C. Fonctions sécrétoires de la muqueuse
A. Muqueuse du Corps de l’Utérus.
Lisse, unie, de coloration gris-rosée, de consistance molle, d’épaisseur variable, la muqueuse adhère ti*ès peu au muscle sousjacent ; elle est criblée d’orifices glandulaires punctiformes. Les dimensions des espaces inter-glandulaires sont les mêmes que celles des glandes elles-mêmes.
Histologiquement.^ deux éléments sont à considérer de près dans cette muqueuse :
Ij' épithélium de surface et ses dépendances, les glandes qui constituent le parenchyme ;
2° le chorion muqueux, tissu interstitiel qui remplit les intervalles laissés par les glandes, où prédomine la cellule utérine (cellule déciduale, interstitielle, etc.).
P Ij' épithélium de surface est rangé en couche unique, régulière de cellules cylindriques égales, d’aspect palissadé sur la coupe. Ces cellules ont 33 [j- de longueur (Kôlliker) et sont munies de cils.
Les glandes sont une dépendance directe de la couche épithéliale ; elles sont plongées dans le chorion. Leur disposition diffère de celle des glandes du col. Cette différence d’ailleurs s’explique par celle du rôle qui est dévolu aux unes et aux autres dans le fonctionnement de l’organe.
Elles sont tabulées et terminées en cæcum. Leur orifice se dessine à la surface de la muqueuse par un point. Il n’en sourd point un mucus consistant, mais tout au plus une exhalation séreuse. Leur extrémité profonde affleure la couche musculaire, et le plus souvent la pénètre de quelques millimètres. Elle est unique, rarement bifide .
Dans toute sa longueur, le tube glandulaire est tapissé intérieurement par le meme épithélium en couche unique, régulière, palissadée, sans cils et de dimensions très inférieures à celles de l’épithélium des utricules du col. On peut dire que le tube épithélial constitue toute la glande, car on ne démontre pas histologiquement une paroi propre. Les cellules de cette couche ont le noyau basal et le protoplasme clairs et fluides ; c’est un véritable appareil de filtration, d’une passivité absolue, fragile et délicat, permettant la transsudation du sérum sanguin sous l’influence discrète et insensible d’une pression moyenne dans les vaisseaux de la muqueuse ; allant jusqu’à permettre le passage des éléments figurés et colorés du sang sous l’influence d’une forte pression et dans quelques conditions spéciales telles que la menstruation régulière, les spasmes, les tumeurs, etc. On voit alors les glandes remplies de sang.
La couche épithéliale repose sur une membrane basale qui la
MUQUEUSE UTÉRIME
sépare du derme. Cette membrane n’a point une texture que l’on puisse considérer comme formée d’éléments propres. Elle est amorphe.
Dans les périodes d’activité de la muqueuse, elle est cons* tamment pénétrée par des cellules, en mouvement de formation incessante, cellules cuboïdes résultant de la prolifération des éléments cellulaires spéciaux du derme, et destinées à se différencier dans le sens des épithéliums. Cette différenciation se voit assez bien dans les cellules qui sont irrégulièrement, mais immé^ diatement juxtaposées à la couche cylindrique dont elles sont d’ailleurs destinées à remplacer les éléments caducs. Le même phénomène se présente dans la zone dermique immédiatement sous-jacente à l’épithélium de la surface muqueuse. On appelle ces cellules ainsi transformées indifférentes ou encore épithélioïdes. De ce fait qu’elles proviennent du chorion, mais qu’elles sont destinées au remplacement de la couche épithéliale des glandes, elles ont une importance capitale pour la pathologie du cancer de la muqueuse ; c’est d’elles, et non des épithéliums définitifs que paraissent procéder les néoformations épithéliomateuses. Cette doctrine est très vraisemblable et paraît démontrée pour bien des cas, d’après l’examen histologique d’un assez grand nombre de pièces. Si elle est réellement vraie, elle prouve que l’irritation nutritive d’où procède la dégénérescence du tissu ne fait point dévier les éléments, mais seulement les incite à une suractivité qui les pousse rapidement à la forme définitive. De plus, la zone de dégénérescence se trouve au point où s’opère le contact entre les capillaires sanguins et lymphatiques les plus déliés et les plus extrêmes de la muqueuse, et l’appareil dialyseur lui-même, étalé sur la surface interne de la matrice. Le germe du cancer, si je puis ainsi dire, aurait donc pour provenance le milieu intérieur, le sang.
Telle est, en somme, la paroi glandulaire, paroi indépendante et douée d’une suractivité très spéciale. Dans cette paroi, se tamisent les capillaires sanguins qui entourent le tube comme d’un réseau dense, et la nappe lymphoïde décrite par Léopold, niée par quelques auteurs, mais théoriquement admissible en se reportant à la signification physiologique du tissu conjonctif en général. (Ranvier, Renaut.)
FAUSSES METRITES
En résumé, la couche unique d’épithélium de la surface, aussi bien que celle des follicules, est doublée d’une zone cellulaire très active contenant un réseau sanguin et lymphatique très richement organisé qui leur tient lieu de paroi. Lorsque, plus loin, je montrerai la facilité avec laquelle ces cellules s’agrandissent et s’emplissent d’un liquide clair et abondant, on comprendra aisément ce mécanisme de l’hémorrhagie utérine et de certains flux séro-muqueux : les capillaires distendus par congestion active ou passive se trouvant privés d’un soutien solide et flottant pour ainsi dire au milieu d’une substance molle en grande partie colloïde, laissent transsuder leur contenu; le sang filtre dans les glandes, dans le tissu péri-glandulaire ; nombre d’éléments se décolorent au contact de l’eau dont le tissu est imprégné et une exhalation séreuse, incolore d’abord, puis séro-sanguinolente se produit. L’effraction des vaisseaux et du revêtement épithélial produit la phase hémorrhagique vraie.
Pour en revenir au rôle physiologique du revêtement épithelial de la surface muqueuse et à celui des glandes, qui est absolument identique, la question est liée à la signification même que l’on accorde à ces dernières.
Les glandes du corps de V utérus ne sont point des appareils de sécrétion^ telle est l’opinion actuelle de la plupart des physiologistes. Ces tubes, dont la direction est perpendiculaire à la surface, la longueur proportionnée à l’épaisseur de la muqueuse, par conséquent variable comme celle-ci, leur disposition ondulée, mais non spiroïde, témoignent de la solidarité étroite qui existe entre elles et le stratum épithélial de la surface muqueuse. En réalité, elles sont de simples diverticules de cette dernière. Chez certains animaux à placenta diffus, la jument, le lama, et certains cétacés, Planteau (1) a montré que des néo-glandes se développent par invagination de la muqueuse. Elles ne dépassent pas la forme cupulaire. C’est un intermédiaire entre le tube folliculaire et les simples dépressions qu’on voit sur la muqueuse, alors qu’elle prend l’aspect mamelonné propre au début de la gestation.
Plane, déprimée, cupulaire ou tubulaire, l’invagination épithé-
(1) Journal de VAnat. et de la Physiol.,i. XVII, juillet 1881.
MUQUEUSE UTERINE
liale a partout la même signification et la même fonction. Or, quelques physiologistes ont émis l’avis que le chorion fœtal venait implanter ses rameaux villeux dans diverses dépressions, pour y puiser un liquide nutritif spécial chargé de principes azotés et de gaz utiles à la vie et au développement de l’embryon. Ercolani (1), Scharpey, W. Turner (2), ont défendu cette idée avec quelques variantes de peu d’importance. Rien ne démontre anatomiquement l’absolue vérité de ces affirmations, mais rien non plus ne contredit absolument cette doctrine : le rôle habituel de la muqueuse utérine, hors l’état de gestation, permet d’en accepter le principe d’une façon générale. Durant la menstruation, l’exhalation séro-sanguine d’abord, sanguine ensuite, a lieu aussi bien dans la cavité des glandes qu’à la surface de la muqueuse. On trouve, dans. l’intervalle des follicules, de nombreux globules rouges et la trame péri-folliculaire est infiltrée de sang et d’aspect apoplectique. Au cours d’une gestation ectopique^ alors que la muqueuse de l’utérus inhabité subit néanmoins une hyperplasie notable et des modifications en rapport avec l’état gravidique, les follicules distendus changent de texture : leur épithélium devient polyédrique, pavimenteux et proliférant. Un suc blanchâtre (Robin) (3) remplit les tubes, s’étale en nappe à la sortie des orifices muqueux.
La description de' Conrad et celle de Langhans (4) sont analogues. Dans l’analyse d’un autre cas par de Sinéty (5), on voit que les glandes distendues sont infiltrées de cellules rondes, bien que certains follicules aient conservé leur épithélium cylindrique.
Enfin, j’ai étudié avec le plus grand soin, en 1883, une muqueuse utérine dans un cas de grossesse tubaire sur des coupes pratiquées par mon ami le D'’ Gaillard et, depuis cette époque, j'ai fait trois examens analogues toujours avec le même résultat : dilatation des tubes glandulaires, transformation de fépithélium cylindrique en épithélium cuboïde irrégulier, et pénétration
(1) Ercolani. Journal de VAnat. et de la Physiol. 1863.
(2) Turner. Trans. of. Roy. Soc. of, Edinburgh, 1872.
(3) Robin. Méyn. Acad, de méd., 1861.
{4:)Arcluf.Gyn.,i.lX, p. 337.
(5) De Sinety. Soc. de Biologie, 26 mTi 1877.
882 FAUSSES MÉTRITES
de la cavité des tubes par des cellules embryonnaires et des globules sanguins.
Dans les deux ou trois premiers mois de la grossesse normale, la caduque présente dans sa couche épithéliale et dans ses glandes la même modification (Robin).
