‹ Métrique latineChapitre 45 sur 101 · LE TRAIT · texte numérisé non relu

LE TRAIT

Ce dernier vers est faible; Senèque rancien le concentre en un trait vigoureux, mis en rejet :

Arma viri forlis medios mittantur in liostes, Et referentis erunt^.

94. Remarque 1. Souvent la phrase nç s'arrête pas sur le rejet ou sur le trait; mais elle se déploie après le mot saillant, dont elle prolonge doucement Teffet, et elle ne finit qu'avec le vers, ajoutant au tableau un détail qui le complète :

Largior hic cainpos œther et lumine vestit Purpureo, solemque suum, sua sidéra norunt. (V.)

Hic candida populus antro Imminet, et lentœ texunt umbracula vites. (V.)

.... gerit omnia victi Sed ducis, et veniam securo pectore poscit. (Luc.)

Dans ce cas, le rejet d'un spondée n'a rien de choquant, au moins devant un monosyllabe.

At liquidi fontes et stagna virentia musco Adsint, et tenuis fugiens per gramina rivus, (V.)

Remarque 2. Il va sans dire que le trait n'est pas de mise seulement en rejet; il peut être à sa place partout, et, sans en abuser, il est bon de le remarquer chez les auteurs, et de le rechercher parfois pour donner à la pensée vigueur, relief, brièveté pénétrante et pittoresque.

Même remarque pour les coupes : elles ont partout leur caractère à elles ; le rejet fait seulement mieux ressortir ce qu'elles ont d'expressif.

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