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Trimètre et dimètre iambiques

Cette combinaison est fréquente dans les Epodes :

Beatus ille qui procul negotiis

Ut prisca gens mortalium.

L'effet du dimètre après le trimètre est à peu près le même que celui du petit dactylique après l'hexamètre; par là l'iambe devient lyrique, tout en gardant quelque chose de son premier caractère, vif, énergique, mordant.

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1 70. Hexamètre et versiambiques.—l°Hexa-

mètre dactylique suivi dïm dimètre iambique.

Xox oral et cœlo fulgebat luna sereuo Intcr miuora sidéra.

2° Hexamètre dactylique suivi d'un trimètre iambique.

Altéra jaiu teritur bellis civilibus œtas Suis et ipsa Roma viribus luit.

Ici nul rapport entre les deux vers. Aussi les pièces de ce genre répondent-elles à une impression complexe : le pentamètre à cette place rendrait une émotion suivie, toujours la même; l'iambe montre aussi Tame agitée, mais d'émotions diverses, brusques et changeantes. La même remarque s'applique encore davantage aux combinaisons qui suivent.

177. Combinaisons de membres hétérogènes. — L'un des deux vers de la strophe est composé de deux membres hétérogènes, si nettement séparés par la coupe que parfois on en a fait des vers différents :

i° Grand archiloquien (tétrapodie dactylique suivie d'une tripodie trochaïque) alternant avec le trimètre iambique catalectique.

Solvitur acris biems grata vice//veris et Favoni, Trahuntque siccas machinas carinas.

Le quatrième pied de la tétrapodie est toujours un dactyle (à finale brève, sans hiatus, preuve qu'il ne fait qu un vers avec la tripodie trochaïque);

la césure est penthémimère. Dans le vers iambique, le troisième pied est toujours un spondée, le quatrième et le cinquième des iambes ; la césure est penthémimère.

Les trois pieds trochaïques font la transition du dactyle à l'iambe, et comme le vers iambique est catalectique, il fmit comme le vers précédent. Le mouvement est donc à la fois continu et brisé : il varie, il s'arrête, il reprend.

2^ Hexamètre dactylique alternant avec l'iambélégiaque (dimètre iambique, suivi de deux dactyles et demi, cf, 174, 2°) :

Horrida tempestas cselum contraxit, et imbres Nivesque deducunt Jovem : /// nunc mare, nunc siluœ.

Le second vers est asynartète (cf. 130).

3° Trimère iambique alternant avec l'élégiambique (deux dactyles et demi, cf. 174, 2°, suivis d'un dimètre iambique) :

Petti, nihil me sicut antea juvat

Scribere versiculos, /// amore percussum gravi.

Le second vers est asynartète.

Ces deux dernières combinaisons se correspondent : iambes entre dactyles, dactyles entre iambes. Dans la dernière surtout, le mouvement est brusque, la marche agitée; cette brusquerie, cette agitation a pourtant quelque chose de suivi et de régulier, grâce à la façon dont la fin du système se renoue au début, après le choc imprimé par le mètre perturbateur.

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178. Remarque 1. Les poètes postérieurs à l'école classique ont multiplié les vers et les strophes à l'inlini. Souvent ils ont démembré des vers pour faire de chaque membre des vers distincts ; ils ont de même démembré la strophe et isolé tous les genres de vers pour en composer des pièces. Ainsi l'on a eu des pièces en pentamètres, en adoniques, etc.

Remarque 2. Les Latins, comme les Grecs, ont eu aussi des systèmes de différents genres. Le mot système, ou période poétique, peut s'employer au sens de strophe ; cependant il a souvent une acception moins définie. Tandis que la strophe emporte généralementl'idéedure^ow?' régulier d'un nombre déterminé de vers groupés dans un ordre déterminé, quitte à n'être pas homogènes entre eux; le système est plutôt une série indéterminée de membres, d'ordinaire égaux ou homogènes (membres anapestiques, membres trochaïques, etc.), unissant le plus souvent soit par un membre plus court d'une mesure, soit par un membre cataleclique (série de dimètres anapestiques suivie d'un monomètre, série d'octonaires trochaïques suivie d'un septénaire, série de dimètres suivie d'un dimètre catalectique, etc.) Le mot système s'emploie aussi pour désigner la triade ou ensemble de la strophe, de l'antistrophe et de l'épode dans Pindare et dans les chœurs grecs.

Remarque 3. Souvent on dit indifféremment vers

OU membres d'une strophe. A parler strictement, le vers doit commencer et fmir avec un mot, il a la finale indifTérente, et cette finale ne s'élide pas sur le vers suivant; si l'une de ces conditions manque, on a plutôt des membres.

Parfois cependant, c'est le cas des vers asynartètes, les membres sont traités comme des vers distincts ; alors ce qui empêche de leur donner le nom de vers, c'est souvent qu'on ne les trouve pas comme vers séparés où, comme on dit, xaxà cxi/ov; ce peut être pour d'autres raisons encore. Ajoutons que le nom de vers ne s'applique plus quand les membres composants sont au-dessus de deux, et restent indépendants.

Ce qu'il importe de noter, c'est la tendance à terminer tout système par un vers catalectique du même genre. L'hexamètre dactylique est peutêtre formé ainsi de deux membres dont le second serait catalectique ; cette formation est visible dans le pentamètre, dans le septénaire trochaïque, dans le septénaire iambique, etc. Le même procédé est commun aussi dans les strophes du moyen-âge :

Lauda, Sion, Salvatorem, etc.

In hymnis et canticis.

179. — Remarque 4. Il ne faut pas croire que la poésie française soit privée des ressources qu'offrait aux anciens la variété des mètres. Nos lyriques arrivent aux mêmes effets par le nombre des syllabes dans le vers et des vers dans la strophe,

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par la combinaison des rimes et des vers différents. Seulement quoique nous ayons certains rythmes tradilionels et comme classiques, nous y sommes moins astreints que les anciens ne s'astreignaient aux leurs, et nous sommes plus lihres de faire à notre gré des combinaisons nouvelles. Du reste, les anciens en avaient sans doute essayé beaucoup que nous ignorons. Le vers hexamètre, le vers iambique, le vers et la strophe saphiqucs, levers et la strophe alcaïques, le vers et la strophe asclépiades doivent être le terme heureux d'une série d'essais et d'ébauches; les ébauches ont été oubliées, le chef d'œuvre seul a vécu et nous a été transmis.

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