J’ai présenté le 10 mai 1883, à la Société de Biologie, des lambeaux de caduque fraîche expulsée au cinquième mois d’une gestation, qui arriva néanmoins à son terme. J’en ai donné la description détaillée (1). A propos des glandes, il est dit dans l’observation, qu’elles sont dépourvues d’épithélium cylindrique et remplies de globules sanguins décolorés, de cellules embryonnaires, et qu’elles sont en outre pénétrées par les cellules du stroma.
De ces descriptions, il ressort nettement que rien n’autorise à considérer les tubes utérins comme des appareils de sécrétion ; qu’on peut, avec la plus grande vraisemblance, les considérer à l’état de vacuité — pendant la menstruation, — au cours de la grossesse ectopique — et dans les premiers mois de la grossesse utérine, comme des appareils de filtration pour les éléments liquides du sang et, dans des circonstances spéciales, pour les éléments figurés eux-mêmes ; bien mieux encore, pour certains corps cellulaires formés aux dépens des cellules du stroma muqueux. Cela me permet de dire que si Turner et Ercolani ont décrit, peut-être à tort, un lait placentaire, provenant de la sécrétion glandulaire de la caduque et destiné à l’embryon des premiers jours, il ,n’en est pas moins vrai que des matériaux nutritifs, provenant du sang maternel sont exhalés de toute la surface épithéliale de l’utérus. Ce document physiologique trouve un nouvel appui dans le rôle et la transformation du stroma ainsi que des vaisseaux.
Glandes et épithélium dans la menstruation. — Que devient l’épithélium et quel est son rôle pendant les règles ?
Au cours de la menstruation, il paraîtrait rationnel d’admettre que l’effraction du revêtement épithéliul par le sang soit habituel, sinon tout à fait absolu.
Nombre d’auteurs ont étudié cette question, et c’est de leurs
(1) Landa. (Thèse 1833.)
MUQUEUSE UTÉRINE 383
recherches divergentes que sont nées des théories malheureusement trop nombreuses.
Il faut citer de suite trois auteurs : Williams (1), Kundrat et Engelmann (2), qui admettent hautement l’exfoliation partielle ou totale de la muqueuse utérine au cours de la menstruation. Cette exfoliation serait déterminée par la dégénérescence graisseuse des éléments et le raptus apoplectique dans le stroma. Cette opinion est de plus en plus discréditée. Léopold avait réagi notablement contre elle en 1877.
Il faut en revenir à l’opinion rationnelle qui admet une simple exhalation séro-sanguine, avec issue des éléments figurés du sang, soit par diapédèse, soit par rupture de quelques capillaires sous-épithéliaux. Kôlliker signale les hyperplasies des glandes et la dilatation vasculaire. Il admet l’élimination partielle de l’épithélium, ce qui est tout à fait en rapport avec la poussée fluxionnaire plus forte subie en certains points de la muqueuse, mais il considère l’élimination partielle ou totale de la muqueuse comme un phénomène anormal.
De Sinéty (3), chez des femmes mortes en état de menstruation à diverses périodes des règles et dans l’hiver (l’utérus étant donc dans de bonnes conditions pour Texamen), a toujours trouvé la muqueuse intacte. Il conclut que, chez la femme à l’état normal, la muqueuse ne s’élimine pas, même superficiellement.
Grâce à la vulgarisation du curetage, il m’a été possible de me renseigner sur ce point avec toute la précision désirable et dans les meilleures conditions possibles ; j’ai donc plusieurs fois détaché des lambeaux de muqueuse utérine, en pleine période de règles et à différents moments, soit pour arrêter une métrorrhagie, soit à titre d’exploration, et divers examens ont été pratiqués sur les pièces conservées avec le plus grand soin. Ges examens ont été faits soit par M. le D" Paul Petit, soit par moi-même. Les conclusions tirées de ces recherches sont d’accord avec celles de Kôlliker et de Sinéty. En résumé, on doit accepter que l'exfoliation épithéliale n’est pas un phénomène nécessaire pour la production de l’écoulement sanguin menstruel.
(1) Obstetric Journal, fév.-mars 1875.
(2) American Journal of Obstetric, mai 1875.
(3) De Sinéty. Ga:{^ méd. et Soc. de Biologie, 5 mai 1880.
FAUSSES METRITES
Pendant la gestation, la muqueuse se dépouille de son épithélium. Ici tous les auteurs s’accordent : les cils des cellules de la surface tombent de très bonne heure ; l’aspect cylindrique se transforme en cubique, puis pavimenteux, et finalement l’épithélium disparaît. L’œuf est directement greffé sur le stroma muqueux.
Derme et Vaisseaux.
Quelques auteurs ont déduit des observations histologiques sur la muqueuse utérine une division assez complexe de cette muqueuse.
Ils admettent trois couches en allant delà surface à la profondeur : P la couche interne : épithélium, stratum sous-épithélial, orifices infundibuliformes des glandes ; 2° couche moyenne, chorion mou renfermant les corps des glandes ; 3° couche profonde juxta-musculaire, renfermant la terminaison des glandes. Cette troisième couche est la trame unissante de la muqueuse avec la musculeuse. Elle se convertit en un tissu spongieux trabéculaire où les éléments résistants, se raréfient de plus en plus, dans la caduque des derniers jours de la gestation et au niveau de laquelle se fait la séparation du placenta, la déhiscence de l’œuf.
D’autres auteurs n’admettent que deux couches.
De Sinéty n’accepte point ces divisions. Il n’est pas nécessaire, en effet, de créer des zones artificielles et en tout cas ces divisions ne sont applicables qu’à la région placentaire de la muqueuse déciduale durant la période de la gestation.
Je m’en tiendrai donc à la division naturelle de la muqueuse en D couche épithéliale déjà étudiée, à laquelle se rattache fensemble des tubes glandulaires, et 2° en derme ou chorion muqueux.
Toutefois, et je le montrerai plus loin, on ne peut nier que dès qu’une activité anormale s’empare de la muqueuse utérine, il apparaît dans le chorion une disposition inattendue, qui crée des zones artificielles. La délimitation de ces zones se fait à la faveur de la disposition spéciale des vaisseaux capillaires, qui s’accusent sous forme de réseaux en nappe, dont le plus superficiel est
MUQUEUSE UTÉRINE 385
sous-jacent à rëpithélium, le plus profond intermédiaire à la musculeuse et au chorion.
Etudions donc le stroma et les vaisseaux.
Stroma muqueux. — Il correspond aux travées interglandulaires. Il est constitué par des éléments déliés, conjonctifs et élastiques entre-croisés, fort rares, et par de la substance amorphe, au milieu de laquelle se rencontrent les vaisseaux, les lymphatiques et des cellules spéciales. Ces cellules spéciales sont arrondies et régulières à la façon des cellules embryonnaires du tissu conjonctif, et rien ne permet histologiquement de les différencier de ce tissu.
Un caractère cependant leur donne une pliysionomie propre, c’est leur mobilité et l’inconstance de leur forme. Pour tout dire, la cellule conjonctive du derme de la muqueuse utérine est un élément de première importance et qui a depuis longtemps attiré l’attention des histologistes. C’est sur elle que repose une bonne partie de la physiologie de la nutrition do l’embryon, et à son évolution complexe se rattachent des considérations pathologiques de grand intérêt.
Aussi, j’ai cru devoir lui réserver ici une grande place.
La cellule conjonctive du derme muqueux de l’utérus peut être considérée comme l’élément noble de la matrice (cellule interstitielle, cellule spéciale, cellule déciduale).
' Sa forme va de celle de la cellule ronde ou lymphoïde classique jusqu’à la cellule géante^ véritable bloc protoplasmique, énorme, d’une vitalité singulière, parfois polyédrique, parfois fusiforme, parfois fragmenté en noyaux multiples. Elle synthétise dans la muqueuse utérine, organe essentiellement formateur et toujours renouvelé, les apparences infiniment variées de la cellule embryonnaire type, telle qu’on la rencontre dans le corps de l’embryon à la période où elle se différencie pour former les éléments spéciaux de chaque tissu.
De celte variété de volume et de forme on peut déjà déduire des aptitudes très significatives au point de vue des phénomènes de la génération. Du reste, les organes qui y concourent : l’ovaire, le testicule qui, comme la muqueuse utérine, sont appelés à un renouvellement, à un mouvement vital incessant, renfer-
FAUSSES MÉTRITES
ment le même élément avec le même caractère commun, la muabilité de la forme pour la création des éléments immédiats de la reproduction : le spermatozoïde, l’ovule.
Aucune cellule de l’organisme humain, si on en excepte l’ovule fécondé lui-même, ne réalise d’une façon plus saisissante le tableau de la rfc, dans l’élément cellulaire. Et cependant nous ignorons les points les plus importants de la destination physiologique de la cellule utérine.
Quant à la nature et à Y origine de ces éléments, que de divergences !
Kœlliker les rapproche des épithéliums ou du chondroplaste.
Friedlander les nomme déciduales {decidual^elle). Il les déclare d’origine non épithéliale. Et cependant il fait remarquer leur ressemblance avec l’épithélium ; même mélangée de jeunes cellules néoformées, la couche épithéliale de la muqueuse utérine se laisse aisément séparer de la couche sous-jacente ; ensuite, dans la zone profonde de la muqueuse, les cellules déciduales retournent à la forme en fuseau avec noyau médian.
Kundrat et Engelmann admettent l’origine connective.
Henning les fait dériver des globules blancs du sang.
Waldeyer ei Romiti les font provenir de la paroi des vaisseaux et principalement des cellules de la gaine périvasculaire.
Ercolani : Elles naissent à l’origine dans le tissu conjonctif sous-muqueux. Par la suite, elles prolifèrent aux dépens des néo-vaisseaux qu’elles ont formés, et non point des vaisseaux préexistants.
