GÉNÉRALITÉS
d’autre, on observe la sécrétion exagérée du mucus^ les hémorrhU’gieSj la tuméfaction de l’organe, la douleur.
Mais cliniquement aussi, en dehors de la notion théorique microbienne, il existe des signes distinctifs auxquels le clinicien ne se trompera pas.
La métrite vraie comporte un ensemble de troubles réactionnels généraux, corrélatifs de toute inflammation, et parmi ceuxci figure en première ligne la fièvre. Les sécrétions deviennent franchement purulentes. Enfin, par-dessus tout, la métrite se révèle comme une phase de l’inflammation génitale totale, localisée momentanément, mais prête à se généraliser aux annexes et au paramétrium : elle tend souvent, quand elle est livrée à elle-même, à \di chronicité : elle porte en elle, en un mot, un caractère de durée.
fausse métrite évolue sans fièvre, avec un ensemble réactionnel faible ou nul ; elle reste localisée ; son évolution se fait sur place ; sa durée est brève ; enfin, critérium précieux, les méthodes antiseptiques n’ont aucunement à intervenir dans son traitement. Les moyens généraux, le traitement de la cause surtout, parviennent aisément à la juger. Il suffit de préserver l’organe, alors, il est vrai, très vulnérable, contre les infections secondaires banales qui pourraient faire apparaître l’inflammation dans un terrain aussi bien préparé, — pour voir les accidents rétrocéder et la restitutio ad integram s’opérer sans fracas et sans traces.
Cette distinction des vraies et des fausses métrites, prépondérante selon moi, éclaire d’un jour singulier le désordre des classifications des métrites, données jusqu’ici, aussi bien les plus récentes que les anciennes. Toutes présentent un défaut capital, c’est de créer hypothétiquement et gratuitement des entités morbides, là où il n’y a qu’un symptôme, ou plus exactement prédominance d’un symptôme, c’est-à-dire d’un des traits communs à la généralité des lésions utérines.
C'est ainsi qu’une classification des plus modernes (1) distingue quatre variétés tranchées : une métrite inflammatoire aiguë,
(1) Pozzi. Tr. de Gynécologie édit., p. 139,
— une métrite catarrhale^ — une métrite hémorrhagique^ — une métrite douloureuse chronique.
En vérité, pour nous, tout cela ce sont des phases de la même métrite : le catarrhe, l’inflammation, l’hémorrhagie, la douleur, la tendance à la chronicité, quelle est la métrite où l’on ne trouve point de tout cela ? D’autre part, le catarrhe, Vhémorrhagie sont insuffisants à caractériser une maladie inflammatoire de l’utérus.
Voici une autre classification (1), que je n’accepte pas davantage, où les considérations étiologiques entrent d’ailleurs en ligne de compte, mais bien trop complexe, car l’auteur n’y admet pas moins de huit variétés de métrites : métrite puerpérale, — blennorrhagique, — accidentelle, — tuberculeuse, — secondaire, — crépusculaire, — diathésique, — congestion utérine.
J’admets la métrite puerpérale et la métrite blennorrhagique très volontiers : ce sont des métrites vraies, inflammatoires, typiques ; mais, pour les autres, qui ne voit, par les dénominations mêmes qui leur ont été imposées, que ce sont presque toutes des affections secondaires dans lesquelles l’inflammation de la matrice est absente ? La congestion utérine n’est pas une forme de métrite ; la femme a de la congestion utérine une fois par mois, très normalement : c’est un symptôme, un trouble passager ; ce sera, si l’on veut, le prélude d’une métrite vraie ; l’utérus congestionné sera pour l’infection une proie facile. Mais la métrite n’est pas encore faite ; tout peut en rester là, et je crois qu’il y aurait un abus étrange à voir dans ce simple fait une maladie à évolution régulière et à signes cliniques bien définis.
C’est le lieu de répéter : il y a métrite là, et là seulement, où nous constatons l’inflammation avec ses caractères classiques, ce qui suppose, d’après les idées de pathologie générale admises aujourd’hui, un substratum infectieux. J’ai avancé déjà que cet élément infectieux pouvait être de trois ordres distincts, et j’en ai fait la base d’une classification des divers types de métrites, reposant sur la pathogénie, classification que je crois légitime :
Métrite inflammatoire banale,
Métrite blennorrhagique,
Métrite puerpérale,
(1) Auvart. Tr. de Gynécologie, p. 232.