‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 114 sur 162 · Chapitre Dix-neuvième · texte numérisé non relu

Chapitre Dix-neuvième

tt L'armée qui est sous nos murs, et qui a déjà fait connaître sa valeur et son héroïsme dans les combats de Borny/de Gravelotte, de Servigny, ne nous quittera pas; elle résistera avec nous aux ennemis qui nous entourent, et cette résistance donnera au gouvernement le temps de créer les moyens de sauver la France, de sauver notre patrie.

« M€% 1 3 septembre j8jo,

« L. COFFINIÈRES5

a Général de division, commandant supérieur de la place de Metz.

a PAUL ODENT, « FÉLIX MARECHAL,

« Préfet de la Moselle. a Maire de Metz. »

Etait-ce bien le i3 seulement que la nouvelle de la défaite de Sedan fut confirmée à l'autorité supérieure ? J'ai tout lieu de croire que la révolution de Paris a été connue le 10 par le maréchal Bazaine, qui en a parlé à ses généraux. Quant au désastre de Sedan, il en avait tous les détails depuis la veille par de nouveaux prisonniers échangés par les Allemands '.

Désormais, puisque lorsqu'il en était temps le

I. Le II septembre, le commandant Samuel, attaché à l'état-major du commandant en chef, avait été envoyé en parlementaire auprès du général ManteufFel. Il en rapporta la nouvelle certaine de la captivité de Napoléon III, de la capitulation de Sedan et de la déchéance de l'empire.

commandant en chef n'a pas voulu rejoindre Mac- Mahon, au-devant duquel il lui était plus facile de se rendre, qu'à celui-ci de venir à lui, il va falloir soutenir un siège en règle, si mieux n'aime l'ennemi nous voir périr de faim.

En effet, la question d'alimentation des hommes et des chevaux, laissée d'abord de côté, et bien à tort puisque l'on voulait rester, de secondaire qu'elle paraissait acquiert une importance capitale.

Déjà le 10 le général Coffinières a reçu l'ordre de requérir en ville tout le fourrage existant, en n'en laissant que trente jours aux habitants, et l'on mêla de la minette et du seigle à l'avoine des chevaux.

Le 14 septembre le conseil municipal était convoqué afin de s'occuper pour la première fois de la question alimentaire et le lendemain paraissait un arrêté du commandant supérieur de la place ordonnant un recensement des blés et farines existant à Metz et réglant le prix de ces denrées en même temps que celui de la viande de cheval.

Cette mesure tardive pouvait être sage, mais elle était insuffisante et ne satisfaisait point aux prescriptions de l'art. 260 du décret de i863 portant règlement sur le service des places de guerre, lequel donne la composition du comité de surveillance des approvisionnements de siège. Ce comité existe-t-il? oti siége-t-il? Nul ne le sait. Le maréchal Bazaine tient dans sa main toute-puissante les pouvoirs civils et militaires, mais les responsabilités lui incombent aussi.

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