Creighton admet l’origine périvasculaire aux dépens des vaisseaux préexistants.
Janinsky, l’origine épithéliale.
Laulanié la trouve dans le tissu chondroïde.
Frommel la découvre (chez le rat) dans le tissu connectif sousépithélial. Lombardini même doctrine.
Enfin Overlach distingue, dans le stroma muqueux, deux ordres d’éléments :
1° cellules polygonales à un noyau ;
2® cellules plus volumineuses, arrondies ou ovoïdes à nombreux petits noyaux.
MUQUEUSE UTÉRINE
Tel est l’exposé très complet que je trouve dans le récent travail de Clivio de Turin sur la muqueuse utérine et le placenta de la lapine.
J’ai réservé une mention spéciale à la doctrine suivant laquelle les decidual\ellen sont des éléments vaso-formateurs et jouent, dans la muqueuse utérine de la gestation, un rôle prépondérant pour la constitution du vaste réseau lacunaire où- se répand le sang maternel et où viennent plonger les villosités vasculaires du fœtus.
J’ai vérifié à cet égard les études entreprises par Greighton, chez le cochon d’Inde et par Masquelîn eiSchxx^ann sur des petits animaux (le lapin) et je pense avoir retrouvé sur certaines caduques des premiers mois de la gestation, dans l’espèce humaine , la même démonstration du rôle vaso-formateur de la cellule utérine dont l’exposé sera fourni plus loin.
Vaisseaux de la muqueuse utérine. — Nous ne saurions pénétrer plus avant dans cette étude anatomique et physiologique tout à la fois, sans envisager la disposition des vaisseaux de la muqueuse utérine et le rôle qu’on peut leur prêter théoriquement au moins.
Lorsqu’on étudie au microscope la coupe d’une muqueuse utérine on trouve :
1° un réseau capillaire situé à l’union de la paroi musculaire et de la muqueuse, formant une nappe vasculaire importante (réseau profond) ;
2° un réseau analogue, situé superficiellement dans la couche dermique sous-épithéliale. Les mailles en sont tellement denses, dit Robin, que le diamètre du capillaire est presque aussi grand que l’étendue de la surface interposée. Ce réseau forme donc une deuxième nappe vasculaire, située à la surface de la muqueuse (réseau superficiel) ;
3® des vaisseaux volumineux à direction perpendiculaire à la muqueuse et qui, d’après Langhans, seraient des veines réunis sant ces deux réseaux* La direction de ces vaisseaux est spiroïde branches veineuses intermédiaires)*
FAUSSES MÉTRITES
Cette disposition se voit très nettement sur une de mes coupes reproduites dans la thèse de Landa, où les deux zones vasculaires sont marquées par une ligne sombre indiquant une apoplexie en nappe.
. Au point de vue de la déhiscence de la muqueuse cela est important, parce que cela semble indiquer d’avance que la séparation de la muqueuse se fera à la limite musculo-muqueuse ou bien sous l’épithélium, à la faveur d’un raptus congestif qui aura amené la dissociation des éléments résistants du tissu, par infiltration apoplectique.
Robin a décrit quelque chose de plus dont l’importance vise un -autre objet : c’est la disposition agglomérée de certains ramuscules vasculaires de la muqueuse. J’ai aussi constaté nettement et longuement observé ces pelotons que je considère comme de vrais glomérules vasculaires auxquels les physiologistes jusqu’ici n’ont prêté aucune attention.
Cette disposition glomérulaire se trouve dans les capillaires profonds aussi bien que dans les réseaux superficiels.
Les capillaires de la muqueuse sont plus gros que ceux de la couche musculeuse sous-jacente. Leur paroi vraie est uniquement constituée par un endothélium nucléaire, mais les cellules spéciales du stroma, séparées par de la substance amorphe, leur forment une sorte de paroi adventice d’une grande importance.
Physiologie de la cellule utérine et des vaisseaux de la muqueuse.
On trouve physiologiquement la cellule utérine dans trois con ditions différentes où il est intéressant de l’étudier, en même temps que les autres éléments du chorion muqueux, qui d’ailleurs évoluent en même temps qu’elle, suivant l’étape physiologique correspondante.
1® à l’état de repos de la muqueuse utérine ;
2® à l’état actif correspondant à l’effort de nidation périodique (règles) ;
3® à l’état de suractivité : grossesse extra-utérine, grossesse utérine.
MUQUEUSE UTÉRINE
PA l’état de rèpos^ si l’idée de repos est admissible pour line muqueuse qui est le siège de fluxions périodiques entraînant toujours avec elles une suractivité fonctionnelle prolongée, les éléments spéciaux de la muqueuse, ou cellules utérines^ ainsi que je continuerai à les appeler, sont rares^ arrondies, régulières, de sept à huit [x et emplis par un noyau volumineux, central et régulier qui se colore fortement par les réactifs.
Les vaisseaux sont ce que je viens de dire précédemment.
2® Durant la menstruation^ les cellules utérines subissent les effets de l’hypernutrition et on voit ces éléments croître en nombre d’une façon assez notable, mais proportionnellement peu en volume. Seule la couche avoisinant l’épithélium paraît renfermer quelques éléments qui ont grandi. C’est même une opinion qui a été soutenue qu’il y a dans la muqueuse menstruelle quelques cellules qui tendent à affecter la forme et les dimensions de la decidual^elle \ de telle sorte qu’il serait impossible de différencier, au microscope, la caduque d’un avortement de quelques semaines de ce qu’on a voulu appeler, pour cette raison (à tort selon nous), la caduque menstruelle. Cette opinion ne cadre pas avec les résultats des recherches que j’ai signalées plus haut. Il est même intéressant de savoir que la menstruation modifie notablement certaines manières d’être de la muqueuse, sans imprimer un caractère particulier aux éléments anatomiques eux-mêmes.
La muqueuse menstruelle est épaisse, les glandes sont déformées avec des ondulations plus marquées, le tissu interglandulaire augmenté et surtout les espaces intercellulaires agrandis- Mais, dans cette disposition anormale, l’augmentation disproportionnée de la partie presque amorphe du derme est surtout frappante. Il est visible, lorsqu’on considère les dilatations vasculaires coexistantes et les apoplexies diffuses dans le chorion et dans les glandes, que c’est surtout un état à' infiltration séreuse de la muqueuse qui se produit durant la menstruation. Seul un excès de tension vasculaire, avec gêne de la circulation en retour, peut expliquer cette sorte d’œdème.
Or une gêne circulatoire aussi prolongée ne trouve guère d’ex^ plication que dans une action contractile permanente du muscle
FAUSSES MÉTRITES
utérin dont l’éreclilité spéciale serait mise en jeu d’une façon durable par le phénomène de la menstruation. A moins toutefois que l’action spasmodique ne porte plus spécialement sur les tuniques vasculaires elles-mêmes, auquel cas la menstruation pourrait se traduire physiologiquement par cette formule : réflexe utérin vaso-dilatateur.
Mais cela n’expliquerait pas la congestion veineuse due à la. gêne de la circulation en retour. Il faut, en plus, le spasme delà paroi musculaire de l’utérus; et l’on a alors les facteurs suffisants pour comprendre cette érectilité spéciale établie par Rouget pour tout l’appareil de la génération.
Quoi qu’il en soit, il est indiscutable qu’il se produit à chaque période menstruelle un épaississement marqué de la muqueuse utérine qu’il faut attribuer : 1° à l’augmentation de la substance amorphe intercellulaire, qui n’est qu’une dilution de la mucine préexistante, par l’excès d’eau infiltrée dansles mailles du stroma (Bischoff) ; 2" à la surdistension des capillaires de la muqueuse ; 3“ à l’infiltration apoplectique et séreuse de certaines parties de cette muqueuse et de la cavité des glandes.
, Ces trois ordres de phénomènes dépassent de beaucoup en importance les modifications cellulaires, multiplication nucléaire et augmentation de volume.
En sorte que le processus menstruel^ dans la muqueuse utérine,; peut être représenté par un spasme dilatateur des vaisseaux, auquel s’ajoute sans doute l’action occlusive du muscle utérin. Ace spasme correspond l’ectasie permanente des vaisseaux capillaires muqueux dans leurs trois couches de distribution, surtout dans les veines perpendiculaires et dans les pelotons glomérulaires (capillaires variqueux) ; d’où : exsudation séreuse, infiltration œdémateuse des travées interglandulaires. Les capillaires ectasiés, mal soutenus par les cellules de la paroi adventice dissociées, se rompent par places ; d’où infiltration hémorrhagique. Rien ne saurait mieux être comparé à ce processusphysiologique que les œdèmes cutanés partiels des névropathes, ou les congestions localisées en certaines régions de la peau (stigmates) ou des muqueuses, et suivies parfois d’hémorrhagies, par diapédèse ou ruptures capillaires (hémathydrose, hématémèses, hémoptysies hystériques).
Ce n’est pas ici le lieu de remettre en question l’origine du ré-
MUQUEUSE UTÉRINE
flexe compliqué de la menstruation qui est, à n’en pas douter, dans la ponte ovarienne, normale ou anormale.
3® Dans certaines conditions morbides d’irritation prolongée, de réflexe permanent retentissant directement sur la muqueuse utérine, on voit les phénomènes s’accentuer dans le sens du processus plastique propre à l’état gravidique. Ce qui se passe dans la muqueuse utérine dans la grossesse extra-utérine^ fournit la démonstration de Intendance de la cellule interstitielle à se modifier, avec le temps, dans le sens de la cellule géante déciduale, même en l’absence de l’œuf fécondé dans l’utérus.
