‹ Métrite et fausses métritesChapitre 9 sur 65 · C. Solution faible à I/IO · texte numérisé non relu

C. Solution faible à I/IO

On leur reproche, ce qui est plus grave, d’ouvrir les voies d’absorption aux agents septiques en lésant la muqueuse et en déchirant les vaisseaux.

Je réponds en deux mots.

1° Les règles font la même chose sans préjudice très notable.

2^* Les vaisseaux ouverts, les liquides, sang et lymphe, s’en écoulent librement ; il n’y aurait place à l’absorption que si la rétention ou le contact de matériaux septiques persistait après l’arrêt de cet écoulement, lorsque les orifices sont plutôt disposés à l’absorption.

3® Or, à ce moment (le curage étant fini), non- seulement il ne reste plus ni matières septiques, ni muqueuse, ni microbes, puisque toute l’épaisseur de la muqueuse est enlevée, dilacérée de mille façons, mais ce qui reste a été lavé par des solutions antiseptiques qui ont tout entraîné, et la surface cruentée reste imprégnée de substances également antiseptiques qui ont diffusé leur action jusque dans les parties saines.

4“ En fait, après le curage et l’écouvillonnage,// njr a pas d'accidents. Je n’ai jamais eu un seul cas de fièvre. Jamais une de mes malades n’a dépassé une température de 37°5. Je ne suis pas le seul à me louer de pareils résultats. La question est jugée partout, sauf en France.

Peut-on en dire autant à l’égard des procédés médicaux de la thérapeutique intra-utérine ?

5° Le seul tort des procédés chirurgicaux, c’est de constituer ce qu’on appelle des opérations. J’oppose à cela que, pour moi, ce sont des'pansements, non des opérations. Le raclage des vieux ulcères de jambe, la scarification du col, des papules d’acné indurée, des bourgeons de lupus, etc., sont aussi des opérations, et ce sont même des opérations médicales si je puis ainsi dire. Entre ces sortes d’interventions et le curage, je ne fais aucune différence.

Le moment ne saurait tarder d’arriver où les gynécologues seront plus soucieux des résultats à obtenir, plus réfléchis et partant plus hardis. Ils se comporteront alors vis-à-vis de l’endométrite d’après le but à réaliser, et non d’après des données purement illusoires, qui leur font croire et dire encore aujourd’hui

qu’on guérit les fongosités utérines avec l’iode, le soufre, l’arsenic, les alcalins ou les ferrugineux.

Ils savent bien que si ces affirmations sont à peine acceptées par les confrères, elles le sont moins encore par les malades.

Le jour où j’ai enlevé une cuillerée à café de lambeaux muqueux végétants de l’utérus d’une femme qui a couru sans succès quatre ou cinq services de médecine des hôpitaux, et qui persiste à avoir des métrorrhagies continuelles, des douleurs, de la leucorrhée, qui souffre perpétuellement enfin, d’une complication ou d’une autre de sa maladie... si dès ce jour-là, j’ai guéri cette femme, il y a gros à parier qu’elle jugera mieux que personne de la valeur des procédés. Il serait à souhaiter que des appréciations de ce genre n’aient pas lieu de se manifester longtemps.

6° Les traitements médicaux n’ont pas de prise sur les états chroniques invétérés de V endométrite.

Au corps de l’utérus, l’hypertrophie végétante de la muqueuse crée les polypes vasculo-glandulaires et certaines variétés de fausses membranes dysménorrhéiques.

Au col elle prédispose aux polypes, aux productions villeuses et à l’épithélioma.

Les formes légères récentes peuvent guérir spontanément avec l’aide du traitement général et des petits moyens, y compris la balnéation thermale, et le traitement reconstituant dans les formes torpides liées à un état dyscrasique ; mais en ne les traitant pas promptement, et rationnellement, c’est-à-dire par les moyens locaux, on court toujours le risque de voir tous les efforts échouer et la maladie s’éterniser tout en s’aggravant.

8° Le traitement général est précieux à titre d’adjuvant et surtout quand il s’agit de modifier une constitution névropathique, scrofuleuse, tuberculeuse, ou bien d’agir sur un terrain syphilitique ou prédisposé aux affections glandulaires et aux exanthèmes herpétiques. Il faut donc ne point le négliger dans ces conditions. Il consistera en douches, bains, iode, fer, etc., à l’intérieur. Mais il ne faut pas oublier ceci : alors même qu’on aura amélioré la situation dans tel cas de métrite chronique, on n’aura pas pour cela guéri la maladie, si le corps du délit persiste. Les préparations d’ergot, les injections sous-cutanées d’ergotine, feront contracter l’utérus et ses vaisseaux ; elles arrêteront pas-

sagèrement l’hémorrhagie peut-être, mais viennent une congestion, un excès, une période menstruelle et les phénomènes réapparaissent. Tout est à recommencer. J’en dirai autant des toniques, du fer, et des bains thermaux, ce sont traitements ou pèlerinages annuels à perpétuité dès qu’il s’agit d’une endométrite caractérisée.

Page 1