GÉNÉRALITÉS
expérimentales et la démonstration clinique de l’action véritable" •ment exclusive de l’infection microbienne, dans la métrite vraie.
La doctrine de l’infection a été confirmée et adoptée depuis d’une façon générale. Peut-être même est-on déjà allé trop loin dans cette voie ; car, sous l’empire des idées pastoriennes, la tendance est devenue excessive à rejeter des faits positifs, classés un peu confusément dans les livres de nos vieux maîtres, mais admirablement observés et décrits, pour les subordonner, à tout prix, à la conception du microbe.
Dans mon travail de 1886, que je viens de citer, j’ai cependant indiqué une ligne de démarcation très nette entre ces deux ordres d’affections, la métrite d’une part, et les troubles physiologiques de l’autre : la citation suivante est significative.
« Je me base sur cette façon d’envisager aujourd’hui l’inflammation, et, dans tous les cas, sur l’avantage d’une semblable détermination des états morbides [infection) ne point accepter comme métrite chronique les états pathologiques qui sont la conséquence de simples troubles dénutrition nés sous l’influence de perturbations nerveuses ou sanguines, lymphatiques, traumatiques, ou de régressions incomplètes, etc., et qui correspondent à ce qu’on appelle la l’hypertrophie chronique^ Hy-
perplasie^ l’engorgement^ la congestion, etc. »
J’ajoutais que « la difficulté avouée par Siredey (1), pour établir une distinction clinique entre la congestion utérine et la métrite, n’est pas plus sérieuse que pour différencier, au même point de vue, la congestion pulmonaire de la pneumonie. C’est le processus microbien qui établit la distinction pathologique : les réactions inflammatoires et les procédés modernes de recherches permettent d’établir le diagnostic clinique. »
Depuis cette époque, je me suis préoccupé de cette distinction si utile à établir aussi bien pour la détermination morbide que pour la thérapeutique. Dans mes leçons publiques, j’ai coutume de désigner sous le nom de fausses métrites le groupe de ces états morbides non infectieux de l’utérus, et le mot, comme la distinction, a fait son chemin, puisque des traités récents par-
(1) SiiiEDEY. üicti de méd. et de Chiv. j)vat. Art» métrite, p» 628»
FAUSSES METRITES
lent couramment aujourd’hui de pseudo-métrites^ et les étudient à part .
Je repousse donc du cadre de la métrite tous les troubles utérins passagers ou durables, dans lesquels je ne trouve point, à l’origine, l’élément microbien. Telles seront les congestions passives, aiguës parfois, du début et du déclin de la vie génitale de la femme ; telles seront encore les lésions de voisinage que provoque le développement dans ou contre l’utérus, d’une néoplasie quelconque, fibrome, sarcome, etc.. Tels seront enfin les troubles de fonctionnement des appareils vasculaire, musculaire et nerveux de l’utérus, dont nous connaissons maintenant l’étroite solidarité phj^siologique, troubles consécutifs à des altérations diathésiques, à des réparations ou des régressions insuffisantes, ou simplement aux mauvaises conditions du fonctionnement de l’organe (excès génitaux, excitations factices, ou au contraire arrêt prématuré de la vie sexuelle, veuvage).
On trouve dans les livres des vieux cliniciens, si remplis parfois d'observations précieuses, des indications très nettes sur ces états maladifs non inflammatoires, qu’ils ont trop souvent confondus avec la métrite, faute de notions pathogéniqiies suffisantes, mais dont quelques-uns ont su pressentir la nature toute spéciale.
Le passage suivant de Scanzoni (1) est absolument remarquable et semble écrit d’hier :
« Beaucoup même des engorgements de la matrice quon regarde comme inflammatoires, ne possèdent rien d'inflammatoire dans le sens précis du mot. Ce sont des désordres de nutrition comme on en voit se former dans d'autres organes, à la suite d'une hypérémie veineuse de longue durée. »
L’idée des fausses métrites est ici contenue tout entière.
Les fausses métrites présentent avec la vraie des caractères symptomatiques communs, bien faits pour amener la confusion dans l’esprit de ceux qui ne veulent point accorder à l’élément infectieux le rôle prépondérant qui lui revient. De part et
(1) Scanzoni. De la métrite chronique. Trad. Siellèmian, 1863, p. 52.