Ici l’œdème n’occupe pas seulement la zone amorphe qui sépare les éléments cellulaires ; l’infiltration pénètre la cellule elle-même et, dès lors, le protoplasma s’entoure d’une zone claire, fluide ; la cellule se déforme en augmentant de volume et le noyau s’hyperplasie. On assiste même à une multiplication nucléaire très nette et très abondante ; c’est un degré de plus. L’infiltration du stroma apparaît ici à son maximum, les transformations cellulaires les plus marquées se produisent, sans que le mécanisme cesse pour cela d’être le même que celui de la gestation. Les cellules se montrent avec les mêmes variétés de forme que celles des éléments de la caduque vraie dans la grossesse utérine : cellules en aiguilles, cellules géantes, polyédriques, etc.; mais le processus est diffus et passager. Il s’y mêle d’ailleurs des apoplexies étendues de la muqueuse.
Ces apoplexies, qui sont un degré plus marqué de l’œdème hémorrhagique de la menstruation, mais qui, comme lui, reconnaissent pour cause un réflexe vaso-paralytique, constituent le mécanisme de la déhiscence partielle delà muqueuse, phénomène fréquemment observé dans la grossesse extra-utérine. La contraction spasmodique utérine en est le moteur premier, puisque c’est d’elle que dépend le trouble mécanique dans la circulation delà muqueuse. Ce phénomène est à rapprocher de fexfoliation de la muqueuse dans l’endométrite pseudo-membraneuse.
Langhans (1) a décrit la muqueuse utérine dans un cas de grossesse ectopique, et la trouve comparable à la caduque de la qua-
{l)Arch.f. Gyn., t, IX, p. 337.
FAUSSES MÉTRITES
torzième semaine de la grossesse normale ; elle est formée de trois couches : une supérieure compacte, exclusivement formée par la prolifération du stroma, et une profonde où se trouvent encore les extrémités fermées des glandes, notablement dilatées. La composition du stroma correspond absolument à la caduque normale: on y trouve les grosses cellules et les noyaux. La seule différence consiste en la présence de petites cellules sphériques ou polyédriques de la grosseur d’un corpuscule lymphatique avec un noyau relativement gros, rangées en séries adhérentes entre elles.
Les vaisseaux sont divisés en deux couches, une superficielle et une profonde. La couche superficielle présente un réseau de capillaires de dimensions plus considérables qu’à l’état normal. La limite inférieure de cette zone est formée par des vaisseaux que Langhans désigne sous le nom de veines intermédiaires, six fois plus grosses que les supérieures, communiquant avec les fins capillaires de la couche superficielle par des branches perpendiculaires ou obliques.
La couche profonde ne contient que des vaisseaux de petit calibre ; point de rameaux d’un volume qui soit en rapport avec l’accroissement rapide du diamètre des veines intermédiaires. Au lieu de vaisseaux efférents augmentant progressivement du réseau superficiel vers la profondeur, il y a un appareil intermédiaire très développé dans l’épaisseur de la couche moyenne de la caduque.
4*^ Voyons maintenant la cellule utérine, stroma et vaisseaux dans \o. gestation.
Le stroma muqueux subit des transfoi’mations d’une extrême importance. Ellesont été étudiées avec soin dans le placenta des animaux, et c’est au moins singulier que pareille étude n’ait pas été poussée aussi complètement dans le placenta humain.
Le rôle de la cellule utérine se transforme entièrement.
Avant la conception, elle jouissait de propriétés plastiques déjà remarquables. Les travaux de Robin, Ruge, Léopold, Soutougin, etc., nous ont montré tout à l’heure comment ces éléments réguliers arrondis, de petit volume, se transforment, au moment de la menstruation, en des cellules volumineuses, polygonales, dans
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lesquelles la masse protoplasmique s’entoure d’une zone fluide et transparente.
Les mêmes auteurs nous montrent les transformations plus caractéristiques encore, qui vont faire de cette cellule, rudimentaire à l’état de repos de la muqueuse, agrandie pendant la menstruation, un élément tout à fait spécial, la cellule géante {Riesen:{ellé)^ cellule déciduale de la grossesse.
Les formes de cet élément anatomique sont très variables; certaines cellules sont polygonales, certaines autres sont nettement arrondies ou elliptiques. Certaines autres enfin s’allongent, prennent un aspect fusiforme (cellules en aiguilles), quelquefois terminées par deux ou trois prolongements à leurs extrémités.
Leur contour est nettement limité. Le protoplasma qu’elles renferment est formé par des blocs d’une substance très active, qui se colore vivement par les réactifs, homogène dans le plus grand nombre, et généralement disposée contre la paroi cellulaire. Très souvent, à côté de ces blocs protoplasmiques, on rencontre des groupes de petites cellules arrondies, d’une régularité parfaite, ayant parfois un aspect discoïde, et ressemblant, autant parleurs dimensions et leurs caractères extérieurs que parleurs réactions colorantes, aux cellules primitives du sang ou hématoblastes.
Si l’on suit progressivement, dans leur transformation, pendant les premiers jours de la gestation, ces éléments singuliers, comme l’ont fait Creighton dans le placenta du cochon d’Inde, Masquelin et Swann dans celui de la lapine, moi-même dans la caduque des premières semaines dans l’espèce humaine, on voit ceci : l’augmentation progressive de leur volume, l’accumulation dans leur cavité de matières protoplasmiques nouvelles, la multiplication nucléaire intense que subit cette matière protoplasmique, entraînent, à un moment donné, la rupture d’un grand nombre de ces cellules, et leur ouverture les unes dans les autres. De telle sorte qu’on observe, dans certains endroits, des lacunes remplies de noyaux et d’un fluide amorphe, lacunes dans lesquelles viennent s’aboucher des cellules persistant dans leur forme allongée, et anastomosées entre elles à la façon d’un réseau capillaire.
En un mot, la conception simple qui ressort de ces faits est que le travail plastique qui s’opère, avant tout et principalement dans la muqueuse utérine, est un travail destiné à créer tout un
FAUSSES METRITES
système nouveau d’irrigation. Les cellules géantes deviennent des cellules vaso-formatives^ limitant des cavités anfractueuses et lacunaires, leur protoplasme réduit à une substance nucléaire spéciale donnant très vraisemblablement naissance à des corpuscules élémentaires du sang.
Dans ces lacunes viennent s’ouvrir, non seulement des cellules voisines qui finissent par se fondre dans la cavité commune, mais les capillaires avoisinants qui, dépourvus d’appui, s’ouvrent dans ce nouveau système. De telle sorte que la communication est directe entre l’ancien réseau vasculaire de la muqueuse et le système lacunaire de nouvelle formation.
Les éléments plastiques contenus dans ce système ont sans doute une double origine, le protoplasma nucléaire des cellules (hématoblastes rudimentaires), et les éléments sànguins adultes issus des vaisseaux. C’est au moins la conclusion à laquelle mes recherches m’ont conduit.
Les parois de ce système lacunaire sont uniquement constituées par des cellules déciduales, et il n’y existe aucun endothélium, ni membrane limitante, sinon la paroi mince de ces cellules ; c’est dans ces lacunes que viennent plonger les villosités.
La description qui précède est appuyée d’autre part par ce fait, que, chez certains animaux, le placenta est uniquement constitué par un système lacunaire (animaux à placenta discoïde) régulièrement disposé, et dont on suittrès aisément la formation.
On voit des cellules déciduales s’allonger et prendre la forme en aiguille, se raccorder avec d’autres cellules sans se déformer, sous des angles variés, et une fois cet abouchement opéré, constituer ainsi un véritable système capillaire.
Il était intéressant de montrer sous ce jour nouveau et plus précis le rôle fondamental et essentiel de la muqueuse utérine.
Lorsque la transformation des cellules déciduales a créé un terrain approprié pour la nutrition des radicules choriales, on peut dire que la portion maternelle du placenta est transformée en un grand système lacunaire^ relié par des capillaires qui s’alimentent, pour la partie liquide aux dépens du sang, et pour la partie plastique aux dépens des cellules déciduales devenues vaso-formatrices et hématoblastiques.
Le système lacunaire varie dans ses dimensions, suivant la
MUQUEUSE UTÉRINE
région placentaire qu’il occupe. Les grandes lacunes occupent la partie centrale du placenta ; les petites lacunes sont disséminées dans toute l’étendue de l’organe.
Au point de vue de leur origine, nous venons d’exprimer nettement notre opinion basée sur des faits expérimentaux et des recherches histologiques.
Nous devons rappeler cependant que pour Robin, les lacunes se forment aux dépens des capillaires dilatés, tandis que pour Kôlliker, Weber, Virchow, elles résultent de la destruction de cCs mêmes capillaires.
En réalité, il n’y a pas de capillaires dans le placenta.
Vaisseaux de la muqueuse. Leurs transformations.
Ce que nous venons de dire de l’histoire et du rôle de la cellule déciduale nous fait bien comprendre que les transformations des vaisseaux maternels sont réduites à des proportions minimes. Si le système lacunaire était du à une transformation des vaisseaux capillaires maternels, il faudrait admettre une dilatation quasi-subite de ces vaisseaux, analogue à ce qui se voit dans les faux tissus érectiles ; encore le principal élément nous ferait-il défaut, c’est-à-dire l’appareil musculaire que l’on rencontre dans tous les tissus caverneux. D’un autre côté, une transformation quelconque, faite aux dépens des vaisseaux préexistants, comme on peut l’observer dans certains néoplasmes télangiectasiques, n’eùt pu s’opérer dans une limite de temps assez courte pour subvenir aux besoins de la nutrition de l’œuf.
