‹ Métrique latineChapitre 51 sur 101 · PÉRIODE POÉTIQUE · texte numérisé non relu

PÉRIODE POÉTIQUE

Après avoir décrit Diane chasseresse, il amène l'idée de sa mère :

Latonns tacitum pcrtcntant gaudia pectus. {/En. i, 502.)

La disposition rythmique de ce dernier trait est fort variable : tantôt il finit en rejet, tantôt il ne tombe qu'avec le vers. Nous avons étudié plus haut les variétés du premier cas.

Dans le second cas, tantôt le dernier membre commence dès l'avant-dernier vers, tantôt il occupe un vers entier, tantôt enfin des portions variées du dernier vers. Le tout selon les exigences de la pensée, et selon l'impression à produire.

Conclusion sur l'Iiexamètre.

99. Concluons que l'hexamètre latin est un merveilleux instrument aux mains du poète. Souple, libre et varié dans la régularité de son allure, il se prête à tous les mouvements : tantôt vif et pressé, tantôt grave et majestueux, tantôt fort et raide, tantôt facile et plein de mollesse, tantôt développant la pensée en ample période, tantôt la concentrant en un vers, en un trait vif, il peut tout rendre, le sublime et le léger, le terrible et l'enjoué, l'énergie et le mol abandon.

PENTAMÈTRE ET DISTIQUE I. Le Pentamètre.

100. — 1. Nature du pentamètre. Le pentamètre n'est autre chose qu'un hexamètre catalectique (c'est-à-dire incomplet) aux deux hémistiches :

Et cum I posside | ant ///plurima, | plura vo | lunt. (0.)

Il a donc six temps forts comme l'hexamètre , seulement le troisième et le sixième pied sont complétés soit par un silence, soit plutôt par la prolongation de la syllabe jusqu'à la durée de quatre temps. D'où vient alors le nom de pentamètre (vers à cinq mesures) ? — D'une ancienne façon de le scander comme composé d'un membre dactylique ( - - - ) et d'un membre anapestique { - - - ) :

X Z~Z I X 3~~3 |x - \ ^ Kj xj^^ ^x Et cum I posside [ ant plu | rima plu [ ra voluiit.

Cette scansion a peut-être des avantages pratiques, mais elle ne répond pas à la nature du vers ; il faut donc scander :

Et cum I posside | ant ///plurima ] plura vo | lunt.

iOi. — 2. La coupe du pentamètre. Le premier hémistiche doit finir avec un mot non ôlidé, et il faut un léger arrêt entre les deux membres (comme dans notre alexandrin). On aime aux deux hémistiches des mots qui se correspondent, par exemple, Tépithète et son substantif :

Labitur ex oculis///nunc quoquc gutta meis. (0.)

Page 1