DE L'AMPLIFICATION EN GENERAL
50. Dans toutes les combinaisons étudiées jusqu'à présent, nous avons toujours eu pour fondamentale analytique Yunité simple, c'est-à-dire Yatome; ce n'est pas à dire que cette fondamentale ne puisse pas avoir d'autres valeurs. Quelle que soit son étendue, rien ne sera changé au rapport exprimé par les combinaisons. Il suffit, somme toute, que cette étendue soit telle qu'en la prenant pour unité, les rapports auxquelles elle sert de mesure ne sortent pas des limites perceptibles. Cette condition étant observée, notre unité métrique cesse d'être un atome, pour devenir une unité plus grande susceptible elle-même de divisions, et les combinaisons qu'elle rend possibles prennent des proportions suffisantes pour être désignées sous le nom de périodes.
Nous pouvons donner à la fondamentale analytique autant de durées différentes qu'il y a de nombres élémentaires perceptibles, c'est-à-dire que nous pouvons, dans les combinaisons étudiées jusqu'à présent, donner à cette fondamentale les valeurs 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12 et 14. C'est ce fait de l'extension de l'unité première par sa transformation en l'une quelconque des durées précédentes que nous désignons sous le nom & amplification.
Nous avons 5 amplifications différentes, à savoir les amplifications par octaves, par quintes, par tierces, par septièmes et par neuvième. Chacune d'elles a son caractère particulier, et nous pouvons, dès à présent, les ranger par ordre de simplicité, c'est-à-dire par degré de parenté plus ou moins grande avec la tonique. En premier lieu, nous aurons l'amplification par octaves, c'est-à-dire par 2, 4 ou 8.
L'amplification par quintes, c'est-à-dire par 3, 6 ou 12,
vient en second lieu. Elle engendre une fondamentale analytique dont le rapport avec la fondamentale primitive est, après l'octave, le plus simple de tous. C'est avec elle que commence véritablement l'amplification proprement dite, c'est-à-dire l'amplification qui apporte un nouvel élément aux combinaisons déjà obtenues.
L'amplification par quintes forme avec l'amplification par octaves un système d'unités métriques qui ont une grande affinité les unes pour les autres. On passera avec la plus grande facilité de l'une à l'autre ; mais, toujours, l'amplification par octaves nous apparaîtra comme étant la plus aisément perceptible, et l'amplification par quintes comme apportant un élément de complication qui rend nécessaire le retour à la simplicité, c'est-à-dire à l'octave. Ces alternatives de simplicité et de eomplication donnent aux mètres une force d'attraction qui fait le mouvement et la vie des périodes.
Le système engendré par la combinaison de l'amplification par octaves et de l'amplification par quintes constitue ce que nous appellerons la tonalité métrique. Quant aux autres amplifications, elles sont de plus en plus difficilement perceptibles et engendrent, dans leur alternance avec l'amplification par octaves, des rapports beaucoup moins simples.