- Tout se borne donc, pour les vaisseaux de la muqueuse, à entrer en communication directe avec des cavités préalablement constituées. Il en résulte la disparition d’une grande partie des capillaires sanguins, au profit de la multiplication des lacunes. Il est à remarquer, d’ailleurs, qu’on n’observe point, à la surface utérine du placenta, la trace de la pénétration de rameaux sanguins volumineux. Les artères et les veines utéro-placentaires, qui sont en somme les troncs et les réseaux que nous avons préalablement reconnus dans la muqueuse utérine normale, n’ont point changé de disposition et forment encore dans la lame
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basale de Winckler, qui limite le placenta du côté de l’utérus, le réseau profond interposé entre la muqueuse et la couche musculaire. Or, c’est au niveau de ce réseau que se fait la séparation du placenta.
A la période ultérieure du développement de l’œuf, le système lacunaire, aussi bien que le système artério-veineux maternel, subissent une réduction de plus en plus accentuée au fur et à mesure que l’appareil vasculaire appartenant au fœtus prend de l’importance.
Au début de la formation placentaire, nous avons vu le territoire plastique de la muqueuse envahi par l’élément vasculaire, qu’il contribue à former et à augmenter par son activité incessante. A la fin de la grossesse, ce territoire maternel est envahi à son tour par le développement des dépendances vasculaires du fœtus, c’est-à-dire les villosités et les vaisseaux quelles contiennent. Il arrive un moment où les éléments plastiques (cellules déciduales), aussi bien que les éléments lacunaires du placenta, amoindris et comprimés, sont insuffisants pour la nutrition du fœtus. Le cœur fœtal a, gr«àce à l’énergie de son impulsion, gagné, par un effort d’expansion excentrique, sur la portion maternelle du placenta, qui n’est irriguée que par des vaisseaux de petit volume.
Pénétration réciproque du placenta fœtal et du placenta maternel, ^
C’est ici que nous retrouvons les modifications subies par lacouche épithéliale et glandulaire.
Le problème se résume dans ce fait, que l’extrémité de l’élément fœtal, la villosité, se trouve en contact avec la couche épithéliale transformée, les orifices glandulaires, et les espaces pleins qui séparent ces orifices.
D’après Turner et Ercolani, les glandes deviendraient le réceptacle des villosités. D’après d’autres auteurs (Planteau) (chez la vache, la jument, la girafe), les orifices s’agrandiraient pour for mer de vastes cupules, où se logeraient les villosités placentaires ; pour d’autres, enfin, la cavité glandulaire échapperait à la pénétration de la villosité, qui aborderait la muqueuse par les
MUQUEUSE UTÉRINE
espaces inter-glandulaires. Le fait certain, c’est que la villosité vient se mettre en contact avec la couche épithéliale ; le reste a peu d’intérêt et peu importe qu’elle pénètre ou ne pénètre pas les glandes.
L’opinion d’Ercolani prend une certaine importance en apparence, si l’on accepte, avec cet auteur, que les touffes du chorion s’alimentent aux dépens d’éléments spéciaux produits parla sécrétion des cellules glandulaires et la multiplication des noyaux de ces cellules (lait utérin). En réalité, il suffit de réfléchir que l’épithélium est le même dans la cavité de la glande et à la surface de la muqueuse, et que cette muqueuse se hérisse de saillies et de replis, dès que l’ovule arrive à son contact (nidification), pour comprendre que les cellules qui la revêtent sont en quelque sorte transformées en cellules sécrétantes, chacune des anfractuosités de la muqueuse. représentant des cupules épithéliales de nouvelle formation.
La seule notion importante est que les villosités du chorion se terminent tantôt dans les tissus lacunaires, tantôt au sein d’une masse cellulaire. La plupart d’entre elles, quelle que soit leur terminaison, traversent les lacs sanguins. Il n'y a jamais communication directe entre le système circulatoire fœtal représenté par les villosités, et le système circulatoire maternel représenté par les lacunes ou lacs sanguins. De là, pour certains auteurs, un rôle double pour le placenta : rôle nutritif dans la portion intra-déciduale des villosités, rôle respiratoire dans leur portion intra-lacunaire.
Ce raisonnement ne serait pas applicable à des glandes acineuses, comme celles du col utérin, par exemple ; mais il ne faut pas oublier que les glandes de la muqueuse du corps de l’utérus sont de simples dépressions tubulaires, de simples invaginations de l’épithélium de revêtement.
Quoi qu’il en soit, que deviennent ces cellules épithéliales? Sont-elles destinées à coiffer l’extrémité de la villosité d’une seconde gaine, de la même façon que la paroi des lacs sanguins eux-mêmes les coifferait d’une troisième gaine suivant quelques auteurs ? ou bien subissent-elles des transformations qui les font évoluer à la façon des cellules profondes du derme muqueux ? La première hypothèse est inacceptable. D’abord, parce qu’en
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réalité les villosités ne possèdent qu’une gaine cellulaire choriale inhérente à leur texture même, et indispensable à leur fonctionnement de radicule nutritive. Puis ensuite, parce qu’on ne retrouve nulle part cette couche continue de cellules cubiques, vestiges de l’ancien épithélium.
La seconde hypothèse est beaucoup plus probable. Les éléments épithéliaux superficiels se débarrassent de leur enveloppe caduque, et il ne reste que le noyau.
Les cellules intraglandulaires prolifèrent, et prennent l’aspect des cellules propres de la muqueuse (cellules déciduales). On y retrouve les mêmes formes, les mêmes masses protoplasmiques, les mêmes éléments nucléaires, et probablement aussi la même transformation caverneuse. Cette étude n’a pu être faite que chez les petits animaux, où la pénétration des villosités dans la muqueuse est rudimentaire, et où la communication entre les deux placentas se fait par l’intermédiaire d’un organe interposé. Dans ces cas, les glandes conservent leurs limites. Elles se déforment simplement sous l’influence de l’accumulation des éléments cellulaires.
Dans l’espèce humaine, passé les premières semaines, on ne retrouve plus de vestiges de glandes dans l’épaisseur du placenta. Seuls, les culs-de-sac persistent dans lapartie profonde, appuyés directement sur la couche musculaire. Quant aux tubes euxmêmes, on les a vus, sur des caduques d’avortement, distendus, déformés, envahis par des éléments sanguins, etc... Mais audelà des premiers temps, on n’en a point retrouvé trace. Il est possible que l’étalement en surface de la muqueuse, qui accompagne son hypertrophie, s’opère en partie aux dépens des cavités glandulaires, d'où la déformation et la disparition apparente de ces éléments.
Phénomènes qui amènent la déhiscence de la caduque.
Desquamation de la muqueuse utérine.
Tandis que le fœtus arrive à sa maturité, et que son individualité se dégage de plus en plus, en devenant indépendante de l’organisme maternel, les connexions de l’œuf avec la matrice subissent des modifications profondes et progressives *
MUQUEUSE UTÉRINE
Il se fait, dans l’épaisseur de la caduque et dans la zone la plus rapprochée de la surface musculaire, une raréfaction des éléments vitaux, en même temps qu’une dégénérescence des tissus. C’est comme une ligne de démarcation, qui va dessiner par avance la limite de séparation entre la portion déhiscente de la caduque et la portion qui reste adhérente. Les caractères normaux de cette zone de déhiscence sont constitués par la dégénérescence granulo-graisseuse des cellules, l’occlusion partielle des vaisseaux, et l’aspect aréolaire lâche du tissu. Léopold a surtout bien étudié, après Friedlander, le processus d’oblitération des vaisseaux. Il a montré qu’il dépend de la pénétration des cellules géantes dans la lumière même de ces vaisseaux. Ce serait, d’après lui, un véritable envahissement de l’appareil circulatoire, par les éléments plastiques du placenta maternel.
Le difficile est d’interpréter le mécanisme étiologique de ce processus. Il est probable qu’il est dû à des causes multiples. D’une part, la lutte entre le contenant et le contenu, qui s’opère dans la dernière période de la gestation, et qui s’accuse par un redoublement de l’effort contractile indolore de la matrice, au fur et à mesure de sa distension, doit entraîner une anémie relative du placenta, en raison de l’occlusion incomplète mais répétée des affluents vasculaires qui traversent la couche musculaire sans pénétrer la muqueuse. D’autre part, on ne saurait méconnaître qu’avec le temps, le système circulatoire du fœtus acquiert une prépondérance réelle sur la tension sanguine des vaisseaux placentaires. La place que se font, de jour en jour, les villosités choriales devient plus importante et tend à annihiler, par refoulement, l’ensemble de l’appareil placentaire maternel. D’où dépérissement, dégénérescence et raréfaction de ce dernier, jusque dans la zone où ne pénètrent même plus les villosités (zone de déhiscence).
Il se passe ici, par conséquent, quelque chose d’analogue à ce que l’on observe dans la portion adhérente du pédicule des fruits mûrs et prêts à tomber.
L’opinion de Greighton, de Masquelin et de Schwann [Ardu de VanBeneden, 1879), que la cellule déciduale, chez les rongeurs^
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sert à rhématopoièse, a été reprise par divers auteurs. Laulanié (1), dans différents travaux, a reproduit l’idée maîtresse du mémoire des auteurs belges et anglais. Dans un mémoire inséré îmJoiu'ual d’histoire naturelle de Bordeaux^ 30 avril 1885, p. 51) il écrivait : « L’organe placentaire du cobaye est creusé d’un réseau capillaire sanguin absolument dépourvu d'endothélium. Les hématies touchent directement au protoplasma, fait qcii n’a d'analogue que dans les cellules vaso-formatrices, où l’on voit se former de toutes pièces les globules du sang. »
Frommel (2), chez les souris, conclut à la fonction hématopoiétique de la cellule déciduale du placenta maternel. A l’aide d’une méthode spéciale de coloration des corpuscules sanguins (indigo, carmin boraté, acide oxalique), qui leur donne une teinte verte, il caractérise, au début de leur formation, les hématoblastes résultant de la fragmentation du protoplasma des cellules géantes de la muqueuse utérine. Ces éléments arrondis, non nucléés, se retrouvent à l’état d’hématies parfaites dans les sinus placentaires. Dans des conditions un peu différentes se forment aussi des globules sanguins nucléés.
