INTRODUCTION
Il n'est pas facile de trouver le titre convenable pour un livre qui présente au public une étude, nous n'osons dire une science, tout à fait neuve. Si l'on se décide à créer un mot, on risque fort d'être obscur d'avance et de rebuter le lecteur. On ne l'indispose guère moins si l'on recourt à un terme en usage : car ce terme, on doit le détourner de son sens courant, et quelque soin qu'on ait d'en avertir, l'habitude prise est encore désagréablement froissée. C'est cependant le parti auquel l'auteur s'est arrêté en adoptant le titre de Métrique naturelle. Dans sa pensée, l'épithète de naturelle distingue suffisamment sa Métrique de tous les ouvrages publiés jusqu'ici sous ce nom. Il a espéré d'ailleurs que cette introduction écarterait toute équivoque, et qu'en entrant dans ses raisons, on approuverait le choix qu'il a fait.
Quelques personnes s'étonneront sans doute qu'on n'ait pas préféré au terme de Métrique celui de Rythmique, pour désigner une étude sur les divisions du temps perçues par l'oreille : le rythme, en effet, d'après la définition qu'en ont donnée les Grecs, n'est autre chose qu'un certain ordre dans le temps, se manifestant par une sensation (afoOtîdç). Cet ordre se traduit en action par des mouvements, et ces mouvements engendrent, selon leur nature, trois arts distincts, la musique, la métrique et la danse. La matière susceptible