Chapitre Dix-huitième. i
dans une place de guerre de cette importance, le sel vient-il à manquer, au début même de Tinvestissement ? C'est un triste présage. Les vivres augmentent rapidement et cependant le marché couvert et le marché aux herbes regorgent de denrées, que les marchands vendent à beaux deniers comptants et fort cher. Ce sont les officiers qui, peu satisfaits de leur pitance, viennent chercher ici un supplément de nourriture. Ils ne savent que faire de leur argent et remploient à bien manger. D'autre part les habitants font des provisions en vue d'un long blocus, et suivant la loi de l'offre et de la demande les vivres augmentent,
A mon sens, c'est un abus, messieurs les officiers devraient être tenus à se contenter de ce qui leur est alloué et la vente des provisions devrait être réglementée. Il ne s'agit plus ici de liberté du commerce, mais d'une ville investie qui doit tout mettre en commun pour tenir le plus longtemps possible; mais chacun pense à soi, personne au salut commun, encore moins ceux aux mains desquels il est confié. Triste !
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