Duval (3) vient contredire à toute la théorie en rapportant à t ectoderme de l’embryon le rôle attribué au tissu maternel. Les cellules géantes à espace clair appartiennent au placenta fœtal et se mettent directement en rapport avec les lacs sanguins maternels. Clivio, dans son étude (sur la lapine) concorde avec Duval. Une doctrine intermédiaire, celle de Masius(4), tout en accordant la prééminence du rôle de l’ectoderme fœtal, accepte la formation de trouées lacunaires développées au sein du derme utérin et nnalogues aux cavités hématoblastiques deMasquelinet Schwan. Le travail si étudié et si abondamment pourvu de faits, dans lequel Duval renverse bien des idées envisagées avec faveur sinon acceptées réellement, donne beaucoup à réfléchir. Sans doute il est difficile de soutenir encore, après ses descriptions précises et
(1) Laulanié. I. Soc. de Biologie., 21 fév. 1885. — II. Sur le processus vasoformatif qui préside à l’édification de la zone fonctionnelle du placenta maternel chez le cobaye, 20 nov. 1886.
(2) Richard Frommel. Aer:{t. Intell. Blatt. Münich. Med. Woch., 1883, t. XXX, p. 310.
(3^ Duval. Placenta des rongeurs, Paris, 1893,
(4) Masius. Genè'e du ylacenta che^le lapin. Arch. de Biologie, 1889. '
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ses critiques rigoureuses, l’ensemble de la doctrine d’Ercolani, et pour ma part je n’y tiens pas autrement. Tout au plus seraitelle acceptable avec une interprétation nouvelle qui montrerait le fameux lait placentaire non plus comme une sécrétion glandulaire, mais comme un liquide albuminoïde absorbable directement par le chorion. Greighton a observé sur le cobaye ce qu’Ercolani dit avoir vu chez le rat et chez le lapin, à savoir qu’en divers points de la portion fœtale, les cellules périvasculaires se transforment en se fondant en une sorte d’humeur muqueuse qui est absorbée par les villosités fœtales, de sorte qu’on peut conserver l’expression d'organe glandulaire pour le placenta (1).
Mais ce qui a trait à l’hématopoièse et amène à la réalité de la formation du système des lacunes sangui-maternelles au sein des cellules déciduales géantes, au moins dans l’espèce humaine, me paraît conserver quelque solidité. D’abord il y a concordance d’opinion entre de nombreux auteurs, nous venons de le voir. Ensuite les mêmes apparences se voient dans les fausses caduques de la grossesse extra-utérine. Enfin dans une caduque étudiée par moi, éliminée au cours de la grossesse, intacte, et sans connexions avec Tœuf, les phénomènes apparents de l’hématopoièse existaient.
Voici une citation de ce cas qui remonte à 18S2(2). « Thèse de Landa. »
Le lambeau de caduque qu’il nous a été donné d’examiner, d’une forme à peu près rectangulaire, est d’environ 9 centimètres de long sur 4 centimètres de large; son épaisseur va en diminuant de l’une à l’autre de ses extrémités, de telle façon qu’elle a de 7 à 8 millimètres au maximum dans sa partie la plus épaisse, et qu’elle n’est que de 2 à 3 millimètres dans son extrémité la plus amincie.
Sa consistance est molle, comme gélatineuse. L’une de ses surfaces est lisse, brillante, légèrement et uniformément grenue; le tissu qui la constitue est dense et présente bien les caractères
(1) Ergolani. Trad. de Diival, p. 597 de son Mémoire sur le placenta des rongeurs.
(2) Doléris. Th. de Landa. Avril 1883, p. 22-23 et suiv.
de la surface interne de la caduque ; on devine plutôt qu’on n’aperçoit nettement les orifices glandulaires très rétrécis.
L’autre surface est irrégulière, feutrée et présente un aspect villo-tomenteux très prononcé ; c’est la surface profonde.
• La coloration de la membrane est d’un gris rosé, pâle, dans toute son étendue, un peu plus coloré sur la surface adhérente ; ce qui tient évidemment à ce qu’il y a un certain degré d’infiltration sanguine.
La pièce a été traitée par l’immersion d’abord dans l’acide picrique, et puis dans une solution de gomme, et enfin par l’alcool absolu. Des coupes ont été pratiquées sur les parties les plus épaisses et sur les plus minces, de la façon suivante : premièrement perpendiculairement à la surface, deuxièmement parallèlement à la surface.
Coupes perpendiculah'es à la surface. — La tranche de la coupe vue à un grossissement très faible, objectif n*^ 3 de Verick, oculaire n° 1, ne laisse apercevoir aucun point qui paraisse avoir été le siège d’une apoplexie sanguine véritable ; on voit, au contraire, que partout où existent les éléments du sang ils sont renfermés dans des cavités nettement limitées.
La trame est constituée d’une façon générale par deux espèces de tissu, l’un représenté par la coupe longitudinale des conduits glandulaires rétrécis à leur embouchure et considérablement renflés à leurs parties moyenne et profonde, au point qu’ils occupent environ la moitié de l’étendue de la coupe ; l’autre est représenté par le stroma et les vaisseaux.
Le tissu interglandulaire, qui manque par places, de telle sorte qu’il n’est plus représenté que par des espèces de lacunes, à parois irrégulières, est coloré légèrement en jaune dans les parties où il existe.
Le stroma est coloré en rouge plus ou moins vif, suivant l’âge et l’abondance des cellules de la caduque.
Coupes parallèles à la surface. — En pratiquant des coupes parallèles à la surface, de la superficie vers la profondeur de la caduque, on constate ceci :
Dans la partie superficielle, les cellules spéciales ont acquis des dimensions déjà considérables ; un grand nombre d’entre elles
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sont infiltrées de pigment sanguin, légèrement décoloré qui occupe leur centre.
Les canaux glandulaires, sont extrêmement rétrécis et dépouillés de leur épithélium intérieur.
Ils sont remplis par une substance dense, d’aspect blanchâtre, qu’il est facile de reconnaître à un fort grossissement, pour des éléments du sang très peu déformés mais fort décolorés, et nullement teintés, parle carmin ; sur d’autres préparations traitées par une solution d’éosine, cette substance qui colore fortement le tissu ambiant, les teinte à peine en rose très clair.
On peut voir en outre que ces corpuscules sont reliés par un très fin réticulum incolore, et qu’il s’y trouve mélangé, en assez grande quantité, des cellules lymphoïdes, un peu plus foncées que les autres, granuleuses et assez régulièrement arrondies ou elliptiques et d’un volume triple au moins de celui des précédentes.
Les parois des glandes sont constituées par des grandes cellules conjonctives, affectant la forme en fuseau, dans le voisinage immédiat de la cavité, et dérivant, sans conteste, de la transformation des grandes cellules de la caduque. On voit, dans presque toutes les cavités glandulaires, un certain nombre des éléments de la paroi pénétrer la lumière du conduit et donner lieu, par leur prolifération au sein même de la glande, à de véritables thrombus organisés, qui se détachent sur la coupe par leur coloration rouge carmin.
Ces thrombus sont formés de cellules de dimensions variables, avec un noyau généralement volumineux, quelquefois multiple, et par de véritables faisceaux de tissu conjonctif adulte, ondulé, en voie d’organisation.
Le stroma qui constitue la majeure partie du tissu est formé par des. cellules géantes à gros noyau, à contenu granuleux, infdtré de substance muqueuse dans la partie opposée aux noyaux, ce qui lui donne l’aspect caractéristique si bien décrit par Robin le premier.
Dans l’intervalle des cellules, se voit une notable proportion de substance colloïde, au sein de laquelle se rencontrent des globules graisseux, de volume variable, des fines granulations incolores; mais surtout et à un degré extrême dans les parties les pliis
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vasculaires, on voit une infiltration d’énormes granulations noirâtres parsemant le tissu et provenant, sans aucun doute, de la substance colorante du sang plus ou moins transformée.
On y rencontre, encore, une quantité variable de cellules petites ayant à peu près les dimensions d’un globule rouge ou un peu moins, parfaitement arrondies, à contour net, se colorant vivement comme la substance nucléaire des cellules géantes, et provenant de la segmentation de celles-ci, ce qui démontre l’existence d’éléments semblables dans l’intérieur même des cellules géantes.
Quelques-uns de ces éléments sont légèrement elliptiques ; on en rencontre çà et là qui possèdent un petit noyau rouge vif à leur centre.
Nous avons là des cellules qui offrent une grande ressemblance avec les éléments dits corpuscules nucléés du sang. Leur protoplasma est homogène. A côté de ces corpuscules, également répandus dans le stroma, mais en plus petite quantité, on voit des éléments lymphoïdes granuleux, identiques à ceux contenus dans les glandes.
Les vaisseaux se présentent selon leur coupe transversale ; la plupart d’entre eux ont leur lumière oblitérée par un coagulum où les éléments du sang ne sont plus reconnaissables ; leur paroi distendue par leur contenu n’est nullement plissée, elle est peu modifiée dans sa structure.
L’endothélium est intact, seulement la tunique la plus externe semble avoir subi une hyperplasie dans ses éléments conjonctifs qui finissent par se confondre par leur volume avec les éléments du tissu environnant.
Bans quelques-uns des plus petits capillaires, on aperçoit un réticulum très légèrement coloré en rose.
Certains autres sont complètement remplis de corpuscules incolores, parfaitement arrondis, non déformés, et à leur centre se voient une ou deux masses protoplasmiques vivement colorées. La plupart des cellules géantes voisines de la surface contiennent, comme les plus superficielles, dans leur intérieur et autour des noyaux, un certain nombre de corpuscules très transparents, très arrondis, à reflets jaune clair.
