C. — Endométrite déciduale récente, avec ou sans réten
tion du placenta ou des membranes, y compris les endométrites puerpérales septiques post-partum. 16
Total 339
A). Dans les 280 cas légers ou de moyenne gravité, un grand nombre sont représentés par l’endométrite catarrhale ou épithéliale superficielle, ayant succédé à de petits accidents septiques des couches. .
Le reste provenait de causes banales, malpropreté, pessaires, coït suspect, traitements antérieurs faits sans précaution, polypes ou fibromes interstitiels, déviations, etc., etc.
Chez près de cent de ces femmes j’ai noté des complications anciennes du côté du péritoine pelvien et des annexes.
La thérapeutique a été instituée du 3® au 12® mois après le début des accidents, dans les deux tiers des cas environ ; après la première année, dans le tiers des cas seulement. Dans ce groupe ne figure aucun cas ayant dépassé 15 mois.
Le traitement a consisté en pansements intra-utérins avec fécouvillon doux, écouvillonnage pratiqué en règle. Les solutions créosotées étaient au début à 1/ 10 seulement. Ce n’est que depuis près de trois ans que je les ai portées à 1/5, puis à 1/3, et que je suis enfin arrivé, pour aller plus vite, à user quelquefois de la créosote pure. J’ai le plus souvent fait la dilatation préalable ou extemporanée.
La guérison était complète, quelques mois après le traitement, chez la grande majorité de mes malades que j’ai eu l’avantage de revoir. J’en vois encore aujourd’hui quelques-unes de temps en temps. ■
J’ai eu souvent besoin de faire plusieurs écouvillonnages ; je n’ai jamais dépassé sept, à quelques jours d’intervalle. Cette nécessité tenait sans doute à ce que mes solutions de créosote étaient trop faibles, et que je n’étais pas encore enhardi à la thérapeutique intra-utérine.
B). Dans les 43 cas d’endométrites anciennes, hémorrhagiques, végétantes, polypeuses, etc., j’ai pratiqué au début l’écouvillonnage seul, mais depuis un an surtout, j’ai recours à la combinaison du curage et de l’écouvillonnage.
Ma première malade date de 1881. Menstrues fétides et état fongueux de toute la muqueuse du corps. L’écouvillon ramenait des granulations bourgeonnantes.
J’ai eu à opérer une malade de la clientèle du docteur Labusquière, deux du D" Butte, deux du D"" Brethes une du D'’ Desnos, dernièrement encore, une du D" Lanteirès, une du Di^ Guérin, une du D** Genesteix, une du D^ Pioger, etc. Je revois de temps à autre une malade soignée par le D*" Quinquaud pour une acné rebelle, et qui a guéri d’une très vieille endométrite après un seul
écouvillonnage, et chez laquelle la ménopause a été très précoce. La plupart de mes autres opérées sont des malades d’hôpital ou de ma clientèle privée. Je dois mentionner un cas de dégénérescence sarcomateuse totale de la muqueuse utérine dans ce groupe de 43 cas, et une endométrite déciduale datant de 4 à 5 mois.
Des lambeaux de muqueuse enlevés à quelques-unes de ces malades, j’ai des préparations histologiques faites par MM. Marfan, interne de l’Hôtel-Dieu, Moulonguet, interne à l’hôpital Saint-Louis, M. Zinowieff, mon chef de laboratoire, et par moimême. Elles sont en nombre suffisant pour faire le sujet d’une petite revue d’ensemble sur les lésions pathologiques de l’endométrite.
La guérison des malades de cette dernière catégorie par le curage et l’écouvillonnage combinés ou par l’écouvillonnage seul, est certaine pour les cas opérés depuis plus d’un an. Pour les cas les plus récents, la guérison est certaine pour le présent et je suis convaincu qu’elle se maintiendra, mais il faut attendre du temps la réponse définitive. Au reste, les cas anciens dépassent le chiffre de vingt,
C). Dans le troisième groupe de 16 cas, il s’agit d’endométrite septique puerpérale récente post-partum ou post-abortum, tantôt avec rétention de débris placentaires ou du placenta, tantôt sans rétention.
J’ai besoin d’autant moins d’insister sur ces cas, que la plupart figurent dans mon précédent mémoire sur le traitement de l’avortement. Douze observations sont publiées dans ce mémoire, dans lesquelles trois ou quatre fois seulement l’endométrite septique faisait défaut. — Je puis ajouter aux neuf observations restantes sept cas encore inédits : trois du service de la Charité, octobre 1886, recueillis par M. Lancry, interne des hôpitaux, un du docteur Brette, un du D*" Billon.
J’y ajoute un cas pour lequel mon collègue et ami Hutinel avait été mandé, où je fis l’extraction et le lavage intra-utérin extemporanés, et où je ne pus faire le curage très soigneux de la matrice, faute d’aide et des préparations médicamenteuses nécessaires. Un cas de ma pratique privée termine enfin cette dernière série.
Nota. — Toutes les malades de la présente statistique sont guéries sans accidents.
Je ne fais pas figurer à dessein dans ce résumé quelques cas de traitement local de la septicémie puerpérale franche post-partum et par rétention bien évidente des membranes ou de débris appréciables delà caduque. J’ai souvent parlé de ce traitement direct et immédiat de l’endométrite puerpérale, et je le pratique, contrairement au procédé aveugle et moins immédiat, réalisé par le lavage ou les irrigations. — Ce sera l’objet d’un mémoire complémentaire de mon travail sur la fièvre puerpérale.
Je ne fais pas figurer davantage, dans ce tableau, les cas de métrite chronique du col, que je réserve pour un prochain mémoire dont je possède des éléments assez nombreux, pour juger certains points importants de la question si intéressante des états pathologiques du col de l’utérus.
On consultera utilement les thèses de mes élèves :
D'' Véper : thèse de Paris, 1887. «.Dilatation )>.
D*" Boureau : 1888.
Ainsi que mes autres ouvrages :
« Pathogénie et traitement des flexions de l’utérus, parla dilatation lente et progressive employée comme procédé de massage et de gymnastique ViiéYme.. » (Soc. obst. et gyn. de Paris, décembre 1887. Bulletins, p. 279.)
« Evacuation des collections enkystées de la trompe par la dilatation et le drainage de l’utérus. « (Ibid., p. 91, 1889.)
« Pratique gynécologique, » T. II.
Instruments à employer pour le curage.
iMg. 2. Dilatateur métallique de Sims ; peu usité et d’un maniement réputé dangereux par les déchirures qu’il est susceptible de produire.
Fig. 3. — Dilatateur de Hégar.
Fig. 5. — Tente-éponge préparée.
Fig. 6. — Curette longue exploratrice de Doléris.