; ô I xaCô' a)p|{jLaiv£...
V. Beaucoup de mots s'écrivent par une voyelle initiale, qui, à l'origine, commençaient par une consonne et pouvaient la faire sentir à l'occasion. Ainsi s'expliquent bien des hiatus apparents, bien des allongements de syllabe, des exceptions aux règles de l'abrègement d'une longue ou d'une diphtongue devant des voyelles :
*ATpe(Sr,; te avaÇ (on a trouvé le F initial dans des inscriptions).
"O; r^or^ Ta t' èovta (0; long à cause du F, cf. vidi).
A'jTap fj \ s'yvo) |r,ffivâvl çp£o-i...(todevantF,àroriginesy,cf.SMWs).
La prosodie et les formes homériques s'expliquent, en général, par des considérations de ce genre.
76 CHAPITRE VI. l'hexamètre LATIN
1. Le vers est divisé par la césure (masculine ou trochaïque) en deux parties à peu près égales, avec trois temps forts de part et d'autre :
'IIv ûtà [J.avToaûvr,v /// Tr,v oî Tidpe 4>oî6oç 'AtuoXXwv. KvtaY) ô' oùpavov txev /// £Xto-o-o|jLévy| Trepl xauvâ. Ot û' dcTreA'JixaivovTO, /// xai eîç aXa XûfxaT' eêaXXov.
2. Le vers a deux césures : masculine ou féminine après le second temps fort, masculine après le quatrième ^ :
'Elaûoa, // [jLr) xeuôe / vdo), // l'va eiSofiev «[xcpœ. "O; x£ ôeoï; // £7rtUct6riTai, // (jLaXa t' è'xXuov aÛTOu. "Hpr) t' yjSè // rioaeiSàwv // xal IlaXXàç 'AÔYJvr].
A vrai dire, les vers qui n'ont pas au moins une césure trochaïque au troisième pied sont très rares. De façon que la division des temps forts est presque toujours 3 + 3, rarement 2 + 2 + 2. Il n'est pas nécessaire pourtant que cette troisième trochaïque soit la principale.
Remarque 1 . La syllabe élidée ne compte pour rien, elle disparaît dans la prononciation comme dans l'écriture.
jRe7nargtfe2.Lafréquence des césures trochaïques donne au vers grec quelque chose de souple, une certaine mollesse bien différente de l'énergie latine.
On y rencontre à chaque instant des vers comme :
1, Nous verrons tout à l'heure qu'il n'y a jamais de ce'sure après le quatrième trochée.
ET l'hexamètre grec. 77
Daphnin ad astra feremus. Amavit nos quoque Daphnis.
Orphei Calliopea, Lino formosus Apollo.
Addam cerea pruna. Ilonos erit huic quoque porno.
De là aussi une variété de types métriques dont la régularité latine n'est pas susceptible.
66. Gomme il a été dit plus haut, la césure hucolique est très fréquente en grec. De là est venue l'exclusion presque absolue de certaines coupes permises en latin :
1. On évite la coupe trochaïque au quatrième pied, que nous trouvons souvent en latin (cf. 41) c
Apparct liquido suhlimis / in aère Nisus. (V.) ' [ ''
Progenicm parvam dulccsque / révisera nidos. (V.) ., , ,
Corripit in nodum coniplexus ; /et angit inhœrens. __ (V.) ^'
Peccet ad extremum ridendus, / et ilia ducat. (H.')'\ (^^>r>., -^ .rjV-
Qui quid sit pulchrum, quid turpe, / quid utile, quid non. pi.) — 'yv^
Quid non ebrietas désignât? / Operta recludit. (H.)
Olira truncus eram fioulnus, / inutile lignum. (II.)
Nota. Il y a quelques exceptions, mais la plupart ne sont qu'apparentes. Dans les vers comme :
4>û),Aa T£ xal çXoiôv vjv auté (jliv / uteç 'A/^atôiv. (II. i, 237.) or y.i (X£ Ti[j.r,aouTi, (j.à)>t(TTa 6e / [XYjTtsta ZeCîç. (II. i. 175.) AeCipo (xa)(r)o-6[X£vo;" ètieI o-jti [jLot / al'-iot elatv. (II. i, 153.)
la coupe est après, non avant le monosyllabe. Dans les vers comme :
IlaïSa ù è[i.ol ),uaaî xe çîàt^v, / là x' avroiva ôé/ETÔat.
(II. i, 20.) "ûç eçat'* e6û£i«T£v 5' 6 yipioy, / y.al £71£i'0£to |j.ûOo).
(II! i, 33.) elle est avant le monosyllabe, non après.