En résumé les phénomènes frappants sont :
MUQUEUSE UTÉRINE
1° Dans la zone superficielle, l’oblitération de la plupart des vaisseaux, le rétrécissement extrême de rembouchure des glandes et la réplétion de celles-ci par des éléments décolorés du sang.
2^ A la partie moyenne, les glandes sont dilatées et remplies des mêmes éléments qu’à leur embouchure. On y remarque^ aussi, des cellules du stroma en voie de multiplication. Autour de leurs parois rampent de nombreux vaisseaux.
Le tissu interglandulaire est constitué par des cellules géantes, de dimensions variables, ayant presque toutes subi la dégénérescence colloïde en un point quelconque de leur protoplasma et contenant un ou plusieurs gros noyaux ; quelques-unes sont homogènes et leur protoplasma uniformément coloré ne montre pas trace de noyau.
Dans toute l’étendue du stroma, aussi bien à la surface de la muqueuse qu’à la zone moyenne, on peut constater qu’un grand nombre de corpuscules sanguins sont répandus entre les élérnents figurés.
Ils ont exactement la même apparence que ceux qui sont renfermés dans les vaisseaux et les conduits glandulaires ectasiés.
3® Dans la zone profonde, les mêmes caractères que les précédents apparaissent.
On y peut remarquer, en outre, une abondçince beaucoup plus considérable des éléments du sang extravasés, qui se sont en certains points logés dans des espaces qui paraissent bien être des lacunes lymphatiques, et en d’autres points forment une infiltration dense où leur forme ne se reconnaît plus guère. Il n’est pas douteux qu’en ces points, comme à la surface, il se soit fait une infiltration lente des corpuscules sanguins.
Ici comme là, les vaisseaux sont oblitérés par des thrombus en voie d’organisation.
La conséquence de ce phénomène a été sans doute la cause des apoplexies beaucoup plus marquées à la couche profonde, que nous décrivons en ce moment ; et ces apoplexies représentent le processus de séparation qui a libéré le lambeau de caduque de son adhérence à la paroi utérine.
FAUSSES MÉTRITES
Sécrétions utérines.
Les auteurs qui ont envisagé cette question l’ont beaucoup compliquée en y introduisant des éléments étrangers à l’observation de l’état normal. La plupart du temps, on a envisagé la sécrétion utérine dans ce mélange altéré et d’ailleurs complexe qui s’amasse au fond du vagin et qui est particulièrement abondant en cas de trouble pathologique.
Barnes (1) décrit trois variétés de mucus utérin. Le premier, produit par les glandes de la muqueuse du corps et par les trompes, est un liquide blanchâtre, alcalin, contenant des cellules épithéliales ciliées, à l’expulsion duquel il rapporte les coliques utérines. Ce liquide serait particulièrement abondant chez les femmes âgées. Le deuxième produit est le mucus glaireux, transparent, visqueux et filant, très alcalin, produit par les follicules du col. Le troisième enfin est une sorte de sérum sécrété par la face interne du col, les lèvres et le cul-de-sac du vagin. Sa réaction est acide, etc.
Becquerel (2) avait envisagé surtout les sécrétions altérées et trouvé quatre espèces qu’il analyse et décrit. Sauf la dernière variété, les autres ressemblent singulièrement à celles de Barnes.
Quelques auteurs, Hottenier (3), Ménière (4), ont ajouté quelques notions intéressantes aux études anciennes.
En réalité, le progrès dans la connaissance des éléments microbiologiques a singulièrement éclairé cette question des sécrétions utérines.
1° Corps de l’utérus.
Si on se reporte à la façon dont j’ai présenté et conduit la description anatomique de la muqueuse utérine et de son évolution physiologique, on peut déjà en déduire une conclusion : c’est que
(1) Barnes. Traité clinique des mal. des femmes, 1876, p. 54.
(2) Becquerel. Traité clinique des mal. de l’utérus, t. 1, p. 171.
(8) Hottenier. Société de biologie, 29 mars 1879.
{A) Ménière 1885. (Doin). Journal des connaissances médicales, juin 1885.
MU^JUEUSE UTÉRINE
la muqueuse du corps étant un simple filtre à diverticules nombreux, mais simples également, est tapissée d’une couche unique d’épithélium cylindrique, clair et de petit volume ; qu’en outre, cette surface est desservie par un appareil vasculaire spécialement disposé. La seule sécrétion qui lui soit propre, en dehors de la sécrétion sanguine périodique des menstrues, est la filtration ou plutôt une exhalation insignifiante de sérosité sanguine, véritable réduction de l’hémorrhagie menstruelle. Elle est, à l’état normal, suffisante tout au plus pour entretenir humide la cavité utérine.
Cette sérosité on ne la peut pas reconnaître ou distinguer à l’examen par le spéculum, et il est vraiment singulier que des auteurs la décrivent avec des prétentions à quelque précision. Dans des cas pathologiques, il n’est pas douteux que cette filtration est abondante à l’excès ; et que ce caractère même ainsique le nom d'hydrorrhée qui lui sont attribués justifient pleinement la nature et l’origine que je lui assigne. Elle est en effet peu dense, claire, limpide, aqueuse en un mot, comme de la sérosité pure.
A l’état normal, je le répète, cette sérosité est nulle ou à peu près. Parfois, chez les jeunes filles, et chez les femmes anémiques si particulièrement prédisposées, le flux menstruel est remplacé par une hydrorrhée passagère : menstrues incolores, règles blanches^ en dehors du moment périodique des règles. Sur les utérus qui sont enlevés par l’hystérectomie et dontla muqueuse est restée plus ou moins indemne d’altération, on a beau racler la surface de cette muqueuse, on n’y trouve guère trace d’une sécrétion quelconque.
C’est à peine si, par le raclage, on obtient un suc lactescent composé presque exclusivement de cellules épithéliales caduques.
Il arrive, dans certains cas, que l’on peut être induit en erreur sur l’origine du mucus renfermé dans la cavité du corps. Ainsi, lorsqu’il existe une rétroversion utérine liée à un certain degré d’atonie de l’organe, le mucus d’origine cervicale, obéissant à la déclivité en sensinversede la normale, descend et s’amasse dans le fond de l’utérus. Et lorsqu’avecla sonde utérine, on pratique le redressement, on voit s’écouler un flot de liquide filant, souvent altéré, et d’aspect louche, dont le séjour prolongé au contact de la muqueuse du fond de l’utérus, explique les altérations morbi-
des des tissus sous-jacents, révélées par la sensibilité douloureuse de cette région de l’organe.
Même dans une situation normale, la cavité corporéale peut être envahie par le reflux du mucus cervical lorsqu’il existe une atrésie quelconque du conduit du col, et c'est parfois le signal de reprises aiguës d’endométrite et d’endo-salpingite. Dans les cas assez rares où il m’a été donné d’observer un liquide paraissant provenir de la cavité du coi’ps de l’utérus, la trompe malade en était l’origine manifeste ainsi que l’exploration directe ou l’opération ultérieure l’ont démontré.
La réaction du mucus du corps est très fortement alcaline comme le sérum lui-même, et l’on verra que celui du col ne l’est pas moins, bien qu’élaboré par un mécanisme véritable de secrétion.
Le mécanisme de la filtration du sérum à travers l’épithélium utérin, dans la muqueuse du corps, est dépendant de l’agencement si particulier des capillaires de la muqueuse, au regard de la pression sanguine mesurée par l’état de simple tonus ou de contraction véritable des parois musculaires de la matrice. Dans le premier état (tonus), l’exhalation est insignifiante. Dans le second (contraction), le premier phénomène paraît être l’hémorrhagie, suivie par une phase de filtration séreuse qui représente le type normal de cette secrétion.
Il n’existe aucune expérience physiologique qui permette d’apprécier le rôle des réflexes dans l’exagération ou la suspension de cette exhalation séreuse. Cliniquement, le phénomène normal se transforme ; et c’est par l’apparition inopinée, l’exagération, la diminution ou la suppression brusque de l’écoulement de sang véritable et non de sérosité, que se révèle l’action des réflexes sécrétoires que je crois dépendants surtout des réflexes moteurs et névro-vasculaires (1).
L’aménorrhée et la métrorrhagie proviennent de ces dérangements temporaires ou durables de l’harmonie vaso-motrice de l’utérus.
(1) L’écoulement séreux abondant de Vhydrorrhée pathologique a une autre cause. Il lire sa source d’une altération profonde de la muqueuse utérine dont les éléments cellulaires sont transformés ou déviés de leur structure normale.
MUQUEUSE UTÉRINE 409
Danslecolj les réflexes sécrétoires sont autrement caractérisés.
Je ne pense pas qu’il y ait grand avantage à répéter ici ce qui est courant sur la composition chimique ou histologique du fluide sécrété par Futérus.
L’étude que j’ai introduite plus haut sur la constitution même de la muqueuse, sur son rôle plastique et plasmo-formateur, résume le côté utile et pratique de la question.
2® Col de l’utérus.
La sécrétion propre au col est un mucus filant, clair, incolore et transparent. Elle est fournie, comme toutes les sécrétions analogues, par les cellules caliciformes des utricules cervicaux. Sa réaction est très fortement alcaline. Sa pureté doit être absolue à l'état parfaitement normal, c’est-à-dire qu’il n’est pas admissible que des micro-organismes y végètent d'ordinaire comme ils le font dans les cavités dont le revêtement muqueux est sans action défensive propre. C’est ainsi que, tandis que la desquamation épithéliale unie au fluide rare exhalé par la muqueuse du vagin recèlent des germes saprophytes, végétant à la surface de cette muqueuse, il suffit du simple effort sécrétoire et de l’excrétion active qui débarrasse continuellement les matières sécrétées., pour protéger la cavité cervicale contre l’envahissement de ces germes. C’est du moins ainsi que l’on peut théoriquement expliquer un fait clinique de première importance, à savoir la longue résistance de l’endométrium cervical à une foule de processus infectieux d’ordre général, qui ne réussissent à s’introduire dans le col qu’à la longue, lorsque les cellules ellesmêmes sont affaiblies dans leur action vitale. Au contraire, le gonocoque franchit vite cette limite pour s’attaquer aux cellules de l’utérus.
