‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 115 sur 162 · Chapitre Dix-neuvième · texte numérisé non relu

Chapitre Dix-neuvième

Je suis allé par curiosité, et pour me rendre compte du prix des denrées, visiter le marché couvert et le marché aux légumes, situés tous deux à l'extrémité de la rue Fabert.

Au marché couvert, on vend un jambon ordinaire 45 fr., I la livre de beurre salé 10 fr., le saindoux 8 fr. Le beurre frais a disparu, cependant une marchande offre de m'en procurer au prix de 3o fr. la livre. Les œufs valent 60 centimes pièce et sont rares, les mauviettes i fr. Le prix des gallinacés étiques varie entre 10 et 1 5 fr. Les lapins sont relativement moins chers, on en peut avoir à 8 et 10 fr.

Le marché aux légumes regorge de provisions, mais elles atteignent un prix très-élevé : le litre d'oignons 2 fr . , les pommes de terre 3 fr. le kilogramme, les haricots 4 fr. et le sel vaut déjà de 6 à 8 fr. la livre quand on en peut trouver ; le sucre vaut 10 fr. le kilogramme, le fromage et le chocolat sont presque introuvables et se vendent à tous les prix 2.

Les deux marchés sont remplis d'officiers — de cavalerie surtout— suivis de leurs ordonnances, un panier au bras, et faisant le marché de la popote. Ces messieurs encombrent au reste quotidiennement les épiciers, les pâtissiers, confiseurs, en un mot tous les fournisseurs de victuailles, et les bour-

1. Un commandant de corps dont je tairai le nom a payé une poularde truffée 3oo fr., chez un marchand de comestibles de la rue Serpenoise.

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