RÈGLES DE LA CESURE
est très rare, le vers est lourd, et à peine rythmé, surtout ({uand l'hémistiche n'a que des spondées :
Si curât cor spectantis tetigisse querela. (H.)
His f relus non legatos neque prima per arteni. . . (V.)
Praesertim si tempestas a vertice silvis. . . (V.)
Remarque. Le vers qui commence par Fluviorum rex Eridanua contient un nom propre et un dactyle; de plus il y a là un effet d'harmonie imitative.
Nota 2. Quant aux vers à césure trihémimère et hephthémimère qui n'auraient ni coupe trochaïque au troisième pied, ni mot pyrrhique ou monosyllabe au second, ils sont mauvais :
Lectorein delectando pariterque monendo. (H.) Percutiet nec opinantem vis flammea cœli. (Lucr.)
Le vers :
iïlneas Anchisiades et fidus Achates. (V.)
s'explique par les noms propres.
Le vers :
Det motus incompositos, et carmina dicat. (V.),
outre qu'il a la penthémimère imparfaite (cf. 18. 2), si l'on coupe incompositos, ou le monosyllabe long au second pied, si l'on coupe in]compositos^ s'explique par une intention d'harmonie imitative.
Nota 3. Il semble au premier abord que beaucoup de vers latins échappent aux règles ici données. Mais en tenant compte des césures imparfaites (cf. 18), nous verrons que les exceptions sont relativement rares chez Virgile ; encore la plupart s'expliquent-elles par quelqu'une des raisons ({ui seront indiquées plus loin, au chapitre des Licences. Après Virgile, les règles sont de plus en plus rigoureuses. Elles ont du reste leur raison facile à saisir.
Nous avons indiqué l'unité et l'opposition des membres; il en est d'autres encore. Avec riieplithémimère seule, le premier hémistiche est trop long, il faut donc le couper par la trihémimère masculine, puisque la trochaïque ne marquerait pas l'opposition voulue; la trihémimère seule laisserait un groupe considérable de rythme indécis entre le début et la fin du vers; ou bien encore le vers semblerait finir trop tôt. Du reste, nous sentons nous-mêmes la différence des vers bien coupés et de ceux qui ne le sont pas. Comparons seulement ces vers :
Et nova fictaque nuper habebunt verba fidem, si. . . (II.) Dignura mente domoque legentis honesta Neronis. (H.)
avec ceux-ci choisis au hasard :
Ut redeat miseris, abeat fortuna superbis. (II.) Nocturna versate manu, versate diurna. (H.)
12. — 4. Il faut éviter la césure après quatre pieds et demi ou après cinq pieds et demi :
Propter egestatem linguœ, et rerura / novitatem. (Lucr.) ('</■*'' l/f fi Si foret in terri», rideret Deraocritus, / seu. . . (H.) /'4f^-i
Nota. Avec cette césure, le vers garde l'allure anapestique du début; le rythme dactylique fondamental, qui devrait se dégager nettement à la fin du vers, est à peine sensible; rien de cette opposition avec le premier hémistiche, qui rend plus harmonieux l'accord du tout.