Ce mucus n’en sert pas moins de milieu de culture, dans certains cas, à des germes pathogènes sans qu’on puisse en déduire que les cellules sécrétantes soient atteintes. C’est la gouttelette la plus extérieure qui est ainsi altérée, opaque et louche, tandis que celles qui la suivent apparaissent limpides et transparentes. Ceci n’est point une règle que je veuille établir, mais simplement
FAUSSES MÉTRITES
une remarque qui a son utilité, au point de vue de la résistance du col à l’infection, tout en recommandant dans la pratique de ne s’en rapporter jamais qu’à un examen minutieux.
Lorsque la glaire cervicale est abondante, les femmes accusent des pertes blanches (leucorrhée). Ce terme ne doit pas impliquer nécessairement l’idée de métrite. lien est de l’appareil sécrétoire du col comme de bien d’autres. Il obéit à des lois très variées. Des causes physiologiques passagères, comme l’approche ou la fin du molimen menstruel, exagèrent la leucorrhée ou rendent apparentes des pertes méconnues en dehors de ce moment. Elles durent vingt-quatre ou quarante-huit heures d’ordinaire.
L’excitation sexuelle fait sécréter le col, ou, du moins, on peut dire que l’appétit vénérien se traduit assez souvent par la sécrétion d’un flot de mucus cervical. Cette évacuation ne doit pas être sans utilité sur la fécondation, soit qu’elle rende libre l’accès du conduit cervical, soit que le mucus très alcalin doive servir d’excipient au liquide spermatique. Les habitudes d’intempérance chez des femmes passionnées ou chez des professionnelles créent parfois un état de sécrétion permanente exagérée. Il n’est pas rare non plus de voir l’inverse, et chez ces femmes le col devient volumineux, tuméfié, la sécrétion restant rare ou nulle.
Chez certaines femmes, surtout chez les jeunes filles lymphatiques, à menstruation irrégulière ou défectueuse, la leucorrhée est parfois assez abondante pour devenir un véritable trouble. Quelle est la cause de cet écoulement ? A vrai dire, rien ne démontre là les éléments de la métrite cervicale, et tout paraît tenir à la dyscrasie spéciale du sujet avec élection particulière d’un émonctoire au niveau du col.
Chez les filles chlorotiques, dont la dyscrasie est autrement complexe, la leucorrhée est parfois excessive, sans trace de phlegmasie quelconque au col.
Chez des femmes affectées d’une constitution arthritique, le mucus est quelquefois épais, concret, d’apparence cérumineuse. Cette consistance anormale est due à l’abondance des éléments solides, épithélium, globules, par rapport aux éléments liquides, et au long séjour dans les utricules.
Ces cols sont généralement atones, paresseux, peu contractiles. ^
MUQUEUSE UTÉRINE
Pour terminer, il faut dire que, dans certains cas de congestion passive habituelle du col, chez les femmes débiles, chez les névropathes, chez certaines femmes enceintes, il s’écoule de la surface utérine du col, surtout si elle est ectropionnée, du sang véritable, et cela spontanément, ou au moment du coït> ou par le moindre contact. Ges faits se rapportent à de prétendues cervicites fongueuses, qui n’ont du reste que l’apparence de l’inflammation du col, et nullement sa disposition histologique.
La réaction naturellement alcaline du mucus cervical se transforme souvent en une réaction acide ou neutre par son mélange avec les sécrétions adultérées du vagin. Il faut donc prendre des précautions pour l’expertise microbiologique.
Il peut arriver encore que, même dans la cavité cervicale, à plus forte raison quand il a reflué dans la cavité du corps, le mucus normalement alcalin devienne neutre ou acide, alors qu’il recèle des germes miçrobiens qui sont en même temps des agents de fermentation.
Nombre de germes sont capables de produire ce résultat.
Ce serait une erreur de conclure, comme le voulait faire Martineau, de l’acidité des sécrétions utérines à la présence du gonocoque et au caractère spécifique infectant de ces sécrétions.
Mécanisme. — Le mécanisme de la sécrétion de la muqueuse cervicale est simple, puisqu’elle provient d’un épithélium caliciforme, essentiellement mucipare.
La vascularité excessive du col utérin explique la possibilité d’une sécrétion abondante en des circonstances où une sorte d’érectilité s’empare de l’appareil génital.
IJ orgasme vénérien, les excitations prolongées, portant sur le moral, ou même les excitations physiques, qu’elles soient dirigées sur les organes sensibles, directement ou indirectement (machine à coudre, etc.), semblent augmenter la sécrétion cervicale, par le mécanisme de l’hyperémie congestive.
La débilité constitution nelle , le tempérament arthritique (ancien herpétisme), accroissent certainement la sécrétion cervicale par un mécanisme difficile à démontrer positivement, mais le fait n’en est pas moins consacré par la tradition médicale et l’observation de tous les jours.
FAUSSES METRITES
Ce serait l’analogue d’un phénomène éruptif, d’un exanthème vicarié^ portant sur une muqueuse très vasculaire et vouée à des congestions faciles et dites périodiques. Je me suis efforcé ailleurs de montrer que l'aspect pathologique de la muqueuse et sa conséquence presque nécessaire, la leucorrhée, sont, dans ce cas, indépendants de toute inflammation vraie ; que, chez les enfants et les fillettes débiles, il ne fallait y voir que la manifestation locale d’un état dyscrasique.
Tous les états congestifs du col favorisent cette hyperp réduction du mucus cervical surtout la grossesse à son début et à sa période ultime ; tandis que, durant le décours de la gravidité, à moins d’état pathologique, le corps utérin est largement irrigué parle sang, au détriment du segment cervical de l’organe. Ce point est intéressant.
Il serait nuisible, en effet, que le col subît, pendant les neuf mois de la gestation, une hypertrophie comparable à celle du corps, car ce serait une augmentation de la résistance pour l’expulsion de l’œuf. 11 reste donc à peu près stationnaire et sa sécrétion est fort discrète. Son rôle commence dès la première phase du travail et la lubréfaction du canal génital devenant dès lors une nécessité, les glandes mucipares entrent en fonction. Mais déjà, au fur et à mesure de la descente du fœtus et de la pression exercée, la congestion cervicale s’est produite. Elle se produit plus activement dès la première contraction du corps utérin : l’irrigation vasculaire fait que le segment cervical augmente proportionnellement au besoin. La disposition irrégulière, plissée, de l’orifice même du col favorise son extensibilité, et lui permet de satisfaire aux nécessités de la première phase de la parturition, sans avoir à subir une notable hypertrophie.
A un âge avancé, la muqueuse intra-cervicale ayant subi un épaississement marqué, surtout chez les femmes qui ont été affectées de déchirures assez étendues du col avec ectropion cicatrisé spontanément à la longue, lorsque survient la ménopause^ la sécrétion cervicale s’exagère ordinairement.
■ Il est fréquent, dès qu’une ou deux périodes ont fait défaut, de voir le col devenir turgide, fortement coloré, et un développement notable de kystes folliculaires se produire avec les symptômes ordinaires de cette affection, alors que, jusque là, aucun trouble
MUQUEUSE UTERINE
n’avait apparu. La répétition de pareils faits me permet de considérer cette éruption kystique comme le résultat d’une fluxion locale supplémentaire de l’hémorrhagie menstruelle. Dans ce cas, la fonction mucipare tend à remplacer la fonction hémorrhagique menstruelle.
De ce trouble résultent des phénomènes réactionnels étudiés ailleurs.
Dans le cas le plus fréquent, les kystes disparaissent par sclérose atrophique rapide des parois glandulaires.
Le mécanisme de V excrétion est moins aisé à analyser.
On peutaccepter comme probable l’action contractile du sphincter cervical sous l’influence de diverses excitations. Ce point de physiologie n’a d’autre intérêt que de permettre de supposer qu’au moment du coït les follicules sont exprimés, que les culs-de-sac aussi bien que les conduits excréteurs se vident de leur contenu, laissant le trajet du col libre, élargi pour l’introduction du sperme.
Gomme contraste à ce mécanisme, il semble que chez certaines femmes, chez certaines jeunes filles principalement, il existe une sorte de paralysie du tissu cervical. Cet état inerte du muscle permet l’accumulation et le rejet subit de grandes quantités de mucus dans la cavité du col notablement dilatée. Ce mucus s’altère et finit par devenir la proie de germes saprophytes, parfois de pathogènes qui créent un état morbide extrêmement rebelle.
J’ai observé des cas qu’il m’est impossible d’expliquer autrement. Il s’agit toujours de sujets névropathes, quelquefois même à un degré intense.
Le rôle du mucus cervical doit être fort simple : lubréfier le conduit génital et peut-être fournir un milieu alcalin très favorable à la conservation de la vitalité des zoospermes, dans l’acte de la copulation .
Eviter la rudesse des contacts au moment du passage du fœtus dans l’accouchement et protéger le revêtement interne du col.
En l’état ordinaire, le mouvement sécrétoire dans un milieu génital sain, aseptique, si je puis ainsi dire, s’exalte si le milieu s’infecte. L’excès du mucus produit est un acte de défense très réel contre l’invasion des micro organismes pathogènes. L’hypersécrétion crée un flot, sorte de courant descendant qui prévient l’introduction des germes dans le col.