III II I
nduxerat eos // Domiiius in terra promissa.
Errabani [irisyl.) iguarus, // spatians, spe captus inani.
Errabant indocti // veteris fallacia liostis.
Seuuctor aiitiquus // per talia decipit omues.
Lxsurget in Israël // homo de radiée Jesse. ■ 1,1 ■ ■ ■
Et stetit illis // in medio : Fax vobis, inquit.
Nota. On a expliqué de plusieurs façons la poésie de Commodien. Les uns l'ont crue réglée par l'accent; d'autres y voient une versification prosodique, mais avec ignorance de la prosodie, et vers faux à chaque instant, l'auteur n'ayant pas d'autre critérium prosodique que l'accentuation, et allongeant ou abrégeant au hasard quand ce critérium lui manque.
Aucune de ces opinions ne répond aux faits. A part les règles dont il est (juestion dans la, Piemarque 1, il est visible que l'auteur ne tient compte ni de l'accent, ni de la quantité. Pouvait-il prendre pour des dactyles de quantité ou d'accent des mots comme cstote, clamanius , scductor, crrahant; des débuts comme visitari, induxe' rat? Pouvait-il prendre pour des dactyles et des spondées prosodiques ou toniques des fins de vers comme : m nova le<je, pax vobis inquit, et pedes ipsi, solique (ou solisque) sator^ radice Jesse? Pouvait-il, dans le même vers aijrcL'^er et allonger la première syllabe de œternus? Enfin, pouvait-
il finir un vers par semper eritis? Ces exemples montrent qu'il ne prenait pour règle ni l'accent, ni la ({uantité vraie, ni une quantité fausse due à l'emphji d'un critérium trompeur, l'accent.
Que s'il se soumet à certaines règles de l'accent ou de la quantité, surtout à la lin du vers, ce n'est pas comme à une loi s'imposant i)ar elle-même, mais seulement comme à une condition utile ou nécessaire pour faire sentir le rythme, surtout à la fin du vers. Bref, il semble que des deux éléments du vers, l'élément prosodique et l'élément rythmique, Commodien ait délibérément négligé le premier, en gardant seulement le peu qu'il lui fallait pour laisser au second tout son relief; à peu près comme dans la versification moderne, soumise à la rime et à l'accent, on peut faire des vers sans rime. Il a voulu écrire non pas en vers, mais en rythmes, ou, comme dit Gennade, quasi versu. Il faut ajouter que ce procédé n'était possible qu'avec des lecteurs pour qui la quantité n'était plus un élément vivant du langage. Les lecteurs de Commodien étaient à cet égard dans le même état que le disciple dans le de Miisica de saint Augustin (3. 5) : Videris niihi non recordari jani te salis discrevisse quid inter grammaticum et inusicum intersit, cum ego tibi respondissem syllabarum longarum et breviiim cognitionem one non habere quœ a grammaticis traditur ; nisi forte perinittis ut non verbis sed aliquo plausu rythnium istmn exhibeam; nani judicium- aurium ad temporum momenta moderanda me posse habere non nego ; qiiœ vero syllaba producenda vel corripienda sit, quod in auctoritate situm est y omnino nescio. Commodien s'en souvint, il négligea ce qui n'était d'aucun secours pour les pauvres gens qu'il voulait instruire, pour être plus libre dans son exposition; et dans ses Instructions, il adopta une forme plus favorable à la mémoire, celle de l'acrostiche.
Quant aux règles observées par Commodien pour les mots trisyllabiques, sont-elles fondées sur l'accent ou sur la quantité? La réponse n'est pas facile. J'inclinerais à croire qu'il a plutôt égard à l'accent; car c'est l'accent que ses lecteurs distinguaient et marquaient, non la quantité. D'autre part, la règle 3 de la Remarque i fait supposer une certaine influence de la quantité.
A mesure que le peuple oubliait la quantité, les poètes qui écrivaient pour lui prenaient leurs libertés avec elle, comme le montrent, par exemple, les hymnes de saint Ambroise.
En même temps, on devait de plus en plus tenir compte de l'accent, qui, transformé de musical en intensif, restait vivant dans la prononciation. Vint un moment où il devint la règle d'une versification nouvelle. Dès le cinquième siècle, la chose était faite : les rythmes^ comme on disait, avaient pris place à côté des vers prosodiques. Les deux genres furent cultivés au Moyen-Age : on fit des vers prosodiques à l'imitation des anciens, et l'on fit des vers rythmiques d'après la prononciation alors en usage.
L'Eglise a dans son office quelques pièces en vers rythmiques ^
1. Quelques hymnes n'ont ni la régularité prosodique, ni la régularité rytiimique. Ainsi Tliyninc pour la fête du Sacré-Cœur, Audor béate sœcuU.
METRIQUE LATINR.
Les règles du vers rythmique sont très simples :