‹ Métrique naturelle du langageChapitre 2 sur 85 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'auteur de la Métrique naturelle du langage est mort à vingt-neuf ans. Depuis plusieurs années sa santé était gravement atteinte. Paul Pierson était né à Metz le 16 avril 1851 : après avoir fait pendant la guerre un service auquel son âge ne l'obligeait pas encore et avoir ensuite opté pour la nationalité française, il se fit, au mois de novembre 1872, inscrire à la conférence des langues romanes de l'École pratique des Hautes Études. Il apportait à la philologie romane, à défaut d'une préparation méthodique, une grande ardeur et la connaissance pratique et littéraire de la langue espagnole ; c'est en apprenant cette langue que, frappé de sa ressemblance avec le latin et le français, il se posa la question générale des rapports des langues romanes entre elles et avec la langue mère et résolut de l'étudier. Il avait aussi pris grand intérêt, comme Lorrain, au patois de son pays, et il s'était amusé à traduire du messin en vers français le poème célèbre de Chan Heurlin. Il resta à l'Ecole trois ans, pendant lesquels il exécuta pour la conférence divers travaux, montrant toujours beaucoup de zèle et d'aptitude, mais sans qu'une prédilection bien déterminée pour telle ou telle question se fit remarquer en lui ; il avait en môme temps préparé son examen de licence es lettres, qu'il passa avec succès au mois de novembre 1873. Une partie de son temps était prise d'ailleurs, soit par les fonctions modestes qu'il remplissait au collège

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